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L'Edito Politique

« Il y a un avant et un après la rentrée politique de 2018 à Genève. »

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L’édito politique est consacré aux dépenses injustifiées des conseillers administratifs de la Ville de Genève.

 

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L'Edito Politique

« Pierre Maudet a bénéficié de l’effet too big to fail »

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Raphaël Leroy a assisté à l’assemblée extraordinaire du PLR genevois mardi soir à Uni Dufour. Le rédacteur en chef de Radio Lac revient avec Philippe Verdier sur cet événement hors norme.

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« Les gens en ont assez de voir Pierre Maudet s’excuser. Ils veulent enfin tourner la page »

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Pierre Maudet a donné une interview au Temps et au Blick jeudi. Il y réitère sa volonté de rester au pouvoir malgré la procédure judiciaire en cours et les appels à démission de sa famille politique.

Cela ressemble furieusement à une tentative de sortie de crise. Et même de retour en grâce.

Il y a d’abord le timing de ces confidences a son importance. Pierre Maudet s’exprime juste avant Noël, deux jours avant les départs en vacances. Ce n’est pas anodin. Il laisse aux lecteurs le sentiment d’avoir fait enfin preuve de transparence. Il parle pour la première fois de sa rencontre avec Hazza bin Zayed, au centre de surveillance du Grand Prix d’Abu Dhabi. Il explique les raisons de la construction collective du mensonge au sujet du séjour. Il commente les différents dossiers nébuleux auxquels il est lié comme l’ouverture express de l’Escobar, le financement d’un sondage par des tiers ou enfin ses déductions fiscales problématiques. Tout cela tend à faire croire que cet énième exercice de contrition est plus sincère que les autres. Le pari est donc de laisser les lecteurs partir en vacances, le cœur léger, avec le sentiment que l’affaire se dégonfle, ou tout le moins, que l’homme a changé.

Les journaux choisis pour l’entretien ne sont, eux non plus, pas dû au hasard. Le Temps et le Blick sont des journaux qui l’ont beaucoup soutenu ces dernières années. En pleine crise, Le Temps lui a laissé écrire cet automne une tribune sur la votation sur l’autodétermination. Un cas unique en Suisse romande. Quant au Blick, il a renoncé à le priver de sa chronique bimensuel, et cela, malgré ses mensonges réitérés. C’est simple, le quotidien alémanique n’a pas fait un seul article sur l’affaire, du voyage aux Emirats à son divorce politique avec le PLR. Un silence qui en dit long sur l’accointance entre le conseiller d’Etat genevois et le journal. Bref, Pierre Maudet ne s’est pas aventuré en terre inconnue. Il a fait le choix de se confier à des journaux partenaires en quelque sorte, qui plus est en choisissant des journalistes de confiance.

L’opération va-t-elle payer? Elle maintient en tout cas l’illusion que Pierre Maudet a changé et qu’il se met enfin à table. Or, on peut douter de sa sincérité. Le conseiller d’Etat ment depuis trois ans. Pourquoi croire ce qu’il dit aujourd’hui? Et le contenu de ses entretiens montre qu’il n’a pas véritablement changé. Pierre Maudet veut faire croire que s’il s’est rendu à Abu Dhabi, c’est pour défendre les intérêts de Genève. Mais il n’en fait aucune démonstration. On ignore toujours ce qu’il est allé négocier là-bas, que ce soit avec les Emirs ou avec ses amis fortunés. Et on ne comprend pas pourquoi il ne lui a pas été possible de rendre officiel son voyage, même en famille. On a connu l’élu PLR plus tenace face à l’adversité. Pierre Maudet dit que s’il se retrouve au milieu de cette affaire, c’est avant-tout parce que sa volonté farouche de réforme dérange. L’édile serait donc une victime de corporations revanchardes, d’un parti jaloux de son talent et de médias avides de sensationnalisme. Un peu court.

Quant à son départ, il le soumet toujours plus à de nouvelles conditions. Au départ, il s’agissait de la perspective d’un procès long, ensuite on a parlé de confier son destin à la base de son parti et maintenant, on apprend que le vote du 15 janvier n’y changera rien. Seule une condamnation pourrait le faire partir. Difficile à suivre, n’est-ce pas? La victimisation incessante de Pierre Maudet est indécente. Depuis six mois, le conseiller d’Etat PLR ne cesse de se trouver des excuses. Il multiplie les exercices de contrition. Et pour tout dire, une certaine lassitude s’opère. Les gens en ont assez de le voir s’excuser sur chaque nouvelle affaire. Ils veulent pouvoir enfin tourner la page.

@raphaelleroy

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« La paix du travail n’existe pas sur les horaires des magasins »

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Les Genevois voteront une nouvelle fois sur l’ouverture prolongée des magasins. C’est le retour d’un véritable serpent de mer au bout du lac.

Le sujet revient à intervalles réguliers. Tous les deux ou trois ans, les Genevois doivent trancher sur les horaires des magasins. Ça sera encore le cas, l’an prochain probablement. Le Conseil d’Etat a indiqué hier que le référendum sur la loi sur l’ouverture des magasins avait abouti. Avec près de 7’800 signatures.

Cette annonce n’est pas anodine dans la région. Le Grand Genève est touché de plein fouet par le tourisme d’achat. Le tourisme d’achat, c’est lorsque les habitants traversent la frontière pour faire leurs courses. Vous savez, quand vous préférez acheter de la viande moins chère en France voisine ou des bouteilles de vin. Les prix sont effectivement bien plus avantageux sur ces produits qu’en Suisse. Une étude du Crédit Suisse avait d’ailleurs estimé en début d’année qu’il suffisait à un Genevois de faire 40 francs de courses pour rentabilité son trajet outre-frontière.

Au total, on estime que cette pratique génère en moyenne 6,2% des achats totaux des habitants de Genève, de La Côte et du Jura vaudois. Ce n’est pas rien. Et cela a un coût pour la collectivité. On parle de plus de 10 milliards de francs de manque à gagner chaque année en Suisse. Rien qu’à Genève, cela s’élève à plusieurs milliards.

Bien sûr, l’affaiblissement du franc l’an dernier a ralenti l’exode. Mais il n’en demeure pas moins que le phénomène existe toujours et pèse sur les revenus des marchands locaux.

C’est pour cette raison que la droite essaie depuis des années de prolonger l’ouverture des magasins. Sans grand succès toutefois. La population genevoise est assez réticente à faire travailler plus les employés. Elle l’a dit plusieurs fois en votation. Il y a deux ans cependant le peuple avait accepté d’autoriser l’ouverture de 3 dimanches par an pour autant que cela soit accompagné d’une convention collective de travail. C’est cela qui a été mis entre parenthèse jusqu’en 2020 par une majorité du Grand Conseil en septembre. C’est donc là-dessus que les Genevois vont voter l’an prochain.

Le scrutin s’annonce serré. Ce d’autant plus que la gauche et les syndicats auront beau jeu d’accuser les milieux économiques de se moquer des salariés. Si la paix du travail existe en Suisse, elle est inexistante à Genève sur ce sujet. Et cela est un problème. Il suffirait aux uns et aux autres de consentir à de petits sacrifices pour trouver une solution. Le passage en force, trop souvent tenté par le passé, n’est plus une option. La gauche devrait lâcher du lest sur le prolongement des ouvertures, y compris en semaine. La droite devrait améliorer les conditions de travail dans un secteur en souffrance comme la vente. Cette solution gagnante-gagnante pourrait dès lors débloquer la situation. Une étude parue en 2013 dans la Revue de politique économique affirmait que l’obligation de fermer les dimanches à son effet sur le tourisme d’achat.

@raphaelleroy

Raphaël Leroy Rédacteur en chef

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L'Edito Politique

« La Suisse est un pays où l’on peut s’exprimer sur tout, même sur la fondue chinoise »

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L’heure est grave. Très, très, très grave. Vous pensez que je vais vous parler de ce président de l’Assemblée nationale française qui a dérapé et insulté la Suisse. Ou alors que je vais m’arrêter quelques instants sur la polémique qui enflamme le tout Genève, à savoir fallait-il remercier les plus gros contribuables du canton pour leur apport indéniable aux prestations de l’Etat?

En vérité, c’est encore plus grave que ça. Je vais vous parler de quelque chose de fondamental en cette période de l’année: Je veux bien sûr parler de la… fondue chinoise!

Hier, la rédaction de Radio Lac a reçu un communiqué très sérieux de la Chancellerie d’Etat du canton de Neuchâtel. Intitulé du document: “Evitez la gastro et préparez la fondue chinoise dans les règles de l’art!” Ce n’est pas une plaisanterie. Le communiqué est absolument authentique et nous met en relation à la fois avec le médecin cantonal et le chimiste cantonal.

Alors pourquoi la chancellerie neuchâteloise communique-t-elle sur ce sujet pour le moins insolite? Parce que la fondue chinoise est un plat très apprécié des Suisses en cette fin d’année. Et qu’une fondue mal préparée peut abriter une bactérie responsable de gastroentérites sévères.

Chaque année à pareille période, on recense jusqu’à 10’000 cas d’intoxications alimentaires dans notre pays, selon le document. Et près de 80% d’entre elles sont dues à cette bactérie, appelée Campylobacter. Les ennuis de santé qu’elle provoque ont également un coût financier, et il est impressionnant: quelque 10 millions de francs par an.

Dès lors, le Service de la santé publique et le Service de la consommation et des affaires vétérinaires du canton de Neuchâtel s’attellent à nous rappeler quelques règles élémentaires pour, je cite, “savourer une fondue chinoise en toute sécurité”.

D’une part, il faut bien séparer la viande crue de la viande cuite et des accompagnements, comme les sauces ou les salades. Lors du repas, il est recommandé de disposer la viande crue sur une assiette à part. Et le communiqué de préciser que la planche et le couteau utilisés pour couper la viande crue doivent être dédiés uniquement à cet usage.

D’autre part, il est impératif de bien cuire votre viande, surtout s’il s’agit de volaille. Enfin, vous n’oublierez pas de nettoyer attentivement au détergent et à l’eau chaude s’il vous plaît vos ustensiles de cuisine qui ont permis de découper la viande crue. Avant de vous laver soigneusement les mains.

Vous voyez, la Suisse est un pays où l’on peut s’exprimer sur tout. La libre circulation des personnes, la sortie du nucléaire, l’AVS. Mais aussi les risques de manger une fondue chinoise, un soir de Noël.

@raphaelleroy

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« Notre système politique n’est pas exportable comme du chocolat. Fût-il suisse »

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Et si la démocratie directe helvétique s’exportait en France ? Raphaël Leroy – Les Gilets jaunes réclament un nouveau cadre institutionnel où le référendum d’initiative citoyenne serait instauré…

L’histoire se répète-t-elle? Rappelez-vous: au XVIIIe siècle, le Genevois Jean-Jacques Rousseau exportait son idée de contrat social dans la France pré-révolutionnaire. Aujourd’hui, c’est une autre idée suisse qui est en train d’agiter un pays en crise.

Les Gilets jaunes sont excédés par leur président jupitérien. Ils en ont assez du jacobinisme ambiant qui centralise les décisions à Paris. Ils demandent de l’air. Et surtout, ils souhaitent participer aux décisions politiques. Ils proposent donc d’appliquer le référendum d’initiative citoyenne, le RIC.

Cela ne vous rappelle-t-il rien? Bien entendu, chez nous, il y a une différence entre un référendum et une initiative. Le référendum d’initiative citoyenne sonne donc comme un non-sens total vu d’ici. Mais qu’importe! C’est bel et bien de la démocratie directe dont il s’agit.

Le mouvement contestataire le plus important de ces 30 dernières années en France le convoite. Pour lui, c’est une des solutions aux problèmes des gens qui souffrent.

Les chaînes d’informations hexagonales n’ont jamais autant parlé de notre pays depuis deux jours. Et tout le monde y va de son commentaire. Il y a les partisans comme le premier ministre Edouard Philippe. Et il y a les opposants farouches comme le politologue Olivier Duhamel. Selon lui, le RIC serait “extrêmement dangereux”. Rien que ça! « Vous pouvez avoir un vote, dit-il, qui demande la suppression des limitations de vitesse, un autre qui demande la suppression de la CSG, c’est-à-dire de la protection sociale, un troisième qui demande le rétablissement de la peine de mort, un quatrième qui demande la torture pour les auteurs d’attentats terroristes, etc” De quoi trembler en effet…

Non, vu de Suisse, un pays qui a voté sur les cornes des vaches autant que sur les minarets, ces débats sont au mieux divertissants, au pire consternants.

Car qu’y a-t-il de dangereux à donner la parole à la population? N’est-ce pas l’essence même de la démocratie? Les habitants sont-ils plus bêtes que les décideurs? Malheureusement, tous ces commentaires hystériques et ne reposant au fond sur rien, montrent que nos voisins français ne sont pas mûrs pour un tel système. En France, un référendum équivaut à un vote de confiance du pouvoir en place. Ce n’est absolument pas le cas en Suisse. Et heureusement!

Notre pays s’est construit dans la diversité avec 4 langues et cultures à fédérer. La démocratie directe en a constitué le ciment, la condition sine qua none du vivre ensemble helvétique.

Comme le droit de vote, la mise en place de la démocratie directe nécessite une culture politique à peaufiner, à apprendre. Que les Gilets jaunes se le disent: notre système politique n’est pas exportable comme du chocolat. Fût-il suisse.

@raphaelleroy

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