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Le devoir de diligence du locataire

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La chronique de Me Sidonie Morvan, associée et responsable du département immobilier au sein de l’Etude OCHSNER & ASSOCIES.

« Bonjour Benjamin,

Alors d’abord j’aimerais m’excuser pour ma voix raillée qui est le résultat d’un petit refroidissement et qui n’est pas due au fait que j’ai hurlé sur mes voisins toute la journée contrairement au cas de la locataire dont on va parler aujourd’hui.

Il s’agit plus précisément d’une personne qui tyrannisait son voisinage, en particulier les enfants qui jouaient dans le jardin d’ un immeuble locatif de la Commune de Satigny. Au travers de cet arrêt récent du Tribunal fédéral, nous allons plus précisément nous intéresser à la question de l’obligation du locataire d’avoir des égards envers ses voisins et des conséquences en cas de violation de ce devoir.

Cette obligation, elle est prévue dans la loi ou dans le contrat ?

Alors ça peut être dans les deux mais le code des obligations prévoit que s’il s’agit d’un immeuble le locataire doit également respecter les égards dus aux habitants de la maison et aux voisins (al. 2). Il s’agit du devoir de diligence du locataire.

Quelle est l’étendue de ces égards ?

En substance c’est s’abstenir de causer des nuisances excessives à ses voisins. Pour savoir ce que recouvre ces nuisances, on se réfère à la réglementation des droits de voisinage. Cela peut être des nuisances sonores en tout genre comme :

    • du tapage ou de la musique la nuit,
    • des scènes de ménage, des insultes envers les autres usagers,
    • des aboiements de chien,
    • des déchets dans les parties communes,
    • Tout comportement pénal ou les atteintes à la personnalité

Ces nuisances doivent excéder les limites de la tolérance que se doivent les voisins.
Il ne peut pas s’agir d’un simple fait isolé.

Que dit la loi ?

Le bailleur prend souvent le soin de renforcer cette obligation par des clauses particulières dans le contrat.

Les conditions générales applicables dans le canton de Genève reprennent également cette obligation en stipulant par exemple pour les baux d’appartement que lorsque le comportement du locataire ou des personnes vivant en ménage avec lui donnent lieu à des plaintes fondées le bail peut être résilié de manière anticipée. Il doit y avoir un avertissement écrit.

Il est précisé dans ces conditions générales que le locataire ne doit pas faire un usage excessif d’appareils bruyants.
Sur le plan du droit public, il existe à Genève un Règlement sur la salubrité et la tranquillité publiques (RSTP).

Chapitre II Tranquillité publique

Section 1 Dispositions générales

Art. 16 Principes
1 Tout excès de bruit de nature à troubler la tranquillité publique est interdit.
2 L’interdiction des excès de bruit s’étend aussi bien à ceux qui prennent naissance sur le domaine privé qu’à ceux qui prennent naissance sur le domaine public.

Art. 17 Tranquillité nocturne
Entre 21 h et 7 h, tout acte de nature à troubler la tranquillité nocturne, notamment le repos des habitants, est interdit.

Quelle est la conséquence si le locataire viole son devoir ?

Il s’expose à une résiliation de son bail, voire à une résiliation anticipée si la violation du devoir est un motif suffisamment grave pour dénoncer le contrat prématurément.
Selon la loi, si le maintien du bail devient insupportable au bailleur parce que le locataire, nonobstant une protestation écrite, persiste à enfreindre son devoir de diligence ou à manquer d’égards envers les voisins, le bailleur peut résilier ce contrat; s’il s’agit d’un bail d’habitation ou de locaux commerciaux, il doit observer un délai de congé de trente jours pour la fin d’un mois (al. 3).

3 conditions pour la résiliation extraordinaire :
– Protestation écrite
– Persistance du locataire à enfreindre son devoir de diligence
– Poursuite du bail est insupportable

Pour cette dernière condition, c’est insupportable pour le bailleur ou les personnes habitant la maison (les autres locataires).
Fait car sinon les autres locataires pourraient se retourner contre le bailleur (prévalent des règles sur la garantie des défauts ).

Qu’en est-il de cette locataire tyrannique de Satigny alors ? son bail a été résilié ?

Tout à fait et ce fut l’occasion pour le Tribunal Fédéral de rappeler sa jurisprudence sur la violation de l’obligation de diligence dans un arrêt du 24 août 2018.
Il s’agit d’une locataire qui occupait depuis 2005 un appartement au rez-de-chaussée d’un immeuble d’habitation dans la commune de Satigny
En 2007, 8 voisins se sont adressés à la régie pour se plaindre du comportement de cette locataire qui les accusait de faire du bruit alors qu’elle se montrait elle-même bruyante et irascible.

La locataire s’est ensuite plusieurs fois plainte de ses voisins auprès de la régie.

En 2007, la régie lui a enjoint par écrit de cesser un « harcèlement téléphonique concernant des broutilles se passant dans l’immeuble ».

Le 8 juin 2015, à la suite d’un incident, la régie lui a adressé un avertissement formel dans lequel elle indiquait :

« Il nous a été rapporté que vous exerciez une certaine tyrannie, que vous intimidiez et montriez de l’agressivité principalement auprès des enfants qui jouent dans les jardins »

La locataire a été sommée de mettre fin à ce comportement, sous menace d’une résiliation de son bail avec effet immédiat.

A-t-elle cessé ?

Visiblement non puisque le 16 novembre 2015, la régie a reçu une pétition souscrite par onze voisins de la locataire, rédigée comme suit:

Madame X. continue à se comporter de façon incivile avec son voisinage en général avec lequel elle est en conflit…. [Elle] continue et ne cesse d’agresser verbalement les enfants qui jouent à l’extérieur en les effrayant également par ses gestes et expressions. Nos enfants vivent dans un climat de peur alors qu’ils jouent normalement. Ce comportement traumatisant provoque des peurs et traumatismes intolérables à tel point que certains enfants n’osent plus passer devant sa porte de palier qui est un passage obligatoire pour arriver à l’ascenseur au rez-de-chaussée ou se mettent à chuchoter par peur des représailles.

[Elle] appelle régulièrement la police pour déposer des plaintes, hurle dans nos interphones et/ou en dedans et dehors de l’allée, claque violemment sa porte d’entrée lorsqu’elle rentre et sort, tape violemment contre son carrelage pour [signaler] son mécontentement, bouscule les personnes qui entrent et sortent en même temps qu’elle à l’entrée et claque violemment la porte d’entrée prenant le risque de blesser des doigts d’enfants, agresse verbalement les gens, ne respecte pas les jours et horaires de la buanderie, fait ses lessives la nuit, espionne son voisinage, les allées et venues des gens, les voisins en passant sa tête par-dessus les arbustes, ce qui est une atteinte à la vie privée des personnes.

Le 24 du même mois, la bailleresse a résilié le bail avec effet au 31 janvier 2016.

La locataire a contesté la résiliation ?

Oui, elle a perdu devant le TBL et a fait appel.
La Cour de justice a d’abord rappelé que le manquement imputable au locataire, même persistant, doit être suffisamment grave pour justifier la résiliation anticipée du contrat.
Elle est parvenue à la conclusion que les faits dénoncés dans la pétition remise à la régie le 16 novembre 2015 étaient avérés.

La Cour a encore estimé que la locataire n’avait pas donné suite à la sommation qui lui avait été adressée le 8 juin 2015 et que son comportement était suffisamment nuisible pour justifier la résiliation du bail.

Elle a recouru au TF et a été déboutée. »

Me Sidonie Morvan Avocate associée et responsable du département immobilier au sein de l'Etude Ochsner & Associés

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Parlons économie

L’avenir des cafetiers-restaurateurs, le mariage de la tradition et du développement durable, un prix de l’économie à Genève et la responsabilité des entreprises face à la covid-19

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Cette semaine dans Parlons Economie, votre rendez-vous en partenariat avec la Chambre de commerce, d’industrie et des services de Genève, nous recevons le président de la société des cafetiers-restaurateurs, Laurent Terlinchamp, pour faire le point sur la situation de la profession et les perspectives actuelles. Nous abordons ensuite les engagements dans le développement durable d’un emblème du Swiss Made, Caran d’Ache, une entreprise qui depuis toujours a su allier tradition et développement durable. C’est son CEO, Jean-François de Saussure qui est notre invité pour en parler. Pour finir, notre focus s’arrêtera sur les lauréats du Grand Prix de l’Economie avec Alexandra Rys, directrice communication et événement de la CCIG puis nos trois invités débattrons de la responsabilité des entreprises face aux mesures anti-Covid.

3 minutes pour comprendre: Quel avenir pour les cafetiers-restaurateurs de Genève ?

Parmi les professions les plus touchées par la crise sanitaire, les cafetiers-restaurateurs et les commerçants en général ont subi une situation comme ils n’en avaient jamais connu auparavant. Notre invité, Laurent Terlinchamp, président de la société des cafetiers-restaurateurs nous explique que les fermetures pendant plusieurs semaines ont eu des conséquences catastrophiques pour les commerçants et que malheureusement, ce n’est pas terminé.

Malgré la reprise, les cafetiers-restaurateurs restent dans une situation préoccupante avec une impossibilité de se projeter, des mauvaises nouvelles qui arrivent chaque jour et donc un état de stress permanent. De plus, cette crise sans précédent est arrivée à un moment où le secteur était déjà dans un contexte difficile. A ce jour, de nombreux employés du secteur sont encore en RHT avec une perte de revenus quant aux chefs d’entreprise, la plupart n’ont plus de salaire depuis mars.

La situation a forcé les entreprises du secteur a se réinventer, s’adapter aux attentes du marché comme la livraison, la commande en ligne… L’adaptation a été accélérée par la crise.

3 minutes pour comprendre Quel avenir pour les cafetiers-restaurateurs ?

 

Genève bouge pour la planète: Peut-on allier tradition et durabilité ?

De tous les emblèmes de la Suisse et de Genève, il en est un qui, malgré plus de cent ans d’existence, continue d’être précurseur dans le domaine du développement durable. Il s’agit de Caran d’Ache. La marque, référence du Swiss Made, porte le développement durable dans ces valeurs depuis toujours.

Son CEO, Jean-François de Saussure, nous confie que dans les années 50 déjà, les propriétaires de l’entreprise avaient imaginé une machine permettant de récupérer la poussière de bois issue de la création des crayons et de la recycler en briquette pour chauffer la manufacture. Une technique encore utilisée aujourd’hui.

Une bonne façon d’illustrer les engagements concrets de l’entreprise au fil des années. Ses propriétaires d’hier et d’aujourd’hui ont toujours été sensibles et ont toujours eu à coeur de protéger l’environnement mais aussi l’humain. Des valeurs d’autant plus importantes dans les périodes que nous traversons.

Au-delà des engagements de la marque, Caran d’Ache est aussi le symbole de l’anti-obsolescence programmée de par ses produits, crayons de papier et stylo, intemporels et qui stimule la créativité des consommateurs. Une belle respiration dans notre monde d’écrans.

Le point sur cette entreprise d’exception et son engagement écologique avec Jean-François de Saussure.

Genève bouge pour la planète Peut-on allier tradition et développement durable ?

 

Le Focus:

Le Grand Prix de l’Economie.

Tous les événements de 2020 prennent une dimension exceptionnelle, chacun à sa manière. Le Grand Prix de l’Economie, organisé par la CCIG, n’échappe pas à la règle.

Comme chaque année, cet événement a été l’occasion de remettre deux prix importants: le prix de l’économie genevoise et celui de l’innovation. Ce sont les lauréats qui ont été particulier cette année.

Notre invité, Alexandra Rys, directrice communication et événement de la CCIG nous les a présenté. Pour le prix de l’économie genevoise 2020, la CCIG a choisi de récompenser l’ensemble des entreprises genevoises. Un geste fort et symbolique pour saluer le courage des toutes les structures qui ont affronté la crise, chacune à leur façon et chacune du mieux qu’elles le pouvaient.

Le second prix, celui de l’innovation revient conjointement aux HUG et à Genève Cliniques. En effet, les deux entreprises ont montré comment, lorsqu’il y a un besoin et une volonté, les secteurs publiques et privés peuvent s’allier et travailler ensemble. Un exemple unique et qui a fait ces preuves face à l’épidémie de Covid-19.

Le Focus Remise du Grand Prix de l'Economie de la CCIG

 

Face aux mesures anti-covid, quelles responsabilités doivent assumer les entreprises ?

En conclusion de l’émission de cette semaine, nous sommes revenus avec nos trois invités sur la responsabilité des entreprises face aux mesures anti-covid. Une question que chacun d’entre nous se posent actuellement.

Nos invités étaient alignés sur le fait que les entreprises ont une double responsabilité. D’abord, celle de protéger leurs collaborateurs et leurs clients, notamment en mettant à disposition le matériel nécessaire. Puis ensuite, par une action de sensibilisation des collaborateurs sur les mesures à prendre et les gestes à appliquer afin de se protéger et de protéger les autres.

Un débat à réécouter ici:

Le Focus Face aux mesures anti-Covid, quelles responsabilités doivent assumer les entreprises ?

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L'invité

Nicolas Walder, Conseiller national Vert

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L’initiative de limitation est un couperet. Pour le Conseiller national Vert, Nicolas Walder, l’enjeu est clair lors des votations du 27 septembre prochain. Il était l’invité de Béatrice Rul, à 7h35, dans Radio Lac Matin.

 

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L'invité

Philippe Clément, journaliste spécialiste automobile

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Philippe Clément

Quel avenir pour le salon international de l’auto de Genève? Après l’annulation de l’édition de 2020 pour cause de Covid-19, la plus grande incertitude plane au-dessus de la grand’messe genevoise. Eclairage avec Philippe Clément, journaliste spécialiste de l’automobile, qui était l’invité de Benoît Rouchaleau, ce vendredi à 7H35, dans Radio Lac Matin.

Philippe Clément Journaliste automobile

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Parlons économie

Fiscalité des entreprises, place financière genevoise et génération EasyJet au menu de Parlons Economie.

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Cette semaine dans Parlons Economie, votre rendez-vous en partenariat avec la Chambre de commerce, d’industrie et des services de Genève, nous continuons à aborder les sujets des votations du 27 septembre prochain avec la question de l’imposition des entreprises et celle du minimum salariale. Ce sont respectivement Nathalie Hardyn, directrice du département politique de la CCIG et Stéphanie Ruegsegger, directrice politique générale de la FER Genève qui seront nos invitées pour en parler. Nous recevrons ensuite Edouard Cuendet, directeur de la Fondation Genève Place Financière pour parler de l’attractivité de Genève en tant que place financière et de sa place dans le contexte actuel sur le plan mondial. Nous finirons enfin par un focus sur EasyJet, la compagnie aérienne, fortement impactée par la crise du coronavirus et qui se relève en Suisse avec son directeur général pour la Suisse, Jean-Marc Thévenaz.

 

3 minutes pour comprendre.

La concurrence fiscale entre cantons doit-elle être régie par l’état?

A trois semaines des votations fédérales, la question de la concurrence fiscale entre les cantons est posée avec Nathalie Hardyn, directrice du département politique de la CCIG. Le 27 septembre, nous voterons sur l’augmentation des impôts à Genève, une initiative de la gauche dont le but est de rééquilibrer la concurrence fiscale entre les cantons.

Pour notre invitée, ce projet présente un risque car Genève possède déjà l’un des taux d’imposition pour les entreprises les plus élevés de Suisse et l’augmenter encore pousserait les contribuables les plus mobiles à partir. On peut donc craindre de voir des entreprises partir dans d’autres cantons et donc des emplois disparaître à Genève.

Nathalie Hardyn nous explique au micro de Benjamin Smadja.

3 minutes pour comprendre La concurrence fiscale entre cantons et le coût du travail

Quel est le coût du travail?

Seconde proposition qui sera soumise à votation le 27 septembre prochain, celle de l’instauration d’un salaire minimum de 23 francs dans tous les secteurs de l’économie. Séduisante sur le papier, cette mesure ne prend cependant pas en compte la réalité de certaines branches dans lesquelles les salaires sont plus faibles et qui disposent de peu de marge de manoeuvre pour une augmentation significative de ces derniers. C’est d’autant plus risqué que ces branches sont souvent  celles qui ont été le plus impactées par la crise du covid.

Notre invitée, Stéphanie Ruegsegger nous explique que pour les entreprises de ces domaines, des dispositions de salaire minimum existent déjà mais que celui-ci est fixé au sein de la branche et adapté à la réalité des entreprises. Un système qui, selon elle, est bien plus pertinent.

 

Genève innove: Genève est-elle toujours une ville de business?

Dans le contexte mondiale actuel, Genève est-elle toujours perçue comme une ville de business? Quelle est la crédibilité de sa place financière? L’étude « Clarity on Swiss Taxes, Securing Switzerland’s attractiveness as a business location » de KPMG nous fournit des indicateurs intéressants pour répondre à ces questions et comprendre les facteurs qui permettrait à Genève une sortie de crise moins douloureuse.

Nous décodons ces indicateurs avec notre invité du jour, Edouard Cuendet, directeur de la Fondation Genève Place Financière. Il nous explique que la fiscalité des entreprises est l’un des points les plus importants pour l’attractivité d’une ville aux yeux des entreprises. Sur ce point, Genève reste une place très attractive.

La place financière genevoise représente aujourd’hui plus de 35’000 emplois et 12% du PIB. On constate également que les clients ont une forte confiance y compris en cette période de crise sanitaire où ils ont continué à placer des liquidités à Genève.

La préoccupation actuelle n’est donc pas du côté de cette crise car la banque nationale Suisse est solide mais plus du côté de l’initiative de limitation de l’UDC, soumise au vote le 27 septembre prochain. En effet, la place financière de Genève échange beaucoup avec les autres places financières européennes et son lien avec l’Union Européenne est crucial pour son rayonnement international. L’adoption d’une telle initiative pourrait entacher cette relation avec l’UE et nuire à la place financière genevoise et à son accès au marché européen.

Genève innove Genève est-elle toujours une ville de business ?

 

Le Focus: Comment va la génération EasyJet ?

Figurant parmi les secteurs les plus touchés par la crise du coronavirus, le transport aérien se relève doucement mais surement. Nous évoquons le cas d’EasyJet, spécialiste des vols low-costs en Europe avec son directeur général pour la Suisse, Jean-Marc Thévenaz.

Présente en Suisse depuis 20 ans avec 1’000 employés, la marque orange a connu une crise dont l’arrivée a été rapide et sévère. Du jour au lendemain, sa flotte entière a été clouée au sol. Il a fallu réagir et pallier d’urgence à une perte trop importante de liquidités mais aussi gérer la maintenance des avions immobilisés, les mesures de RHT pour les employés, le service client… Pour la compagnie, il y avait plus de travail que jamais alors qu’aucun avion ne volait. Une situation inédite pour Jean-Marc Thévenaz.

Le Focus Comment va la génération EasyJet ?

Par la suite, il fallait regarder vers l’avenir et préparer la sortie autant d’un point de vue stratégique et tactique. La relation avec les clients est aussi un enjeu clé de la période et il y a la nécessité d’une prise de conscience du personnel et de la clientèle que la période est compliquée et que cela demande de se responsabiliser. L’harmonisation des mesures et des conditions d’entrée et de sortie pour les différents pays et la digitalisation du suivi des passagers sont pour Jean-Marc Thévenaz des pistes à explorer pour faciliter la reprise.

Malgré tout, la Suisse reste l’un des pays dans lequel la reprise a été la plus rapide, les passagers étaient en effet au rendez-vous cet été.

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Parlons économie

Equilibre vie pro et vie perso, les startups face à la crise et le besoin d’adaptation des entreprises dans Parlons économie.

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A un mois des votations du 27 septembre prochain, nous abordons les dispositions fédérales misent en oeuvre afin de concilier vie privée et vie professionnelle avec Maître Jean-Frédéric Maraia, avocat chez Scellenberg Wittmer et Christophe Barman, fondateur de Loyco. Nous recevons ensuite Evelyne Schmitt, responsable opération et communication de la Fongit avec qui nous évoquerons les défis des start-up après la crise de la Covid-19. Pour finir, c’est Jean-Claude Fert, directeur de la Maison Fert qui est l’invité de notre Focus pour nous expliquer les enjeux pour les domaines du voyages et du transport international dans cette crise.

 

3 minutes pour comprendre: Mieux concilier sa vie professionnelle et sa vie personnelle.

Parmi les sujets des votations du 27 septembre prochain, deux dispositions fédérales concernent la conciliation entre vie professionnelle et vie personnelle.

A commencer par l’augmentation de la déduction fiscale des frais de garde lorsque les deux parents travaillent. Cette mesure, déjà existante, permet aux parents de bénéficier d’une déduction fiscale jusqu’à CHF 10’100.- sur les frais de garde de leurs enfants. La proposition soumise à votation le mois prochain prévoit d’augmenter ce plafond à CHF 25’000.-.

Maître Jean-Frédéric Maraia nous détaille cette disposition et nous explique que son but est d’encourager les deux parents au sein du couple à travailler et donc lutter contre le manque de ressources mais aussi d’aider les familles à mieux concilier leurs carrières professionnelles et leurs vies personnelles.

Second texte important de cette votation, la mise en place d’un congé paternité. Pour Christophe Barman, fondateur de Loyco, il est temps que cette mesure soit votée en Suisse. Il nous rappelle que nous sommes le dernier pays en Europe à ne pas avoir de congé paternité à proprement parler puisqu’aujourd’hui, un jeune père n’a droit qu’à deux jours à la naissance de son enfant.

La  mesure soumise au vote le 27 septembre prévoit d’instaurer un congé paternité de deux semaines. Un bon début pour Christophe Barman qui quand lui offrira deux semaines supplémentaires à ses salariés portant leur congé paternité à quatre semaines. L’instauration d’un congé paternité permet à la Confédération de faire un pas supplémentaire vers l’égalité homme-femme et de sortir du schéma dépassé de « maman reste à la maison et papa travaille ».

3 minutes pour comprendre Concilier vie professionnelle et vie personnelle.

 

Genève innove: Les startup sont-elles une solution face à la crise?

Depuis le début de la crise sanitaire, nous avons beaucoup évoqué dans Parlons économie les conséquences pour les entreprises et l’économie. On voit bien que la crise sanitaire a révélé des faiblesses dans nos systèmes et a mis à mal beaucoup d’entreprises quelle que soit leur taille. Aujourd’hui, avec Evelyne Schmitt, responsable opération et communication de la Fongit, nous parlons du cas des startups.

En effet, ces jeunes pousses portées sur l’innovation ont globalement réussi à tirer leur épingle du jeu et ce pour une raison simple, elles vivent toujours sur l’investissement et non sur leur revenu. La pandémie a donc eu un impact plus modéré sur ces petites structures. En revanche, elles sont quand même menacées notamment pour celles qui étaient en plein recherche de fonds car les investisseurs sont plus frileux. Il est donc important d’aider ces entreprises innovantes à faire face car ce sont elles qui créent de la valeur économique et sociale dans le contexte actuel et pour le futur.

Comme nous le dit Evelyne Schmitt, cette crise n’est pas la première et nous avons donc le recul nécessaire pour analyser la situation et mettre en place les bonnes mesures. Face aux crises économiques précédentes, le constat a été que les entreprises qui continuent à investir dans l’innovation sont celles qui s’en sortent le mieux. Et bien souvent, il s’agit de startups.

On a pu voir ainsi émerger de la crise de 2008 l’économie collaborative et ses pure-players comme Uber ou Airbnb. Et la précédente crise sanitaire liée à un Coronavirus, l’épidémie de SRAS en Asie en 2003 a permis la généralisation de l’achat en ligne sur le continent avec le précurseur Alibaba.

Il faut donc se concentrer sur ces entreprises innovantes qui remettent en question leur business model face à la crise et risquent d’apporter les tendances des prochaines années.

Genève innove Les startup sont-elles une solution face à la crise?

 

Le Focus: Comment s’adapter face à la crise?

Face aux startups et à leurs enjeux, les entreprises plus conséquentes et plus établies rencontrent elles aussi des problématiques qui leur sont propres. C’est le cas de la Maison Fert dont les activités (transport de vin à l’international et voyages d’affaires) sont très fortement impactées.

Pour Jean-Claude Fert, son directeur, la Maison doit s’adapter et le secteur a pour défi majeur de pouvoir conserver le plein emploi. Ainsi, ce sont les aides fédérales qui sont importantes pour les entreprises du secteur. Les mesures de RHT (possible jusqu’à fin novembre pour le moment) et les aides perçues jusqu’à fin mai ont aidé ces entreprises à garder leur personnel. Le problème aujourd’hui se trouve du côté des patrons qui depuis juin n’ont plus droit à rien et dont la situation se détériore.

Jean-Claude Fert attire l’attention sur ce point: les patrons sont fortement impactés eux-aussi et des aides seraient les bienvenues.

Le Focus Comment s'adapter face à la crise?

 

Retrouvez Parlons économie sur Radio Lac tous les jeudis à 14h00, en partenariat avec la Chambre de Commerce, de Services et d’Industrie de Genève (CCIG).

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