Le Prix Nobel de la paix a été décerné vendredi au premier ministre éthiopien. Abiy Ahmed est l'artisan d'une réconciliation spectaculaire de son pays avec l'Erythrée.
M. Abiy est récompensé "pour ses efforts en vue d'arriver à la paix et en faveur de la coopération internationale, en particulier pour son initiative déterminante visant à résoudre le conflit frontalier avec l'Erythrée", a déclaré la présidente du comité Nobel norvégien, Berit Reiss-Andersen.
Le prix vise également à "reconnaître tous les acteurs oeuvrant à la paix et la réconciliation en Ethiopie et dans les régions d'Afrique de l'Est et du Nord-Est", a-t-elle ajouté. Le comité norvégien souligne en particulier le rôle du président érythréen Issaias Afeworki.
"La paix ne découle pas des actions d'un seul acteur. Lorsque le Premier ministre Abiy a tendu sa main, le président Afwerki l'a saisie et a contribué à formaliser le processus de paix entre les deux pays", indique-t-il.
Nécessaires réformes
L'organisation Amnesty International a estimé que ce prix devait encourager M. Abiy à "plus de réformes" pour les droits humains. A Genève, l'ONU a immédiatement félicité devant la presse le Premier ministre éthiopien. Le secrétaire général Antonio Guterres avait rencontré celui-ci dans le cadre de la normalisation avec l'Erythrée.
Pas moins de 301 personnalités et organisations étaient en lice cette année. L'an dernier, le Nobel de la paix était allé au médecin congolais Denis Mukwege et à la Yazidie Nadia Murad, ex-esclave du groupe Etat islamique, qui oeuvrent à "mettre fin à l'emploi des violences sexuelles en tant qu'arme de guerre".
Le prix, qui consiste en une médaille d'or, un diplôme et un chèque de neuf millions de couronnes suédoises (900'000 francs), est remis à Oslo le 10 décembre, date-anniversaire de la mort de son fondateur, l'industriel et philanthrope suédois Alfred Nobel (1833-1896).
Source ATS