Attention si vous avez récemment acheté des préservatifs en France. Des dizaines de milliers de protections non conformes, vendues en ligne, en pharmacie et dans diverses enseignes ces derniers mois, sont susceptibles d'entraîner des grossesses non désirées ou des infections sexuellement transmissibles, alertent les autorités sanitaires. Quid de la Suisse? Faut-il aussi s’inquiéter chez nous?
Environ un millier de boîtes, soit "plus de 40'000 préservatifs" non conformes ont notamment été écoulées sur internet, "en majorité" via des distributeurs "asiatiques", précisait récemment le communiqué de la Répression des fraudes et le ministère de la Santé.
Selon le site Rappel Conso, les marques concernées sont : Friday Bae (Le Préservatif), Okamoto (003 et 002), Sagami (Sagami Original 002, vendu sur Amazon), et My Lubie, dont les produits étaient commercialisés sur Amazon, en pharmacie et par diverses enseignes: Nuoo, Mademoiselle Bio, Monoprix, Ayanature, Passage du Désir.
Les produits identifiés sont dépourvus de marquage CE ou de toute évaluation de conformité européenne et, "pour la plupart, d'un emballage en langue française", précisent la DGCCRF et la direction générale de la santé du ministère.
Mais des contrôles dans les magasins et les pharmacie ont aussi permis d'identifier "deux références" de préservatifs ayant obtenu le marquage CE et pourtant non conformes du fait d'un "risque d'éclatement" pour l'une et de "la présence de perforations" pour l'autre: quelque "260'000 unités" ont fait l'objet de "rappels lancés fin mai et début août", ajoute-t-il.
Risques graves
Des préservatifs non conformes peuvent "présenter des risques graves pour la santé et la sécurité des utilisateurs: infections sexuellement transmissibles, grossesses non désirées", rappellent les autorités.
Elles recommandent aux consommateurs ayant utilisé ces préservatifs de faire un dépistage des infections sexuellement transmissibles et de réaliser un test de grossesse si un retard de règles est constaté.
Les plateformes en ligne ont été enjointes de "supprimer immédiatement les annonces" des produits concernés -36 l'ont été dans la foulée- et d'informer les "vendeurs tiers. "Plusieurs" se sont "engagées à examiner leurs systèmes de vérification et leurs règles de filtrage" sur ces produits, précise le communiqué.
Le marquage de conformité européen (marquage CE) est "garant des exigences essentielles de sécurité" auxquelles doivent se conformer les fabricants: les consommateurs doivent vérifier sa présence, rappelle la DGCCRF, comme celle d'une notice d'utilisation en français, et veiller à l'état de l'emballage et la date de péremption des produits.
Et à Genève?
Qu’en est-il de la situation chez nous? À ce jour, la Suisse n’a pas connaissance d’un problème similaire, selon les autorités genevoises que nous avons contactées, qui rappellent toutefois que les préservatifs sont des dispositifs médicaux et qu’en principe, les pharmacies se les procurent auprès de fournisseurs ou de grossistes établis dans le pays. Pour l’heure, rien n’indique donc que les produits en question soient commercialisés ou distribués en Suisse.
Avec Keystone ATS
Julian Meneberger
17 juin 2022 à 8 h 09 min
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