Les socialistes genevois s'inquiètent du manque de places d'hébergement pour les victimes de violences domestiques. Après une motion déposée au Grand Conseil en mai 2020, ils lancent un postulat au niveau fédéral pour qu'un véritable plan d'action soit élaboré. A Genève, entre 500 et 600 femmes étaient victimes de violences en 2018. Et les places d'hébergement manque cruellement.
A Genève, entre 500 et 600 femmes étaient victimes de violences domestiques en 2018 et 200 d’entre elles cherchaient un hébergement d’urgence. Le Conseil d’Etat a été saisi d’une motion du parti socialiste en mai 2020 pour agir et augmenter les places d’accueil. Or près d’un an après, rien a été fait déplore le PS. Il existe des foyers comme Arabelle et Le cœur des grottes pour loger les victimes, mais leur nombre n’est absolument pas suffisant pour Youniss Mussa, député socialiste au Grand Conseil genevois
Entre 40 et 50% des victimes sont des femmes avec enfants. Une majorité du Grand Conseil a refusé la récente réponse du Conseil d’Etat. Elle ne prend pas en compte l’urgence de la situation, selon Youniss Mussa, député socialiste au Grand Conseil.
La Conseillère nationale socialiste genevoise Laurence Fehlmann-Rielle va déposer un postulat pour que Berne finance la création de maisons d’accueil pour les victimes de violences domestiques. Elles sont près de 18'000 victimes en Suisse et une femme meure tous les 15 jours sous les coups de son conjoint.
Pléthore de rapports
Du côté de Genève, les rapports s’accumulent et rien de concret n’est fait. Cour des comptes en 2012, commission consultative en matière de violences domestiques en 2018 et récemment un "énième" rapport interdépartemental commandé par le Conseil d’Etat. Ecoutez la réaction de Youniss Mussa
Les chiffres de la violence domestique ont baissé en 2020 malgré le confinement, selon la police. Les plaintes ont diminué de 3 % mais les réquisitions ont augmenté. Lorsqu’elle a rendu son rapport lundi dernier, la police genevoise indiquait déjà que ces chiffres devaient être pris avec prudence. Du côté des associations, la hausse des demandes s’est fait sentir.
Postulat au Conseil national
Le postulat déposé par la Conseillère nationale socialiste Laurence Fehlmann-Rielle demande au Conseil fédéral d’accorder plus de moyens à la problématique. Elle réclame également une meilleure coordination entre les cantons. Actuellement, un fond de 3 millions de francs a été accordé pour de la sensibilisation et de l’information, mais c’est insuffisant pour la socialiste genevoise.
La crise sanitaire va se doubler d’une crise économique qui ne va pas améliorer la situation. Chaque 15 jours en Suisse, une femme meurt sous les coups de son conjoint.