Martin Pfister a mis en garde jeudi face aux activités d'influence d'Etats étrangers en Suisse, en particulier la Russie. Le ministre de la défense a souligné l'importance de la diversité de la presse et de l'éducation aux médias pour assurer la résilience du pays.
Alors que l'Europe est à nouveau théâtre d'une guerre, le conseiller fédéral a souligné que les conflits modernes sont aussi menés de manière hybride, avec des cyberattaques ou de la désinformation. "Celui qui déstabilise l'espace de l'information d'un pays menace sa sécurité", a déclaré M. Pfister lors de la traditionnelle réunion de l'Epiphanie des éditeurs alémaniques à Zurich.
"Cette guerre a déjà lieu en Europe, y compris en Suisse. Nous aussi sommes touchés par des activités d'influence". Il a cité la manipulation de contenus audio-visuels ou encore le fait de sortir des informations de leur contexte. Ces actions ont pour but d'influencer la politique et de troubler et diviser la population.
La Russie en particulier attaque la Suisse avec ces activités depuis 2022 et le début de l'agression contre l'Ukraine. Moscou affirme notamment que la Confédération n'est plus neutre, démocratique ou sûre. Martin Pfister a souligné que des médias pro-russes comme Russia Today diffusent en Suisse entre 800 et 900 articles par mois. Il a aussi relevé la propagation organisée de contenus via les réseaux sociaux.
"Lorsque la peur et le doute se propagent, la cohésion intérieure vacille et les coopérations internationales deviennent plus difficiles", a alerté le chef du département de la défense (DDPS).
La protection contre les cyberattaques est devenue une tâche importante de l'Etat, a souligné Martin Pfister, qui a notamment rappelé la mise en place d'une structure interdépartementale dans ce domaine.
Modèle économique sous pression
Mais les médias ont aussi un rôle crucial à jouer. "Des médias de qualité, travaillant selon de hauts standards, ainsi qu'un public intéressé et critique, aident à lutter contre ces activités d'influence", a souligné M. Pfister, qui a relevé le travail de qualité effectué par les médias en Suisse.
Le conseiller fédéral a mis en évidence le rôle de la SSR dans la préservation de la diversité médiatique. "Avec son mandat de service public, elle fournit de l'information fiable dans toutes les régions du pays, où les offres privées peinent à se maintenir de manière durable", a constaté M. Pfister.
Il a cependant admis que le modèle économique des médias était sous forte pression. Le conseiller fédéral a rappelé les initiatives en cours au niveau fédéral pour renforcer l'aide aux médias, et pour assurer une rétribution par les grandes plateformes, notamment d'IA, pour leur utilisation des contenus journalistiques.
Cet article a été publié automatiquement. Source : ats
Lereche Agnes
28 mai 2018 à 21 h 08 min
Bravo à Véronique Julier pour ce témoignage si positif. Nous aimerions aussi être famille d'accueil. On va y réfléchir !