Le Grand Conseil valaisan va vivre une semaine au rythme de l'étude des comptes 2025 de ses cinq départements. Ceux-ci ont bouclé, l'an dernier, sur un léger bénéfice (+ 0,08%). Une situation qui réjouit et inquiète à la fois le Parlement.
L'exercice affiche un excédent de revenus de 3,9 millions pour des charges records de 4,76 milliards de francs et un excédent de financement de 6,4 millons de francs.
Contrairement aux prévisions budgétaires, aucun prélèvement n'a dû être effectué dans le fonds de compensation des fluctuations de recettes, ni dans la réserve de politique budgétaire qui a même pu être augmentée de 25 millions de francs.
Recettes fiscales en hausse
Le fonds dédié aux grands projets d'infrastructures du XXIe a vu sa dotation être alimentée à hauteur de 35,5 millions de francs. A fin 2025, ces trois fonds possédaient des réserves pour 733 millions de francs.
En ce qui concerne les recettes, la fiscalité a permis d'engranger 106,3 millions de francs de plus que budgétisé pour atteindre 1,74 milliard de francs. Concernant les charges, les événements de Blatten auront coûté 16,5 millions de francs à l'Etat du Valais, l'an dernier. En 2025, les charges liées au personnel de l’Etat ont augmenté de 62,7 millions (+5,4%) et les subventions versées par l’Etat ont affiché une hausse de 121,5 millions (+7%).
Une année exceptionnelle mais...
Lors du débat d'entrée en matière, lundi, les divers chefs de groupe ont pris la parole. Sonia Tauss-Cornut (PLR) a salué "un résultat qui repose principalement sur des recettes exceptionnelles ou difficilement reproductibles" avec une hausse de la manne fiscale de 106 millions de francs, 81 millions provenant de la BNS et 20 millions liés aux billets de banque non échangés de la sixième série. Une analyse partagée par Romano Amacker (UDC du Haut-Valais): "Un petit excédent ne doit pas masquer la réalité."
"Ne confondons pas une année exceptionnelle avec une tendance durable", a encore souligné Sonia Tauss-Cornut. Un avis partagé par Aron Pfammatter (Le Centre du Haut-Valais). Ce dernier a plaidé pour un allégement annuel du budget cantonal de 200 millions de francs.
"La bonne santé de notre économie"
Grégory Logean (UDC du Valais romand) a rappelé que les charges avaient tendance à progresser plus rapidement que les recettes, depuis plusieurs années.
Pour Nathan Bender (Le Centre du Valais romand), "l'élément le plus marquant de ces comptes concerne les revenus, avec plus de 100 millions de francs de recettes supplémentaires. C'est (ndlr: ainsi) avant tout la bonne santé de notre économie qui soutient les finances cantonales." Le Centriste s'est dit préoccupé par le faible niveau d'investissements de Canton du Valais. Pour Martin Kalbermatter (NEO), "les recettes fiscales ont été sous-estimées."
Critiques écologistes
A gauche, selon Emmanuel Revaz (Les Vert-e-s), l'Etat du Valais présente une nouvelle fois en 2025 une situation financière solide, pierre angulaire de la bonne marche de notre canton. L'écologiste s'est également montré critique, notamment par rapport aux écarts entre le budget et les comptes, au niveau le plus bas depuis une quinzaine d'années des investissements, le nombre élevé de mandats assumés par des tiers et la lenteur de déploiement du dossier Rhône 3.
Enfin, Emilie Teixeira - la nouvelle cheffe du groupe PS - a souligné que le Canton bouclait pour la 10e année consécutive dans les chiffres noirs, mais faisait aussi preuve de prudence excessive entre l'établissement du budget et la réalité des comptes. Par ailleurs, "les catastrophes naturelles ne sont plus des surprises, elles doivent pouvoir être prise en compte de manière anticipée."
Les comptes seront étudiés toute la semaine, département par département, avant un vote final agendé à vendredi.
Cet article a été publié automatiquement. Source : ats