A Genève, les nettoyeuses et les nettoyeurs réclament une revalorisation de leur salaire estimé trop bas dans une pétition. Signée par plus de 1100 personnes, le texte remis à l'Association genevoise des entrepreneurs du nettoyage réclame également une prime pour le travail effectué durant la crise du COVID.
Les applaudissements pendant la crise c’est bien, mais la prise de risque mérite une prime. C’est en substance ce que dit la pétition déposée ce matin à Genève, par les nettoyeuses et nettoyeurs. Munie de 1187 signatures elle demande à l’AGENS, l’association des entrepreneurs du nettoyage, une revalorisation de leur salaire actuellement très bas de 19, 95 de l’heure ou une prime pour les risques encourus.
Le syndicat Unia a dénoncé ce jeudi les conditions parfois dangereuses dans lesquels les nettoyeuses travaillaient durant la crise du COVID-19. Sans gant et sans masque. Ils ont du intervenir de nombreuses fois auprès des patrons pour qu’ils respectent les normes de sécurité, provoquant l'angoisse des employés. Camilla Aros, du Syndicat Unia au micro de Judith Monfrini
En mai, l'AGENS a refusé toute négociation dans un courrier au syndicat.
Revaloriser le métier
Si avec la pandémie, la population a pris conscience de l'utilité des nettoyeurs, les conditions de travail, elles, ne sont ên revanche pas à la hauteur, selon UNIA. Camilla Aros
Les nettoyeuses et nettoyeurs n’arrivent déjà pas en s’en sortir. Le travail doit être valorisé. Elles doivent recevoir une prime de risque et leur salaire doit être augmenté. A Genève avec 19 francs 95 de l'heure, c'est impossible de vivre. Ecoutez le témoignage de Maria Sena.
Carmen, elle, a attrapé la Coivd le 19 mars, alors qu'elle travaillait comme nettoyeuses pour une entreprises à l'aéroport. Elle a fait quatre mois d'hôpital. Son patron l'a ensuite licenciée. Elle a 60 ans et se trouve au chômag
Compenser la perte des RHT
Les personnes au bénéfice du chômage partiel, aux RHT, ne recevaient que le 80% de leur 3700 francs brut. L’AGENS a refusé de payer la différence de salaire alors que la plupart des nettoyeurs sont des femmes, qui ne travaillent qu'à temps partiel, relève le syndicat. Durant la crise, les syndicats ont dû intervenir très souvent pour que les mesures d'hygiène et de protection soient respectés. Comme au Centre médical universitaire.
Souvent les trajets ne sont pas rémunérés, les personnes cumulent de petite tranches horaires et changent d’employeurs.
Notez que ce week-end, les Genevois sont amenés à voter sur le salaire minimum à 23 francs de l'heure.