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Historique: Ueli Maurer reçu par Donald Trump.

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Correspondance de Pierre Ruetschi à Washington.

Vous êtes entretenu avec le président de la Confélération lors de la conférence de la presse qu’il a donnée à l’ambassade de suisse dans la foulée de sa rencontre avec Donald Trump. Une première semble-t-il.

Une première en effet puisque jamais dans l’histoire des relations américano-suisse un président de la Confédération n’avait été reçu par un président américain dans le bureau ovale. A la demande de l’ambassadeur de Suisse à Washington,cette première a été dûment vérifiée par les Américains. Qui donc ont confirmé.

Une première qui a pris tout le monde de court.

Oui, aussi bien les journalistes suisses qu’américains n’ont pris connaissance de la rencontre présidentielle que quelques heures avant l’arrivée d’Ueli Maurer dans la capitale. Interrogé sur les raisons de ce secret si bien gardé, Ueli Maurer a botté en touche par une boutade comme il aime le faire. Mais quoi qu’il en soit je dois vous avouer que c’était tout de même assez surprenant de voir le président de la Confédération débarquer du gros SUV officiel noir devant la Maison Blanche, serrer la main à Trump, faire des sourires pour la photo op avant de disparaître côte à cote par la porte de la West Wing.

Voilà pour l’apparat. Mais que se sont dits les deux hommes? qu’ont-ils discuté avec quels résultats?

Eh bien c’est là que les choses se gâtent. Ueli Maurer s’est montré pour le moins évasif. Il a vanté les excellents rapports avec Washington, l’esprit d’ouverture du président, la qualité des discussions d’environ une heure. Mais concrètement, il n’a donné aucun élément nouveau dans sur les deux sujets qui se trouvaient au coeur de cette visite. Silence complet sur l’état de la mission de bons offices de la Suisse entre Washington et Téhéran au moment où les tensions entre les deux puissances sont extrêmement vives. Et pas de percée dans les négociations pour pour un accord de libre échange américano-suisse. Voilà ce qu’en dit le président avec qui j’ai pu brièvement m’entretenir

Pas un mot en effet sur la question iranienne. Que dissimule ce silence?

Ce n’est pas faute d’avoir essayé d’obtenir des précisions. La vingtaine de journalistes présents dont des Américains ont travaillé le président de la Confédération au corps pour tenter de confirmer des informations de la presse américaine. Cette dernière a en effet laissé entendre que la Suisse et son président ont été appelés pour aider Donald Trump à d’établir le contact direct avec Téhéran.Mais Ueli Maurer ne confirmera et ne dira rien. Les bons offices menés par la Suisse depuis quarante ans exigent une stricte confidentialité, répète-t-il à l’envi.

Que faut-il donc retenir de cette visite surprise et historique?

Enchaînant sur la rafale d’interventions concernant l’Iran, j’ai demandé au président quel était véritablement le point central de cette visite. Là encore, il a botté en touche: “si vous voulez me faire dire que c’est la question de l’Iran, vous faites fausse route.” Et quand je lui ai encore demandé s’ils avaient parlé des obstacles et des questions de détails séparant Berne et Washington sur l’accord de libre échange. Il a répliqué en français “Ni le président Trump, ni moi-même ne sommes des détaillistes”. Tout va bien, mais l’accord a peu de chances d’aboutir cette année encore.

On a un peu l’impression que ces discussions n’avaient pas d’enjeu majeur.

On pourrait le croire en effet. Mais les enjeux sont en vérité énormes. Les Etats-Unis constituent le deuxième partenaire économique le plus important de la Suisse. En valeur, les exportations de la Suisse sont deux fois plus élevées que ses importations. L’impact d’un accord de libre échange serait très important. Positif pour l’essentiel mais aussi potentiellement négatif pour les paysans suisse par exemple, qui craignent la concurrence sur un marché ouvert. Ueli Maurer n’a pas oublié une petite pique pour l’Union Européenne: “Notre engagement commun avec le président Trump est que nous voulons être plus rapide que l’Union européenne”

Mais que veut donc Donald Trump de son côté?

A en croire Ueli Maurer le président des Etats-Unis veut surtout un accord win-win, tout comme lui. Mais il reconnaît que chacun, évidemment, veut gagner un peu plus que l’autre. On est donc resté dans le symbole, dans les déclarations de bonnes volontés et dans les louanges mutuelles. “J’ai félicité le président Trump pour l’excellence de son économie qui est aussi très positive pour nous”, a dit Ueli Maurer.

Quel bilan tirez vous de cette rencontre au sommet?

Si je pratique la méthode coué, je dirais que symboliquement cette rencontre “historique” stimule et va faire avancer les négociations sur l’accord de libre échange. La visite a permis de réaffirmer les excellentes relations suisso-américaines ainsi que la bonne volonté helvétique à assurer les bons offices avec des pays comme l’Iran ou le Venezuela. C’est en gros la version du président de la Confédération. Mais est-ce que cela justifiait vraiment le voyage?

Vous avez donc une autre option?

Oui, l’autre possibilité c’est que Trump avait urgemment besoin du médiateur suisse pour l’aider à gérer la dangereuse crise avec l’Iran. Raison pour laquelle la rencontre s’est organisée précipitamment et si discrètement. Et comme tout service mérite récompense, Washington pourrait se montrer très compréhensif dans les négociations d’un accord de libre échange. Un bon deal en somme, pas si farfelu. Ou pour reprendre les termes d’Ueli Maurer: du win-win.

 

https://www.radiolac.ch/podcasts/linvite-de-la-matinale-17052019-094316/

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6 Minutes avec Christian Dandrès, conseiller national socialiste

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La réforme de l’AVS avance aux chambres fédérales. Le Conseil des Etat a accepté l’allongement du départ à la retraite à 65 ans pour les femmes, mais aussi de relever la TVA à 8,1%. Mais il reste plusieurs divergences entre les deux chambres: notamment celle concernant le recours à la Banque nationale pour financer une partie de l’AVS. Des mesures qui ne convainc pas le conseiller national socialiste, Christian Dandrès, pour qui "on reste très loin du compte (...) les femmes auront toujours des salaires et des retraites qui sont inférieurs à celles des hommes et ce sont à ces problèmatiques là qu'il faut répondre alors que le débat se cristallise autour de ces mécanismes de compensation qui seront limités dans le temps".

Autre point d'achoppement pour Christian Dandrès, la suppression de l'âge légal de la retraite: "jusqu'à 70 ans pour compenser des retraites insuffisantes. On tient pas compte du fait que nous ne sommes pas tous logés à la même enseigne par rapport à l'espérance de vie, si vous avez un travail stressant"

Une grande manifestation est déjà annoncée pour samedi, à Berne, pour dire non à cette réforme "AVS 21". L'objectif est de montrer que "la population n'est pas d'accord avec l'augmentation de l'âge de la retraite des femmes (...) alors qu'on a des pétitions, que des manifestations ont été faites (...) c'est impensable de revenir trois fois sur cette question".

Le conseiller national, Christian Dandrès, était invité de Béatrice Rul, à 7h35, dans Radio Lac Matin.

 

 

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Frédéric Esposito, directeur du Bachelor en relations internationales au Global Studies Institute

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Les Etats-Unis s'apprêtent à commémorer les 20 ans des attentats du 11 septembre. Près de 3000 morts dans ces attaques simultanées, des avions s'écrasant dans les tours du World Trade Center, le Pentagone et dans un champ en Pennsylvanie. Frédéric Esposito, directeur du Bachelor en relations internationales au Global Studies Institute, était invité de Béatrice Rul, à 7h35, dans Radio Lac Matin.

 

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Anya della Croce, coordinatrice romande de Petzi

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Un nouveau coup de massue pour le monde des festivals: le Paléo a annoncé, mardi, l'annulation de l'édition de cet été. La faute aux trop nombreuses incertitudes autour de la situation sanitaire et un risque trop grand en cas d'annulation de dernière minute.

Après le Caribana ou Festi'neuch, le Paléo s'ajoute donc à la longue liste des festivals déjà annulés avec la possibilité d'un nouvel été, sans open air. Anya della Croce, coordinatrice romande de Petzi, la fédération Suisse des clubs et festivals de musique actuelle, était invitée de Béatrice Rul, à 7h35, dans Radio Lac Matin, pour faire un point sur un secteur de plus en plus sinistré.

 

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Yaël Ayat sur le rapport Fonjallaz: "Le Conseil d'Etat doit faire son mea culpa"

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Maître Yaël Ayat, avocate de Pierre Maudet, a directement mis en cause, ce jeudi matin, le Conseil d'Etat, sur Radio Lac, au lendemain de la remise du rapport Fonjallaz sur la gestion du département du développement économique, par Pierre Maudet. Elle rappelle que Pierre Maudet a demandé de l'aide supplémentaire pour la mise en place de ces différents projets pour faire face à la crise sanitaire. Une aide qui lui a été refusée par le Conseil d'Etat. "Si le Conseil d'Etat ne s'interroge pas et ne fait pas un mea culpa sur son comportement, le fait d'avoir privé d'aides, le fait de ne pas avoir donné assez de moyens, je pense qu'il passe à côté du rapport (Fonjallaz)" pour Maître Ayat. Ce rapport Fonjallaz pointe pourtant “mal-être, stress, souffrance, angoisse ou peur chez certains collaborateurs et collaboratrices” et parle "d'une crise extraordinairement grave". 

A la lumière de ses conclusions, le Conseil d'Etat a décidé de ne pas rendre la gestion du DDE à Pierre Maudet, même en cas de réélection. Pour Maître Ayat, il s'agît de "propos très très grave parce que dire cela c'est être en marge de la recommandation de l'expert (...) L'expert ne dit jamais cela, il n'a jamais recommandé que Monsieur Maudet ne puisse plus être à la tête du Département de l'Economie, au contraire!". 

Le rapport est infiniment tempéré et nuancé

Maître Yaël Ayat juge le rapport Fonjallaz infiniment "tempéré et nuancé". Ce rapport "ne confirme pas du tout le risque hétéro ou auto agressif du rapport qui avait été constaté dans l'audit d'octobre. Sur près de 35 heures d'auditions, d'aucune façon et à aucun moment une parole de souffrance sur ce registre" n'a été livrée. Si Maître Ayat reconnaît qu'il y a eu des souffrances  qui sont "en partie imputable à Pierre Maudet, à son caractère, à une certaine autorité, à une certaine exigence", ces souffrances ne "sont pas réductibles qu'à Pierre Maudet".

En général, quand le chef n'est plus là la parole se délie

Les témoignages récoltées par Jean Fonjallaz apparaissent moins à charge que ceux de l'audit d'octobre dernier. Mais pour l'ancien juge fédéral, ces premières auditions étaient intervenues à une période de "tension maximale" ce qui peut expliquer qu'ils soient plus inquiétants. De même, la menace de plaintes, aurait pu dissuader les collaborateurs d'accuser trop fortement Pierre Maudet.  Des explications balayées par Yaël Ayat qui "observe qu'en général, quand le chef n'est plus là, la parole se délie (...) et que là ce serait donc le contraire".

 

 

 

 

 

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Alan Roura, navigateur

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De la déception mais aussi un grand bonheur d'avoir fini ce tour du monde. C'est ce que ressent le navigateur Alan Roura, une semaine après avoir terminé le Vendée Globe. De la déception car après 95 jours de mer et une 17e place, le Genevois est loin d'avoir réalisé la course qu'il avait envisagé, mais aussi beaucoup de satisfaction d'avoir réussi à dompter une course particulièrement difficile, cette année. Alan Roura était l'invité de Béatrice Rul à 7h35 dans Radio Lac Matin.

 

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