Pierre-Yves Bovigny & Comprendre le gel printanier et protéger les cultures
Le gel printanier menace les cultures. Découvrez pourquoi les plantes gèlent et comment protéger vos vergers des dégâts.
Pierre-Yves Bovigny & Comprendre le gel printanier et protéger les cultures
Le gel printanier menace les cultures. Découvrez pourquoi les plantes gèlent et comment protéger vos vergers des dégâts.
L'émission explique le phénomène du gel printanier et son impact sur les plantes, notamment les vergers valaisans. Pierre-Yves Bovigny détaille le processus de congélation: les cellules végétales, composées majoritairement d'eau, éclatent lorsque l'eau se dilate en gelant. Microscopiquement, les cristaux de glace agissent comme des lames de rasoir, déchirant les parois cellulaires. Normalement, les plantes se déshydratent en automne pour se protéger. Cependant, une période de chaleur précoce en mars, suivie d'un froid intense, a réactivé la sève et rendu les plantes de nouveau sensibles. Cette alternance chaud-froid est particulièrement destructrice, provoquant des fissures. L'expert aborde les "gels de convection" (ciel dégagé, refroidissement du sol) et les méthodes innovantes de protection: chauffer les cultures, utiliser des tours de ventilation ou arroser les plantes.
Résumé généré automatiquement à partir du contenu audio de l’émission.
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Pierre-Yves Bovigny, maître d'enseignement à l'EPIA, est l'invité de ce matin. Il nous emmène à deux heures de Genève, dans le Valais, pour aborder un phénomène qui peut faire des ravages: le gel. Les médias se sont d'ailleurs fait l'écho de très grands risques de gel dans les vergers valaisans ces derniers jours. Ce sujet mérite d'être exploré progressivement.
Le gel est un phénomène qui se manifeste sans bruit ni odeur, très discrètement, mais ses conséquences peuvent être dévastatrices. Pour comprendre pourquoi les plantes gèlent, il faut savoir que leurs cellules sont constituées de 85 à 95 % d'eau. Lorsque la température gèle, l'eau augmente de 10 % de son volume, ce qui fait éclater les cellules.
D'un point de vue un peu plus microscopique, c'est d'abord l'eau entre les cellules qui gèle. Celle-ci va ensuite aspirer l'eau des cellules, qui vont alors se déshydrater. Lorsque l'eau gèle, par temps de grand froid dans les cellules, le gel se transforme en petits cristaux. Ceux-ci agissent comme des lames de rasoir, déchirant la paroi cellulaire. La plante se vide alors de son eau. Une plante gelée, on l'a tous déjà vu, présente des organes qui pendouillent, sans turgescence. Elle devient noire, car elle s'oxyde. C'est pareil pour les fleurs: si l'on en coupe une en deux, on voit tout de suite si elle est gelée au milieu.
Tout cela s'explique par le fait que les plantes ont ce que l'on appelle des stades phénologiques. Elles passent toute leur année de croissance par différents stades contrôlés par la température. Quand la température diminue, les plantes le remarquent. Pour se protéger du gel, elles vont d'abord évaporer la sève, l'eau, afin de déshydrater les cellules. Ensuite, elles font migrer les sels minéraux et les amidons dans les parties basses pour les protéger. C'est ainsi que ça se passe normalement.
Le problème, c'est que la première quinzaine de mars, il faisait très beau et très chaud, avec des températures atteignant 15 degrés tous les jours. Par conséquent, la sève a commencé à remonter et les plantes ont assimilé de l'eau dans le sol. Les organes des plantes, qui étaient déshydratés, se sont regonflés en eau, devenant de nouveau sensibles.
En fait, les plantes ne craignent pas tant qu'il fasse froid si tout démarre d'un coup. Ce qu'elles n'apprécient pas, c'est l'alternance de froid et de chaud. La végétation redémarre, puis redevient sensible. Une fleur supporte jusqu'à environ -5 degrés quand il fait vraiment froid. Mais une fois qu'elle a commencé à se réhydrater, à -1 degré, elle peut déjà geler. C'est là le grand risque. De plus, ces chocs thermiques chaud-froid provoquent des fissures dans le bois, permettant aux champignons de pénétrer; les plantes n'aiment pas cela du tout.
Elles sont donc devenues sensibles. Les gels que nous avons connus sont des gels dits de convection. Cela signifie que le ciel est complètement dégagé, la terre se refroidit, et il n'y a plus ce couvercle de nuages pour retenir la température. Ce sont les gels les plus dangereux, que l'on observe beaucoup au sol, et beaucoup moins dans les étages supérieurs. Sur les étages d'un immeuble, disons au quatrième ou cinquième étage, on n'a plus ce froid qui repart du sol.
Nos vergers ont donc dû être protégés. C'est là que des méthodes assez étonnantes ont été utilisées. Cela consistait à chauffer les cultures en allumant de nombreux petits feux dans les champs. C'est une technique extrêmement compliquée qui demande une main-d'œuvre considérable. Il y a aussi des tours antigel, sortes de moulins qui ventilent et brassent l'air. Enfin, un autre phénomène assez étonnant est celui d'arroser les plantes.
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