Si l'heure est encore au bilan de l'an passé, alors la Genève Internationale ne peut que trouver 2025 difficile. Les États-Unis ont coupé drastiquement le budget des organisations internationales et d'ONG actives ici à Genève. Interview avec Yannick Roulin, Ambassadeur et directeur du Centre d'Accueil de la Genève Internationale.
La Genève Internationale, on le sait, est à la peine. Les coupes budgétaires américaines l'a font souffrir. Quelle est votre analyse de la situation?
YR : Oui, c'est une situation qui est quand même assez inédite. Je pense qu'on avait rarement vu ça ici à Genève. Depuis février, la situation est assez tendue. Il y a des coupes budgétaires qui sont vraiment massives, aussi bien au niveau des organisations internationales que des ONG. Il faut savoir que les 15 plus grandes organisations internationales ici ont des budgets qui sont souvent couverts par les États-Unis à hauteur de 15 à 40%. Et voilà, il y a eu des coupes américaines massives, mais il y a aussi des coupes de la part de nombreux autres donateurs, ce qui fait que beaucoup d'organisations sont dans une situation difficile, surtout celles qui sont actives dans le domaine des droits de l'homme, du droit humanitaire, de l'environnement. Et par effet de ricochet, beaucoup d'ONG aussi souffrent de cette situation. Ce qui a un impact évidemment, du moment qu'il y a des coupures budgétaires, il y a de nombreuses coupures de postes, il y a des réductions d'activités, des mandats qui sont mis de côté, des opérations qui ne peuvent plus avoir lieu. Donc oui, un changement assez important ici à Genève.
Et comment il s'illustre ce changement au sein du CAGI ?
YR : Alors on sait qu'il y a beaucoup de gens qui vont perdre leur emploi ou qui vont être délocalisés, c'est surtout plutôt une perte d'emploi. Tout se fait pas soudainement parce qu'il y a souvent des délais de résiliation, donc les choses s'étalent sur le temps. On ressent beaucoup d'inquiétude de gens qui veulent rester ici à Genève, qui ont leur famille ici depuis de nombreuses années et qui souhaitent du coup aussi retrouver un travail à Genève. Donc nous on les aide avec le soutien des autorités cantonales, de la Confédération, à leur expliquer le marché du travail suisse, quelles sont les possibilités et dans la mesure du possible essayer de les replacer ici. On a des entreprises qui ont besoin aussi de talents internationaux, donc voilà, si on peut aider à faire un matching, on le fait volontiers.
Il y a de l'incertitude. Mais je reste convaincu, qu'à terme, la situation sera bonne.
Comment garder la tête hors de l'eau de cette crise qui va encore durer? Comment rester positif et rassurer?
YR : Je pense qu'on est dans une phase qui est assez difficile. Comme toute phase où il y a des changements profonds, il y a de l'inquiétude, on ne sait pas trop où on va. Il y a de l'incertitude. Mais je reste convaincu, qu'à terme, la situation sera bonne. On a un écosystème à Genève qui est vraiment unique au monde. Il n'y a aucune autre ville qui a une telle concentration d'acteurs dans des domaines aussi variés. Je pense que ça ne va pas changer. Là, il y a un redimensionnement des activités. Mais je pense qu'il y aura aussi une consolidation à terme qui sera peut-être une bonne chose au final. Je crois qu'il faut toujours rester positif. Je pense que Genève a de bonnes cartes en main. Mais ça n'empêche pas que pour les gens qui sont concernés maintenant, pour les institutions, c'est une phase qui est difficile. On comprend pleinement et on essaie de soutenir au mieux.
À noter qu'en juin l'année dernière, le CAGI avait organisé, pour la première fois, une conférence destinée aux fonctionnaires internationaux en reconversion ou en rupture de contrat. Conférence qui avait affiché "complet" avec plus d'un millier d'inscrit.
Yannick Roulin répondait à Léna Ailloud
Carrasco german
28 mars 2020 à 11 h 32 min
Malgré que je comprends les motivations et les craintes du conseil fédéral, j'estime que garder les chantiers ouvert est une décision irresponsable. Cela s'apparente a la mis en danger des personnes, non assistance a personne en danger.
C'est comme toujours les assurances ne veulent que encaisser et rien payer.