Soleure est redevenue mercredi soir la capitale du cinéma suisse avec l’ouverture des Journées de Soleure. Devant près de 900 invités, la conseillère fédérale Elisabeth Baume-Schneider a salué le rôle central de la SSR et rendu hommage aux victimes de Crans-Montana.
"La SSR est indispensable pour comprendre notre pays et relier ses régions", a déclaré la ministre. Elle a rappelé que le service public soutient activement le cinéma suisse, investissant chaque année dans près de 300 festivals et touchant quotidiennement plus de trois millions de personnes. "La SSR est 'too important to fail'", a-t-elle insisté, à l’approche de la votation du 8 mars sur une initiative visant à réduire son financement, et rejetée par le Conseil fédéral.
Dans un contexte marqué par la désinformation, Elisabeth Baume-Schneider a défendu une information "solide" et l’importance d’une scène forte pour les artistes, rappelant le rôle du service public pour la démocratie.
Son discours a également été empreint d’émotion lorsqu’elle est revenue sur le drame de Crans-Montana. "Nous avons partagé une journée de deuil national pour exprimer notre compassion aux familles", a-t-elle déclaré, saluant le courage des jeunes et le professionnalisme des équipes hospitalières.
"Un pays en mutation"
Sur le plan artistique, la ministre a relevé que les Journées de Soleure mettent cette année l’accent sur des films interrogeant la notion d’appartenance, qu’elle soit familiale, culturelle ou nationale. "Plus notre pays est en mutation, plus il est essentiel de ne pas se laisser bercer par l’illusion que nous connaissons déjà tout de la Suisse", a-t-elle conclu.
Jusqu’au 28 janvier, le festival propose 164 films, illustrant la vitalité du cinéma helvétique. Selon le directeur artistique Niccolò Castelli, de nombreux cinéastes cherchent à dépasser les oppositions simplistes pour explorer des récits plus nuancés. Le film d’ouverture, "The Narrative", par exemple est revenu sur l’affaire Kweku Adoboli, ancien trader de l’UBS, en laissant place à une lecture moins tranchée des responsabilités individuelles et des mécanismes du système financier.
Cinéma romand bien présent
Le cinéma romand occupe une place notable dans cette édition, avec neuf films en compétition. Parmi eux figurent "Be Boris" du Vaudois Benoît Goncerut et "A bras-le-corps" de la Neuchâteloise Marie-Elsa Sgualdo, remarqué à Venise. Le long métrage familial "Mein Freund Barry", tourné en Valais et au Tessin, témoigne quant à lui de nouvelles collaborations interrégionales.
Invitée de la rétrospective, la cinéaste genevoise Edna Politi est également mise à l’honneur pour une ½uvre saluée comme une invitation au dialogue interculturel. Fidèles à leur tradition, les Journées de Soleure revendiquent enfin une atmosphère sans tapis rouge, favorisant les rencontres directes entre cinéastes et public, au c½ur d’un festival qui défend l’expérience collective du cinéma.
Cet article a été publié automatiquement. Source : ats