La police vénézuélienne a tiré "de façon dissuasive" sur des drones ayant survolé la zone autour du palais présidentiel de Caracas lundi vers 20h00, a affirmé une source officielle. Le bruit d'armes à feu a été signalé par de nombreux habitants du quartier.
Cet incident est survenu un peu plus de deux jours après la capture du président vénézuélien Nicolás Maduro par des troupes américaines au terme d'une attaque spectaculaire sur la capitale.
"Ce qui s'est passé dans le centre de Caracas était dû à des drones qui ont survolé la zone sans autorisation. La police a tiré de façon dissuasive. Il n'y a eu aucun affrontement. Le pays entier est dans un état de parfaite tranquillité", a affirmé aux médias une source officielle.
"C'est arrivé après huit heures du soir. Cela sonnait comme des détonations, très rapprochées, comme 'po po po'. Cela ne sonnait pas fort comme ce qui s'était passé auparavant", comme samedi avec des explosions, a expliqué à l'AFP sous le couvert de l'anonymat un habitant vivant à cinq pâtés de maisons du palais.
Nombreuses forces déployées
"La première chose qui m'est venue à l'esprit a été de voir s'il y avait des avions qui survolaient [le quartier, ndlr], mais non. J'ai seulement vu deux lumières rouges dans le ciel. Cela a duré environ une minute. Tout le monde regardait par la fenêtre pour voir s'il y avait un avion ou ce qui se passait", a-t-il indiqué.
Sur des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux, on peut voir ce qui ressemble à des balles traçantes s'envoler vers le ciel vers une cible invisible. L'incident a mobilisé de nombreuses forces de l'ordre autour du palais, selon des vidéos.
Deux jours après sa capture par des forces américaines, le président vénézuélien déchu Nicolás Maduro, 63 ans, a comparu lundi à New York avec son épouse Cilia Flores, 69 ans. Accusés de trafic de drogue, ils ont tous les deux plaidé non coupable.
Après lui avoir notamment signifié les charges retenues contre lui et entendu qu'il plaidait non coupable, le juge a ordonné qu'il soit maintenu en détention à New York et comparaisse de nouveau le 17 mars.
Machado veut rentrer
Nicolás Maduro et son épouse sont visés aux Etats-Unis par un acte d'accusation publié samedi, aux côtés de quatre autres personnes, qui n'ont pas été arrêtées, dont le ministre vénézuélien de l'intérieur, Diosdado Cabello, et le fils de M. Maduro.
Il lui est reproché de s'être allié avec des mouvements de guérilla et des cartels criminels pour "acheminer des tonnes de cocaïne vers les Etats-Unis".
De son côté, la cheffe de l'opposition vénézuélienne Maria Corina Machado, prix Nobel de la paix, a dit dans un entretien sur la chaîne télévisée américaine Fox News vouloir retourner "le plus vite possible" dans son pays et en faire le "centre énergétique" de l'Amérique.
Elle est connue pour ses positions en faveur de Donald Trump, mais le président américain a affirmé samedi qu'elle ne "bénéficiait ni du soutien ni du respect" nécessaires pour gouverner son pays.
Des élections
Delcy Rodriguez, officiellement investie lundi présidente par intérim du Venezuela, a affiché sa volonté de coopérer avec les Etats-Unis dans le cadre de relations "équilibrées et respectueuses [...] fondées sur l'égalité souveraine et la non-ingérence".
Celle qui était la vice-présidente de Nicolás Maduro montre ainsi un premier signe d'ouverture envers Donald Trump, qui l'a mise en garde: "Si elle ne fait pas ce qu'il faut", elle subira un sort pire que celui réservé au président déchu.
Le président de la chambre américaine des représentants Mike Johnson, du même parti républicain que M. Trump, s'est dit lundi favorable à la tenue d'élections au Venezuela dans un "court délai".
Donald Trump a cependant écarté toute élection au Venezuela dans les 30 prochains jours, estimant sur la chaîne télévisée américaine NBC que les Etats-Unis devaient "d'abord remettre le pays sur pied".
Tout en affirmant ne pas vouloir s'impliquer dans les affaires politiques d'autres pays, comme les Etats-Unis l'ont fait en Irak ou en Afghanistan dans les années 2000, Donald Trump a clairement exprimé son intérêt pour les vastes ressources pétrolières du Venezuela, premières réserves de brut prouvées au monde.
Cet article a été publié automatiquement. Sources : ats / afp