La Maison Blanche a reproché mercredi aux Etats membres de l'Otan d'avoir "tourné le dos" aux Etats-Unis par un manque de soutien dans la guerre contre l'Iran. Des propos tenus juste avant une rencontre entre M. Trump et Mark Rutte dont rien n'a filtré pour l'heure.
Ce dernier, secrétaire général de l'alliance de défense, est arrivé à la Maison Blanche discrètement en milieu d'après-midi et en est reparti tout aussi discrètement deux heures et demie plus tard.
"Ils ont été mis à l'épreuve, et ils ont échoué", avait déclaré avant son arrivée la porte-parole Karoline Leavitt, disant citer directement Donald Trump.
"J'ajouterais qu'il est assez triste que l'Otan ait tourné le dos aux Américains au cours des six dernières semaines, quand ce sont les Américains qui financent leur défense", a-t-elle ajouté.
Troupes
Interrogée pour savoir si le président américain envisage de quitter l'Alliance atlantique, comme il en a menacé, elle a répondu: "C'est quelque chose que le président discute et je pense qu'il en discutera tout à l'heure avec le secrétaire général" de l'Otan.
Selon le Wall Street Journal, l'administration Trump réfléchirait à retirer des troupes américaines aujourd'hui stationnées dans des pays qui n'ont pas soutenu l'offensive militaire contre l'Iran, pour les déplacer vers des pays jugés plus coopératifs.
Mark Rutte s'est aussi entretenu avec le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio.
Leurs discussions ont porté sur les opérations militaires contre l'Iran, la guerre en Ukraine et le renforcement de la coordination et du "transfert de charges" avec les alliés de l'Otan, selon un communiqué d'un porte-parole du département d'Etat, Tommy Pigott.
"Un type formidable"
Les Etats-Unis occupent un rôle militaire central au sein de l'Otan depuis sa création en 1949 mais ont obtenu l'an dernier une forte augmentation des dépenses de défense des autres membres de l'Alliance d'ici 2035.
Face à Donald Trump, Mark Rutte a probablement essayé de jouer de sa relation personnelle avec le président américain pour tenter d'apaiser ses critiques acerbes envers son organisation.
Le locataire de la Maison Blanche ne tarit pas d'éloges sur le patron de l'Otan - "un type formidable, génial", selon lui - mais fustige les Européens pour leur refus d'aider les Etats-Unis et Israël dans leur offensive en Iran, qui observent un cessez-le-feu depuis moins de 24 heures.
Selon un responsable de l'Alliance atlantique, cette visite aux Etats-Unis était prévue "de longue date".
D'après ce responsable, la rencontre avec le président américain visait à "tirer parti du succès du sommet de l'Otan à La Haye" l'an dernier, lorsque les pays membres se sont engagés - sous la pression de Donald Trump - à augmenter fortement leurs dépenses militaires.
Outre le renforcement de la coopération transatlantique en matière d'industrie de défense, les deux responsables devaient "discuter de la dynamique sécuritaire actuelle, dans le contexte de l'Iran ainsi que de la guerre de la Russie contre l'Ukraine", a-t-il précisé.
"Lâches"
Mark Rutte se livre depuis des mois à un exercice d'équilibriste entre les invectives du président américain à l'encontre des Alliés européens, qu'il a, entre autres, qualifiés de "lâches", et le souci de les défendre sans fâcher Donald Trump.
Cet exercice est devenu particulièrement difficile avec le lancement des frappes américano-israéliennes contre l'Iran fin février, en raison de la frustration du président américain face à ce qu'il considère comme une dérobade des Européens en Iran.
Il a notamment réclamé leur aide pour sécuriser le détroit d'Ormuz, où passe normalement un cinquième du pétrole consommé dans le monde.
Le cessez-le-feu obtenu mardi via le Pakistan prévoit que l'Iran rouvre ce passage maritime dans le Golfe, qu'elle bloquait de facto depuis le début de la guerre.
Jeudi, M. Rutte prononcera un discours et participera à un débat organisé par le Ronald Reagan Presidential Foundation Institute.
De vendredi à dimanche, il participera à la réunion annuelle du groupe Bilderberg, qui rassemble des dirigeants politiques et économiques européens et nord-américains.
Cet article a été publié automatiquement. Sources : ats / afp