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L'invité de Radio Lac Matin

Pierre Maudet et son ex-bras droit dénoncés pénalement dans le dossier Uber

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Pierre Maudet est empêtré dans de multiples affaires depuis six mois.

C’est une information Radio Lac: Pierre Maudet et Patrick Baud-Lavigne sont visés par une nouvelle dénonciation pénale à Genève. Quatre associations de taxis soupçonnent le conseiller d’Etat et son ancien bras droit Patrick Baud-Lavigne d’abus d’autorité, voire de corruption dans le dossier Uber. Elles ont saisi le Ministère public genevois jeudi.

Il faut remonter à 2015, année du voyage de Pierre Maudet à Abu Dhabi, pour comprendre la colère des chauffeurs de taxis. Le 20 juin, le département de la sécurité et de l’économie (DSE), par la voie de Patrick Baud-Lavigne, écrit à Uber pour lui annoncer qu’elle pourrait officier en toute légalité dans le canton de Genève, moyennant des aménagements. «Je vous confirme que la mise en place effective de l’ensemble des points évoqués dans votre email rend votre activité conforme à la loi sur les taxis genevoise, selon le département de la sécurité et de l’économie de Genève», écrit le chef de cabinet, selon la dénonciation pénale que nous nous sommes procurés.

Les aménagements proposés consistaient à ne plus faire usage de voitures équipées en taxi, « ce qu’elle n’avait en réalité pas réussi à réaliser de toute manière », précise la dénonciation, et de faire usage uniquement de chauffeurs disposant d’un permis professionnel et de voitures genevoises. « Ce n’était d’ailleurs que poudre aux yeux, Uber ayant poursuivi comme par le passé (et jusqu’à aujourd’hui d’ailleurs) à faire travailler pour elle des voitures venant de toutes parts et des chauffeurs sans permis professionnels genevois », poursuit le document.

Soupçons de financement de campagne

Or, vingt jours auparavant, le 20 mai précisément, la Chambre administrative de la Cour de justice genevoise avait prononcé la cessation immédiate des activités de la firme américaine. Un jugement qui sera d’ailleurs confirmé par le Tribunal fédéral le 7 janvier 2016. Mais faisant fi du verdict, le département de Pierre Maudet a continué d’autoriser Uber à travailler et cela en complète contradiction avec la position de son propre Service du commerce. Son directeur sera d’ailleurs remercié et remplacé par un proche du magistrat, Raoul Schrumpf, aujourd’hui prévenu d’abus d’autorité dans le volet de L’Escobar. Le DSE édicta même par la suite un avant-projet de loi pour modifier la loi sur les taxis en faveur d’Uber.

Ces éléments couplés à des soupçons de financement de campagne de la part du géant américain et de liens entre son CEO et Pierre Maudet (ils se seraient rencontrés en 2017 lors d’un voyage de la promotion économique genevoise en Californie), incitent les chauffeurs de taxi à faire le parallèle avec le dossier de l’ouverture express de L’Escobar. « Comment imaginer, écrivent les chauffeurs de taxis, qu’un magistrat et un haut fonctionnaire puissent passer «par-dessus» les décisions administratives d’un de leur propre service, sans un motif particulier? Comment imaginer que ces édiles puissent agir en marge d’une stricte application de la loi, mais surtout contre une décision de justice qui venait de confirmer le bien-fondé de la décision du SCom, si cela ne répondait pas à une autre motivation? »

Pierre Maudet « consterné »

Contactés, les services de Pierre Maudet estiment que le contenu de la dénonciation est « calomnieux ». « Le procédé qui consiste pour une corporation à saisir l’autorité pénale trois ans après les faits, sur la base de simples rumeurs présentées comme telles, est quant à lui parfaitement indigne, et Monsieur Maudet est consterné que cette manière de faire puisse trouver quelque écho dans la presse », concluent-ils.

L’avocat des quatre associations de taxis genevois, Me Jacques Roulet, était l’invité de Radio Lac Matin ce vendredi:

@raphaelleroy

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Jean-Philippe Ceppi, patron de Temps Présent, s’inquiète de l’ « extinction de la race » des journalistes

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Jean-Philippe Ceppi, producteur de Temps Présent, le prestigieux magazine d’enquête et de reportage de la RTS, qui fête ses 50 ans ce jeudi, réagit au rapport de Reporters Sans Frontières sur la liberté de la presse : « Je ne suis pas certain que la liberté de la presse soit moins grande qu’il y a dix ans. Il y a un mouvement de balancier. D’un côté, l’arrestation très préoccupante de Julian Assange, de l’autre, la même semaine, le parlement européen adopte une directive sur la protection des donneurs d’alerte qui est extraordinairement importante. » En Suisse, Jean-Philippe Ceppi s’inquiète de « l’extinction de la race », soit de l’envie des jeunes journalistes de faire ce métier. Il reconnaît que dans un paysage médiatique, en partie sinistré, Temps Présent fait partie des privilégiés même si « nous aussi, nous avons dû faire des économies et nous adapter. »

Signe d’optimisme, il souligne notamment  » le travail fantastique fait par cette radio sur l’affaire Maudet, par exemple. Il y a dix ou quinze ans, il était difficilement imaginable qu’une radio de proximité fasse un tel travail. Je vois d’excellentes raisons d’espérer. »

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Jean-Yves Marin : « la reconstruction de Notre-Dame ne se fera pas en cinq ans »

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Jean-Yves Marin, directeur du Musée d’art et d’histoire et spécialiste en archéologie médiévale estime que, vu la dimension gigantesque du chantier de restauration de Notre-Dame, il faudra en tous les cas plus de 5 ans pour le mener à bien. Emmanuel Macron qui a fixé cette échéance risque donc d’être déçu.

La cathédrale ne pourra être complètement reconstruite à l’identique. Bonne nouvelle en revanche, les vitraux ont résisté, en particulier les joints très sensibles à la chaleur. Aucun doute pour Jean-Yves Marin que le chantier sera international et que les artisans spécialisés viendront de toute l’Europe. Faudra-t-il maintenir une trace de l’incendie désormais inscrit dans la mémoire collective ? Le médiéviste estime en effet qu’il faut garder une « balafre » qui rappelle l’événement.

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Pascal Vandenberghe, homme de lettres, réagit au drame de Notre-Dame

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Pascal Vandenberghe, patron des librairies Payot, président du Trade Club mais surtout homme de lettres, a vécu à Paris pendant dix ans. Il réagit au drame de Notre-Dame: « C’est bien sûr le cœur de Paris. Ce qui est dramatique, c’est que cette cathédrale a échappé aux révolutions, aux ravages de la 2e Guerre mondiale, elle était sur liste des monuments qu’Hitler voulait faire sauter si Paris devait être évacuée, et voilà. Pas de chance. » Et dans la littérature: » Il y a bien sûr le monument de Victor Hugo. Mais presque en même temps sortait un autre livre, de Balzac celui-là, qui avait Paris et Notre-Dame pour décor. »

Autre sujet du jour, Pascale Vandenberghe, président du Trade club, explique en quoi l’ouverture des commerces genevois trois dimanche par an constitue une nécessité pour les entrepreneurs locaux. Le peuple en décidera le 19 mai prochain.

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Ivan Slatkine est prêt à déménager son entreprise dans le canton de Vaud

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Le patron des Editions Slatkine et président de la Fédération des entrepreneurs romands (FER) n’hésiterait pas, en cas de non à la réforme fiscale des entreprises (RFFA) le 19 mai prochain à s’installer dans le canton voisin pour bénéficier d’un taux d’imposition inférieur de 10%.

“Si la RFFA échoue, à court terme il n’y aurait guère de conséquences. Mais on subira une perte de clientèle, et de chiffres de l’emploi. Et on pourrait envisager de déménager dans le canton de Vaud puisqu’à quelques kilomètres de Genève, on aura un taux d’imposition sur le bénéfice de 13,79%” (soit 10% de moins). Simples menaces de circonstances ou Ivan Slatkine est-il réellement prêt à déménager ? “Oui, très honnêtement, je le ferais. Quand il y a un tel différentiel sur le taux d’imposition et qu’il suffit de se déplacer de quelques kilomètres dans le même pays, on se déplacera. Certains l’ont déjà fait en raison de l’incertitude qui règne”.

Ivan Slatkine craint l’effet ruissellement. Ses clients sont en bonne partie liés aux entreprises à statut. “Il faut voir les choses dans leur tout. Il n’y a pas une petite économie contre la grande économie ou l’inverse. Nous sommes dans un ensemble dynamique. Et si une partie de l’économie va mal, c’est toute l’économie qui tousse.”

Ivan Slatkine ne cache pas une certaine inquiétude en cette veille de cette votation du 19 mai.

 

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Madeleine Mercier, le visage des nouvelles viticultrices en Valais

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Madeleine Mercier, oenologue de Sierre fait partie de cette nouvelle génération de femmes viticultrices qui marchent sur les traces de la bien connue Marie-Thérèse Chappaz. Dans la région, on ne peut pas la rater puisque sa photo orne les affiches géantes pour le soutien aux paysannes suisses.

Fille de vigneron, Madeleine, 35 ans, a grandi sur le domaine des Mercier à Sierre. Elle nous explique son parcours, sa formation à Changins mais aussi ses longs stages sur la côte ouest des Etats-Unis chez les meilleurs viticulteurs américains. Membres de divers jury, l’oenologue valaisanne loue aussi la qualité des vins genevois. Une qualité qui dans une bonne partie de la Suisse poursuit sa croissance avec pour alliée, pour une fois, le réchauffement climatique.

Madeleine Mercier Vigneronne et oenologue

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