Humour et clichés : Delux dénonce la "guerre culturelle"
L’humoriste Delux défend le droit de rire des clichés et des stéréotypes, dénonçant une tendance à la censure. Il plaide pour le maintien de l’autodérision comme preuve de notre humanité et de notre liberté.
Humour et clichés : Delux dénonce la "guerre culturelle"
L’humoriste Delux défend le droit de rire des clichés et des stéréotypes, dénonçant une tendance à la censure. Il plaide pour le maintien de l’autodérision comme preuve de notre humanité et de notre liberté.
Dans sa chronique, l'humoriste Delux livre une réflexion sur la place des clichés et de l'autodérision dans l'humour d'aujourd'hui. Face à la montée d'une certaine forme de censure, il plaide pour le maintien de la liberté de rire de tout, y compris des origines, des religions ou des stéréotypes. Pour Delux, l'humour reste un outil essentiel pour souligner notre humanité commune plutôt que pour diviser. Refusant la victimisation, il invite le public à ne plus chercher l'infraction derrière chaque vanne, mais à y voir une forme de complicité. Une ode à l'autodérision qui, selon lui, prouve avant tout que nous sommes bien vivants et capables de recul sur nous-mêmes.
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L'amour, l'amitié, la bienveillance, l'universalisme et l'humour. Chronique genevoise d'un petit retour de Balancy salitaire à jeter à la gueule des idéologues putassiers et onanistes.
J'ai vu mon fils de 14 ans et cinq de ses copains tout jeune voie chez moi à échanger des figurines Panini. J'ai vu des ados s'amuser bruyamment et comme souvent, les mecs entre eux littéralement s'insulter et jouer de tous les clichés qui les composent. Le blond, le juif, le musulman, le Turc, le Rital, le teubé, le lesch, l'intello, le petit, le gros. Et chaque vanne était ponctuée par un rire à la voix en mue.
C’est les mêmes qui rigolent parce qu'on place le mot caca dans une phrase. Il a dit caca ! Ça vous rappelle votre jeunesse, non ? Jeunesse banlieue ouest, lausannoise où tout le monde se foutait comme de l'an deux des origines et des religions. On se vanne, on s'inspirait, on grandissait ensemble, des déclarations d'amitié déguisées en insultes.
Oui, on ne peut pas nier que le racisme et l'intolérance existent, Delux. Bien sûr, mais je parlais d'humour au début de mon propos. Si le dessin est politique, il sera évidemment combattu. Or, je constate désormais une véritable guerre culturelle, notamment entre les humoristes. Des mises à banc, une ostracisation au nom d'un culte ou d'une pensée. Plus personne ne part de l'idée qu'un humoriste a envie de se moquer des identités, des accents, d'en rire parce qu'il les aime. Avant, on riait ou pas. Maintenant, on enquête sur son auteur et l'on juge ce que l'on imagine avoir été pensé. On ne cherche plus la vanne, on cherche l'infraction.
Alors, pas encore complètement. Je ne dois pas être encore assez clivant. Désolé Media One, vous n'avez pas encore votre premier facho de l'histoire. Mais oui, heureusement, mais pourtant les accents italiens, Sophie, et Pizza, Pasta, Plomberie, la grosse mamma, ça passe crème. L'appellation Rital, Terrone, ça passe crème. Mais c'est pas pareil non, de se moquer d'un italien ? J'ai déjà entendu ça, oui. L'Italie est une belle image, ce sont des blancs, bla bla bla. Mais voilà, voilà, en Suisse, c'est mieux connaître l'histoire, les insultes. Les initiatives Schwarzenbach qui au passage auront permis une magnifique dépression à ma mère. Les écritaux sur les restaurants interdits aux chiens et aux Italiens, le bon vieux temps quoi.
Et pourtant, je pars toujours de la priori que les humoristes ou les gens se moquent des Italiens, juste pour rire et pas pour être racistes. Et j'espère qu'ils continueront, Sophie, encore et encore à me vaner et à jouer sur les clichés, car cela voudra dire qu'on est vivant, qu'on existe. On vous sent là, Delux. Vous savez, j'ai 50 ans, je suis blanc, européen, catholique, avocat. Dans l'humour, c'est pas un CV, c'est un avis mortuaire. Et limite un mandat d'arrêt rédigé par un comité de sociologue censeur à l'haleine de chambre marché ou au petit four servi à Saint-Germain-des-Prés.
Je suis juste un mec qui aime les gens, même les gauchos supporters de la Juventus. Je déconne, la Juventus jamais. Ah, vous êtes Milan, non ? Pardon ? Rien. Allez-y. D'accord, vous voulez qu'on parle foot ? Non, non. Alors à ceux qui pensent, à ceux qui pensent qu'il y a autre chose derrière là. Allez vraiment tous, allez vous faire aimer. Et méfiez-vous, vous serez toujours le méchant d'une histoire mal racontée. Alors je remercie mon fils et ses copains pour ses petits pas en arrière ou en avant, on verra. Restez bons de cœur mais libre d'esprit. Non mais vous, c'est Milan que vous soutenez ? Napoli. Ah c'est Napoli ? C'est pas Milan, vous êtes pas allé voir Milan récemment ? Je suis pas allé voir Milan, déjà je suis allé à Milan mais c'était pour voir l'inter.
Ah d'accord. Mais si vous voulez on parle après toutes ces années, je supporte le Milan. Vous vous moquez de moi, Sophie ? Oui, pourquoi j'ai pas le droit ? Vous avez le droit, bien sûr. Merci beaucoup. Où est-ce qu'on vous retrouve réseaux sociaux, s'il vous plaît ? Alors, Delux stand-up sur Instagram et sur Facebook. Et je serai le 4 juillet à Saint-Prex au Moulin Fabry avec l'équipe de Gist Production pour une petite petite heure et demie de stand-up avec plusieurs humoristes. Et ben, c'est super. Merci beaucoup. Et vous retrouve on retrouve cette chronique en podcast radiolac.ch ou l'application RadioLac. Merci, à la semaine prochaine !
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