Les avocats des quatre prévenus de la fusillade entre Bandidos et Hells Angels en mai 2002 ont presque tous demandé l'acquittement de leurs clients. Mercredi devant le Tribunal criminel de Genève, chacun ou chacune a rejeté la responsabilité sur l'autre camp.
La légitime défense doit être retenue pour le Bandido qui avait ouvert le feu en premier dans un bar de la rue de l'Ecole-de-Médecine, selon son avocat Alexandre Böhler. "Les Hells Angels cherchaient" ce trentenaire lorsqu'ils sont entrés dans l'établissement public et sont les agresseurs, a-t-il plaidé.
Et d'insister sur le fait que celui, parmi eux, qui a tiré avait été condamné pour meurtre et qu'il portait le badge du cercle restreint de ceux qui ont recouru à une violence extrême pour leurs "frères".
Son client, président des Bandidos genevois à un moment donné selon l'avocat, n'a pas eu l'intention d'occire ce rival, dit Me Böhler. Il demande aussi au tribunal de retenir la légitime défense pour l'accusation de meurtre, après deux coups de couteau assénés dans une affaire de drogue en 2019 à Annemasse (F), pour laquelle cet homme est aussi jugé.
Volonté de "sauver votre peau"
"Quand il y a un pistolet armé qui vous braque, la discussion est finie", dit l'avocat. "Vous sauvez votre peau par tous les moyens possibles".
Pas non plus de reconnaissance de culpabilité face aux accusations de tentatives de violence ou de menaces contre la conseillère administrative de la Ville de Genève Marie Barbey-Chappuis. Certes, la phrase "c'est quoi la peine pour faire sauter les dents à une élue" est "stupide" mais "une politicienne a décidé d'en profiter pour se faire passer pour une victime", dit Me Böhler. Mardi, le procureur avait requis 15 ans de prison contre ce prévenu.
Le second tireur de mai 2022 à Plainpalais n'a pas mené d'"expédition punitive" contre les Bandidos, affirme son avocate Yaël Hayat. Et d'appuyer la volonté des Hells Angels de discuter.
"Mains dans les poches"
L'arme de son client n'était pas sortie contrairement au Bandido qui tenait la sienne avant que ceux-ci n'entrent dans le bar. "C'est un élément de surprise" qui a poussé ce sexagénaire à l'utiliser après deux tirs de son rival, selon Me Hayat. Alors que le procureur demande 8 ans de prison contre lui, cet homme ne s'oppose pas à une condamnation pour certains chefs d'accusation et son avocate souhaite une peine compatible avec la détention préventive qu'il avait subie.
Le Ministère public a demandé 20 et 15 mois de prison avec sursis contre les deux autres prévenus, un Bandido et un Hells Angel. Agressé avant l'incident de 2022, le premier "n'est pas allé titiller", même s'il a recouru à un spray au gaz, estime son avocat Claude Aberle.
Le second, premier Hells Angel à investir l'établissement, est le seul à avoir été blessé, touché à un testicule. Son avocat Serge Milani dément toute intention d'en découdre. "Les vrais, les tatoués, les durs, lorsqu'ils entrent dans le bar, ils ont les mains dans les poches", a-t-il ajouté. Le verdict sera rendu vendredi.
AS
8 mai 2022 à 22 h 29 min
En tant que participante de cette manifestation d'aujourd'hui, je veux d'abord dire un grand merci au Radio Lac pour le reportage sur notre evenement. Les gens ne peuvent pas manifester en Russie maintenant parce que le parlement russe vient d'adopter un paquet des mésures draconniennes contre toute forme de proteste et d'expression d'opinion opposante à celle du régime. Chaque jour il y a des arrestations des gens en Russie, des gens qui osent s'exprimer contre la guerre, contre le regime courant oppressif. Donc pouvoir protester à Genève c'est déjà un privilege et c'est important pour nous que ça soit clair qu'il y a des russes qui ne sont pas d'accord avec cette guerre. Par contre, concernant le reportage qui a été fait, c'est un peu dommage que vous ayez utilisé une photo d'archive au lieu des photos de notre action. J'aurais du peut-etre prendre le contact de votre journaliste pour lui envoyer les photos que nous avons prises aujourd'hui, avec le drapeau blanc-bleu-blanc qui est utilisé depuis fin mars par presque tous les opposants russes en Europe et ailleurs. Le blanc-bleu-blanc est le drapeau russe sans la bande rouge; la couleur du sang. Nous ne voulons pas de sang.