Le "Cé qu'è lainô", un chant en arpitan genevois narrant l'histoire de l'Escalade, fait son entrée dans la Constitution en tant qu'hymne officiel du canton. Les Genevois ont accepté dimanche d'ancrer ce texte dans la Charte fondamentale, comme le voulait la droite.
Soumise au référendum obligatoire, cette modification constitutionnelle a été approuvée par 61,77% des votants. Le "Cé qu'è lainô", qui signifie "celui qui est en haut", raconte en 68 strophes en patois franco-provençal la victoire des Genevois contre les troupes du Duc de Savoie en 1602.
Il est chanté lors des cérémonies qui commémorent l'Escalade, lors de la prestation de serment du Conseil d'Etat ou encore dans les écoles de police. Ce chant est aussi fièrement entonné avant chaque match à domicile du Servette Football Club et du Genève-Servette Hockey Club.
Emmenée par l'UDC, la droite a voulu ancrer le "Cé qu'è lainô" dans la Constitution afin de le sauvegarder pour la postérité dans sa version originale. Elle voulait empêcher toute tentative de réécriture de ce chant.
Vecteur d'identité
Une question urgente écrite déposée au Grand Conseil par un député socialiste avait mis le feu aux poudres. Sylvain Thévoz demandait en décembre 2022 si ce texte "sanguinaire et théologique à la gloire de Dieu" était compatible avec la loi sur la laïcité. Le gouvernement avait répondu que ce chant populaire, historique et culturel n'était pas concerné par cette législation.
Peu rassurée par cette réponse, l'UDC avait déposé dans la foulée un projet de loi pour ancrer le "Cé qu'è lainô" dans la Constitution. Un vecteur d'identité aussi fort doit être inscrit dans la Charte fondamentale comme hymne officiel, avait argué la droite. La gauche ainsi que le gouvernement n'y voyaient pas la nécessité.
Seulement à Genève
Le Conseil d'Etat reconnait au "Cé qu'è lainô" la qualité d'hymne officiel. Il aurait préféré lui donner une assise légale en l'inscrivant dans la loi sur la dénomination, les armoiries et les couleurs de l'Etat.
Aucun autre canton, ni la Confédération, ne mentionne d'hymne dans sa Constititution. "La Rauracienne" a par exemple été décrétée hymne officiel dans un arrêté du Parlement jurassien. "Notre Valais" a pour sa part fait l'objet d'une reconnaissance officielle par le Conseil d’État en 2016. Le taux de participation s'est élevé à 52,57%.
Avec ATS Keystone.