À Lancy, un comité lance une initiative populaire pour créer une fondation communale en charge de la petite enfance. Il ne veut pas de la municipalisation du personnel décidée en mars dernier par la Commune. L'objectif par le biais de cette fondation est de créer plus de places d'accueil à Lancy.
Créer une fondation communale de la petite enfance à Lancy. C'est l'objectif avoué aujourd'hui devant la presse par un comité d'initiative qui lance une initiative populaire communale intitulée «Une fondation pour plus de places de crèche à Lancy». Celle-ci s'oppose à la municipalisation du personnel de la petite enfance décidé par le Conseil municipal de la Commune en mars dernier. Pour rappel, la majorité rose-verte avait accepté à 18 voix contre 14 le principe de municipalisation du personnel de la petite enfance (crèche et garderie) en faveur de la création d'une fondation. Avec l'objectif d'obtenir une meilleure gouvernance.
Avec ce vote, les employés des crèches et garderies seraient intégrés à l'administration communale et les effectifs de la Mairie de Lancy doubleraient, passant de 259 employés à 533, soit 274 personnes supplémentaires. Une hausse du personnel qui va fatalement engendrer des coûts supplémentaires à ceux annoncés, ne serait-ce que pour pouvoir assurer la gestion de ces nouveaux effectifs conformément aux statuts actuels de l'administration. Car ces salariés, actuellement affiliés à la convention collective de travail (CCT) de la Ville de Genève, changeraient de statuts pour devenir fonctionnaires de la Ville de Lancy. Un surcoût de la masse salariale pour la commune estimé au minimum à F 1'300'000.-- mais qui devrait atteindre F 1'700'000.-- à brève échéance selon les initiants. Mais ce qu'ils reprochent le plus c'est que ces montants exorbitants seraient à la charge du contribuable sans aucune création de place d'accueil. Ecoutez Thierry Aeschbacher, conseiller municipal PLR à Lancy et membre du comité d'initiative.
Ainsi, selon le comité d'initiative, le coût de fonctionnement de la fondation estimé à CHF 500'000.-- permettrait une économie estimée au minimum à CHF 800'000.-- ce qui permettrait de créer annuellement 25 places supplémentaires. Les initiants rappellent que l'objectif de cette fondation est non seulement d'intégrer à la fondation les crèches et les garderies, mais aussi d'y inclure l'accueil familial de jour. L'idée serait de regrouper l'ensemble de la politique de la petite enfance au sein de cette fondation afin de permettre une meilleure gouvernance.
Rôle des parents fondamental
Au-delà de l'argument purement financier, le comité d'initiative estime que la municipalisation priverait également les parents, actifs jusqu'alors au sein des comités associatifs, d'une participation à la gestion des crèches et des garderies. Un rôle pourtant central estime Thierry Aeschbacher.
Des exemples de fondation pour la petite enfance existent sur le canton. Les communes de Thônex et de Versoix fonctionnent d'ores et déjà de cette manière. Le comité d’initiative dispose de quatre mois pour récolter les 1864 signatures nécessaires pour faire aboutir le texte.