Les pourparlers entre les Etats-Unis, l'Ukraine et la Russie se sont achevés à Genève après moins de 24 heures. Mercredi, Kiev et Moscou ont parlé de discussions "difficiles", mais aussi fait état d’avancées et d’un dialogue "constructif".
Au moment de quitter l'hôtel Intercontinental, le chef de la délégation russe Vladimir Medinski a parlé de discussions "constructives. Il aussi affirmé à des journalistes russes que "la prochaine réunion aura lieu prochainement".
Son homologue ukrainien Roustem Oumerov a quant à lui fait état de "progrès". "Ce travail complexe exige l'accord de toutes les parties et un délai suffisant. Il y a des progrès, mais aucun détail ne peut être divulgué à ce stade", a-t-il dit.
A Kiev, Volodymyr Zelensky a pour sa part affirmé que les positions des deux pays "diffèrent" toujours sur des points clés. Plus tôt, le président ukrainien avait estimé sur les réseaux sociaux que les négociations étaient "difficiles".
Il avait accusé Moscou de "faire traîner" les négociations. Et de déplorer à nouveau les attaques russes alors que les deux parties étaient venues à Genève pour discuter. "Nous n'avons pas besoin de guerre", a-t-il affirmé.
Les pourparlers avaient démarré mardi sous un format avec les trois parties en plénière. Il s'est poursuivi mercredi dans des groupes thématiques sur des questions politiques et militaires, a expliqué le chef de la délégation ukrainienne Roustem Oumerov,
Dans la nuit de mardi à mercredi, l'émissaire américain Steve Witkoff a garanti sur les réseaux sociaux que les discussions avaient permis "une avancée significative".
"Très tendus"
Une source proche de la délégation russe avait fait état d'échanges "très tendus". Avant le début des pourparlers, M. Oumerov avait admis ne pas avoir "des attentes excessives". Le président américain Donald Trump a mis la pression sur Kiev, souhaitant un accord "rapide".
La délégation russe avait affirmé que la question des territoires de l'est de l'Ukraine serait abordée. Moscou souhaite récupérer l'ensemble du Donbass, y compris les territoires qui n'ont pas été pris par son armée, là où Kiev ne serait prête qu'à une possible zone de libre-échange.
L'Ukraine avait elle expliqué que la sécurité et les affaires humanitaires seraient au menu. Plusieurs conseillers à la sécurité nationale de pays européens étaient présents mardi dans les couloirs de l'hôtel.
Les pourparlers ont eu lieu alors que les affrontements se poursuivent sur le terrain. Les autorités ukrainiennes avaient dénoncé de nombreuses attaques russes quelques heures avant que le dialogue démarre mardi à Genève.
Cassis à la réunion mardi
Parmi les Occidentaux, beaucoup doutent de la volonté russe de s'engager dans un vrai processus tant que la pression économique et militaire sur ce pays n'est pas suffisante. "Nous n'y sommes pas encore", a estimé notamment le chancelier allemand Friedrich Merz.
"Nous ne savons pas" si la Russie est sérieuse, a même admis samedi le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio. Plusieurs conseillers à la sécurité nationale européens étaient dans l'hôtel mardi après-midi.
Le conseiller fédéral Ignazio Cassis avait lui participé au début de la rencontre pendant quelques minutes, avant les négociations formelles. Pour la Suisse, la rencontre de Genève a constitué un succès diplomatique.
M. Cassis, qui préside l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), "ne peut s'expliquer" que la Russie vienne à Genève autrement que par sa visite récente à Moscou. Depuis les sanctions suisses et le sommet du Bürgenstock (NW) en 2024, les Russes excluaient toute discussion en Suisse.
M. Cassis souhaite que l'organisation puisse acheminer des observateurs pour surveiller un cessez-le-feu dès que celui-ci entre en vigueur. Moscou se contente de railler l'institution, soulignant ses difficultés financières. Et les Occidentaux n'abordent eux pour le moment la question que sous l'approche des garanties de sécurité pour éviter que la Russie ne relance une offensive.