Les deux initiatives soumises au peuple le 27 septembre s'acheminent vers un rejet, selon le deuxième sondage de YouGov. A quelque cinq semaines du scrutin, le non a nettement progressé aussi bien pour l’initiative sur la neutralité que pour celle sur l’alimentation.
Le texte sur la neutralité recueille 41% de oui, soit un point de plus que lors du premier sondage réalisé en juillet. Mais le camp adverse s’est nettement renforcé: le non gagne douze points pour atteindre désormais 50%. La proportion d’indécis a dans le même temps fortement diminué, à 9%, annonce YouGov (ex-Institut Link) mardi.
La tendance est encore plus défavorable à l’initiative sur l’alimentation, qui demande que la Suisse produise sur son sol à terme au moins 70% des denrées alimentaires qu'elle consomme. Le oui recule de deux points, à 37%, tandis que le non progresse de neuf points, de 43 à 52%. Quelque 11% des personnes interrogées restent indécises.
Même en tenant compte de la marge d’incertitude statistique, YouGov estime que les deux textes se situent actuellement clairement sous la majorité nécessaire à leur acceptation.
L'exception tessinoise
L’examen des résultats par canton renforce cette impression. Pour l’initiative sur la neutralité, qui demande une interprétation plus stricte et un ancrage constitutionnel de la neutralité suisse, seul le Tessin présenterait actuellement une majorité claire en faveur du texte. A Obwald, le résultat est trop proche de 50% pour dégager une tendance, tandis que l’initiative serait rejetée dans tous les autres cantons.
Pour l’initiative sur l’alimentation, le non l’emporterait dans 25 cantons. Seul le Tessin ne permet pas de dégager une tendance claire.
L’appartenance politique joue un rôle beaucoup plus important que l’âge ou le sexe. Sur la neutralité, 76% de l’électorat UDC soutient l’initiative lancée par l’organisation Pro Suisse, proche du parti.
A l’inverse, le non atteint entre 76 et 81% chez les sympathisants des Vert-e-s, du PS et du PVL. Même dans le reste du camp bourgeois, l’opposition est actuellement majoritaire. Pour rappel, au niveau des états-majors des grands partis également, le texte est rejeté partout sauf à l'UDC.
Les Vert-e-s seuls
Pour l’initiative sur l’alimentation, les clivages sont moins linéaires. Les Vert-e-s sont le seul grand parti dont l’électorat soutient majoritairement le texte. Les sympathisants du PVL affichent en revanche des intentions de vote qui se rapprochent davantage de celles de l’UDC. C’est auprès des électorats du Centre et du PLR que l'opposition est la plus marquée.
YouGov a également demandé aux sondés d’expliquer leur choix. Chez les partisans de l’initiative sur la neutralité, l’attachement au principe même de neutralité domine. La sécurité, la volonté de rester à l’écart des conflits internationaux et l’indépendance de la Suisse sont également citées.
Les opposants invoquent des motifs plus variés. Certains jugent l’initiative inutile ou trop radicale. D’autres tiennent surtout à ce que la Suisse conserve la possibilité de s’associer à des sanctions contre un Etat agresseur. La Russie est fréquemment citée à ce propos.
Concernant l’alimentation, les partisans mettent principalement en avant une nourriture saine et de qualité, mais aussi la sécurité de l’approvisionnement et la protection de l’eau potable. Les opposants contestent moins les objectifs que les moyens choisis: ceux-ci sont jugés extrêmes, paternalistes ou restrictifs.
Le scrutin reste toutefois ouvert. Quelque 32% des sondés estiment être encore mal informés sur l’initiative sur la neutralité et 38% sur celle concernant l’alimentation.
L’enquête a été réalisée en ligne auprès de 3080 personnes entre le 3 et le 17 août. La marge d’erreur statistique annoncée est de ±1,8 point.
Pour rappel, l'initiative sur la neutralité a notamment l'appui de l'ex-conseiller fédéral et industriel Christoph Blocher, qui a injecté 3 millions de francs dans la campagne. Les opposants ont annoncé un budget de 1,2 million.
Cet article a été publié automatiquement. Source : ats
Genève Tiers-Monde (GeTM)
5 octobre 2021 à 10 h 11 min
Merci pour cet article.
Précision : La loi sur le financement de la solidarité internationale fixe un objectif de 0.7% du budget de fonctionnement annuel de l'Etat (et non 7%) et Genève consacre 0.2% de son budget à la solidarité internationale (et non 2%).