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Les signatures Radio Lac

Monnaie pleine et plats pré-cuisinés

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Le 10 juin, nous devons nous prononcer sur sur l’initiative dite « monnaie pleine », qui entend permettre, uniquement, à la Banque Nationale Suisse de produire de la monnaie.

Un texte qui a inspiré la signature Radio Lac, Patrick Morier-Genoud, qui y voit un parallèle avec les plats pré-cuisinés.

4 Commentaires

4 Comments

  1. Stephane Napoleone

    25 avril 2018 à 17 h 25 min

    J’ai bien aimé lorsqu’il dit que son père lui conseillait, au cas ou il ne savait pas que voter, de prendre l’avis du gouvernement et de voter le contraire ! … je ne savais pas qu’il y avait, en Suisse une certaine culture ou contre culture de saine contestation, d’un sens vraiment critique et ouvert ! ça fait du bien d’entendre quelqu’un parler si librement 😉

  2. Stephane Napoleone

    25 avril 2018 à 17 h 28 min

    Merci Radio Lac et Monsieur Patrick Morier-Genoud ! c’est rare !

  3. Micaël Masse

    27 avril 2018 à 7 h 43 min

    LA question essentielle :
    Qui devrait créer l’argent ?
    Les banques commerciales (majoritairement des investisseurs étrangers) ?
    OU
    Un organisme d’état tenu par la constitution à l’intérêt du peuple suisse ?
    Indépendant des politiques et autres influences
    Selon moi, poser la question, c’est y répondre.

    Le peuple suisse souhaite récupérer sa souveraineté monétaire et les milliards de francs de profits y étant attachés.

    Merci d’être une voie démocratique présentant ce que plusieurs médias ne désirent pas aborder.

    Les autorités économiques, politiques et même médiatiques ont beaucoup à perdre, car la rente monétaire rapporte des milliards chaque année.

  4. Silberstein Jacques

    27 avril 2018 à 14 h 12 min

    Merci pour cette présentation original bien mijotée. J’ai, moi aussi, noté à quel point tout l’establishment peut rejeter cette initiative. Et, comme le dirait l’inspecteur Maigret, cherchons donc à qui profite le crime. Évidemment aux banquiers et au monde de la finance, spéculative notamment. Et pourtant, le conseil fédéral et les chambres leur emboîtent le pas. Pourquoi ? Est-ce dû au fait que la distribution socio-économique des chambres et, par voie de conséquence, du conseil est très différente de celle de la population ? Ou et-ce dû au lobbying des milieux financiers ? Ou les deux ?
    De savoir si la raison est la première ou la seconde, est une question qui n’a d’intérêt qu’à l’autopsie. Dans l’immédiat, j’invite tout le monde à faire ce que votre père proposait. A savoir: s’ils sont tous contre alors dite OUI et vis-versa. Ou Alors renseignez vous auprès de sources bien informées et si possible sans conflit d’intérêt.

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Les glottophobes sont partout! A commencer par J-L Mélenchon

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Marie, aujourd’hui, vous allez nous parler de Jean-Luc Mélenchon.

Ce Monsieur, longtemps élu socialiste et désormais chef de file des Insoumis, a littéralement pété un boulon, comme on dit chez moi. Je suis sûre que beaucoup de Suisses ont vu ses vidéos sur les réseaux sociaux ces derniers jours mais je vais résumer les faits rapidement. Tout a commencé mardi 10 octobre, quand la police vient perquisitionner les locaux de la France insoumise ainsi que le domicile de Mr Mélenchon. Celui-ci met en scène son mécontentement devant les caméras. Il se met à hurler, veut défoncer la porte, et clame être un parlementaire, donc quelqu’un de sacré.

Mais cet homme sacré, comme d’autres députés sacrés d’ailleurs, fait l’objet de deux enquêtes, la première pour soupçons d’emplois fictifs au Parlement européen, la deuxième pour des irrégularités dans ses comptes de campagne. Ce que Méluche condamne chez ses concurrents, il le fustige donc quand il s’agit de lui. Il est irrité. A tel point que le lendemain, mercredi donc, face à une question d’une journaliste, il ne se contrôle plus et lâche : « qu’est-ce que ça veut dire », en tentant d’imiter l’accent toulousain de la dame. Puis de demander sournoisement à l’assemblée, « quelqu’un a-t-il une question formulée en français ? »

Quelle violence verbale. Quel mépris. De la part d’un parlementaire qui matraque vouloir représenter le peuple modeste, le peuple oublié, par rapport aux nantis de la République, c’est plus qu’un lapsus, c’est une énorme connerie politique. Jean-Luc Mélenchon, pour éviter de répondre aux accusations dont il fait l’objet, singe la professionnelle qui l’interroge pour faire son travail de journaliste. Il ridiculise les intonations de sa voix, et par delà aussi ses origines.

Et bien tout cela, s’appelle la glottophobie, c’est-à-dire le fait de discriminer quelqu’un via son accent.

La glottophobie est très très répandue, surtout dans un pays comme la France, qui s’est construit en écrasant les spécificités régionales. Un accent, qu’il soit du Sud ou pas, renvoie toujours à la Province, à la campagne, à ce qui n’est pas la capitale. Cela peut être exotique, drôle, mais la vérité, c’est que cela ne fait pas très sérieux, comme l’expliquent les linguistes qui analysent le phénomène. C’est pour ça que le JT, en France est présenté avec un accent parisien, tandis que pour la météo, des intonations régionales sont acceptées.

Pour bien connaître le sujet, Philippe, je peux vous dire que les glottophobes sont partout. Même si la plupart du temps, ils ne sont pas méchants. Si je commande un verre de vin, le serveur glottophobe mimera ma manière de dire « Vin » en riant. Puis, voyant ma mine déconfite, il dira sûrement : « oh mais ce n’est pas pour me moquer, vous savez, j’adore le sud, ça me fait penser au soleil ».

Certes, tu aimes le Sud, mais ça te fait marrer, quoi. Toi, avec ton accent parisien, ou vaudois, tu peux pas me laisser parler sans m’interrompre pour souligner à quel point ma langue est bizarre. Et si moi, je faisais pareil avec ton accent, à toi, tu en penserais quoi ? Parce qu’à la longue, tu sais, c’est pénible, de se faire renvoyer à son accent, qu’on n’a pas choisi. Ce n’est pas parce que je dis « pain » au lieu de « pain », que c’est pour rire. On n’est pas au cirque. Ma langue, c’est moi.

Dans mon école de journalisme, on m’avait dit clairement qu’à cause de mon accent je ne pourrai jamais faire de la radio. Si mes imbéciles de profs de l’époque m’écoutent aujourd’hui, j’aimerais bien qu’ils s’étouffent avec leur café. Parce que maintenant j’en fais, de la radio, et toujours avec accent ! Allez, Sans rancune.

Marie Maurisse Sans rancune

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Monsieur Onfray, vous en avez!

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Michel Onfray a suscité la polémique avec sa dernière lettre ouverte à Emmanuel Macron…

Dans sa si joliment intitulée « Lettre à Manu sur le doigté et son fondement », le philosophe et essayiste Michel Onfray s’adressait au Président Macron en ces termes :

« Votre Altesse, votre Excellence, votre Sérénité, mon cher Manu, mon Roi mais aussi mon Chéri,

Des photos t’ont récemment montré enlaçant un beau black bodybuildé en prison, luisant de sueur tropicale, ce qui semblait te ravir jusqu’au plus profond si tu me permets l’expression. Ton sourire béat montre en effet que ta dilection est plus facilement à qui accompagne son selfie avec toi d’un doigt d’honneur qu’aux intellectuels qui n’ont pas l’heur de te plaire parce qu’ils ne te font pas la cour. »

C’est avec cette verve rabelaisienne que Michel Onfray revenait sur ces fameuses photos d’Emmanuel Macron à Saint Martin où l’on peut effectivement voir le Président de la République blotti et en extase entre deux braqueurs antillais dénudés dont l’un nous gratifie d’un doigt d’honneur…

Michel Onfray a immédiatement été accusé d’« homophobie » par les médias aux ordres – on s’étonne presque qu’il n’ait pas été accusé de racisme tant qu’à faire – et il a dû revendiquer son droit à la satire sur les plateaux de télévision et de radio.

Sauf qu’en France, l’on vit sous un régime de monarchie républicaine dans lequel le crime de lèse majesté est sévèrement réprimé et les plumitifs qui ont convoqué Onfray le lui ont bien fait voir : « Mais qu’est-ce qui vous a pris d’écrire cette lettre au Président de la République ? ».

Oui c’est la question qu’on lui a posée à chaque fois…

Amusé, Onfray répond qu’on lui reproche un commentaire satirique sur un doigt d’honneur alors que c’est ce geste qui aurait dû susciter le scandale.

On ne saurait lui donner tort.

Jusqu’où ira Macron ? Il en vient à présent à poser dans les bras d’une petite frappe qui fait un geste obscène.

Et il ne s’est pas fait piéger, loin de là : « J’aime chaque enfant de la République, quelles que soient ses bêtises parce que bien souvent, il n’a pas eu la chance de ne pas en faire », nous explique Emmanuel Macron en précisant avoir regardé les deux « jeunes » avec « confiance » et les avoir « respectés » et que de toute façon on ne le changera pas !

Oui, la presse titrait : « Macron dédramatise une photo controversée avec un jeune à Saint-Martin »…

Il dédramatise une photo controversée, le bel euphémisme ! Mais c’est Onfray qui dédramatise cette affaire hallucinante avec son pamphlet truculent ! Ce n’est que sur le mode de la satire que l’on peut en parler avec la dignité requise par le sujet, celui de l’arrière-train.

Encore qu’en réalité, Onfray est allé beaucoup plus loin et a livré une véritable analyse politique en demandant, toujours sur le même mode : à qui s’adresse ce doigt d’honneur ? Serait-ce l’un de ceux d’Emmanuel Macron aux Français ?

Et Onfray d’égrainer 5 doigts d’honneur présidentiels – il admet avoir eu recours à ce nombre pour les besoins de sa démonstration qui finit en « poing d’honneur » : on retiendra l’essentiel, à savoir les libertés prises par Macron avec la légalité, référence étant évidemment faite à l’affaire Benalla mais aussi aux différents actes de népotisme du président…

Quoi que l’on puisse penser des idées du socialiste libertaire Michel Onfray, cette liberté de parole force le respect.

Il faut du cran pour entrer ainsi dans la dissidence quand on sait le pouvoir dont les monarques républicains disposent contre leurs opposants !

Onfray, pour changer de registre sémantique mais tout en restant dans la même veine, laissez moi vous dire que vous avez une sacrée paire de glaouis !

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Arrêtez de fabriquer des Tanguy et faites comme Johnny !

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C’est donc ce vendredi que sort l’album posthume de Johnny Hallyday.

Comme vendredi c’est aussi mon anniversaire, je ne peux que le prendre très personnellement et dire merci, merci Johnny, c’est un sacré beau cadeau d’anniversaire!
Du coup, on apprend plein de choses cette semaine sur Johnny, même mort et enterré depuis un an. On apprend par exemple que parfois, lorsqu’il se mettait en colère sur un bateau, il passait Laetitia par-dessus bord, ce qui est audacieux comme dispute de couple parce qu’on prend le risque de se trouver seul à se disputer, ce qui est beaucoup moins drôle.

On apprend aussi cette semaine qu’en 1996 Laura Smet, la fille de Johnny, est tombée amoureuse de doc Gyneco alors qu’elle n’avait que 13 ans et lui 22 et qu’il cartonnait avec son premier disque. Ni une ni deux, maman Nathalie Baye et papa Johnny ont sorti les griffes. Maman a demandé à papa de mettre le holà. Ni une ni deux, Johnny a invité Doc Gyneco à dîner et au café, entre deux joints de marijuana, il lui a demandé de laisser sa fille tranquille.
Alors moi je dis: bravo Johnny.

Tous les parents qui ont des enfants de plus de 12 ans et qui nous écoutent le savent: c’est leur sujet de dispute préféré.
S’en mêler, ou pas, des histoires d’amours de leur progéniture? Pour ou contre accueillir à la maison le petit copain de petite chérie? Pour ou contre accueillir la petite amie de votre fils? Pour la soirée? Pour la nuit?  Depuis quel âge? 12 ans, 15, 18? Jamais?

Ce matin, mon cher Philippe, je ne fais pas la Minute Peste mais la minute réac, la minute vieux con.

Non, je n’ai pas envie de croiser un jeune homme sortant de la chambre de ma fille au petit matin. Non, je n’ai pas envie d’entendre mon fils s’envoyer en l’air dans la chambre à côté. Non, je n’ai pas envie d’entendre les disputes de couple de mes enfants.

Et puis quoi encore? Leur acheter le Kama-Sutra pour qu’il ou elle ne regrette pas d’être venu? Déposer des préservatifs sur l’oreiller de peur qu’ils n’y pensent pas tout seuls? Pourquoi diable leur faciliter la vie?

Mais qu’ils se débrouillent! Qu’ils se débrouillent pour le faire en cachette, qu’ils le fassent dans notre dos, qu’ils se cachent, qu’ils viennent à la maison pendant qu’on est au travail, en vacances, qu’ils découvrent le plaisir des plaisirs volés dans les voitures! Je soupçonne ces mères tellement ouvertes d’esprits et qui adorent chouchouter les bébés couples qu’elles ont la grandeur d’âme d’accueillir sous leur toit, de surtout vouloir contrôler et tout savoir de la vie sentimentale de leur grand bébé.

Et puis surtout, on n’arrête pas de se plaindre que les enfants ne décollent pas de la maison, que l’adolescence s’étire interminablement en longueur. Mais si nos enfants sont logés, nourris, blanchis, cocolés et qu’en plus ils peuvent faire des galipettes, pourquoi diable décolleraient-ils? Chers parents qui m’écoutez, arrêtez de fabriquer des Tanguy et faites comme Johnny: le premier qui tourne autour de votre fille aura à faire à vous.

Isabelle Falconnier La minute peste

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Les étourneaux font l’automne

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Aux abords d’une église dans laquelle on fête le centenaire des apparitions de Fatima, il neige désormais chaque nuit. Nous sommes à Genève, nous sommes à l’avenue de Sainte-Clotilde, dans le quartier de la Jonction, et ce miracle est quotidien.

Une pellicule blanche recouvre en effet, au petit matin, les engins motorisés garés le long du trottoir. Des scooters sont particulièrement concernés. Une voiture également, de type 4×4, grosse et large.  Son pare-brise est inutilisable, sauf à recourir au grattoir hivernal pour retirer la couche durcie qui empêche toute visibilité depuis l’habitacle. C’est à peine si l’on devine en s’approchant le macaron autorisant cette immobilité souillée, comparable à des bateaux ventouses au sortir de l’hiver, dans le port des Eaux-Vives.

Au nez, en s’approchant, ça pue drôlement. Cette housse neigeuse, coiffant la totalité de la carrosserie, dégage une odeur caractéristique: celle de la fiente d’oiseaux. Elle ne tombe pas du ciel, mais des platanes qui font de l’ombre au trottoir. Leurs feuilles ont blanchi. C’est qu’ils sont colonisés du coucher au lever du soleil par des milliers d’étourneaux.

Ces pendulaires ailés faisant des allers-retours entre la ville et la campagne, utilisent les arbres comme des dortoirs urbains, après avoir passé la journée dans le vignoble genevois à se nourrir de fruits, de baies et de grains de raisins surmaturés. Une saine alimentation favorisant le transit à l’heure du coucher et du réveil.

Il est donc recommandé de ne pas stationner sous ces feuillus aux branches douillettes, car l’étourneau s’y sent chez lui. Il y trouve une température plus élevée qu’en rase campagne – les aubes sont moins froides à Plainpalais qu’à Satigny – et surtout davantage de sécurité contre les prédateurs. Son plaisir de squatter en ville se traduit par un chant comparable en intensité à celui d’un chœur d’armée.

Les mâles sont de surcroît doués pour l’imitation. Dans leur vaste répertoire, fait de reprises et de citations sonores, ils intègrent les bruits de la rue, les klaxons et les sonneries de vélos. Les deux d’ailleurs se disputent de plus en plus notre paysage sonore, les cyclistes pressés abusent à leur tour de l’avertisseur.

Vous l’entendez, vous aussi, n’est-ce pas, cette sonnette qui siffle sur nos têtes, ce son aigre et cristallin qui nous casse les oreilles.  Eh bien, l’étourneau, roi du plagiat, est capable de le reproduire à volonté dans son platane-dortoir, juste avant de s’endormir.

Il finit à son tour par se lasser de ce bruitage urbain sans talent. Son instinct migratoire le rattrape. Genève n’est pour lui qu’une ville étape. Il est resté une semaine, parfois deux, rarement plus longtemps. Le sud l’appelle. Le voici en quelques jours en Espagne, en Sicile, plus loin en direction du Maghreb pour ceux qui aiment voyager.

Je regrette déjà son départ. J’allais chaque soir l’écouter sur l’Ile Rousseau. Concert du crépuscule, assurée par une volière géante à ciel ouvert. Et je regardais tomber la neige sur la tête en bronze de notre écrivain à nous, prénom Jean-Jacques, le cheveu blanchi et dégoulinant, ressemblant à ce bout de falaise sur laquelle niche les oiseaux marins.

 Salut bel étourneau.

 A la semaine prochaine, pour nous autres bipèdes qui ne savons pas voler.

Thierry Mertenat Signature

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Domicile en Suisse : une législation stricte pour les élus locaux

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La législation applicable aux élus locaux en matière de domicile est très stricte en Suisse

Et même contraignante. Pas question de tolérer la moindre exception. Le syndic de Romont Dominique Butty a ainsi été dénoncé à la préfecture de la Glâne par ses collègues de la Municipalité. Ils lui reprochent d’être domicilié dans les faits à Vuisternens-devant-Romont, commune limitrophe. L’élu se défend de violer la loi. Il a expliqué à ses collègues qu’il n’a pas encore réussi à vendre sa maison de Vuisternens et qu’il y séjourne de temps à autre, quand bien même il dispose d’un appartement à Romont, où il vit avec son épouse, et où il paie ses impôts.

Des explications qui ne semblent pas avoir convaincu ses collègues

Ils affirment être régulièrement interpellés par les citoyens qui jugent cette situation inacceptable. Mais on sent qu’il y a dans cette démarche une vraie cabale visant à provoquer la démission du syndic. Il appartient maintenant au contrôle des habitants d’établir dans les faits où le syndic est réellement domicilié. Si c’est à Vuisternens, il serait, au sens de la loi fribourgeoise sur l’exercice des droits politiques, réputé démissionnaire.

Ce type de conflit n’est pas nouveau en Suisse

Il nous rappelle bien évidemment celui avait agité la ville de Nyon, il y tout juste dix ans. Le syndic d’alors, l’avocat Alain-Valéry Poitry, avait déménagé dans la commune voisine de Prangins, tout en conservant son domicile politique dans le chef-lieu, où il continuait à payer ses impôts. Cela au vu et au su de ses collègues. Dans ce cas, c’est le Conseil d’Etat vaudois qui avait ordonné à la Municipalité de destituer son président en s’appuyant sur la Loi sur les communes. Cette injonction a été validée quelques mois plus tard par le Tribunal fédéral, qu’avait saisi l’avocat-syndic.

Il semblerait pourtant que tous les syndics ne respectent pas la loi

A vrai dire, ce genre de situation est plus fréquent qu’il n’y paraît. Elle concerne principalement de petites communes, fort heureuses qu’un syndic milicien accepte une charge de plus en plus complexe et contraignante. J’ai connu un chef de Municipalité qui traversait quotidiennement le lac de Neuchâtel pour rejoindre sa bien-aimée sur la rive fribourgeoise. Cela ne l’empêchait pas d’être réélu avec des scores soviétiques, alors que ses ouailles étaient parfaitement au courant de la situation.

Faut-il adapter la législation ?

C’est une question qu’il est temps de se poser, tant la mobilité professionnelle, familiale et de loisirs est entrée dans nos vies. Il y a plus de trente ans que le Tribunal fédéral, saisi par un couple de fonctionnaires genevois, a cassé l’obligation de domicile dans le canton. Vous n’ignorez pas que bon nombre de maires français, en particulier ceux des grandes villes, sont simplement parachutés et passent le plus clair de leur temps dans la capitale. A l’heure où l’ancien premier ministre français Manuel Valls s’apprête à briguer la mairie de Barcelone, il paraît un peu incongru qu’un syndic vaudois ou fribourgeois ne puisse être domicilié dans la commune voisine. Le Valais, qu’on appelle aussi le Vieux-Pays, a pourtant fait ce pas depuis longtemps.

Isidore Raposo Le trouble fête

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