Les lavandières : une histoire de femmes méconnue
Découvrez l'histoire méconnue des lavandières genevoises. Ce métier essentiel du secteur textile a façonné la vie sociale et urbaine d'autrefois.
Les lavandières : une histoire de femmes méconnue
Découvrez l'histoire méconnue des lavandières genevoises. Ce métier essentiel du secteur textile a façonné la vie sociale et urbaine d'autrefois.
À Genève, le long de la promenade des Lavandières, le nom du lieu rappelle une histoire oubliée. Jusqu'au XXe siècle, des femmes y faisaient la lessive dans des conditions de travail pénibles. Elles y passaient jusqu'à 12 heures par jour à brosser et bouillir le linge. Au-delà du travail, ces lieux étaient de véritables espaces de socialisation, à l'image des bistrots pour les hommes. Ce métier, essentiel au secteur textile genevois, a peu à peu disparu avec l'amélioration de l'hygiène urbaine. Aujourd'hui, la ville de Genève et d'autres communes cherchent à rendre hommage à la mémoire de ces travailleuses par des expositions et la dénomination de lieux publics.
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Vous avez sûrement déjà marché à Genève le long de la promenade des Lavandières. Ce nom rappelle une histoire, celle des femmes qui faisaient la lessive jusqu'au milieu du XXe siècle dans des bateaux-lavoirs au Seujet, par exemple, où les habitants déposaient leur paquet de linge le soir. Au Moyen Âge, on considérait que la lessive était réservée aux femmes. Les lavandières travaillaient à domicile, d'autres comme professionnelles, et leurs récits d'aujourd'hui sont importants puisqu'ils témoignent de conditions de travail pénibles. Elles travaillaient 12 heures par jour en brossant, bouillant le linge dans des chaudières à bois, mais c'était aussi un véritable réseau social à ciel ouvert, comme le bistrot pouvait l'être pour les hommes. La majorité des femmes étaient employées dans le secteur textile, qui a été un véritable pilier de l'emploi féminin local. À une époque, le linge était lavé dans les fontaines, mais dès le XVIIe siècle, la question de l'hygiène et de la superstition s'installe. Donc l'usage des fontaines devient interdit à Genève dès 1672. Dans de nombreux villages valaisans aussi, en fait, on pensait que l'eau transmettait des maladies et des épidémies. Cela change au XIXe siècle, où les différentes administrations cantonales et municipales mettent en place des campagnes pour défendre les bienfaits de l'hygiène, en construisant des établissements de bain, de buanderies, parfois payants dans les villes, ainsi que des lavoirs publics dans les villages. Des vestiges qui ne sont pas si vieux que ça puisqu'on peut les redécouvrir aujourd'hui. En effet, il y a de nos jours une volonté de rendre hommage à la mémoire de ces femmes, et ça passe par l'espace public. À Nyon, l'an dernier, deux journées de découverte avec des expositions photos, des animations et des concerts étaient organisées par la ville pour mettre en valeur ce métier oublié. Des noms de rues et des places ont notamment été renommés pour les rendre visibles, comme la place des Lavandières à Nyon, et de nombreuses photos témoignent aussi de cette époque et de l'histoire des lavandières.
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