Les pompiers sont parvenus à contenir l'incendie virulent qui a parcouru dans le Var 2550 hectares en moins d'une journée, entraînant l'évacuation d'environ 400 personnes. Mercredi, il continue de consumer un vaste flanc de montagne.
Le feu "est pour l'instant contenu dans son enveloppe, c'est-à-dire qu'il ne progresse plus beaucoup", a annoncé tôt mercredi Eric Grohin, commandant des sapeurs-pompiers du Var, l'un des départements les plus boisés de France, prisé pour ses bucoliques villages provençaux.
Mais l'alerte est loin d'être passée: "Nous avons encore de nombreux points chauds, de nombreuses flammes dans certains endroits", a-t-il souligné. Les secours redoutent la reprise d'un vent soutenu, annoncé pour jeudi.
Après une nuit à combattre au sol de nombreux foyers, les sapeurs-pompiers sont de nouveau assistés par des hélicoptères bombardiers d'eau, outre l'intervention attendue de deux Canadair et deux avions Dash.
Mercredi, un épais nuage de fumée rougeoyante était encore visible couvrant le versant enflammé du Gros Bessillon, une moyenne montagne boisée du centre du Var, entre Toulon et la parc naturel du Verdon.
Parti mardi à la mi-journée depuis un champ à Pontevès, l'incendie a rapidement parcouru les environs et menacé plusieurs villages, notamment Cotignac, Correns et Montfort-sur-Argens, entraînant l'évacuation d'environ 500 personnes selon un nouveau bilan de la préfecture.
Oliviers en feu
Entre 30 et 40 habitations "ont été endommagées" mais "plusieurs centaines ont pu être protégées", a indiqué le préfet du Var Simon Babre. A Cotignac, deux sites religieux, le sanctuaire Notre-Dame et le Monastère Saint-Joseph, ont été "sauvés des flammes."
Aucune victime, hormis des intoxications, n'est à déplorer, selon les secours. Mercredi matin, 340 foyers à Cotignac et 48 à Pontevès étaient privés d'électricité, contre 2600 pendant la nuit.
Après une nuit de flammes, des quartiers de Cotignac présentaient un paysage lunaire: champs d'oliviers et vignobles calcinés, murets noircis, poteaux électriques effondrés, ont constaté des journalistes de l'AFP.
"Le travail d'aujourd'hui (mercredi) va être crucial parce que demain nous avons du vent. (...) je ne souhaite pas avoir plusieurs feux en attente dans le département si on a encore d'autres risques ailleurs. Donc il faut absolument qu'on travaille beaucoup sur ce feu-là", a souligné Eric Grohin.
L'opération mobilise quelque 1100 sapeurs-pompiers, 350 engins et 50 gendarmes, avec des renforts venus de différentes régions.
"Une grosse catastrophe", déplorait mardi soir une habitante rencontrée par l'AFP, Isabelle Scarica, qui faisait partie d'une cinquantaine de bénévoles mobilisés à Pontevès pour préparer des sandwiches.
Un autre feu virulent avait brûlé 200 hectares dans le Var et détruit des habitations entre dimanche et lundi près des Arcs-sur-Argens.
"Surveillance active"
Ces dernières semaines, les sapeurs-pompiers sont confrontés à des départs de feu quotidiens à travers toute la France. Aggravée par des canicules à répétition et une forte sécheresse, la saison des feux en 2026 a débuté plus tôt que d'ordinaire.
Depuis début 2026, près de 40'000 hectares ont été brûlés, soit "beaucoup plus que tout ce qui a été brûlé l'année dernière", selon le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez.
Deux sapeurs-pompiers sont morts mardi lors d'une intervention contre un incendie près de l'aéroport de Bordeaux: leur camion-citerne a été pris au piège d'un feu de pins "très virulent."
Dans les Hautes-Alpes, un feu de végétation provoqué par un impact de foudre, il y a cinq jours, a parcouru 130 hectares dans le massif des Écrins, dans une zone inhabitée et "très difficilement accessible" surplombant deux communes: L'Argentière-la-Bessée et Freissinières.
La Corse a également été touchée. Malgré 10 jours de lutte, un incendie dans le secteur de Corte est toujours très actif, la préfecture de Haute-Corse constatant mercredi une situation "défavorable", avec des rafales qui montent localement jusqu'à 80 km/h et "des taux d'humidité particulièrement faibles." Ce feu a déjà parcouru 260 hectares.
Un autre incendie, qui a parcouru 284 hectares dans la zone d'Albertacce, reste sous "surveillance active" après une brève reprise nocturne qui a pu être contenue, ont indiqué les services préfectoraux de Haute-Corse.
Cet article a été publié automatiquement. Sources : ats / afp
Pierre BAYENET
6 octobre 2018 à 22 h 52 min
Si les faits sont avérés, on passe d'acceptation d'un avantage (322 sexies CP) à corruption passive (322 quater CP) ! D'une peine maximale de trois ans à une peine maximale de cinq ans. Du délit au crime.