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Politique

L'UDC défend le chef de l'armée mais critique Viola Amherd

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L'UDC demande plus de financement et de personnel pour que l'armée retrouve sa capacité de défense. (© KEYSTONE/ANTHONY ANEX)

A la suite de la polémique entourant les finances de l'armée, l'UDC a auditionné mardi le chef de l'armée Thomas Süssli. Celui-ci n'a fait que son devoir, a dit le parti ensuite lors d'un point de presse. La cheffe du DDPS Viola Amherd a elle été critiquée.

M. Süssli a présenté les finances et la situation de l'armée ainsi que la direction voulue pour l'avenir, par exemple en matière d'alimentation du personnel, a expliqué le conseiller national Thomas Hurter (SH). L'armée n'a pas de problème de liquidités, mais de financement et de personnel, a-t-il souligné.

Reconnaissant que la communication n'avait pas été idéale, le conseiller national Jean-Luc Addor (VS) a cependant défendu le chef de l'armée. Celle-ci "subit juste les conséquences désastreuses des décisions budgétaires du Parlement, qui privent l'armée de 11,7 milliards nécessaires" pour la modernisation des troupes.

"Le chef de l'armée n'a fait que son devoir en disant la vérité sur l'état de l'institution et de ses capacités en l'état de la planification", a déclaré le Valaisan. Il ne doit pas porter la responsabilité de cette situation, qui revient plutôt au Conseil fédéral et en premier lieu à la cheffe du Département fédéral de la défense (DDPS) Viola Amherd. "La responsabilité est politique."

La présidente de la Confédération aurait dû apporter de la clarté plus tôt et être présente lors de la toute première conférence de presse, à laquelle Thomas Süssli était seul, selon le conseiller aux Etats Werner Salzmann (BE). Elle ne doit "pas se cacher derrière le frein à l'endettement et la collégialité", mais oser fixer la mission de l'armée comme une priorité, a complété M. Addor.

Et de fustiger encore le "sabordage" de la réforme du service civil alors que de plus en plus d'effectifs passent de l'armée au service civil, la "gabegie" à la tête de Ruag ainsi que le "champ d'expérimentation pour ressources humaines" au sein du Service de renseignement de la Confédération. L'UDC craint encore que la création du nouveau secrétariat d'Etat à la politique de sécurité ne mène à une adhésion à l'OTAN.

Renforcer la capacité de défense

La Suisse doit restaurer la capacité de défense de l'armée, qui est une mission constitutionnelle, a poursuivi le Valaisan. Elle n'est pas en mesure actuellement de défendre le pays de manière autonome, alors qu'il y a "une guerre pas très loin de chez nous depuis deux ans, qui menace d'enflammer l'Europe entière".

En vertu de sa neutralité, la Suisse doit être capable de se protéger et de se défendre, a ajouté le conseiller national Mauro Tuena (ZH). Il s'agit donc de renverser la décision du Parlement et de procéder à l'augmentation du budget de l'armée comme prévu. Au lieu d'atteindre 1% du PIB d'ici 2035, il faut revenir à 2030.

"L'argent est disponible, il faut être créatif", a estimé M. Salzmann. Et de rappeler qu'il a été possible de définir comme extraordinaires les dépenses pour les réfugiés ukrainiens bénéficiant du statut S.

Mauro Tuena a lui considéré que l'armée pouvait reporter à l'interne certains crédits. Il a cité par exemple le report de projets solaires pour pouvoir investir dans la modernisation des équipements militaires.

Cet article a été publié automatiquement. Source : ats

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International

Le chef du renseignement militaire israélien démissionne

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Benjamin Netanyahu n'a de cesse de clamer sa détermination à lancer une offensive terrestre à Rafah, dans le sud du territoire. (© KEYSTONE/EPA/HAITHAM IMAD)

Le chef du renseignement militaire israélien a démissionné en assumant sa "responsabilité" dans l'attaque sanglante du Hamas, à l'origine de la guerre entre Israël et le Hamas palestinien dans la bande de Gaza, a annoncé lundi l'armée.

Le même jour, un responsable de Gaza a affirmé qu'environ 200 corps avaient été exhumés depuis samedi de fosses communes à l'intérieur de l'hôpital Nasser de Khan Younès, dans le sud du territoire. Sollicitée par l'AFP, l'armée israélienne n'a pas réagi dans l'immédiat.

Le général Aharon Haliva est la première personnalité politique ou militaire à démissionner depuis l'attaque sans précédent du 7 octobre, menée par des commandos du mouvement islamiste Hamas infiltrés depuis Gaza.

"Le 7 octobre 2023, le Hamas a mené une attaque-surprise meurtrière contre l'Etat d'Israël (...) le service du renseignement placé sous mon commandement n'a pas rempli la mission nous ayant été confiée", a écrit le général Haliva, qui compte 38 ans de carrière militaire, dans sa lettre de démission publiée par l'armée.

Cette annonce intervient alors qu'Israël célèbre la fête de Pessah, pâque juive, parmi les plus importantes du calendrier hébraïque. Cette célébration est marquée cette année par l'absence des 129 otages retenus à Gaza depuis le 7 octobre.

A l'appel des familles, une chaise sera laissée vide autour de la table lors du repas rituel de Seder lundi soir, pour ne pas oublier les otages.

Dimanche, le Premier ministre Benjamin Netanyahu avait promis de porter "de nouveaux coups durs" au Hamas, qu'il considère avec les Etats-Unis et l'Union européenne comme une organisation terroriste. Le chef d'état-major israélien, le général Herzi Halevi, a approuvé dimanche "les prochaines étapes de la guerre.

"Jour noir "

"Je porte avec moi ce jour noir depuis. Jour après jour, nuit après nuit. Je porterai pour toujours cette terrible douleur", a écrit M. Haliva dans sa lettre.

Sur le terrain, bombardements et combats se sont poursuivis lundi dans la bande de Gaza assiégée et menacée de famine. M. Netanyahu n'a de cesse de clamer sa détermination à lancer une offensive terrestre à Rafah, dans le sud du territoire, qu'il considère comme le dernier grand bastion du Hamas.

L'armée soutient que certains des otages enlevés le 7 octobre sont détenus à Rafah. Plus de 250 personnes ont été enlevées ce jour-là et 129 d'entre elles restent captives à Gaza, dont 34 sont mortes selon des responsables israéliens.

Mais les organisations humanitaires et de nombreuses capitales étrangères, dont l'allié américain, s'opposent à cette opération, craignant un bain de sang dans la ville frontalière avec l'Égypte, où s'entassent un million et demi de Gazaouis, habitants ou déplacés.

Corps en décomposition

Selon un correspondant de l'AFP, l'armée a bombardé lundi les camps palestiniens de Nousseirat et Maghazi, ainsi que le littoral à Deir el-Balah, dans le centre de la bande de Gaza, et les villes de Rafah et Khan Younès.

Des drones ont aussi frappé la cour d'une école dans le camp d'al-Bureij, dans le centre du territoire. "À 1h15 du matin, nous avons soudain vu du feu, des débris et des destructions tout autour de nous. Nous avons commencé à courir et nous avons trouvé la mosquée détruite", a raconté à l'AFP Mousaad, un habitant de ce camp.

L'armée a, elle, annoncé avoir lancé une opération dans le centre de la bande de Gaza et "continuer à éliminer des terroristes et démanteler des infrastructures terroristes".

A Khan Younès, un responsable de Gaza a affirmé qu'environ 200 corps avaient été exhumés en trois jours de fosses communes à l'intérieur de l'hôpital Nasser. Comme d'autres complexes hospitaliers de Gaza, celui-ci avait précédemment fait l'objet d'un raid de l'armée israélienne. Elle accuse le Hamas d'utiliser les hôpitaux comme un centre de commandement militaire.

Un porte-parole de la Défense civile de Gaza a déclaré à l'AFP que plusieurs des corps retrouvés étaient en décomposition, rendant le processus d'identification des victimes plus complexe.

Le bilan pourrait encore être revu à la hausse, certaines sources à la Défense civile ainsi qu'au gouvernement du Hamas, au pouvoir à Gaza depuis 2007, avancent le chiffre de 283 corps.

L'armée israélienne s'est retirée de Khan Younès le 7 avril.

Aide américaine

Cette découverte macabre intervient au moment où les Etats-Unis ont approuvé une aide militaire de 13 milliards de dollars pour leur allié israélien. Pour le Hamas, Washington a donné à Israël le "feu vert" pour continuer à "agresser" les Palestiniens.

Les Etats-Unis insistent sur la nécessité d'un cessez-le-feu immédiat associé à la libération des otages. Mais les négociations menées par l'intermédiaire des pays médiateurs sont au point mort, les deux camps s'accusant de les bloquer.

Outre le lourd bilan humain et les destructions, la guerre a provoqué une grave crise humanitaire menaçant les quelque 2,4 millions d'habitants de famine. Rencontré par l'AFP, un habitant du centre du territoire, Naim al-Goaan, a raconté avoir transformé un parachute rempli d'aide humanitaire en un abri de fortune.

"Les gens ont pris l'aide, et nous avons récupéré le parachute pour en faire une tente où ma soeur dort la nuit, tandis que durant la journée, nous l'utilisons comme un magasin".

Par ailleurs, les violences se multiplient à la frontière nord d'Israël avec le Liban, entre l'armée et le Hezbollah libanais, allié du Hamas, ainsi qu'en Cisjordanie occupée où les forces israéliennes mènent des raids quasi quotidiens, disant vouloir lutter contre des groupes armés palestiniens.

Cet article a été publié automatiquement. Sources : ats / afp

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International

Ukraine: l'UE promet de continuer à aider mais sans s'engager

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Le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell a souligné à l'issue de la réunion que plusieurs Etats membres avaient fait part de leur "disponibilité" à fournir une aide en munitions ou sous la forme de systèmes de défense antiaérienne. (© KEYSTONE/EPA/OLIVIER HOSLET)

Les Européens ont assuré lundi qu'ils continueraient à porter assistance à l'Ukraine, après l'adoption par les Etats-Unis d'un vaste plan d'aide. Ils n'ont toutefois pas annoncé de mesures concrètes, notamment en matière de défense antiaérienne, au grand dam de Kiev.

Les ministres des Affaires étrangères et de la Défense, réunis lundi à Luxembourg, ont multiplié les déclarations de soutien à l'Ukraine depuis le vote samedi par la Chambre des représentants américaine en faveur de l'octroi à ce pays de 60,8 milliards de dollars à l'issue de mois de tractations avec les élus républicains.

"Ce n'est pas seulement un moment positif et important pour l'Ukraine mais aussi pour mieux assurer la paix en Europe", a commenté à ce sujet la cheffe de la diplomatie allemande, Annalena Baerbock, à son arrivée à Luxembourg.

"Nous devons aller de l'avant, c'est un moment crucial", a de son côté exhorté la ministre lettone des Affaires étrangères, Baiba Braze.

Pas d'annonce concrète

Mais en dépit de l'urgence de la situation, rappelée encore une fois vendredi par le secrétaire général de l'Otan Jens Stoltenberg, aucune annonce concrète n'a été faite à Luxembourg.

"Maintenant que vous êtes tous là autour de la table, il est temps d'agir et non de discuter", a pourtant lancé le chef de la diplomatie ukrainienne Dmytro Kouleba aux ministres européens, dans une intervention en visioconférence.

"J'aimerais qu'on décide plus vite", a ensuite lâché, dans l'après-midi, le ministre polonais des Affaires étrangères Radoslaw Sikorski.

Le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell a souligné à l'issue de la réunion que plusieurs Etats membres avaient fait part de leur "disponibilité" à fournir une aide en munitions ou sous la forme de systèmes de défense antiaérienne.

"Discuter avant d'agir"

L'Ukraine, qui rencontre des difficultés sur le champ de bataille, réclame depuis des mois auprès de ses alliés qu'ils lui envoient de nouvelles armes et particulièrement des batteries de défense antiaérienne au moment où les forces russes pilonnent ses villes et ses infrastructures.

"Ce dont nous avons besoin, c'est de passer à l'action mais parfois il est nécessaire de discuter avant d'agir et c'est ce que nous faisons aujourd'hui", a déclaré la ministre néerlandaise de la Défense, Kajsa Ollongren.

"Les choses sont mûres maintenant, tout a été dit, il est temps d'agir", a insisté M. Borrell.

Les Pays-Bas sont l'un des pays européens qui détiennent des batteries de Patriot, réclamées par l'Ukraine, avec l'Allemagne, la Suède, la Pologne, la Grèce, l'Espagne et la Roumanie, selon un recensement établi de sources diplomatiques. Ces missiles sol-air sont les plus efficaces contre les missiles hypersoniques utilisés par l'armée russe contre les infrastructures ukrainiennes.

L'Espagne est restée lundi évasive sur ses intentions, se bornant à assurer, par la voix de son ministre des Affaires étrangères José Manuel Albares, qu'elle "a toujours fait tout ce qu'elle a pu dans la mesure de ses possibilités" pour aider l'Ukraine.

La Pologne a jugé de son côté qu'il serait préférable d'aller solliciter les pays "d'Europe occidentale" plutôt que ceux proches de "la ligne de front", selon son ministre des Affaires étrangères.

L'Allemagne est pour le moment le seul pays à avoir annoncé l'envoi d'une batterie supplémentaire de Patriot à Kiev.

Cet article a été publié automatiquement. Sources : ats / afp

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International

L'Ukraine s'attend à une détérioration sur le front vers la mi-mai

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Kiev craint désormais une offensive estivale russe encore plus puissante. (© KEYSTONE/AP/Petr David Josek)

Une frappe russe a détruit lundi la tour de télévision de Kharkiv, la deuxième ville d'Ukraine, de plus en plus régulièrement prise pour cible. Les autorités disent également s'attendre à une "période difficile" sur le front à partir du mois prochain.

Signe de la pression constante des forces russes, Moscou a aussi revendiqué lundi la prise d'un nouveau village dans l'est, où les troupes ukrainiennes sont confrontées depuis des mois à un manque d'hommes et de munitions.

Haute de quelque 240 mètres, la tour de télévision de Kharkiv s'est effondrée à mi-hauteur, a constaté un journaliste de l'AFP. Elle avait déjà été endommagée en mars 2022, au début de l'invasion russe.

"Les occupants ont attaqué une infrastructure de télévision à Kharkiv. Pendant l'alerte, les employés se sont cachés. Il n'y a pas eu de victimes", a de son côté souligné Oleg Synegoubov, le gouverneur régional.

Il a mentionné des "interruptions dans le signal pour la télévision numérique". Des images prises peu après l'impact et diffusées sur les réseaux sociaux montrent la partie supérieure de l'édifice tomber dans un nuage de fumée grise.

Les Russes ont de plus en plus fréquemment visé ces dernières semaines Kharkiv, qui comptait quelque 1,4 million d'habitants avant la guerre et est située à proximité de la frontière. Ses infrastructures énergétiques ont notamment été ciblées, provoquant d'importantes coupures de courant fin mars.

Le président Volodymyr Zelensky s'était rendu début avril sur des lignes défensives nouvellement creusées dans cette région, le front se trouvant à une quarantaine de kilomètres de Kharkiv.

"Situation difficile"

Sur le front oriental, où les soldats russes grignotent du terrain depuis la chute de la ville-forteresse d'Avdiïvka en février, Moscou a revendiqué la conquête de Novomykhaïlivka, à une trentaine de kilomètres de Donetsk.

Ce village est aussi proche de Vougledar, une localité à la jonction des fronts sud et est que dont Russie tente de s'emparer depuis deux ans.

Ces dernières semaines, plusieurs autres villages sont tombés, les troupes russes profitant des difficultés de l'armée ukrainienne du fait de retards dans la mobilisation et dans la livraison d'aide occidentale.

Dans ce contexte, le chef du renseignement militaire ukrainien Kyrylo Boudanov a prédit lundi que la situation sur le front allait empirer autour de la mi-mai et de début juin, qui sera une "période difficile" pour l'Ukraine.

Les Russes se sont engagés dans "une opération complexe", a prévenu M. Boudanov, interrogé sur l'état du front, dans un entretien avec le service en ukrainien de la BBC. "Nous pensons qu'une situation plutôt difficile nous attend dans un avenir proche. Mais il faut comprendre que ce ne sera pas catastrophique", a-t-il estimé.

Les forces russes ont désormais en ligne de mire la cité stratégique de Tchassiv Iar, perchée sur une hauteur, à moins de 30 kilomètres au sud-est de Kramatorsk, la principale ville de la région sous contrôle ukrainien, qui est un important noeud ferroviaire et logistique pour les Ukrainiens.

Offensive estivale ?

Kiev craint désormais une offensive estivale russe encore plus vaste.

Fin mars, le commandant des forces terrestres ukrainiennes Oleksandre Pavliouk avait jugé "possible" un tel scénario impliquant 100'000 soldats russes.

Dès la mi-avril, le commandant en chef de l'armée ukrainienne, le général Oleksandre Syrsky, avait admis que la situation sur le front est s'était "considérablement détériorée".

Il avait dit voir une "intensification significative" de l'assaut russe depuis mars, ayant abouti à des "succès tactiques".

La grande contre-offensive ukrainienne de l'été 2023 s'était heurtée à de puissantes lignes de défense russes qui ont épuisé les ressources des militaires ukrainiens, sans permettre de libérer les régions occupées par la Russie.

L'Ukraine fait désormais face aux hésitations de ses alliés occidentaux, même si une aide militaire américaine de 61 milliards, longtemps bloquée, a finalement été votée samedi par la Chambre des représentants américaine. Le texte doit encore être entériné par le Sénat puis promulgué par le président Joe Biden.

Kiev espère désormais que l'aide des Etats-Unis pourra parvenir très rapidement sur le front. Le Kremlin, quant à lui, considère qu'elle ne changera "rien".

Pour ce qui est du manque de soldats, Volodymyr Zelensky a promulgué mi avril une loi controversée censée faciliter l'enrôlement.

Cet article a été publié automatiquement. Sources : ats / afp

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International

TikTok Lite: l'UE menace de suspendre les récompenses "addictives"

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TikTok, propriété du groupe chinois ByteDance, a lancé son nouveau service controversé en France et en Espagne fin mars (archives). (© KEYSTONE/AP/Michael Dwyer)

Bruxelles a ouvert lundi une enquête visant la nouvelle application TikTok Lite. L'Union européenne a menacé de suspendre dès jeudi la fonctionnalité du réseau social chinois qui récompense le temps passé devant les écrans au risque d'augmenter l'addiction.

Des pièces virtuelles, convertibles en carte-cadeau, en échange du visionnage de vidéo... TikTok, propriété du groupe chinois ByteDance, a lancé son nouveau service controversé en France et en Espagne fin mars. En poussant à rester connecté, il pourrait renforcer dangereusement la dépendance au réseau social.

La Commission européenne estime que le mécanisme pose "des risques graves pour la santé mentale des utilisateurs". Or, la plateforme n'a pas communiqué à Bruxelles, avant son lancement, une évaluation des risques, conformément à ses obligations dans le cadre de la nouvelle législation sur les services numériques (DSA).

C'est pourquoi l'exécutif européen s'apprête à imposer une suspension du programme de récompenses. "Avant de l'adopter formellement, il a été accordé à TikTok un délai jusqu'au (mercredi) 24 avril pour fournir les arguments de sa défense".

"Nous sommes déçus" de l'ouverture de cette procédure: le programme de récompenses TikTok Lite n'est pas accessible aux moins de 18 ans et inclut une limite quotidienne pour le visionnage de vidéos", a déclaré un porte-parole de TikTok joint par l'AFP. Le groupe entend toutefois "poursuivre les discussions" avec Bruxelles.

Mise en garde

La Commission européenne avait lancé une première mise en garde le 17 avril, en demandant à la plateforme de fournir sous 24 heures une évaluation des risques liés à ce déploiement et de détailler les moyens mis en oeuvre pour les réduire. Mais "TikTok n'a pas fourni le document dans les délais", a expliqué la Commission dans un communiqué.

"Les flux incessants de vidéos courtes et rapides peuvent sembler amusants, mais ils exposent nos enfants à des risques d'addiction, d'anxiété, de dépression, de troubles alimentaires, de réduction des capacités d'attention", a estimé le commissaire européen au Numérique Thierry Breton.

"Nous soupçonnons TikTok 'Lite' d'être aussi toxique et addictif que les cigarettes 'light'", a-t-il dit, cité dans le communiqué. "Nous ne ménagerons aucun effort pour protéger nos enfants", a-t-il mis en garde.

TikTok devra fournir ce mardi au plus tard son rapport d'évaluation des risques et répondre à d'autres questions d'ici au 3 mai.

Amendes et astreintes

Faute de réponse dans les délais, la Commission pourra imposer des amendes allant jusqu'à 1% du chiffre d'affaires mondial annuel du groupe et des astreintes pouvant atteindre 5% du chiffre d'affaires quotidien.

TikTok Lite récompense les utilisateurs avec des jetons s'ils se connectent quotidiennement pendant dix jours, s'ils passent du temps à regarder des vidéos (avec une limite de 60 à 85 min par jour) et s'ils font certaines actions, comme aimer des vidéos et suivre des créateurs de contenus. Ces pièces sont ensuite échangeables contre des cartes-cadeaux sur des sites partenaires, comme Amazon.

Le réseau social a rappelé à plusieurs reprises que seules les personnes âgées de 18 ans ou plus pouvaient collecter des points et qu'il appliquait des procédures pour s'assurer de l'âge des utilisateurs. Un selfie avec une pièce d'identité, un selfie vidéo ou une autorisation de carte bancaire est ainsi nécessaire pour convertir les pièces en bons d'achat, a indiqué TikTok à l'AFP.

Mais, pour les experts, les risques de contournement semblent évidents.

"Dérive contestable"

La secrétaire d'Etat française chargée du Numérique, Marina Ferrari, a fait part de "son inquiétude" dès le lancement de TikTok Lite. Ses services étudient "avec la plus grande attention les mécanismes de l'interface" qualifiés "de dérive contestable" au moment où la France a entamé une réflexion sur le temps d'écran, en particulier chez les jeunes.

Avec ses clips vidéo souvent dansants ou musicaux, TikTok, qui a séduit plus de 1,5 milliard d'utilisateurs dans le monde, est accusé depuis plusieurs années aux Etats-Unis et en Europe de susciter des comportements de dépendance chez les adolescents.

La plateforme chinoise était déjà sous le coup d'une enquête de la Commission, ouverte en février, pour des manquements présumés en matière de protection des mineurs dans le cadre du DSA. Les manquements présumés, avant même le lancement de TikTok Lite, concernaient déjà la gestion des risques liés à la conception addictive et au contenu nocif du réseau social, mais aussi la transparence de la publicité, et l'accès aux algorithmes pour les chercheurs.

La Commission, qui joue désormais le rôle de gendarme du numérique dans l'UE, est dotée d'un pouvoir de contrôle et de sanction à l'égard des contrevenants.

Cet article a été publié automatiquement. Sources : ats / afp

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Donald Trump accusé de "complot" pour "truquer" l'élection de 2016

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"C'est un simulacre" de procès, a dénoncé Donald Trump. (© KEYSTONE/AP/Stefan Jeremiah)

Donald Trump a fomenté un "complot" pour "truquer" l'élection présidentielle de 2016 en achetant le silence d'une ancienne star du X sur une relation sexuelle, ont accusé lundi les procureurs au procès historique de l'ancien président des Etats-Unis.

En présentant les charges devant le jury à l'ouverture des débats, l'accusation a d'emblée voulu poser les enjeux de l'affaire et montrer qu'elle va bien au-delà des 34 chefs de falsification de documents comptables reprochés au candidat républicain à la présidentielle de 2024.

Donald Trump a "orchestré un complot criminel pour truquer l'élection présidentielle de 2016" puis a "menti dans des documents comptables, encore et encore" pour le "dissimuler", a accusé l'un des procureurs, Matthew Colangelo, sous les yeux du milliardaire, impassible et silencieux.

"C'est de la fraude électorale, purement et simplement", a asséné le procureur devant les 12 jurés.

Selon l'accusation, ces falsifications ont permis de dissimuler, sous couvert de "frais juridiques", le paiement par l'ancien avocat de Donald Trump, Michael Cohen, de 130'000 dollars à Stormy Daniels, juste avant l'élection de 2016 remportée par Donald Trump.

L'argent avait servi à acheter le silence de l'ancienne actrice sur une relation sexuelle qu'elle affirmait avoir eu dix ans plus tôt avec le milliardaire républicain, alors qu'il était marié à son épouse Melania. Donald Trump a toujours nié toute aventure avec Stormy Daniels.

"Triste pour l'Amérique"

"Où est le crime dans tout ce qui vous a été décrit?", a balayé l'avocat de Donald Trump, Todd Blanche, en réponse à l'accusation.

Qualifiant les documents comptables au coeur de l'affaire de "morceaux de papiers, rien d'autre", il a assuré que "le président Trump n'avait rien à voir avec ces 34 morceaux de papier, à part le fait qu'il les a signés pendant qu'il était à la Maison Blanche, pendant qu'il dirigeait le pays".

"Il n'y a rien d'illégal à vouloir influencer une élection. Cela s'appelle la démocratie", a ajouté Todd Blanche, pour qui Donald Trump est "totalement innocent".

Le candidat républicain à la présidentielle de novembre était arrivé au tribunal en dénonçant comme à son habitude "une chasse aux sorcières" politique. "C'est un jour très, très, triste pour l'Amérique", a-t-il lancé avant d'entrer dans la salle d'audience.

Peine de prison possible

L'affaire menace Donald Trump d'une possible peine de prison à quelques mois du scrutin présidentiel du 5 novembre, où il affrontera Joe Biden.

Lors du procès, l'accusation entend montrer que les paiements dissimulés à Stormy Daniels n'étaient pas le seuls et qu'ils faisaient partie d'une stratégie plus large pour étouffer des affaires avec de l'argent et cacher des informations embarrassantes aux électeurs lors du scrutin remporté sur le fil par Donald Trump contre Hillary Clinton.

Premier témoin à s'avancer à la barre lundi, l'ancien patron de presse David Pecker, qui dirigeait à l'époque le tabloïd américain "The National Enquirer", devait raconter comment il s'était mis à la disposition de la campagne de Donald Trump en achetant des informations sensibles, pour en détenir l'exclusivité puis ne pas les publier, un procédé connu sous le nom de "catch and kill".

Peu après le début du témoignage de David Pecker, l'audience a été suspendue à la mi-journée jusqu'à mardi.

Crédibilité

Les jurés seront aussi confrontés aux témoignages de Stormy Daniels et de l'ancien avocat de Donald Trump, Michael Cohen, devenu l'un de ses pires ennemis. C'est lui qui avait payé l'actrice -- à la demande de son patron, assure-t-il -- avec ses propres deniers, et il a déjà été condamné par la justice dans cette affaire.

La défense a commencé à pilonner la crédibilité de ce témoin, également condamné pour mensonges devant le Congrès. "Il est obsédé par le président Trump, et son désir de voir le président Trump aller en prison (...) Et il a admis avoir menti sous serment", a attaqué Todd Blanche.

Donald Trump fustige un dossier vide et une persécution politique en multipliant les invectives contre le juge Juan Merchan et le procureur Alvin Bragg. Les procureurs ont demandé au juge de le sanctionner pour avoir violé l'interdiction de s'en prendre aux témoins et aux jurés, une question qui sera débattue mardi.

La présence obligatoire de Donald Trump à ses audiences l'empêche de mener campagne normalement, pendant que son rival Joe Biden tente de marquer des points en labourant le terrain.

Les enjeux sont d'autant plus importants que ce procès pourrait être le seul, parmi les quatre affaires pénales qui visent Donald Trump, à se conclure avant la présidentielle.

Cet article a été publié automatiquement. Sources : ats / afp

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