Le canton de Vaud se dote d'une nouvelle loi sur la protection du patrimoine naturel et paysager (LPrPnp). Le texte, dont l'objectif principal consiste à mieux protéger la biodiversité, a été plébiscité mardi par le Grand Conseil.
La version de la loi actuelle, qui date de 1969, relève "presque de l'Antiquité", a relevé le conseiller d'Etat Vassilis Venizelos. Il a défendu une "nécessaire mise à jour" pour tenir compte de l'évolution du droit fédéral et, surtout, d'une biodiversité "gravement menacée."
Pour le ministre de l'environnement, ce nouveau cadre législatif doit servir de "boîte à outils" pour les différents acteurs concernés. Parmi les buts poursuivis, il s'agira d'abord de mieux identifier les milieux qui doivent être protégés, contrôlés et entretenus sur l'ensemble du territoire vaudois.
Plusieurs autres objectifs sont visés: mise en réseau de corridors à faune, meilleure protection des arbres dits "remarquables", lutte contre les espèces exotiques envahissantes, renforcement de la surveillance des délits environnementaux, sensibilisation dans les écoles ou encore développement d'espaces verts en ville.
Rôle clé des communes
La nouvelle loi souligne aussi le rôle des communes comme "acteurs clés" en matière de biodiversité. Des tâches leur seront ainsi attribuées et déléguées. Il est également prévu de renforcer le soutien aux communes, sur le plan financier notamment.
Les membres du Grand Conseil ont réservé un bon accueil à ce projet de loi. "Face à une biodiversité en chute libre, nous avons enfin une loi cantonale forte qui nous donne les moyens de stopper cette tendance. C'est un beau progrès", a déclaré Rebecca Joly, la cheffe du groupe des Verts.
A droite, certains députés ont reconnu avoir "quelques réserves" sur d'éventuelles répercussions sur l'agriculture. Le PLR Maurice Neyroud a mentionné "la crainte d'un grignotage de surfaces agricoles". Il a souligné l'importance "de trouver un bon équilibre, de ménager la biodiversité sans prétériter une agriculture nourricière".
"Mettre le paquet"
Après avoir enchaîné premier et deuxième débats, les députés ont quasiment tous accepté le projet de loi en vote final: 124 oui, 2 abstentions et aucun non.
Rebecca Joly s'est dite "agréablement surprise" de voir le Grand Conseil uni sur la nécessité "d'agir urgemment et intelligemment" pour lutter contre l'érosion de la biodiversité. L'écologiste a ajouté qu'il fallait désormais "mettre le paquet" pour que le canton dégage les moyens nécessaires pour mettre en oeuvre cette nouvelle loi.
Le projet de loi avait été présenté en janvier dernier par le Conseil d'Etat. Il avait été mis auparavant en consultation auprès de la Confédération, des partis politiques, des associations (faîtières des communes ou oeuvrant pour la protection de la nature), de musées et de l'Université de Lausanne.
A noter que cette loi est née de la scission de la loi cantonale sur la protection de la nature, des monuments et des sites. Elle a été partagée en trois lois distinctes: patrimoine mobilier et immatériel, patrimoine bâti et, finalement, patrimoine paysager et naturel.
Cet article a été publié automatiquement. Source : ats