Fondatrice des restaurants Mayrig, Aline Kamakian a récemment ouvert à Genève un bistrot dédié à l’art culinaire arménien. Portrait d’une femme au caractère bien trempé avec un cœur d’artichaut.
Cette femme engagée aime le franc-parler et raconte aisément ses histoires entrepreneuriales en matière de restauration. Mais qui se cache derrière le personnage qui a grandi à Beyrouth dans les années 70 en pleine guerre du Liban? Portrait d’un être humain passionnant qui, malgré les aléas de la vie, s’est construit un parcours des plus surprenants. A l’école, son déjeuner préparé à la maison remporte un tel succès que ses camarades lui demandent de partager ses recettes. A l’exception d’un cheeseburger proscrit qu’elle déguste en secret, mettre un pied à la cantine scolaire aurait constitué un crime de lèse-majesté.
Une famille unie autour des traditions
Profondément respectueuse de sa mère et très attachée à son père, Aline Kamakian se rapproche du patriarche à travers la cuisine. Les deux se levaient régulièrement à quatre heures du matin pour préparer le déjeuner arménien dominical. Aux côtés des nombreux oncles, tantes et cousins, une ribambelle d’invités défilent quotidiennement chez les Kamakian pour déguster les merveilleux plats confectionnés par le duo père fille. «Mayrig est le fruit du savoir-faire de ma mère et des rêves de mon père.» A peine âgée de 17 ans, Aline perd ce dernier et décide, à la suite de ce drame, de réaliser la vision de son père disparu. Livrée à elle-même et animée d’une soif d’indépendance, Aline termine ses études et commence par vendre des assurances. Elle fera ses premières armes dans le monde de l’hôtellerie et la restauration à l’hôtel Intercontinental Phoenicia. Le premier Mayrig verra le jour à Beyrouth en 2003. Après plusieurs ouvertures en Arabie Saoudite, aux Maldives, en Arménie et en Égypte, Aline Kamakian jette son dévolu sur Genève en 2025. «Je suis arrivée à réaliser le rêve de mon père et je souhaite maintenant faire rayonner la cuisine arménienne à travers le monde. Tout en conservant les traditions, tout est une histoire de transmission.»
Retrouvez les restos d’Edouard chaque jeudi à 11h20 dans l’émission Il suffit de demander.