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Des implants cérébraux pour parler à nouveau

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Présentation de deux implants permettant aux patients de marcher grâce à l'impulsion de leur cerveau à Lausanne le 23 mai 2023. (illustration, KEYSTONE/Jean-Christophe Bott)

Rendre la parole à ceux qui en ont perdu l'usage à cause d'une maladie ou d'un accident devient de plus en plus plausible. Deux expériences d'implants cérébraux font état d'importants progrès dans ce domaine, selon des travaux publiés mercredi dans la revue Nature.

Pat Bennett, 68 ans, était une cadre supérieure dynamique et sportive, jusqu'à un diagnostic de maladie de Charcot posé il y a plus de dix ans. Cette maladie neurodégénérative, qui prive progressivement le patient de tout mouvement jusqu'à la paralysie complète, s'est d'abord traduite chez elle par des difficultés d'élocution, puis l'impossibilité de parler.

Les chercheurs du département de neurochirurgie de l'université américaine de Stanford lui ont implanté en mars 2022 quatre petits carrés de 64 micro-électrodes faites de silicone. Pénétrant dans le cortex cérébral sur seulement 1,5 millimètre, elles enregistrent les signaux électriques produits par les aires du cerveau liées à la production du langage.

Les signaux produits sont véhiculés en dehors du crâne grâce à un faisceau de câbles, et traités par un algorithme. La machine a "appris", sur quatre mois, à en interpréter le sens. Elle associe les signaux à des phonèmes, - les sons qui permettent de former les mots d'une langue -, et les traite avec l'aide d'un modèle de langage.

Taux d'erreur réduit

On "peut désormais imaginer un futur dans lequel on rétablit une conversation fluide avec une personne souffrant de paralysie" du langage, a déclaré dans un point de presse Frank Willett, professeur à Stanford et co-auteur de l'étude.

Avec son interface cerveau-machine (ICM), Pat Bennett parle via un écran au rythme de plus de 60 mots par minute. Encore loin des 150 à 200 mots par minute d'une conversation standard, mais déjà trois fois plus rapidement que dans le précédent record, datant de 2021 et déjà détenu par l'équipe qui l'a prise sous son aile. Le taux d'erreur sur un vocabulaire de 50 mots est tombé à moins de 10%, contre plus de 20% auparavant.

Dans la deuxième expérience, menée par l'équipe d'Edward Chang à l'Université de Californie, le dispositif repose sur une bande d'électrodes posée sur la matière corticale. Ses performances sont comparables au système de l'équipe de Stanford, avec une médiane de 78 mots par minute, cinq fois plus rapide qu'auparavant.

Un bond énorme pour la patiente, paraplégique depuis une hémorragie au niveau du tronc cérébral, et qui communiquait jusqu'ici à un rythme maximal de 14 mots par minute, à l'aide d'une technique de suivi des mouvements de la tête.

Dans les deux expériences, le taux d'erreur monte aux alentours de 25% quand les patientes utilisent un vocabulaire de plusieurs dizaines de milliers de mots.

Voix synthétique et avatar

La particularité du dispositif du Pr Chang est de reposer sur l'analyse des signaux émis non seulement dans les aires liées directement au langage mais aussi plus largement dans le cortex sensorimoteur, qui actionne les muscles faciaux et oraux pour produire des sons.

"Il y a cinq, six ans, nous avons vraiment commencé à comprendre les réseaux électriques qui ordonnent le mouvement des lèvres, de la mâchoire et de la langue nous permettant de produire les sons spécifiques à chaque consonne, voyelle et mot", a expliqué le Pr Chang.

L'interface cerveau-machine de son équipe produit du langage sous forme de texte, mais aussi avec une voix synthétisée et un avatar reproduisant les expressions faciales du patient quand il s'exprime. Parce que "la voix et nos expressions sont aussi une partie de notre identité", selon le Pr Chang.

L'équipe vise maintenant une version sans fil du dispositif, qui aurait "des conséquences profondes sur l'indépendance et les interactions sociales" d'un patient, selon David Moses, co-auteur de l'étude et professeur en neurochirgurgie à l'Université de San Francisco.

Avec Keystone-ATS

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International

Bélarus: citoyen allemand condamné à mort pour "acte de terrorisme"

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La Biélorussie est le seul Etat d'Europe où la peine de mort existe encore. (© KEYSTONE/AP)

Un citoyen allemand a été condamné à mort au Bélarus, le seul pays d'Europe appliquant encore la peine capitale, après avoir été accusé notamment d'"acte de terrorisme" et de mercenariat, a rapporté vendredi l'ONG Viasna.

Dans un communiqué, Viasna dit avoir eu "la confirmation" du fait que Rico Krieger, qui serait médecin militaire et âgé de 30 ans, avait été condamné à mort le 24 juin par un tribunal de Minsk. Selon cette source, l'affaire a un lien avec le régiment Kastus Kalinouski, composé de Bélarusses combattant l'armée russe aux côtés de l'Ukraine.

Cet article a été publié automatiquement. Sources : ats / afp

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International

Rare naissance au Cambodge de 60 crocodiles en voie d'extinction

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Les crocodiles siamois mesurent jusqu'à trois mètres de long et le bassin du Mékong et les zones humides du Cambodge semblent abriter les seules populations sauvages restantes, selon l'organisation de protection de la nature WWF. (© KEYSTONE/AP/Heng Sinith)

L'espoir renaît pour le crocodile siamois, l'un des reptiles les plus menacés au monde. Cela avec la rare naissance de 60 spécimens au Cambodge, ont déclaré jeudi les autorités.

Cinq nids ont été découverts à la mi-mai dans un parc national du sud-ouest du pays, où ces crocodiles sont victimes de braconniers, a annoncé le ministère cambodgien de l'environnement dans un communiqué commun avec l'ONG Fauna & Flora.

Les nids contenaient 106 oeufs, et 60 d'entre eux ont éclos avec succès entre le 27 et le 30 juin, a déclaré le ministère.

"Cette découverte indique que la zone est un habitat clé pour les crocodiles naturels, ce qui donne de l'espoir pour le rétablissement de l'espèce", a-t-il ajouté.

Plus que 400 crocodiles sauvages

Les chercheurs estiment qu'il ne reste plus que 400 crocodiles sauvages, principalement au Cambodge.

Leur survie est menacée par les braconniers qui fournissent des oeufs et des reptiles adultes aux fermes de crocodiles de la région, où leurs peaux sont transformées en ceintures, chaussures et sacs à main de luxe.

C'est une source de "fierté" que le pays abrite certaines des espèces les plus rares du monde, a déclaré le ministre cambodgien de l'environnement, Eang Sophalleth, s'engageant à poursuivre ses efforts pour "préserver la biodiversité".

Déforestation et braconage

La déforestation et le braconnage ont été fatals à de nombreuses espèces au Cambodge, l'une des nations les plus pauvres et les plus corrompues d'Asie.

Les crocodiles siamois mesurent jusqu'à trois mètres de long et le bassin du Mékong et les zones humides du Cambodge semblent abriter les seules populations sauvages restantes, selon l'organisation de protection de la nature WWF.

Ils figurent actuellement sur la liste rouge de l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) pour les espèces menacées.

Cet article a été publié automatiquement. Sources : ats / blg / afp

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Ukraine: Moscou revendique la prise d'un nouveau village dans l'est

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Des policiers ukrainiens enquêtent sur le site d'un tir de roquette russe dans la ville de Chuhuiv dans la région de Kharkiv, au nord-est de l'Ukraine, vendredi. Au moins 9 personnes ont été blessées, selon les autorités locales. (© KEYSTONE/EPA/SERGEY KOZLOV)

La Russie a revendiqué vendredi la prise d'un nouveau village dans l'est de l'Ukraine, poursuivant sa poussée en direction de la localité de New York, cible d'intenses bombardements de la part des forces russes qui cherchent à progresser.

"Le village de Iourivka (...) a été libéré", a indiqué le ministère russe de la Défense dans un communiqué.

Iourivka, un tout petit village du Donbass, se trouve à 2 km au sud de New York, et non loin de Toretsk, deux localités qui subissent depuis la mi-juin de nombreuses frappes de la part des Russes qui cherchent à s'en emparer et progresser dans la région de Donetsk (est).

L'armée ukrainienne, en manque d'hommes et de munitions, fait face à des assauts russes le long de la ligne de front, qui s'étend sur près de 1000 km, notamment dans l'Est, où l'armée russe a conquis plusieurs petites localités ces dernières semaines, malgré d'importantes pertes.

Cet article a été publié automatiquement. Sources : ats / afp

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International

Gaza : aucun cas de polio détecté jusqu'ici, dit l'OMS, inquiète

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Selon l'OMS, des dizaines de milliers d'enfants de moins de cinq ans de la bande de Gaza risquent de contracter la polio et d'autres maladies évitables par la vaccination. (© KEYSTONE/EPA/HAITHAM IMAD)

Aucun cas de poliomyélite n'a été détecté jusqu'à présent dans la bande de Gaza, a déclaré vendredi l'OMS, après la découverte du virus dans des échantillons d'eaux usées. Mais l'organisation est très inquiète.

Mardi, le Réseau mondial de laboratoires de lutte contre la poliomyélite a isolé le poliovirus de type 2 dérivé d'une souche vaccinale dans six échantillons de surveillance environnementale collectés le 23 juin, a déclaré le porte-parole de l'OMS, Christian Lindmeier, lors d'un point de presse à Genève.

"Cette découverte est extrêmement préoccupante", a souligné M. Lindmeier, et était "malheureusement attendue" étant donné la situation sanitaire dans la bande de Gaza soumise à des bombardements intensifs depuis neuf mois par les forces israéliennes.

"Le virus n'a à l'heure actuelle été isolé que dans l'environnement et aucun cas de paralysie associé n'a été détecté", a-t-il précisé.

La poliomyélite est une maladie très contagieuse provoquée par un virus (le poliovirus) qui envahit le système nerveux et qui peut entraîner en quelques heures des paralysies irréversibles.

"Réponse rapide essentielle"

L'OMS, d'autres agences de l'ONU et le ministère de la Santé de Gaza contrôlé par le Hamas, sont en train d'essayer de déterminer l'ampleur de la propagation du poliovirus, a souligné M. Lindmeier.

"Ils détermineront quelles mesures prendre pour stopper toute nouvelle propagation", a-t-il ajouté. "Une réponse rapide est essentielle pour empêcher la propagation du virus", insiste t-il, soulignant les conditions très difficiles sur le terrain. Il n'exclut pas le risque d'une "propagation internationale".

Couverture optimale avant

Selon M. Lindmeier, la couverture vaccinale contre la polio était "optimale" à Gaza avant la guerre, estimée à 89% en 2023.

Actuellement, seuls 16 des 36 hôpitaux de l'étroite bande de territoire palestinien sont partiellement fonctionnels, et environ 45 des 105 établissements de soins de santé primaires sont opérationnels.

Dizaines de milliers d'enfants à risque

Les taux de vaccination chutent à cause des conditions extrêmes auxquelles sont soumises la population et le système de santé. Des dizaines de milliers d'enfants de moins de cinq ans risquent de contracter la polio et d'autres maladies évitables par la vaccination, selon le porte-parole.

L'OMS estime que beaucoup de maladies "se propagent de manière incontrôlable" dans le territoire assiégé.

"Les efforts visant à collecter et à transporter des échantillons de patients à Gaza afin de déterminer les causes de leurs maladies ont toutefois été empêchés par l'insécurité, les restrictions d'accès et, plus récemment, la fermeture du poste frontière de Rafah" avec l'Egypte, a expliqué M. Lindmeier.

"En fin de compte, un cessez-le-feu est essentiel pour permettre d'augmenter rapidement les campagnes de vaccination et combler les lacunes générées par la guerre", a-t-il souligné.

Cet article a été publié automatiquement. Sources : ats / afp

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Culture

Russie: un journaliste américain condamné pour espionnage

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Le journaliste du Wall Street Journal écoute le verdict au "Palais de Justice" de Yekaterinburg en Russie. (© KEYSTONE/AP/Dmitri Lovetsky)

Le journaliste américain Evan Gershkovich a été condamné en Russie à 16 ans de prison. Il a été reconnu coupable d'espionnage, une accusation jamais étayée par Moscou et rejetée par l'intéressé,ses proches et les Etats-Unis.

Le Wall Street Journal a fustigé une condamnation "scandaleuse", qui "survient alors qu'Evan a passé 478 jours en prison, détenu à tort, loin de sa famille et de ses amis (...) tout cela pour avoir fait son travail de journaliste". Des responsables du journal s'engagent dans un communiqué à continuer à se battre pour obtenir sa libération.

Reporter sans frontières (RSF) a de son côté qualifié la condamnation du reporter d'"autre exemple flagrant de prise d'otage inacceptable de la part de la Russie". "La condamnation (...) résulte d'un procès qui ne peut en aucun cas être considéré comme équitable ou libre. Ce verdict doit être immédiatement annulé", a ajouté Rebecca Vincent, directrice des campagnes de RSF, dans un communiqué.

La condamnation d'Evan Gershkovich marque la fin d'un procès expéditif à huis clos. Sa condamnation était une condition préalable à un possible échange de prisonniers avec Washington, Moscou n'échangeant des détenus que s'ils sont condamnés.

Dans une colonie pénitentiaire

"Gershkovich Evan est reconnu coupable et condamné à 16 ans d'emprisonnement", a déclaré le juge du tribunal régional Sverdlosvki d'Ekaterinbourg, Andreï Mineïev, selon une journaliste de l'AFP sur place.

Le reporter du Wall Street Journal, âgé de 32 ans, devra purger sa peine dans une colonie pénitentiaire à "régime sévère", ce qui signifie des conditions de détention très strictes, comparées au "régime normal".

Il est apparu devant la presse avant l'énoncé du verdict, les bras croisés, le crâne rasé - une coupe imposée aux prisonniers - dans le box en verre réservé aux accusés.

Il a plaidé non coupable

Evan Gershkovich a plaidé non coupable et exercé son droit à une "dernière prise de parole" avant le verdict, avait annoncé plus tôt à la presse une porte-parole du tribunal, Ekaterina Maslennikova. Le parquet avait requis 18 ans de prison.

S'il fait appel et que sa condamnation est confirmée, il devrait ensuite rejoindre sa colonie pénitentaire dans la foulée, lors d'un transfert qui peut mettre plusieurs jours, voire plusieurs semaines.

Accusation jamais étayée

Reporter reconnu pour son professionnalisme, Evan Gershkovich avait été arrêté fin mars 2023, alors qu'il était en reportage à Ekaterinbourg (Oural), pour "espionnage", une accusation que la Russie n'a jamais étayée et que le journaliste, sa famille, ses proches ainsi que la Maison Blanche rejettent.

Le Kremlin a une fois encore refusé vendredi de spécifier ses accusations : "Les accusations d'espionnage sont une chose très sensible, nous ne pouvons pas faire d'autres commentaires, le procès est en cours", a éludé le porte-parole de Vladimir Poutine, Dmitri Peskov.

Procès expéditif

Le procès de M. Gershkovich, après 16 mois de détention, aura été expéditif : une audience le 26 juin, une autre jeudi et enfin celle de ce vendredi. Toute la procédure a été placée sous le sceau du secret et rien n'a filtré du huis clos imposé par les autorités.

Il s'agit donc d'une procédure express, car les procès de ce type s'étalent d'ordinaire sur plusieurs semaines ou mois.

Monnayer un possible échange

Pour Washington, son arrestation a visé avant tout à monnayer un possible échange de prisonniers, en pleine tension entre la Russie et les Etats-Unis liée au conflit armé en Ukraine.

Moscou a admis négocier sa libération et le président russe Vladimir Poutine a évoqué lui-même le cas de Vadim Krassikov, en prison en Allemagne pour un assassinat commandité attribué aux services spéciaux russes.

Première depuis l'URSS

Evan Gershkovich est le premier journaliste occidental, depuis l'époque soviétique, à être accusé d'espionnage en Russie. Son emprisonnement a suscité une importante vague de solidarité au sein de médias américains et européens.

Fin juin, la Maison Blanche a dénoncé un "simulacre" de procès, répétant que M. Gershkovich n'avait "jamais travaillé pour le gouvernement" américain.

Le journaliste communique avec sa famille et ses amis via des lettres lues et censurées par l'administration pénitentiaire. Dans ces courriers, il dit garder le moral, attendre sa condamnation, vouloir voir le ciel plus souvent, le tout avec des traits d'humour.

Enfant d'immigrés ayant fui l'URSS pour les Etats-Unis, Evan Gershkovich s'était installé en Russie en 2017.

Détention "arbitraire"

Début juillet, un panel d'experts de l'ONU a estimé que sa détention était "arbitraire" et qu'il devait être libéré "sans délai".

Les enquêteurs accusent M. Gershkovich, qui avait travaillé pour l'AFP à Moscou en 2020-2021, d'avoir collecté des informations sensibles pour la CIA sur l'un des principaux fabricants russes d'armements, l'entreprise Ouralvagonzavod.

Cette usine produit notamment des chars T-90 utilisés en Ukraine et ceux de nouvelle génération Armata, alors que son activité civile est la production de wagons de marchandises.

La Russie détient plusieurs autres Américains, dont la journaliste russo-américaine Alsu Kurmasheva, arrêtée en 2023 pour une infraction à la loi sur les "agents de l'étranger", et l'ex-Marine Paul Whelan, qui purge une peine de 16 ans de prison pour espionnage, une accusation qu'il conteste.

Une ressortissante russo-américaine, Ksenia Karelina, est jugée depuis le 20 juin, à Ekaterinbourg aussi, pour haute trahison, accusée d'avoir donné de l'argent à un groupe de soutien à l'Ukraine.

Cet article a été publié automatiquement. Sources : ats / afp

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