Les primes pourraient augmenter de 5% à l'automne, au vu de la hausse des coûts. La Confédération reste toutefois prudente à ce stade.
En 2026, les primes ne couvrent pas totalement les coûts, a indiqué Philipp Muri, responsable de la division Surveillance de l'assurance de l'Office fédéral de la santé publique (OFSP), mardi devant les médias.
Les coûts de la santé ont explosé en 2025. Ils ont augmenté de 247 francs par personne, soit une hausse de 5,2% par rapport à l'année précédente. Il s'agit de la plus forte croissance observée en huit ans. On peut donc s'attendre à un effet de rattrapage sur les primes, selon M. Muri.
"En général, les primes augmentent au même rythme que les coûts", a-t-il ajouté. Les assureurs tablent actuellement sur une hausse des coûts de près de 5% pour l'année 2026.
Chiffres précis fin juin
Au premier trimestre, la hausse était de 2,9% environ, selon l'OFSP. Elle touche tous les groupes de coûts, et particulièrement le secteur ambulatoire, les soins infirmiers et la psychothérapie.
Cette augmentation, légèrement plus faible que d'autres années, doit être prise avec précaution, car de nombreuses prestations ambulatoires n'ont pas encore été facturées en raison du nouveau système tarifaire, précise l'office.
Le Centre de recherches conjoncturelles (KOF) de l'Ecole polytechnique fédérale de Zurich doit publier des estimations plus précises fin juin.
Tendance à la hausse
Les experts restent donc à ce stade prudents sur les projections pour les primes 2027. "L'inconnue est encore trop grande sur les chiffres. Nous ne pouvons donc encore rien confirmer sur le montant des primes de l'année prochaine", a déclaré M. Muri.
Mais la tendance à la hausse est presque certaine. "Il n'existe à l'heure actuelle aucun signe indiquant un ralentissement significatif de la croissance des coûts", a expliqué le spécialiste.
Les nombreuses raisons de la hausse des coûts sont connues de longue date. Le vieillissement de la population et l'augmentation du nombre de consultations comptent parmi elles.
"Tâche permanente"
La gestion des coûts est essentielle dans ce contexte, aux yeux de l'OFSP. "Cette tâche reste permanente", a déclaré Kristian Schneider, directeur adjoint de l'OFSP.
Il a cité le système TARDOC en vigueur depuis le début de l'année. Le système "fonctionne globalement bien", mais quelques ajustements sont encore nécessaires.
Des économies d'environ 300 millions de francs ont également été décidées à partir de 2026. Et de nouvelles mesures de réduction des coûts sont discutées dans le cadre d'une table ronde.
Primes 450 francs plus élevées
Sans ces mesures, les primes annuelles par personne seraient en moyenne 450 francs plus élevées, selon l'OFSP. L'organe veut en particulier maîtriser les coûts dans la pharma.
L'industrie réclamerait des prix encore plus élevés face à la pression américaine, alors que les médicaments vendus en Suisse sont déjà parmi les plus chers au monde. Cela pourrait représenter plusieurs milliards de francs.
La situation est "extrêmement complexe", a déclaré M. Schneider. Le Conseil fédéral doit prochainement publier un rapport sur le sujet.