Genève: quand la politesse devient une culture d'entreprise
Juliette Peuplier nous raconte sa surprise face à la culture de la politesse et de la galanterie dans son entreprise à Genève. Cette pratique, obligatoire et omniprésente, contraste fortement avec ses précédentes expériences.
Genève: quand la politesse devient une culture d'entreprise
Juliette Peuplier nous raconte sa surprise face à la culture de la politesse et de la galanterie dans son entreprise à Genève. Cette pratique, obligatoire et omniprésente, contraste fortement avec ses précédentes expériences.
Juliette Peuplier partage son expérience du monde professionnel genevois, où la politesse est une règle d'or, à l'opposé de son passé parisien. Dans son entreprise à Genève, les salutations détaillées et la courtoisie sont obligatoires, au point qu'un oubli peut coûter cher. Cette culture s'étend à la galanterie masculine, que Juliette, malgré son engagement féministe, apprécie particulièrement. Elle relate avec humour une anecdote d'ascenseur où une dizaine de collègues attendaient qu'elle sorte la première. Si cette hyper-politesse vise à fidéliser les employés, elle rend le retour à la "vraie vie" parfois brutal.
Résumé généré automatiquement à partir du contenu audio de l’émission.
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**Sophie Gaillard:** Bonjour!
**Juliette Peuplier:** Salut Sophie, ça va?
**Sophie Gaillard:** Oui, ça va bien, merci.
**Juliette Peuplier:** Tu vas bien?
**Sophie Gaillard:** Oui, ça va, pourquoi, je n'ai pas l'air? Ta journée a bien commencé?
**Juliette Peuplier:** Si, si, tu as l'air! Ma journée, elle a bien commencé. Et tu es en forme en ce moment?
**Sophie Gaillard:** Oui, ça va.
**Juliette Peuplier:** Et ta famille va bien?
**Sophie Gaillard:** Ma famille, ça va. D'ailleurs, je tenais sincèrement à te remercier de me donner l'opportunité d'enregistrer une chronique sur Radio Lac!
**Juliette Peuplier:** Avec plaisir!
**Sophie Gaillard:** Tu trouves que j'en fais un peu trop, c'est ça?
**Juliette Peuplier:** Je me demande où tu veux en venir surtout.
**Sophie Gaillard:** Eh bien, écoute Sophie, moi je travaille dans une entreprise à Genève où la politesse, les salamalecs à rallonge et les tartines de courtoisie sont obligatoires.
**Juliette Peuplier:** Ah oui!
**Sophie Gaillard:** Dans cette boîte, tout le monde est ultra poli. Tout le monde te dit bonjour, te demande si ça va bien, comme partout, personne n'en a rien à faire, mais c'est obligatoire.
Le moindre des e-mails de deux lignes commence par: "Bonjour, j'espère que vous allez bien et que cette communication vous trouve en pleine forme". Et tout le monde conclut la moindre ligne par: "Bien cordialement, mes meilleures salutations, très belle journée et bonne semaine". Une fois, quelqu'un a oublié de dire merci, il a été viré.
**Juliette Peuplier:** Non!
**Sophie Gaillard:** Je te jure! Ça peut sembler un peu lourd, c'est vrai, tu vois, mais moi j'adore. Parce que j'ai commencé ma carrière à Paris et chaque fois que j'adressais la parole à mon boss, il me répondait: "Quoi? C'est pourquoi?"
**Juliette Peuplier:** Paris, quoi.
**Sophie Gaillard:** Oui, même quand c'était pour lui dire: "Je me permettais juste de vous remettre le dossier urgent que vous m'avez demandé, sur lequel j'ai travaillé tout le weekend et que vous ne lirez pas avant trois semaines."
À Paris, c'était à celui qui arriverait le plus en retard au meeting pour ne pas avoir à attendre les autres.
**Juliette Peuplier:** Ah oui.
**Sophie Gaillard:** Alors qu'ici, tout le monde arrive au rendez-vous dix minutes à l'avance, parce qu'il ne faut rien, pour être sûr de ne pas te faire attendre. C'est cool! Et même les hommes sont ultra galants avec les femmes.
Tu vois, la galanterie c'est un sujet pour moi en tant que féministe. Je suis surtout féministe parce que j'ai été élevée dans une famille de gauche, donc je n'ai pas le choix. Et bien la galanterie, j'adore! Les mecs te tiennent la porte, ils te laissent les précéder dans l'ascenseur, ils te font sortir avant eux. D'ailleurs, c'est drôle, une fois j'étais dans l'ascenseur pour la cantine. Il y avait dix mecs devant moi, j'étais tout au fond, et tu vois, moi j'attends qu'ils sortent, je ne bouscule pas, comme dans le métro. Sauf que là, personne ne bouge. Je me dis: "Mais qu'est-ce qu'ils foutent, il est midi, on est en Suisse, c'est déjà tard pour aller déjeuner ou plutôt dîner comme on dit ici."
Tu remarqueras que les Suisses ont vraiment toujours un temps d'avance sur nous les Français. Eh ben non Sophie, ils attendaient que je sorte en premier et ils étaient trop polis pour le dire.
**Juliette Peuplier:** Oh!
**Sophie Gaillard:** Oui, personne ne se serait fendu d'un: "Bon, elle va bouger son gros cul la grognasse!" Non, ils attendaient sagement en rang d'oignon, le dos plaqué aux parois de l'ascenseur, on aurait dit la garde suisse et moi j'étais le pape.
J'adore, non c'est génial! En revanche, quand tu sors de là, quand tu retournes dans la vie, la vraie, ce vaste monde de muffles, tu trouves ça insupportable. J'étais tellement habituée à ce qu'on me tienne la porte, la dernière fois j'ai failli me péter le nez en rentrant dans un magasin avec une porte à battants parce que l'autre ne me l'a pas tenue.
**Juliette Peuplier:** Ah bah oui! Oh mais quel goujat!
**Sophie Gaillard:** Et moi du coup, la galanterie me manque dans la vie de tous les jours, même quand je suis avec des femmes. Parce que là, il n'y en a pas une pour te tenir la porte ou te porter ton sac non plus, hein! Ah bah c'est "démerde-toi" entre copines.
Après, je sais pourquoi ils imposent cette culture de la politesse à l'extrême dans cette entreprise. C'est pour que les employés se sentent bien et qu'ils reviennent, qu'ils y restent.
**Juliette Peuplier:** Et tu sais quoi? Ça marche.
**Sophie Gaillard:** Oui. Maintenant, moi tu sais, j'y vais même le samedi.
**Juliette Peuplier:** Non!
**Sophie Gaillard:** Ah oui! Sauf que le samedi, il n'y a personne pour me tenir la porte.
**Juliette Peuplier:** Ah oui, dommage.
**Sophie Gaillard:** Allez, vive la galanterie! Merci beaucoup. Ici, en coulisses, dans l'open space, il ne faut pas éternuer deux fois de suite parce que: "santé, santé, santé, santé!" Au bout de dix "santé", moi je n'en peux plus.
**Juliette Peuplier:** Les gens sont polis aussi chez Radio Lac, c'est parfait!
**Sophie Gaillard:** Les gens sont polis chez Radio Lac, mais moi j'éternue beaucoup trop et parfois c'est... Et Juliette, tu nous dates bientôt?
**Sophie Gaillard:** Oui, le 24 avril à Floquy la Loutre.
**Juliette Peuplier:** Oh bravo! Avec qui cette fois?
**Sophie Gaillard:** Avec Quentin.
**Juliette Peuplier:** Ah Quentin, toujours lui!
**Sophie Gaillard:** Il faudra revenir en parler tous les deux.
**Juliette Peuplier:** Oui, avec plaisir.
**Sophie Gaillard:** Vous reviendrez en tête à claque tous les deux, ce serait sympa, avec grand plaisir. Merci beaucoup et puis à retrouver en podcast radiolac.ch.
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