Faut-il porter un masque pour se protéger et protéger les autres du coronavirus. La question fait particulièrement débat ces derniers jours.
Un temps réservé à l’Asie le port du masque universel est de plus en plus conseillé par les administrations occidentales, pour lutter contre la pandémie du coronavirus. L’Autriche l’a rendu obligatoire pour faire ses courses. La République Tchèque, la Slovénie et la Slovaquie oblige les habitants à le porter dans l’espace public. Et les Etats-Unis viennent aussi de le recommander. On assiste peut-être à un tournant. Jugé inefficace jusqu’à présent dans le monde occidental, la donne est en train de changer. Même le monde académique en appelle à une utilisation généralisée. De nombreuses vidéos circulent sur les réseaux sociaux où des Européens installés en Asie démontrent son utilité.
Mais quels sont les types de masques que la population est censée utiliser ?
Ce sont de simples protections bouche-nez, moins sophistiquées que celles des soignants, selon les autorités autrichiennes. Le but est de protéger d’autres personnes et de réduire la transmission de l’épidémie. Ceci accompagné bien sûr des autres mesures, lavage des mains et distanciation sociale. En République Tchèque les citoyens doivent se couvrir le nez et la bouche, avec des masques faits maison ou des écharpes. Les Etats-Unis ont préconisé la même chose vendredi. C’est un virage à 180 degré pour ce pays où des scientifiques de renoms estimaient que les masques n’étaient pas nécessaires. Les pressions médiatiques et académiques semblent avoir joué un rôle important.
Les critiques sont d’abord venues d’Asie.
En Asie les pays ont l’habitude d’encourager la population à utiliser des masques à chaque épidémie. Et plusieurs experts ont très vite recommandé l’emploi à grande échelle du masque. Un microbiologiste de Hong-Kong l’a fait juste après avoir visité la ville de Wuhan. Un spécialiste des maladies infectieuses en Corée du Sud le recommandait récemment sur un chaîne asiatique, contredisant l’OMS et les Etats-Unis. "Pourquoi les docteurs en porteraient-ils, s’ils étaient inutiles", a-t-il interrogé ? Enfin le directeur du centre chinois de contrôle de prévention des maladies expliquait dans la revue Science que le virus se transmet par gouttelettes. Et que le port du masque empêche les gouttelettes de s’échapper et d’infecter les autres. Surtout si l’on est un porteur asymptomatique.
Mais alors pourquoi ne pas en généraliser l’usage?
De nombreuses personnalités sont intervenues en Europe pour expliquer que les masques sont réservés aux soignants. Et certains pensent que c’est la pénurie qui guide ce discours sur l’inutilité du masque. Il est vrai que le matériel médical fait défaut en Suisse et dans de nombreux EMS notamment. Vendredi, la revue « Nature Medecine » a tenté de répondre à cette question. Et il semble qu’une protection, même rudimentaire, est mieux que pas de protection du tout!