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Economie

L'Office du logement ouvre la porte à un renchérissement des loyers

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Les locataires peuvent toujours exiger des baisses de loyer si celui-ci est encore fondé sur un ancien taux de référence de 2,0% ou plus. (KEYSTONE/Salvatore Di Nolfi) (© KEYSTONE/SALVATORE DI NOLFI)

Les bailleurs pourront invoquer un relèvement du taux de référence hypothécaire en décembre pour augmenter d'environ 3,0% quatre mois plus tard les loyers indexés sur cet instrument. Après une première hausse de 25 points de base à 1,50% en juin, puis un statu quo en septembre, l'Office fédéral du logement (OFL) annonce vendredi une nouvelle escalade de 25 points de base.

Le taux d'intérêt moyen pondéré des créances hypothécaires s'établissait au 30 septembre - jour de référence - à 1,69%, contre 1,59% un trimestre auparavant. Le passage au-dessus de 1,62% de cette valeur calculée trimestriellement a déclenché le passage du taux de référence au quart de pour cent le plus proche, à savoir à 1,75%, à compter du 2 décembre.

Il faudra, pour que le taux de référence évolue, que le taux moyen pondéré constaté pour les hypothèques franchisse 1,87% ou s'affaisse sous 1,63%.

Les locataires peuvent toujours exiger des baisses de loyer si celui-ci est encore fondé sur un ancien taux de référence de 2,0% ou plus. L'OFL rappelle que le contrat de bail ou la dernière adaptation de loyermentionne généralement le taux de référence en fonction duquel il été établi.

Introduit en septembre 2008, le taux de référence s'établissait alors à 3,5%. Il n'a eu de cesse de reculer jusqu'en juin dernier. Le premier relèvement annoncé par l'OFL avait alors mis fin au plus bas de 1,25% en cours depuis mars 2020.

Rappelant que les bailleurs sont aussi en droit de répercuter l'inflation à hauteur de 40% sur le calcul des loyers, le chef stratégiste d'Oddo BHF Suisse Arthur Jurus devise à 4% en moyenne la hausse des loyers concernés par le nouveau taux de référence. Le phénomène devrait rester circonscrit à 40% de l'ensemble des baux. Il n'en contribuera pas moins à hauteur d'une quarantaine de points de base à une inflation attendue à 2,1% sur un an fin 2023.

Rester locataire ou devenir propriétaire

N'excluant pas une nouvelle hausse de 25 points de base au premier semestre 2024, l'expert de la banque privée anticipe une nouvelle progression moyenne des loyers d'environ 3,7% l'an prochain.

L'Association de défense des locataires Asloca dénonce préventivement une intention des parties bailleresses de profiter de la hausse du taux de référence pour augmenter les loyers, "sans toujours respecter la loi et en profitant souvent de rendements abusifs". Les mesures annoncées par le Conseil fédéral la semaine dernière pour atténuer le renchérissement du logement locatif surviennent trop tard pour modérer les prochaines hausses qui, sans contestation de la part des locataires dans les 30 jours, constitueront la base pour de prochains renchérissement.

"Il n'y a aucune automaticité dans l'application de la hausse", souligne Olivier Feller auprès de l'agence AWP. Pour le secrétaire général de la Fédération romande immobilière (FRI), "chaque bail doit être examiné individuellement et il y a des règles à respecter pour appliquer une augmentation des loyers. Les locataires dont le contrat de bail est basé sur un taux égal ou supérieur à 1,75% sont d'ailleurs à l'abri d'une notification de hausse, qui peut être contestée".

La fédération alémanique des propriétaires HEV rappelle pour sa part que le nouveau taux de référence se situe toujours à un très faible niveau, comparé aux taux hypothécaires. "Les coûts de financement représentent depuis toujours les charges les plus importantes pour les bailleurs privés. Il est donc important pour eux d'ajuster les loyers à l'évolution des coûts de financement", estime-t-elle dans un communiqué.

Face à la hausse des loyers, "la question de rester locataire ou de devenir propriétaire pour les personnes qui le peuvent est à nouveau d'autant plus d'actualité, en regard notamment de la baisse des taux d'intérêt hypothécaire de ces dernières semaines", a ajouté Boris Rechberger, responsable des solutions de financement à la banque Piguet Galland.

Le "laissez-faire" du Conseil fédéral

L'Union syndicale suisse (USS) se montre critique face au relèvement du taux de référence hypothécaire, qui "va encore renforcer la crise du pouvoir d'achat", écrit-elle. Et de critiquer le "principe du laissez-faire" du gouvernement en matière de loyers alors qu'il aurait été possible d'éviter cette situation, selon l'USS.

Au lieu de soulager la population, le gagnant est à nouveau le secteur immobilier, dénonce l'USS dans un communiqué. Selon la faîtière syndicale, les mesures annoncées sont timides et insuffisantes. Or les loyers pèsent toujours plus lourd sur le budget des ménages et atteignent un niveau difficilement supportable. Pour les salariés ordinaires et les retraités, il reste de moins en moins à la fin du mois, souligne l'USS.

Alors que la dernière augmentation du taux d’intérêt hypothécaire de référence s’est fait sentir dans le portemonnaie de millions de ménages suisses il y a tout juste un mois, l'USS évoque une spirale infernale, sachant que les loyers pourront à nouveau être majorés de 3% dans quatre mois. Comme elle ne compte pas sur les grandes régies immobilières pour s'abstenir à répercuter la hausse du taux sur les loyers, l'USS juge que des mesures politiques rapides et efficaces dans le secteur des baux à loyer sont nécessaires.

Trop tard

Les modifications d’ordonnance présentées la semaine dernière par le Conseil fédéral vont certes dans la bonne direction, mais sont absolument insuffisantes aux yeux de l'USS. Il faudrait d'abord les introduire immédiatement, ce qui est dans une large mesure possible. Or à la place, il est prévu d’ouvrir une procédure de consultation en été 2024, une lenteur jugée incompréhensible par l'USS.

L'Union syndicale propose de commencer par procéder sans attendre à la vérification et à la refonte annoncées du modèle de calcul des loyers en vigueur. Ce modèle part toujours de l’idée que la part de financement externe des logements se situe à 60%, alors que plus de la moitié du parc immobilier suisse est entre les mains d’investisseurs institutionnels, qui ne font que très peu appel à des capitaux de tiers. Leurs coûts restent donc inchangés.

Retraités prétérités

"La deuxième augmentation du taux d’intérêt de référence hypothécaire en un an plonge les personnes vivant avec le minimum vital dans la détresse", réagit vendredi Pro Senectute. Aujourd'hui en Suisse, une personne à la retraite sur six vit déjà à la limite du seuil de pauvreté.

Les quelque 220'000 bénéficiaires de prestations complémentaires (PC) à l’AVS seront lourdement impactés, poursuit l'organisation. Les aides prévues dans ce cadre pour les loyers ne sont plus en phase avec le rythme de l’augmentation des coûts, dénonce-t-elle.

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Economie

Aleksander Ceferin ne sera pas candidat à la présidence de la FIFA

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Aleksander Ceferin ne sera pas candidat à la présidence de la FIFA (© KEYSTONE/AP/Darko Bandic)

Aleksander Ceferin, le président de l'UEFA, ne sera pas candidat à la présidence de la FIFA lors de la prochaine élection en mars 2027.

Président de la confédération européenne depuis 2016, Ceferin est un des principaux opposants à l'actuel président de la FIFA Gianni Infantino, embourbé dans une crise depuis l'échec de son projet controversé d'ouvrir l'instance mondiale à des investisseurs.

"Je ne suis pas intéressé" par la présidence de la FIFA, a déclaré Ceferin. "J'aime l'UEFA et le travail que j'y fais", explique-t-il dans un entretien au podcast The Rest is Politics, ajoutant que sa "crédibilité (comme opposant à Infantino) est bien plus importante si je ne suis pas intéressé par ce poste".

Le Slovène de 58 ans, dont le mandat à la tête de l'UEFA se termine en 2027, ajoute vouloir "profiter de la vie", mais a jusqu'ici entretenu le suspense sur sa volonté de se représenter ou pas.

Deux options

Sous sa direction, l'UEFA a annoncé qu'elle boycotterait toutes les compétitions de l'instance mondiale - dont les Coupes du monde -, une menace réitérée malgré le retrait du projet d'Infantino, dont l'instance européenne souhaite le départ de son poste.

"La première option est qu'il se rende compte qu'il n'a pas le soutien (nécessaire à sa réélection). (...) L'autre option est qu'il participe au scrutin, mais dans ce cas, je pense que nous aurons un candidat contre lui. Je ne sais pas encore qui", explique Ceferin, qui dit ne pas avoir parlé depuis le début de la crise avec l'Italo-Suisse, ancien secrétaire général de l'UEFA.

Selon différents médias, le Canadien Victor Montagliani, le président de la Concacaf (Confédération d'Amérique du Nord et des Caraïbes), pourrait être un candidat d'opposition à Infantino.

Avec l'UEFA, la Concacaf est la confédération qui fait le plus entendre son opposition au président de la FIFA, tout comme l'AFC asiatique, les trois confédérations ayant récemment signé un texte commun pour "rallier la famille du football" derrière leur cause.

Infantino: "Nous devons réduire l'écart"

"Nous voulons développer le football dans chacune de nos 211 fédérations membres à travers le monde. Certaines, malheureusement, n'ont pas besoin de ça, et ne veulent pas que les autres progressent, mais nous devons réduire l'écart entre les grands pays et tous les autres", a déclaré dimanche dans un entretien publié par la FIFA Infantino, qui a rencontré Montagliani ce week-end lors d'une réunion de l'Union Caribéenne (CFU) en République dominicaine.

"Ce que j'entends, c'est qu'ils (la FIFA) jouent le numéro de +l'Europe arrogante est contre nous+", déclare Ceferin dans le podcast. "Mais je pense que quelqu'un devrait rappeler (à Infantino) qu'il est européen, et qu'il était soutenu par l'UEFA".

Le scrutin à la présidence de la FIFA se déroulera en mars 2027 à Rabat, à la majorité des 211 membres. Gianni Infantino est pour l'instant le seul candidat déclaré.

Cet article a été publié automatiquement. Sources : ats / afp

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Culture

Les agricultrices genevoises à l'honneur dans une exposition photo

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La présidente d'AgriGenève Patricia Bidaux estime que l'exposition de photographies va montrer le rôle depuis toujours des femmes dans l'agricultrice genevoise (archives). (© KEYSTONE/SALVATORE DI NOLFI)

Les femmes de l'agriculture genevoise sont mises à l'honneur dans une exposition du photographe Bertrand Carlier. Dévoilée d'abord du 28 au 30 août au parc des Bastions à Genève pour Festi'Terroir, celle-ci sera ensuite montrée du 2 septembre à la mi-octobre sur la butte de l'Observatoire.

Cette initiative est menée dans le cadre de l'Année internationale des agricultrices établie par l'ONU. Les femmes ont toujours joué un rôle indispensable dans l'agriculture qui est valorisé par cette exposition, affirme la présidente d'AgriGenève, Patricia Bidaux, citée dans un communiqué.

Les photos montrent des maraîchères, des viticultrices, des éleveuses ou encore des employées agricoles. En Suisse, près d'une exploitation sur trois est dirigée par une femme.

Bertrand Carlier est allé à leur rencontre dans leur environnement professionnel. Ces femmes partagent "le même engagement" pour une agriculture locale, souligne l'Office de promotion des produits agricoles de Genève (OPAGE).

Cet article a été publié automatiquement. Source : ats

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Economie

L'heure de vérité pour le logiciel américain des hôpitaux vaudois

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A ne pas confondre avec le DEP (dossier électronique du patient), le DPI (dossier patient informatisé) est un outil interne aux établissements, permettant le suivi médical des patients (photo symbolique). (© Keystone/CHRISTIAN BEUTLER)

C'est l'un des grands dossiers qui attend le Grand Conseil vaudois en cette fin août: les députés vont débattre, dès mardi, du remplacement du dossier patient informatisé (DPI) du CHUV et de onze établissements de la Fédération des hôpitaux vaudois informatique (FHVI). Le choix du logiciel de la société américaine Epic et son financement - plus de 200 millions - sont contestés.

A ne pas confondre avec le DEP (dossier électronique du patient), le DPI est un outil interne aux établissements, permettant le suivi médical des patients. Or le logiciel utilisé par le CHUV et les onze autres hôpitaux arrive en fin de vie.

Pour le remplacer, c'est Epic, leader du marché et déjà présent dans d'autres hôpitaux suisses (Zurich, Berne, Lucerne), qui a été retenu. Ce choix a d'abord dû être validé par le Tribunal fédéral après les recours de l'autre entreprise qui avait répondu à l'appel d'offres, la société genevoise Kheops.

Il revient désormais au Grand Conseil de se prononcer lors de débats dont l'issue s'annonce incertaine. Publié juste avant la pause estivale, le rapport de commission recommande d'entrer en matière, mais à une courte majorité, tandis que deux rapports de minorité critiquent le choix d'Epic et évoquent "une erreur stratégique majeure."

Risque de dépendance

La question de la souveraineté numérique figure au coeur des inquiétudes. Se rendre "dépendant" d'une entreprise américaine constitue "un véritable risque", estime Aurélien Demaurex, signataire d'un des deux rapports de minorité, interrogé par Keystone-ATS. Il appelle à "ouvrir les yeux" dans un monde qui, géopolitiquement, a changé. Et de rappeler notamment l'existence du "Cloud Act", qui permet aux autorités américaines d'exiger les données d'une entreprise sise aux Etats-Unis.

Le député des Vert'libéraux regrette que "des solutions locales" n'aient pas été suffisamment prises en compte, citant en exemple celle développée par les HUG à Genève en collaboration avec l'Hôpital du Valais. "Le canton de Vaud, qui se vante de faire partie de la Health Valley lémanique, a toutes les compétences sur place. Et pourtant, on préfère choisir une solution avec laquelle on n'aura aucun contrôle", critique-t-il.

Aurélien Demaurex juge aussi que si la solution d'Epic peut éventuellement convenir à un hôpital de la taille du CHUV, elle serait "disproportionnée et très coûteuse" pour les autres établissements de la FHVI.

Faire confiance

Rapporteur pour la majorité de la commission, Nicolas Suter reconnaît que ces questions sont légitimes. Mais il estime que les avantages d'Epic, notamment pour standardiser les procédures entre hôpitaux, doivent l'emporter sur ses inconvénients.

"Nous aurions aimé avoir des solutions suisses, mais elles ne sont actuellement pas prêtes", relève-t-il. Dans un marché où il existe "peu d'alternatives", Epic a le mérite d'offrir un logiciel "prêt à être utilisé", sans nécessité de développement à l'interne, ajoute-t-il. Le chef du groupe PLR note aussi que si Epic est une société américaine, les données seront hébergées en Suisse, et donc soumises au droit helvétique.

M. Suter insiste également sur la complexité du dossier et la nécessité de faire confiance aux personnes qui sont intervenues dans le choix d'Epic. "La commission a auditionné de nombreux spécialistes, y compris des détracteurs à Epic. Au final, une majorité s'est laissé convaincre que ce logiciel était un bon choix", résume-t-il.

Financement contesté

Nicolas Suter et Aurélien Demaurex se rejoignent sur le fait que les débats devraient être animés en plénum. Et que les positions devraient échapper à l'habituel clivage droite-gauche, surtout sur la question de la souveraineté numérique.

A noter que le financement d'Epic sera aussi contesté. Le plan initial du Conseil d'Etat prévoit un crédit d'investissement de 50 millions de francs, auquel s'ajoute un crédit de 104,5 millions pour le CHUV et des garanties d'emprunt jusqu'à 53,1 millions pour les établissements de la FHVI.

Ce montage pourrait toutefois être remanié par un amendement, accepté par la commission. Il propose d'affecter une tranche de la BNS de 63 millions afin d'alléger la charge supportée par les hôpitaux.

Cet article a été publié automatiquement. Source : ats

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Economie

Sept morts dans une collision en Grande-Bretagne

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La police des polices britanniques (IOPC), qui a ouvert une enquête, a évoqué une course-poursuite, sans donner plus de détails (archives). (© KEYSTONE/AP Sky News)

Sept personnes, dont deux policiers, sont mortes samedi dans le nord-est de l'Angleterre lors d'une collision entre un véhicule roulant à contresens et une voiture de police, a annoncé la police locale. Les occupants des deux véhicules sont tous morts sur le coup.

L'accident s'est produit peu après 02h00 du matin GMT près de Middlesbrough (nord-est).Selon la police de Cleveland, une Volkswagen circulant à contresens est entrée en collision avec un véhicule de police qui roulait, lui, dans le sens normal de circulation.

Deux policiers se trouvaient à bord du véhicule des forces de l'ordre et cinq personnes dans l'autre voiture. Tous sont morts sur le coup. Les circonstances exactes ayant conduit la Volkswagen à emprunter l'autoroute dans la mauvaise direction ne sont, pour l'heure, pas connues.

La police des polices britanniques (IOPC), qui a ouvert une enquête, a évoqué une course-poursuite, sans donner plus de détails.

Plus d'une dizaine d'ambulances ont été déployées sur les lieux du drame.

Contresens

Cet incident survient dans un contexte d'inquiétude grandissante concernant les conduites à contresens sur les voies rapides britanniques et irlandaises.

Plus tôt cette semaine, le chef de la police irlandaise Justin Kelly avait tiré la sonnette d'alarme après deux accidents similaires près de Dublin, dont l'un a fait cinq morts, avertissant que certains jeunes s'engageaient délibérément à contresens sur les autoroutes, un phénomène alimenté par les réseaux sociaux.

Cet article a été publié automatiquement. Sources : ats / afp

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Economie

Les droits de douane américains visant le Canada entrent en vigueur

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Les droits de douane de 50% supplémentaires touchent plus de 20 milliards de dollars de produits canadiens importés aux Etats-Unis, parmi lesquels le ciment, les crosses de hockey ou le vin canadien (archives). (© KEYSTONE/EPA/CHRIS TORRES)

Les nouveaux droits de douane américains de 50% supplémentaires visant un certain nombre de produits canadiens sont entrés en vigueur samedi à 00h01 (06h01 en Suisse) après l'échec d'ultimes négociations. Ottawa a promis d'y répliquer "au dollar près".

Le ministre canadien du commerce Dominic LeBlanc a passé la semaine à Washington pour tenter d'aplanir cette crise entre les deux voisins dont les relations se sont nettement dégradées depuis le début du deuxième mandat du président américain Donald Trump.

Mais les négociateurs se sont quittés vendredi soir sans accord, déclenchant l'entrée en vigueur de ces surtaxes punitives, touchant un total de 20 milliards de dollars d'importations canadiennes. Cela représente environ 5,5% des exportations canadiennes aux Etats-Unis, selon certaines estimations.

"Malgré une offre américaine au Canada de recevoir un meilleur traitement que n'importe quel exportateur sur notre marché, de nouvelles demandes et des reculs sur d'autres engagements par le Canada ont bouleversé le fragile équilibre obtenu ces derniers jours", a regretté le représentant de la Maison-Blanche au commerce (USTR), Jamieson Greer.

"Modifications de dernières minutes"

Selon lui, le gouvernement américain a notamment offert d'abaisser les droits de douane sectoriels touchant l'acier et l'aluminium, le secteur automobile ou encore le bois de construction, en échange de concessions de la part du Canada, qui n'ont pas été détaillées.

Le premier ministre canadien Mark Carney a annoncé, dans un communiqué publié sur le réseau social X, que son gouvernement imposera en réponse des droits de douane contre les Etats-Unis des droits de douane pour le même montant, "au dollar près".

"Les modifications de dernière minute apportées par les États-Unis aux conditions proposées étaient injustes, non économiques et remettaient en question la fiabilité de tout accord", a-t-il expliqué, pour justifier le refus d'Ottawa de signer l'accord.

Ces surtaxes, annoncées en juillet, devaient initialement entrer en vigueur mercredi, mais le président américain Donald Trump avait accordé un délai de trois jours, face à l'avancée des discussions.

Donald Trump avait affiché son optimisme vendredi, en estimant que les Etats-Unis "devraient pouvoir conclure un accord avec le Canada", mettant en avant sa "bonne relation" avec le premier ministre canadien Mark Carney.

Boycott canadien

Si la majorité des produits canadiens est exemptée de droits de douane américains grâce à l'accord de libre-échange avec les Etats-Unis et le Mexique (ACEUM), les surtaxes imposées par Donald Trump depuis l'an dernier ont eu un fort impact sur certains secteurs stratégiques comme l'aluminium, l'acier ou l'industrie automobile, étroitement liée au marché américain.

Et cette nouvelle série ouvre une nouvelle brèche en touchant notamment des produits qui sont normalement protégés par l'accord de libre-échange.

Les points d'achoppement ne semblaient pourtant plus très nombreux, à quelques heures du gong. Le gouvernement canadien avait même envoyé des signes de bonne volonté, en demandant notamment aux autorités provinciales de mettre fin au boycott des vins et spiritueux américains, revendication centrale de Washington qui exige aussi des conditions plus favorables pour ses producteurs laitiers sur le marché canadien.

Mais les dirigeants des provinces, qui détiennent le monopole de la vente d'alcool sur leur territoire et sont les seules compétentes en la matière, sont loin d'être tous convaincus.

70% des exportations

Très dépendant économiquement des Etats-Unis, le Canada s'est retrouvé en première ligne dans la guerre commerciale lancée par Donald Trump, qui a dit à plusieurs reprises vouloir en faire le "51e Etat" américain.

Depuis son arrivée au pouvoir en mars 2025, Mark Carney tente de son côté de réduire la dépendance de son pays à l'égard de son grand voisin en cherchant de nouveaux partenaires commerciaux en Asie ou en Europe.

Les Etats-Unis sont, de très loin, le premier partenaire commercial du Canada, les exportations canadiennes vers ce pays représentant actuellement autour de 70% du total.

Au-delà des négociations en cours vendredi, les deux pays doivent se mettre d'accord sur l'avenir de l'ACEUM que Washington a refusé de renouveler durablement le mois dernier.

Cet article a été publié automatiquement. Sources : ats / afp

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