Rejoignez-nous

Genève

L'ex-enseignant n'est pas un prédateur sexuel, selon son avocate

Publié

,

le

KEYSTONE/SALVATORE DI NOLFI
Le procès d'un ex-enseignant accusé d'avoir contraint des adolescents à des actes sexuels s'est poursuivi lundi devant le Tribunal correctionnel de Genève. Pour son avocate, qui a plaidé l'acquittement, il n'est pas ce prédateur froid et calculateur décrit par l'accusation.

"Mon client n'est ni un pédophile ni un violeur. Il a perçu des demandes, des relances", a indiqué Laïla Batou. Et l'avocate de dénoncer une instruction biaisée par une erreur de datation qui a d'abord placé la période pénale en 2016, quand les deux plaignants n'étaient tout juste pas majeurs sexuellement. Or les faits ont commencé à l'été 2017.

Pour l'avocate, les deux adolescents ont montré "un empressement extrême, une curiosité pour la sexualité homosexuelle et la drogue". Ils sont allés quotidiennement voir l'enseignant, alors âgé de 37 ans, après l'avoir croisé par hasard et lui avoir demandé de pouvoir utiliser son ordinateur. "Il y a vu une forme d'avance", relève-t-elle, excluant la thèse de l'araignée tissant sa toile.

MDMA, ecstasy, Viagra, sexe, tout s'est passé progressivement, signe que le prévenu faisait attention à leur consentement. L'avocate exclut la pression et la contrainte. Selon elle, l'un des jeunes a participé par désir ou par peur d'être à l'écart. L'autre, avec qui les rapports ont duré trois ans, parce qu'il a des pulsions pour les hommes et ne pouvait les vivre que sous l'effet de la drogue.

"Réécrire son histoire"

Dans la matinée, le Ministère public a requis six ans de prison à l'encontre de l'ex-enseignant et l'interdiction à vie d'exercer toute activité impliquant des contacts avec des mineurs. Pour la procureure Lorena Henry, cet homme a tout reconnu lors de l'instruction, avant de "réécrire son histoire" pour écarter les éléments pénalement répréhensibles.

La magistrate estime que le prévenu a amené les sujets de discussion dès le début et exploité l'inexpérience des deux adolescents de 16 ans, "vulnérables et curieux", pour assouvir ses pulsions. Profitant de son statut de mentor, il les a "véritablement endoctrinés en leur intimant de s'affranchir des limites."

Perte de contrôle

Les victimes ont subi des pressions psychiques. Elles n'étaient pas non plus aptes à s'opposer aux actes sexuels sous l'effet combiné de l'alcool, des stupéfiants et des médicaments. "Elles ont perdu la tête et le contrôle de leur corps, qui était constamment excité par la prise de MDMA, la drogue de l'amour", a souligné la procureure.

Concernant la longue relation avec un des plaignants, la procureure a parlé de "chemsex": "Le prévenu s'est comporté en dealer. Une addiction s'est installée chez son protégé, qui est constamment revenu se fournir gratuitement chez lui." "Sa faute est d'une extrême gravité. Il a mis en danger le développement des victimes", a-t-elle déclaré.

Un adulte "cool"

Pour la défense, le prévenu a profité de la fragilité émotionnelle des plaignants qui vivaient tous les deux des situations familiales difficiles. "Comment un professeur ne comprend-il pas qu'il est dans une relation de pouvoir avec un élève?" a lancé Anouchka Dubey. A ses yeux, le prévenu a profité de son statut d'adulte et de leur inexpérience.

Un avis partagé par Alice Aebischer, avocate de l'autre jeune. Selon elle, les deux adolescents se sentaient "privilégiés, supérieurs à leurs amis" en raison de cette relation avec un adulte "cool". "Le prévenu a observé la dérive de mon client dans le sexe et la drogue sans rien faire", a-t-elle dénoncé. Le verdict sera rendu vendredi.

Source ATS

Cliquez pour commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Genève

Le Grand Conseil accepte le programme de législature 2023-2028

Publié

le

Le Conseil d'Etat genevois élu au printemps 2023 a présenté en novembre dernier son programme de législature 2023-2028. Le Grand Conseil a accepté cette feuille de route politique. (© KEYSTONE/MARTIAL TREZZINI)

Le Grand Conseil genevois a donné jeudi soir son feu vert au programme de législature 2023-2028 présenté en novembre dernier par le Conseil d'Etat. Les deux précédentes feuilles de route gouvernementales, qui couvraient les périodes 2014-2018 et 2018-2023, avaient été refusées.

La résolution liée à ce programme de législature a été acceptée par 47 voix contre 36. Ce vote n'est toutefois que symbolique: le refus de ce programme n'aurait en effet eu aucune conséquence pratique.

Le cap politique du Conseil d'Etat se décline en quatre axes. Il s'agit d'assurer une société stable, de favoriser une réponse collective aux transitions numériques, écologiques et démographiques, d'encourager l'expression des droits et libertés individuels et de mettre en place un Etat efficace et moderne.

Pour la PLR Natacha Buffet-Desfayes, accepter ce programme est un bon signal envers le Conseil d'Etat. "On parle à nouveau de prospérité et de mise en valeur des entreprises", s'est réjoui le PLR Yvan Zweifel. "Le programme est ambitieux, mais il ne doit pas engager des hausses de charges", a mis en garde le député PLR.

Baisses d'impôts

L'UDC et le MCG s'y sont opposés. "Ce programme n'a rien d'un programme: il est vide de sens et sonne creux", a relevé l'UDC Stéphane Florey. Pour le MCG, la rétrocession fiscale aux communes françaises et le nombre "excessif" de frontaliers sont problématiques.

A gauche, c'est la mise sous pression des services de l'Etat qui inquiète. La socialiste Caroline Marti a déploré les baisses d'impôts annoncées dans ce programme de législature. Son parti, qui est pourtant représenté au gouvernement, s'est ainsi opposé à cette feuille de route.

PFQ refusé

Le plan financier quadriennal (PFQ) qui accompagne le programme de législature a pour sa part été refusé par 55 voix contre 18 et 21 abstentions. La droite estime qu'il ne propose pas assez de mesures structurelles alors que la gauche critique les économies envisagées.

Attaqué sur plusieurs points par les députés, le Conseil d'Etat a répondu avec sobriété. "Merci pour ce moment!" a ironisé la cheffe du Département des finances Nathalie Fontanet.

Cet article a été publié automatiquement. Source : ats

Continuer la lecture

Genève

Assurance-maladie: "Injustice flagrante" dénoncée par le Groupement transfrontalier

Publié

le

(image symbolique). (© KEYSTONE/CHRISTIAN BEUTLER)
Le Groupement Transfrontalier Européen (GTE) dénonce la décision du Conseil des Etats d'inclure les frontaliers dans la compensation des risques pour les primes d'assurance maladie."Prétendument destinée à réduire les inégalités", cette mesure est une "injustice flagrante envers les frontaliers qui contribuent déjà activement à l'économie suisse tout en résidant dans les pays voisins", estime-t-il.

Dans un communiqué publié jeudi, le GTE, organisation qui défend les intérêts des travailleurs frontaliers dans la région franco-suisse, "interroge vigoureusement cette réforme". Il déplore le fait qu'aucune consultation sérieuse des travailleurs frontaliers n'ait eu lieu avant son adoption.

Les frontaliers méritent d'être entendus et pris en compte dans les décisions qui les concernent directement. Le GTE avait pourtant sollicité par courrier la Chancellerie fédérale au mois de juin 2023, relève-t-il.

Actuellement, les frontaliers, majoritairement jeunes et en bonne santé, se soignent en France, où les coûts de santé sont bien inférieurs. Imposer des primes significativement plus élevées et sans progressivité à ces travailleurs constitue une mesure injuste et déconnectée de leur réalité quotidienne, poursuit le GTE.

Plus de souplesse

Si la solidarité est un principe louable, il doit être appliqué de manière équitable et proportionnée. Le GTE souligne que le système actuel favorise déjà largement les assureurs suisses, et qu'imposer une augmentation des primes, disproportionnée au regard de l’évolution des coûts de santé effectifs des transfrontaliers, pénalise les frontaliers.

Face à cette décision, le GTE demande l’ouverture d’une discussion sur les conditions et les modalités de l’exercice du droit d’option entre la Couverture maladie universelle pour les frontaliers (CMU) et la LAMal. Les travailleurs et retraités transfrontaliers sont doublement confrontés, en France comme en Suisse à des conditions changeantes et à des décisions politiques qui remettent en question la pertinence et la stabilité de leur choix initial.

Il est impératif que les autorités compétentes examinent cette question avec sérieux. Elles doivent ouvrir un dialogue inclusif pour permettre aux frontaliers de faire des choix informés et adaptés à leur situation spécifique.

Forte hausse des primes

Pour mémoire, le nombre de personnes assurées en Suisse et résidant à l’étranger ne cesse d’augmenter. Elles étaient près de 170'000 en 2021. Or, les frontaliers assurés en Suisse paient des primes beaucoup plus basses que les habitants du pays.

Après le National, le Conseil des Etats a adopté mardi un projet visant à corriger cette inégalité. Les assurés résidant à l'étranger seront désormais inclus dans la compensation des risques dans l'assurance-maladie.

Pour le Parlement, il s'agit d'une question de solidarité. La compensation des risques a en effet été créée pour que les assureurs-maladie ne soient pas tentés d'assurer uniquement des personnes en bonne santé. Ce mécanisme permet un rééquilibrage financier entre les assurances qui comptent peu d’assurés présentant un risque élevé de maladie et celles confrontées à des risques importants. Sachant que les frontaliers, en général, sont plutôt en bonne santé car actifs et donc généralement jeunes.

La modification devrait faire bondir le montant des primes des frontaliers jusqu'à 65%. Elles resteront inférieures à celles payées en Suisse. Ces versements supplémentaires profiteront notamment aux cantons de Genève et de Bâle-Ville.

Continuer la lecture

Genève

Les employés du Grand Théâtre en grève pour leurs conditions de travail

Publié

le

"Tous unis pour un opéra équitable", "Chantons la résistance". Le personnel du Grand Théâtre de Genève est en grève  ce jeudi , depuis 7h et jusqu'à minuit. Il proteste contre le projet de la Ville de Genève de transférer son personnel à la Fondation du Grand Théâtre sans négociations préalables.

A Genève, la représentation d’"Idoménée” prévue jeudi soir au Grand Théâtre ne se tiendra pas sous sa forme habituelle. Elle a été maintenue mais dans une forme concert. Et pour cause: les employés du Grand Théâtre sont en grève depuis 7h et jusqu'à minuit. Ils protestent contre le projet de la Ville de Genève de transférer son personnel à la Fondation du Grand Théâtre. Texte qui doit être voté la semaine prochaine par le Conseil municipal.
Les employés demandent à la municipalité de renoncer au projet tant que des négociations n'ont pas été conduites sur les conditions de travail et de salaires, notamment.
Ce jeudi plus de 80 personnes tiennent un piquet de grève devant le Grand Théâtre. Parmi elles, Paola qui travaille au Grand Théâtre depuis 30 ans. Elle refuse de signer un chèque en blanc.

Paola Employée du Grand Théâtre

La réforme prévoit que quelque 190 employés actuellement au bénéfice du statut de personnel de la Ville rejoignent la Fondation du Grand Théâtre. Le texte placera l'entier du personnel de l'institution sous la houlette de la Fondation.

Malgré des demandes réitérées, aucune négociation préalable n'a eu lieu, a relevé Juan Calvino, président de la commission de personnel du GTG lors d'un point de presse sur le parvis de l'institution lyrique.. Le personnel ignore tout de ses futures conditions de travail, de salaire ou de retraite, a-t-il déploré.

Juan CalvinoPrésident de la Commission des personnels du Grand Théâtre

S'ils ne sont pas contre une harmonisation, les grévistes veulent en connaître les conditions. Ils demandent que l'examen de ces statuts par le Conseil municipal soit suspendu ou que les articles concernant le statut du personnel en soient retirés.

La grève est soutenue par les syndicats SSP/VPOD, SIT et Syndicat suisse romand du spectacle.

Une manifestation est prévue mardi 5 mars devant le Conseil municipal lors du vote du projet.

Laurie Selli avec source ATS

 

Continuer la lecture

Genève

Né un 29 février: "j'ai 11 ans ou 44, au choix"

Publié

le

diapicard

Cela ne vous a pas échappé, nous sommes le 29 février, de quoi réjouir ceux qui sont nés à cette date peu commune.

C’est une journée un peu spéciale pour certains de nos auditeurs.

Surtout s’ils sont nés un 29 février. 

Ils vont pouvoir enfin fêter leur anniversaire à la véritable date. Car cette année 2024 est bissextile. 

C’est le cas de Nathanaël De Keuster. Quel âge a t-il cette année:

Nathanaël De KeusterNé un 29 février

Mais pourquoi existe t-il un 29 février?

Petite explication: la Terre met 365,2  jours pour faire le tour du Soleil en une année. Mais l'année calendaire dure 365 jours. Pour compenser cette différence de temps et pour ne pas que la date des saisons se décale progressivement, il a été décidé de rajouter un jour tous les quatre ans. Décision prise par Jules César en 46 avant Jésus-Christ.

 

Continuer la lecture

Culture

Grand Théâtre: Pour Sami Kanaan, la grève est "tout à fait incompréhensible"

Publié

le

(KEYSTONE/Salvatore Di Nolfi)
Le conseiller administratif Sami Kanaan, en charge de la culture en ville de Genève, estime "totalement incompréhensible" la grève annoncée par le personnel du Grand Théâtre pour la représentation de l’opéra de Mozart "Idoménée" jeudi soir. "Je la regrette fortement, tant sur le fond que sur la forme", a-t-il déclaré dans une interview à la Tribune de Genève.

Et le magistrat d'expliquer: "Sur le fond, je comprends que les représentants du personnel et les syndicats veuillent se battre pour conserver les conditions de travail. Sauf qu'en l'occurrence, rien n'a encore été décidé quant aux modalités du nouveau statut. On fait un procès d'intention sur les futures conditions de travail. Le but de la réforme n'est pas de faire des économies", souligne-t-il.

"Ce qui m'amène à la forme. Lorsqu'on souhaite se mettre en grève, on l'annonce d'abord avec un préavis. Et si on n'est pas entendu, on peut aller de l'avant. Or, voilà qu'on décide d'une grève le mardi pour le jeudi sans crier gare. C'est irrespectueux en matière de partenariat social", relève Sami Kanaan.

Négocier par la suite

"On a dit et redit que l'objectif n'était pas de détériorer les conditions de travail, mais de réformer une situation aujourd'hui très insatisfaisante de différences de statut et d'inégalités criantes. On a acté le principe de la réforme, ce qui est le rôle du politique, et ensuite on négociera concrètement, en préservant les droits acquis pour les employés actuels", poursuit-il.

"Nous avons travaillé sur un nouveau statut qui sera présenté une fois que le Conseil municipal aura acté le principe d'un employeur unique, qui est la Fondation du Grand Théâtre (FGTG), une fondation de droit public. Les négociations avec les représentants du personnel et les syndicats pourront ensuite commencer. Le Conseil municipal pourra à nouveau se prononcer une fois qu'elles auront abouti".

Menace sur l'institution

Selon le conseiller administratif, il est faux de dire qu'il n'y a aucune garantie financière du canton. Un accord, qui mentionne le Grand Théâtre, a été signé avec ce dernier en 2022. "Une nouvelle loi a ensuite été votée par une large majorité du Grand Conseil. Une planification financière est établie. Jusqu'à présent, toutes les étapes ont été respectées".

"La réforme vise au contraire à faciliter l'arrivée du Canton dans le financement et la gouvernance du Grand Théâtre. Une des conditions est que tout le personnel soit employé par la fondation. Si les syndicats et les représentants du personnel refusent de discuter, on risque de laisser passer une opportunité. Et de menacer la pérennité de l'institution", a-t-il averti.

Sami Kannan souligne encore avoir envoyé mercredi avec le président du conseil de fondation de la FGTG Xavier Oberson "un message à l'attention de l'ensemble des personnels. Nous rappelons nos engagements et leur demandons de renoncer à cette grève qui prend en otage le public et nuit au Grand Théâtre. Nous espérons qu'ils accepteront".

Continuer la lecture