Certains guides de montagne enrichissent leur offre au-delà de l'alpinisme, motivés surtout par leur passion. Mais cette diversification s'est aussi accélérée du fait des nouvelles conditions climatiques.
En Suisse, près de 300 guides sont formés au canyoning. Un module facultatif pour le VTT existe aussi depuis une vingtaine d'années, suivi par une dizaine de guides du bureau de Verbier (VS) en 2023.
"Il existe aussi des formations de spécialiste de travaux sur corde, par exemple dans la construction ou l'élagage, pour lesquels les guides sont assez prédestinés", complète Pierre Mathey, secrétaire général de l'Association suisse des guides de montagne.
D'autres professionnels poursuivent en parallèle leur second métier d'ambulancier, en travaillant dans le secours héliporté. Ces compétences trouvent un écho auprès de leurs clients, puisque certains les sollicitent pour des courses en haute montagne incluant des moments de formation au secours alpin.
"De manière générale, la volonté de se former et d'acquérir de l'autonomie est en augmentation chez nos clients", observe Pierre Mathey. "S'adapter fait partie du métier de guide depuis toujours", ajoute le spécialiste, qui voit en cette diversification une continuité plus qu'une révolution.
Mais ces nouvelles compétences offrent tout de même des opportunités: "Si une course en haute montagne est impossible, je peux proposer un plan B attrayant en canyoning et éviter d'annuler la sortie", souligne Nicolas Simon, guide de montagne qui propose aussi des vols en parapente.
Difficultés climatiques
En 2019, une étude de l'Université de Lausanne notait une tendance à la diversification pour des activités "qui ne se pratiquent pas en haute montagne", face à des conditions estivales devenues "hasardeuses" en raison du changement climatique.
Les guides interrogés, issus de la région de Chamonix, pointent l'augmentation des chutes de pierres ou le manque de couverture neigeuse sur les glaciers en été. L'hiver est aussi touché, mais différemment: "les conditions peuvent changer radicalement en quelques jours à cause des variations de température rapides et de grande amplitude", constate Pierre Mathey.
Dans un sondage mené par l'Association suisse des guides de montagne en 2024, une moitié d'entre eux indiquaient modifier leurs activités pratiquées face aux effets du changement climatique.
Pierre Mathey nuance: si ces nouvelles conditions exigent davantage d'agilité, "nous ne sommes pas en situation de remplacer complètement certaines activités par d'autres." Selon lui, le territoire alpin offre de nombreux lieux alternatifs vers lesquels les alpinistes peuvent toujours se rediriger, en Suisse ou dans les massifs frontaliers.
Ne pas dépendre d'une seule activité
"Ma passion pour d'autres activités a clairement été ma principale motivation", clarifie Alex Glasner, également ambulancier. "Mais dans un monde et une nature qui change, ne pas dépendre d'une seule activité est une situation très confortable", reconnait-il.
"En 2024, un tiers des guides vivaient de leur métier à 100%", contextualise Pierre Mathey. Les deux autres tiers pratiquent à temps partiel ou comme appoint lors des pics touristiques. En écho, Alex Glasner ajoute que si les guides ont toujours été multitâches, il a le sentiment que "la diversification a rarement été aussi importante qu'aujourd’hui."
Toutefois, même si ces alternatives se développent et que certains guides se spécialisent, ces activités restent marginales sur le nombre total de journées guidées, indique Pierre Mathey. Elles peuvent toutefois permettre de combler les périodes de creux touristique.
Cet article a été publié automatiquement. Source : ats
Matia Muller
10 janvier 2020 à 16 h 45 min
"L’objectif est de rendre attentif les participants au WEF à leur responsabilité pour la protection du climat."
C'est pas gagné...surtout que Trump y participe.