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Environnement

La pomme de terre, en crise de croissance à l'échelle européenne

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Si la filière n'est pas menacée à long terme, le coup est rude pour les producteurs, qui voient les prix dégringoler. (© KEYSTONE/EPA/HANNIBAL HANSCHKE)

Après de très belles récoltes, l'Europe est confrontée à une crise de surproduction de pommes de terre qui entraîne une chute vertigineuse des prix, subie en premier lieu par les agriculteurs.

Mi-janvier, une petite colline s'est formée sur le pont de la Concorde, devant l'Assemblée nationale française: 20 tonnes de pommes de terre ont été déversées comme autant de cris de colère. "Ça nous coûte moins cher d'offrir ces pommes de terre aux Parisiens que de les stocker chez nous", expliquait Denis Lavenant, venu des Yvelines.

En Belgique, c'est sur une autoroute de Flandres que des agriculteurs ont distribué tracts et pommes de terre, dénonçant des prix en berne et un marché fragilisé par les accords de libre-échange passés par l'Union européenne.

Comment en est-on arrivé là ? Le secteur en Europe "fait face cette année à une vraie difficulté, dont la raison principale est le déséquilibre entre l'offre et la demande", estime François-Xavier Broutin, directeur des affaires économiques au CNIPT, l'interprofession de la pomme de terre en France, premier exportateur mondial.

Les frites en concurrence

Depuis des mois, le réseau North-Western European Potato Growers (NEPG), qui regroupe les quatre premiers producteurs européens (Allemagne, France, Belgique et Pays-Bas), alerte quant aux risques d'une surproduction sur le Vieux continent.

Dans ces pays, qui représentent les deux tiers de la production européenne, les volumes récoltés en 2025 approchent 30 millions de tonnes, soit une hausse de 10% sur un an.

"Ce qui est particulier dans cette campagne, c'est que la récolte est abondante dans tous les gros pays producteurs": l'Allemagne, premier producteur européen, fait sa "meilleure récolte depuis 25 ans" et la France a vu ses surfaces cultivées "augmenter de 10%", souligne M. Broutin.

Or, alors que l'offre gonflait, la demande industrielle faiblissait.

Le réseau NEPG avance plusieurs raisons: "une contraction du marché des frites surgelées" en réaction à la hausse des droits de douanes américains (finalement de 15%); "un euro fort par rapport au dollar" qui pénalise les exportations européennes; et la concurrence accrue des "produits transformés venus de Chine, d'Inde, d'Egypte et de Turquie".

Ces deux dernières années, selon la même source, la Chine et l'Inde, les deux premiers producteurs mondiaux, ont "multiplié par dix leurs exportations de frites congelées vers les pays voisins", tandis que l'UE voyait ses exportations diminuer - jusqu'à -6% pour la Belgique, premier exportateur mondial de frites.

Pour François-Xavier Broutin, cette crise n'est sans doute que conjoncturelle car "la demande mondiale continue d'augmenter". En France notamment, "les surfaces ont augmenté trop vite: on a eu en 2025 les volumes dont on aura besoin en 2030, avec les usines en cours de construction".

Une usine a en effet récemment ouvert près de Dunkerque (Nord), avec une capacité initiale de 1.400 tonnes de frites par jour, et deux autres sont en chantier, dans la Somme et le Nord.

Chute des prix contractuels

Si la filière n'est pas menacée à long terme, le coup est rude pour les producteurs, qui voient les prix dégringoler.

Car si l'essentiel des volumes achetés par l'industrie est contractualisé (à 80% en France), ce qui garantit à l'agriculteur un prix négocié à l'avance, certains ont été touchés de plein fouet par les aléas du marché libre.

Fin 2025, les cours étaient toujours extrêmement bas: "entre 0,50 et 4 euros les 100 kg selon les pays", selon le réseau NEPG, qui demandait très frontalement aux agriculteurs européens s'ils étaient prêts à "produire tout en perdant de l'argent".

Deux mois plus tard, alors qu'approche la date des semis (mars-avril), les signaux se multiplient pour inciter les agriculteurs à réfléchir avant de décider des surfaces à consacrer au tubercule.

En France, l'UNPT, principale association de producteurs, dénonce à la fois un recul de la contractualisation - du fait de la frilosité des industriels dans un contexte de surproduction - et une "baisse de 25%" des prix contractuels proposés.

La tonne de pommes de terre Fontane, une des principales variétés cultivées, est proposée "autour de 130 euros" en 2026 contre "180 euros" l'an dernier, selon l'UNPT. Un prix qui pourrait inciter à réduire les surfaces cultivées.

Cet article a été publié automatiquement. Sources : ats / awp / afp

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Economie

Les mesures pour la protection de la biodiversité insuffisantes

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Les mesures prises par la Confédération pour protéger la biodiversité n’ont pas eu un impact suffisant. Des efforts supplémentaires doivent être fournis (archives). (© KEYSTONE/ENNIO LEANZA)

Les mesures prises par le Conseil fédéral pour protéger la biodiversité restent insuffisantes, estime jeudi la commission de gestion du Conseil des Etats dans un rapport. Selon elle, la situation demeure critique en Suisse.

Elle avait émis des recommandations en 2021 et constate aujourd'hui que les progrès sont limités. Le premier plan d’action de la Stratégie biodiversité suisse a subi d’importants retards et ses objectifs ont été revus à la baisse.

Le deuxième plan d’action corrige certaines faiblesses, mais les ressources allouées à l’Office fédéral de l'environnement ont diminué. La commission regrette aussi l’absence d’indicateurs complets pour mesurer l’efficacité des mesures et l’absence de vision pour l’après-2030.

Dans l’agriculture aussi les mesures sont jugées insuffisantes. La commission demande davantage de transparence sur les subventions nuisibles à la biodiversité et souhaite améliorer la communication publique sur cet enjeu. Un nouveau contrôle est prévu dans deux à trois ans.

Cet article a été publié automatiquement. Source : ats

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Economie

Aide fédérale à l'agriculture, impactée par les accords commerciaux

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L'agriculture suisse, impactée par les accords commerciaux internationaux, doit être davantage soutenue à titre de compensation (image d'illustration). (© KEYSTONE/URS FLUEELER)

L'agriculture suisse sera davantage soutenue pour compenser les concessions faites dans les accords commerciaux internationaux. Le Conseil fédéral a décidé mercredi de faciliter les prêts sans intérêts afin d'encourager les investissements dans les infrastructures.

Dans les négociations commerciales de la Suisse avec d'autres pays, l'agriculture suisse doit souvent faire des concessions. Pour rester compétitive, elle doit donc adapter sa production aux conditions changeantes du marché.

Le gouvernement entend soutenir le secteur dans cette démarche à travers un soutien ciblé et limité dans le temps, indique-t-il dans un communiqué. Dans le détail, il s'agit d'un supplément pour les crédits d'investissement.

Les moyens pour les prêts sans intérêts seront augmentés de 150 millions de francs en tout entre 2028 et 2031. Les initiatives visant à soutenir les exportations disposeront en outre chaque année d'un million pendant huit ans. Un projet d'ordonnance en ce sens doit être élaboré d'ici fin octobre 2027.

Cet article a été publié automatiquement. Source : ats

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Economie

Le bilan carbone de l’arboriculture valaisanne désormais mesurable

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Le Valais produit un tiers de la production fruitière suisse (image d'illustration). (© KEYSTONE/ANTHONY ANEX)

Le Valais a réalisé le premier bilan carbone de la production arboricole valaisanne en 2025. La démarche a permis de développer un nouvel outil de mesure et de pilotage visant à accompagner la filière dans sa transition climatique.

Principal résultat des analyses réalisées: l'arboriculture valaisanne présente "une intensité carbone particulièrement faible pour une production significative", relève le canton dans un communiqué mercredi. Les émissions de gaz à effet de serre totales annuelles ont été estimées à 6070 tonnes de CO2 équivalent, ce qui correspond aux émissions de douze avions effectuant un aller-retour Genève-New York.

"L'utilisation de carburant représente de loin le principal poste d'émission, faisant de la sortie progressive des énergies fossiles le principal levier d'action pour réduire l'empreinte carbone du secteur", constate le canton. A noter que les émissions de l'ensemble des activités nécessaires à la production ont été prises en compte, du verger à la sortie d'exploitation.

Un instrument simple et opérationnel

Grâce à l'outil développé en parallèle, les arboriculteurs pourront calculer "rapidement et de manière fiable" leurs émissions. Il devra être déployé prochainement dans le but de faciliter la mise en oeuvre de pratiques plus durables.

La démarche s'inscrit dans les objectifs de la stratégie "Arboriculture et cultures maraîchères à l'horizon 2030", visant à promouvoir un système agroalimentaire durable et résilient. Avec ses quelque 200 producteurs professionnels et sa vingtaine de PME actives dans le secteur, le Valais est responsable de près d'un tiers de la production fruitière suisse, avec principalement des pommes, des poires et des abricots.

Un fruit valaisan vendu en Suisse génère entre trois et cent fois moins d'émissions qu'un fruit importé, rappelle encore le canton.

Cet article a été publié automatiquement. Source : ats

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Les apiculteurs lancent une initiative pour sauver les abeilles

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Les apiculteurs se mobilisent pour les abeilles suisses (image d'illustration). (© KEYSTONE/DPA/PIA BAYER)

Les abeilles doivent être mieux protégées en Suisse. Les associations d'apiculture de tout le pays lancent mardi une initiative populaire visant à inscrire la protection de la pollinisation dans la Constitution.

Les abeilles vont mal. Près de la moitié des quelque 600 espèces sauvages en Suisse sont menacées et 59 sont déjà éteintes.

La biomasse des insectes a diminué de plus de trois quarts en 30 ans, rappellent les initiants dans un communiqué. Outre les apiculteurs, l'alliance se compose des Amis de la Nature et de la fondation Future 3.

Les mesures du gouvernement n'ont pas suffi. C'est aujourd'hui au peuple d'exercer la pression nécessaire pour préserver ces êtres indispensables aux écosystèmes.

La Confédération et les cantons doivent garantir la pollinisation des plantes sauvages et cultivées par les insectes et mettre les à disposition les moyens financiers et les ressources humaines nécessaires à cet effet. L'initiative ne définit pas la manière d'atteindre cet objectif.

Cet article a été publié automatiquement. Source : ats

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Les mesures de régulation du loup portent leurs fruits

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Au terme de la période de régulation 2025-2026, la Suisse comptait 30 meutes de loups vivant uniquement sur son territoire et 10 meutes transfrontalières (image d'illustration). (© KEYSTONE/MICHAEL BUHOLZER)

Les mesures de régulation du loup, en particulier les tirs préventifs, portent leurs fruits. La croissance rapide de la population du canidé a été ralentie, selon un rapport de l'Office fédéral de l'environnement (OFEV) publié lundi.

Entre le 1er septembre 2025 et le 31 janvier 2026, l'OFEV a autorisé le tir de 115 loups. Au final 77 ont été abattus. C'était la troisième fois que les cantons pouvaient intervenir préventivement, rappelle l'OFEV dans un communiqué.

Au terme de cette période, la Suisse comptait 30 meutes vivant uniquement sur son territoire et 10 meutes transfrontalières. A la fin de la période de régulation 2024-2025, il y avait 25 meutes suisses et 11 transfrontalières, soit une meute transfrontalière de plus que l'année précédente. Bien que le nombre de meutes continue de progresser, la croissance exponentielle de la population de loups semble freinée, écrit l'OFEV.

Le rapport souligne aussi l'importance de la protection des troupeaux pour limiter les dommages. Ces derniers sont désormais proches des valeurs de 2020-2021 lorsque la Suisse comptait 10 à 15 meutes.

Cet article a été publié automatiquement. Source : ats

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