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Le monde de demain: le textile intelligent du futur

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La Suisse à la pointe de la mode “intelligente”… C’est le monde de demain.

Benoît RouchaleauLe monde de demain

Les textiles intelligents ne cessent de se développer et la Suisse n’est pas en reste. Illustration à l’EPFL où des chercheurs ont mis au point des capteurs souples qui sont directement intégrés à un textile et qui sont capables de fournir des données sur notre corps, en analysant simplement les déformations du tissu. Il s’agit de capteurs nouvelle génération qui se présentent sous la forme de minuscules fibres d’élastomère et qui peuvent donc mesurer simultanément l’étirement, la pression ou la torsion du textile. Imaginez un vêtement ou des draps d'hôpitaux qui seraient ainsi capables de fournir des données sur votre respiration ou sur vos gestes. Leur technologie est basée sur des lignes de transmissions souples en matériaux flexibles. Pour comprendre, on peut comparer la technologie à un radar qui envoie des impulsions électriques et un système qui mesure le temps entre l'envoi d'un signal et sa réception pour déterminer exactement le type et le degré de la déformation. Les chercheurs assurent également que la fibre peut se déformer de près de 500%, avant de retrouver sa taille initiale.

Quelles sont justement les applications envisagées? 

Des applications médicales notamment. On peut imaginer, par exemple, que cela serve à équiper des prothèses ou à constituer des nerfs artificiels pour la robotique. D’ailleurs, les chercheurs de l’EPFL ont déjà pu intégrer leurs fibres sur des doigts robotiques. A chaque « toucher », la fibre déformée a ainsi envoyé des informations sur l’interaction entre le robot et son environnement tactile. Plus proche de nous, dans notre quotidien demain peut-être, on pourrait aussi envisager d’intégrer un clavier tactile directement dans nos vêtements. Mais c’est encore de la musique d’avenir. Pour l’heure, les chercheurs précisent que la prochaine étape consistera surtout à rendre la technologie plus mobile et plus souple, en réduisant l’électronique pour qu’elle devienne plus portative.

 

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Suisse

Observatoire des précarités: bilan "très positif" après 4 ans

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Les distributions de nourriture durant la crise du coronavirus en 2020 (ici à Lausanne) avaient révélé l'ampleur de la précarité en Suisse (archives). (© KEYSTONE/JEAN-CHRISTOPHE BOTT)

En 2020, la pandémie de coronavirus avait révélé au grand jour l'ampleur de la précarité en Suisse. Deux ans plus tard, la Haute école de travail social et de la santé Lausanne (HETSL/HES-SO) créait un observatoire dédié à cette thématique. Aujourd'hui, alors que la structure vient de fêter ses quatre ans, sa responsable, Emilie Rosenstein fait le point avec Keystone-ATS.

"Lors de la pandémie, plusieurs acteurs du social avaient dû unir leurs forces pour relever des défis ahurissants: assurer des prestations essentielles malgré les mesures de confinement, trouver des solutions pour héberger toutes les personnes sans-abri dans les villes ou encore organiser des distributions massives de nourriture", se rappelle Emilie Rosenstein.

Dans la continuité de la crise sanitaire, la HETSL avait fondé l'Observatoire des précarités en mai 2022 par envie de "garder la précarité en lumière et de fédérer ses acteurs autour d'une cause commune". Quatre ans plus tard, la responsable en tire un bilan "très positif".

"Ma première satisfaction est que nous répondons à un besoin. Alors que l'observatoire n'existait pas encore, des dizaines de partenaires souhaitaient déjà y prendre part." Elle se réjouit également de l'intérêt citoyen qui n'a pas fléchi. "Nous sommes régulièrement interpellés par des médias et des collectivités publiques, c'est un privilège d'avoir pour mission de leur répondre."

Entre recherche et terrain

Les objectifs de la structure sont multiples et consistent entre autres à comprendre les mécanismes qui créent la précarité, à rendre l'action sociale plus adéquate et à favoriser la cohésion sociale. "On se veut une interface entre la production de connaissances et l'action sociale", résume Emilie Rosenstein.

Depuis sa création, l'Observatoire a contribué à la réalisation de 17 études, dont 13 mandatées par des administrations publiques ou des associations. Plusieurs portent sur le thème du non-recours aux prestations sociales, à l'instar du mandat confié par la Direction générale de la cohésion sociale de l'Etat de Vaud pour mieux comprendre les causes et conséquences du non-recours à l'aide sociale.

L'Observatoire est également actif sur le thème du logement. Il a par exemple été sollicité par la Ville de Lausanne pour organiser une journée consacrée au sans-abrisme en septembre 2022. "Cela peut paraître logique, mais c'était la première fois que tous les acteurs s'asseyaient ensemble à la même table. Cela a contribué à identifier des besoins et des solutions", souligne Emilie Rosenstein.

Large spectre

L'équipe opérationnelle, constituée de la responsable et de deux adjointes scientifiques, répond aussi bien aux demandes d'associations locales, qu'à des défis scientifiques d’envergure. L'Observatoire porte ainsi un projet de recherche financée par le Fonds national pour la recherche scientifique (FNS) dans le cadre du programme "Covid et société". "Ces différentes activités illustrent bien le spectre très large que nous couvrons", remarque Emilie Rosenstein.

Une des caractéristiques de l'Observatoire réside aussi dans sa dimension participative. "Tous les points de vue sont bienvenus, y compris ceux des citoyens", insiste la responsable. Des personnes en situation de précarité se manifestent parfois. "Des personnes nous font part de situations de vie ubuesques pour accéder à leurs droits. Certaines participent régulièrement à nos activités. Grâce à elles et à leurs témoignages, nous avons pu faire entendre cette réalité", se réjouit Emilie Rosenstein.

Nouveaux projets

Aujourd'hui, alors que le souvenir du Covid s'estompe dans les esprits, l'Observatoire des précarités reste d'actualité. "La demande de la part des partenaires est toujours bien là, tout comme les problématiques", constate Emilie Rosenstein. Inflation, crise du logement, guerre en Ukraine ou encore transformation du marché du travail mettent sous pression les personnes en situation précaire ainsi que les professionnels qui les accompagnent.

L'équipe ne manque d'ailleurs pas de projets. Parmi ceux-ci, on peut mentionner la rédaction d'une charte pour agir contre le non-recours aux prestations sociales, des travaux sur la thématique des expulsions et la perte du logement, ainsi qu'un futur chantier sur le secteur bas-seuil. "Notre dispositif fait toujours sens", conclut la responsable.

Cet article a été publié automatiquement. Source : ats

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Culture

Une star de Bollywood à la tête de l'exécutif du Tamil Nadu

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Considéré comme l'un des acteurs les plus charismatiques du cinéma indien, Joseph Vijay a été investi dimanche chef de l'exécutif de l'Etat du Tamil Nadu (sud-est). (© KEYSTONE/AP)

L'acteur vedette C. Joseph Vijay, 51 ans, a été investi dimanche chef de l'exécutif de l'Etat indien du Tamil Nadu (sud-est), au terme de difficiles tractations qui ont suivi la victoire annoncée en début de semaine de son parti aux élections locales.

Le parti dirigé par la superstar de Bollywood, le Tamilaga Vettri Kazhagam (TVK), a remporté 108 des 234 sièges de l'assemblée parlementaire mais restait, faute de majorité absolue sous la menace d'une alliance de ses rivaux.

Plusieurs jours de négociations lui ont permis de confirmer le soutien du parti du Congrès et de s'attirer celui de deux autres mouvements pour former une coalition.

"Je ne vous tromperai pas avec des fausses promesses en disant 'je vais faire ci ou ça'. Je ne ferai que ce qui est possible", a déclaré C. Joseph Vijay devant des milliers de partisans après avoir prêté serment.

Deux ans seulement après la création du TVK, le comédien a remporté cette semaine un premier succès politique.

En promettant la justice sociale et la fin de la corruption, il a réussi à faire mordre la poussière au chef de l'exécutif sortant, M.K. Stalin, un des plus farouches opposants du Premier ministre ultranationaliste hindou Narendra Modi.

Soutenu par les femmes

"Sa victoire démontre que la jeunesse voulait voir émerger un autre visage", a commenté le politiste Ramu Manivanan. "En tant qu'acteur, Vijay dispose aussi d'un large soutien parmi les femmes, tout ça a contribué à son succès."

Considéré comme l'un des acteurs les plus charismatiques du cinéma indien - il est surnommé "Thalapathy", le chef en tamoul - C. Joseph Vijay a débuté sa carrière dès l'enfance sur le grand écran en 1984, dans un film dirigé par son père.

Dans le long-métrage "Sura" (2010), il s'est distingué en interprétant un jeune ambitieux qui défie un politicien corrompu, un rôle dont il n'a cessé de cultiver le souvenir depuis qu'il s'est lancé en politique.

Pendant sa campagne, il a réussi à rassembler des foules de milliers de personnes à chacune de ses réunions publiques, malgré la bousculade meurtrière - au moins 40 morts - qui avait endeuillé l'une d'elle en septembre.

Novice en politique, C. Joseph Vijay, à qui certains prêtent déjà des ambitions nationales, va désormais se frotter aux réalités de la gestion au quotidien d'une importante région, peuplée de plus de 80 millions d'habitants.

Le Tamil Nadu est l'un des moteurs de l'industrie indienne avec ses nombreuses usines automobiles et d'électronique, et le seul site indien du fabricant américain de téléphones Apple.

Cet article a été publié automatiquement. Sources : ats / afp

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Economie

Les quais d'Ouchy fermés à la circulation le week-end

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Les cyclistes et les piétons pourront pleinement profiter des quais d'Ouchy durant le week-end (archives). (© KEYSTONE/JEAN-CHRISTOPHE BOTT)

Les quais d'Ouchy et de Belgique seront à nouveau fermés à la circulation durant les week-ends dès samedi prochain. Cette mesure doit permettre à la population lausannoise de profiter pleinement des rives du Léman durant la journée.

Les week-ends de la belle saison, du 16 mai au 21 septembre, les quais seront dédiés aux piétonnes et piétons, aux cyclistes et autres moyens de transport actifs, explique la ville de Lausanne. Comme l'an dernier, la fermeture se limitera à la journée de 10h00 à 22h00 le samedi et de 10h00 à 20h00 le dimanche et les jours fériés.

La ligne de bus 24 sera déviée et empruntera l'avenue du Denantou. Ces mesures visent à favoriser une cohabitation harmonieuse entre les différents modes de déplacements, sans compromettre l'accessibilité aux rives du lac. Les fréquences du métro m2 seront augmentées les samedis pour assurer un accès rapide à Ouchy et encourager l'utilisation des transports en commun.

Cet article a été publié automatiquement. Source : ats

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International

Le Hondius est arrivé à Tenerife pour évacuer ses occupants

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Des équipes de presse se tiennent prêtes à couvrir l'arrivée du Hondius alors qu'il entre dans le port de Granadilla de Abona, au sud de Tenerife. (© KEYSTONE/EPA/Miguel Barreto)

Le navire de croisière Hondius, où a été détecté un foyer d'hantavirus, est arrivé tôt dimanche sur l'île espagnole de Tenerife, dans les Canaries, avant l'évacuation de plus d'une centaine de passagers et membres d'équipage, a constaté un journaliste de l'AFP.

L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) recense à ce stade six cas confirmés d'hantavirus parmi huit cas suspects, comprenant trois personnes décédées de ce virus connu mais rare, pour lequel il n'y a ni vaccin ni traitement. Cette maladie peut notamment provoquer un syndrome respiratoire aigu, mais l'OMS a martelé que ce n'était "pas comme le Covid", encore dans toutes les têtes.

Le MV Hondius est entré vers 07h00 dans le petit port de Granadilla de Abona, dans le sud de Tenerife, île de l'Océan Atlantique. Une partie de l'équipage restera à bord du navire, qui poursuivra sa route vers les Pays-Bas.

Depuis ce port industriel, la ministre espagnole de la Santé, Mónica García Gómez, a annoncé samedi que "tout le dispositif est en place pour l'arrivée du navire (...) avec toutes les garanties en matière de santé publique".

Elle a ajouté que le test d'une patiente hospitalisée à Alicante s'était révélé négatif à l'hantavirus.

Le début des évacuations était prévu dans la foulée vers 08h00 locales, d'après un communiqué samedi de l'exploitant du navire, le néerlandais Oceanwide Expeditions.

"L'Espagne est prête et préparée", a assuré le patron de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, lors d'un point presse samedi soir sur le port, où il supervisera les opérations.

"Masques FFP2"

Même s'ils sont tous asymptomatiques à ce stade, tous les passagers actuellement à bord du MV Hondius, parti le 1er avril d'Ushuaïa en Argentine, sont considérés comme des "contacts à haut risque".

Ils devront faire l'objet d'une surveillance pendant 42 jours, a précisé samedi Maria Van Kerkhove, directrice de la prévention et la préparation aux épidémies et pandémies de l'OMS.

Le gouvernement central à Madrid a répété que le dispositif mis en place pour leur évacuation assurait qu'il n'y aurait "aucun contact" tout au long de la chaîne avec la population locale.

Dans le détail, après un examen médical à bord, "les passagers débarqueront de manière échelonnée et ordonnée", sans leur bagage, les 14 Espagnols "en premier", en "portant (tous) des masques FFP2", a expliqué Mónica García.

Le ministre de l'Intérieur Fernando Grande-Marlaska a, lui, évoqué une opération se voulant "rapide".

Les passagers seront ensuite transférés vers la terre ferme dans une embarcation plus petite, par groupe de cinq, puis conduits jusqu'à l'aéroport de Tenerife-Sud, situé à une dizaine de minutes, pour être rapatriés par avion vers leur pays d'origine.

Une zone maritime d'exclusion temporaire sera notamment créée autour du bateau de croisière à son arrivée, et plusieurs vols de rapatriement sont déjà prévus vers les Etats-Unis, le Royaume-Uni, la France, l'Allemagne, la Belgique, l'Irlande et les Pays-Bas.

L'avion du ministère espagnol de la Défense qui doit évacuer les ressortissants espagnols vers Madrid est arrivé sur place.

En milieu de semaine, trois personnes avaient déjà été débarquées au Cap-Vert avant de rejoindre l'Europe en avion médicalisé.

"L'inquiétude est légitime"

Le patron de l'OMS dit "entendre" et "comprendre" l'"inquiétude légitime" de la population locale aux Canaries, soutenant toutefois, comme dans une lettre adressée aux habitants, que "le risque (pour eux) était faible".

Ces derniers jours, les autorités régionales des Canaries s'étaient fermement opposées à l'accostage sur l'archipel du MV Hondius, qui mouillera au large.

"Il y a des inquiétudes qu'il puisse y avoir un danger (...) mais honnêtement, je ne vois pas les gens très préoccupés", a assuré de son côté à l'AFP David Parada, un vendeur de loterie.

L'hantavirus se transmet généralement à partir de rongeurs infectés, le plus souvent par l'intermédiaire de leur urine, de leurs excréments et de leur salive.

Mais des experts ont confirmé que la variante du virus détectée à bord du navire, l'hantavirus Andes, était une souche rare qui peut se transmettre d'homme à homme avec un délai d'incubation pouvant aller jusqu'à six semaines.

Les autorités sanitaires de plusieurs pays se sont ainsi efforcées ces derniers jours de retrouver les cas contacts pour les isoler et procéder à des tests.

Cet article a été publié automatiquement. Sources : ats / afp

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Suisse

Refuser l'uniforme en 1989: récit d'un réfractaire à l'armée

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Le 26 novembre 1989, la Suisse vote sur l'initiative "Pour une Suisse sans armée". A la surprise générale, le texte obtient 35,6% de oui (archives). (© KEYSTONE/STR)

Jusqu'en 1996, tout homme suisse était soumis à un service militaire obligatoire. Marcel*, "grande gueule anarcho-gauchiste", s'y est refusé. Son insoumission le conduira en prison. Il nous raconte son combat avant tout politique.

Marcel se politise très jeune, explique-t-il dans un entretien accordé à Keystone-ATS. Pour lui, avoir une armée en Suisse est ridicule. "La Suisse doit uniquement promouvoir la paix, et non préparer la guerre." Les seules fois où l'armée a tiré, c'était contre son propre peuple, en 1932 à Genève lors d'une manifestation antifasciste, se souvient-il.

Toutefois, Marcel entre dans l'armée à 20 ans "pour ne pas avoir d'emmerdes". De plus, il vient de terminer son CFC en électronique. Dans ce domaine, la plupart des entreprises sont alors liées à la Confédération ou à l'armée. Et refuser de faire l'armée entraîne des conséquences sur l'emploi.

Déserteur

Il déserte après 33 jours d'école de recrues. "Trop débile", raconte-t-il. Il voudrait plutôt s'engager au service de la société. Il rêve déjà d'un service civil pour la cohésion nationale, et serait encore prêt aujourd'hui à y retourner. Il écrit alors une lettre au Département militaire, maintenant Département fédéral de la défense, expliquant son refus de servir.

Il retourne à la vie civile et travaille pour des entreprises de construction ou encore au CHUV. Un an et demi plus tard, il est convoqué au tribunal militaire de Rolle (VD).

Ce jour-là, au lieu de laisser parler son avocat commis d'office, il se lève et s'explique au juge. Il n'a pas de conflit de conscience et peut porter une arme. "Je suis là pour des raisons politiques", dit-il devant les juges.

"Je voulais faire de la prison. Sinon rien n'aurait bougé", confie-t-il quarante ans plus tard. Le président, un lieutenant-colonel, le condamne à dix mois de prison. Il n'en fera que six.

Obtenir ce qu'on veut

"J'étais content pour lui", témoigne un ami. "Il a obtenu ce qu'il voulait et était vraiment prêt à aller en prison pour ses convictions."

A l'époque, se souvient cet ami, l'armée n'acceptait pas facilement un refus de servir. Il fallait le motiver, le prouver et tenir sur le long terme face à la pression de l'armée.

Au final, une condamnation était une victoire pour un objecteur de conscience. Elle lui donnait raison.

Dans de rares cas, surtout au début des années 1990, les objecteurs échappaient à une peine de prison. Certains étaient déclarés inaptes au service par la justice militaire. D'autres restaient toutefois dans une situation incertaine et pouvaient être rappelés à leurs obligations, ou risquer une nouvelle procédure.

Une "grande gueule" qui se tait

Le 6 novembre 1989, Marcel entre en prison. "Pas tranquille." Faute de prison militaire, il se retrouve dans une prison civile à côtoyer tout type de criminels de droit commun.

"J'étais jeune, j'avais 21 ans, je ne connaissais rien à la vie de prison. Je me suis dit 'il va falloir fermer sa gueule' pour n'énerver personne."

Et c'est ce qu'il fait les premiers jours. Puis, il apprend vite qu'il n'y a aucun souci à discuter avec les autres prisonniers, mais qu'il faut rester neutre sur ses avis.

Quelques détenus lui expliquent la hiérarchie de la prison: le petit fretin tombé pour de l'herbe; les gens qui sont là pour des choses sérieuses comme un meurtre; et au sommet le "big boss", un transporteur de drogue.

Mais "nous, les gars de l'armée, nous n'étions pas dans cette hiérarchie. Pour les autres détenus, nous n'avions rien à faire là".

1989: vote sur l'armée et mur de Berlin

1989, c'est aussi l'année de la chute du mur de Berlin. Et du vote sur l'initiative populaire "Pour une Suisse sans armée et pour une politique globale de paix". Marcel s'en souvient bien: "J'étais en tôle."

Son père, pourtant favorable à l'armée, vote pour l'initiative. Comme plein de connaissances. "Il fallait que les choses bougent, que les gens se sentent impliqués." 35,6% des votants disent oui. Un chiffre qui reste ancré dans la mémoire de Marcel.

"Ce vote a tout changé. Je n'étais plus un débile qui pense pouvoir changer les choses. Ça a été une claque des deux côtés. On n'avait jamais imaginé faire un tel score." Cela a aussi légitimé le Groupement pour une Suisse sans armée (GsSA).

Tout change

Et le camp bourgeois bouge immédiatement ensuite. Ce vote lui force la main sur le service civil. Ces événements politiques donnent également à Marcel "un moral de dingue" pour être en prison. Il a le sentiment d'avoir "fait juste".

Après deux rejets du service civil, en 1977 et en 1984, l'opinion publique change. Les sanctions contre les objecteurs de conscience sont de plus en plus mal perçues par la société. La Suisse, pourtant attachée aux droits humains, est également critiquée à l'international. Plusieurs pays en Europe ont alors déjà introduit un service civil.

En 1992, les Suisses acceptent finalement par 82,5% l'introduction d'un service civil pour les objecteurs de conscience. Cette année-là, 207 hommes débutent une peine de prison. Entre 1984 et 1991, ce chiffre variait entre 471 et 323, selon les chiffres transmis par l'Office fédéral de la statistique.

Le service de remplacement est finalement introduit le 1er octobre 1996. 66 sont encore emprisonnés pour refus de servir, désertion, insoumission ou inobservation d'une convocation au service militaire.

Devant des portes fermées

En sortant de prison, Marcel se retrouve devant des portes fermées. Plusieurs emplois lui passent sous le nez, notamment chez le prédécesseur de Swisscom. "Je suis sorti premier du concours d'entrée, mais j'ai été recalé, parce que j'avais refusé de faire l'armée. Il y avait un blocage net par les entreprises."

"Je ne regrette pas. Mais je ne le referais pas comme ça. C'est six mois de perdus, où tu peux faire des choses utiles pour la société." Marcel repense de temps en temps à cette période de sa vie et en parle avec plaisir.

* prénom d'emprunt

Cet article a été publié automatiquement. Source : ats

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