A Genève, près de 2500 personnes ont participé jeudi au cortège du 1er Mai, qui s'est déroulé sans incident. La fête des travailleurs a aussi été marquée par une mobilisation inédite du personnel onusien à la Place des Nations contre les coupes budgétaires à l'ONU.
"Il y a beaucoup d'incertitude sur les réductions des effectifs qui visent des milliers de personnes et sur les coupes budgétaires qui compromettent le système des Nations unies", a déclaré Séverine Deboos, du Syndicat du personnel de l'OIT. "Le personnel des Nations unies n'est pas une marchandise: nous défendons l'humanité", ont relevé les syndicats et associations du personnel onusien.
A l'OIT, près d'un poste sur dix est supprimé, l'UNICEF fait face à des coupes budgétaires prévues de 20%, le PAM subit une réduction des effectifs de 25 à 30% et le HCR de 30%. A cela s'ajoutent des milliers d'emplois biffés dans le monde entier à l'OIM, l'OCHA, l'OMS et l'ONUSIDA. Et des délocalisations de postes sont attendues sur les sites de New York et de Genève.
C'est la première fois que le syndicat du personnel de l'OIT ne prend pas place dans le cortège genevois du 1er Mai: il fallait que l'ensemble du personnel puisse se faire entendre. Etant donné que les fonctionnaires internationaux n'ont pas congé le 1er mai, il a été décidé d'organiser la manifestation pendant la pause de midi.
Maçons et médias
Alors que la manifestation se terminait sous le soleil devant l'ONU, le traditionnel cortège du 1er Mai a démarré de la place Lise-Girardin pour rallier le parc des Bastions en passant par le pont du Mont-Blanc et les rues basses. En tête du défilé, une grande banderole syndicale donne le ton "Contre les fachos et les abus patronaux - Défendons les salaires, pas les frontières".
Les syndicats et la gauche ont profité du 1er Mai pour fustiger l'initiative de l'UDC contre une "Suisse à 10 millions", une initiative "xénophobe" "qui attise la peur et la division". Ils ont aussi donné de la voix contre le travail le dimanche.
Les maçons, qui négocient la convention collective nationale de la construction, étaient aussi bien représentés dans ce cortège qui réunit traditionnellement une foule bigarrée. Il y avait aussi cette année une représentation des travailleurs des médias, un secteur mis à mal par les multiples restructurations et démantèlements. "Si l'info s'éteint, l'ombre s'étend", pouvait-on lire sur une pancarte.
Solidarité avec Gaza
Comme chaque année, l'actualité internationale s'est invitée dans le cortège. De nombreux drapeaux palestiniens flottaient sous le soleil. Les manifestants ont exprimé leur solidarité avec les travailleurs de Gaza, fustigeant au passage la "complicité" de la Suisse dans le massacre perpétré à Gaza.