Une affaire digne d'un film d'espionnage! Le Conseil fédéral ouvre une enquête autour d'une affaire de services secrets. La CIA et les services de renseignement allemands (BND) ont intercepté des milliers de documents de plus de 100 pays via l'entreprise Crypto.
Le Département fédéral de la défense (DDPS) a confirmé mardi une information de la Rundschau.
Les deux services de renseignement étrangers ont acheté des parts de l'entreprise zougoise Crypto en 1971 en passant par une fondation du Liechtenstein. L'entreprise est le leader des machines qui permettent de crypter les communications secrètes. Grâce à des appareils de chiffrement manipulés, la CIA et le BND ont écouté ces conversations pendant des années.
Crypto a installé deux formes de chiffrement: une version sécurisée et une non sécurisée. Seuls quelques pays, dont la Suisse, ont obtenu la version sécurisée, comme le montre une enquête réalisée par l'émission de la télévision alémanique.
Les partis politiques suisses veulent des explications
Il faut faire la lumière sur l'affaire d'espionnage qui a permis aux services de renseignement allemand et américain d'intercepter des milliers de documents via l'entreprise zougoise Crypto. Les partis et à Amnesty International veulent des réponses.
Le PDC estime qu'il est juste et important que le Conseil fédéral se saisisse de cette question et la réexamine, a indiqué mardi sa porte-parole. Du côté du PS, on s'interroge sur Twitter: le service de renseignements est-il victime ou complice? Les socialistes exigent des clarifications et une enquête complète.
Ils se disent prêts à rejoindre une éventuelle commission d'enquête parlementaire s'il est réellement prouvé que la Confédération a failli. Le groupe parlementaire des Verts va aussi discuter de la possible création d'une commission d'enquête parlementaire, a indiqué le conseiller national et président du groupe des Verts Balthasar Glättli (Verts/ZH) dans l'émission Forum sur la RTS mardi soir.
L'organisation de défense des droits de l'homme Amnesty International voit des implications dans les violations des droits de l'homme. Beat Gerber, de la section suisse, a déclaré à Keystone-ATS, que la question est de savoir si des informations sur de graves violations, provenant par exemple des dictatures militaires en Amérique latine, ont atteint le service de renseignement suisse et le Conseil fédéral.
Si l'information leur était parvenue, la question se poserait de savoir ce qu'en ont fait les autorités concernées. Une clarification complète est nécessaire, estime Amnesty.