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Santé

Lausanne se penche pendant un mois sur l'histoire LGBTIQ+

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Lausanne va se pencher pendant un mois sur la mémoire et les archives des communautés LGBTIQ+ (photo d'illustration). (© KEYSTONE/GABRIEL MONNET)

La Ville de Lausanne met à l'honneur l'histoire et les archives des personnes LGBTIQ+. Du 1er au 30 juin 2025, projections, discussions, performances et ateliers inviteront le public à explorer les mémoires et les expressions contemporaines des communautés.

Cette 2e édition du "Mois d'actions et de visibilité LGBTIQ+" s’ouvrira sur une table ronde consacrée à la sauvegarde des archives LGBTIQ+. Un enjeu "essentiel pour la mémoire collective et la recherche", souligne la Ville de Lausanne mercredi dans un communiqué.

Le cinéma sera à l’honneur avec plusieurs projections suivies de débats, dont "La Parade" (Notre histoire) et le documentaire culte "Celluloïd Closet", questionnant les représentations queer à l’écran. Une exposition en hommage aux figures queer lausannoises s’installera à la Gare routière du Tunnel. Elle sera accompagnée d’une EsQape Room immersive, plongeant le public dans le Lausanne militant des années 1980.

D’autres rendez-vous ponctueront le mois: une balade queer urbaine, une cérémonie du quilt en commémoration des personnes décédées des conséquences du sida, un atelier photographique ou encore une enquête littéraire sur les écrits queer romands. Enfin, Queer 80, une soirée immersive dans l’ambiance des années 1980, entre drag shows et disco, conclura l'événement de manière festive.

Ce mois s'inscrit dans le cadre de la Politique LGBTIQ+ de la Ville de Lausanne. "La mémoire est un pilier fondamental pour ne pas répéter les erreurs du passé. Alors que les droits des personnes LGBTIQ+ reculent dans certaines régions du monde, il est de notre devoir de rappeler l’engagement des générations précédentes pour obtenir les droits dont nous bénéficions aujourd’hui", a déclaré le municipal Pierre-Antoine Hildbrand, cité dans le communiqué.

Le programme complet des activités est disponible sur le site Internet www.lausanne.ch/lgbtiq agenda, tout comme sur l'affiche officielle.

www.lausanne.ch/lgbtiq

Cet article a été publié automatiquement. Source : ats

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Economie

L'interdiction du chlorothalonil reste en vigueur

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L'utilisation de fongicides contenant du chlorothanolil reste interdite en Suisse (photo prétexte) (© KEYSTONE/VALENTIN FLAURAUD)

L'utilisation du chlorothalonil reste interdite en Suisse, a tranché le Tribunal administratif fédéral dans un arrêt publié jeudi. Les juges ont rejeté le recours de Syngenta, qui contestait l'interdiction par la Suisse de fongicides contenant cette substance.

L'Office fédéral de l'agriculture (OFAG) avait retiré en décembre 2019 l'autorisation des produits phytosanitaires à base de chlorothalonil. Cette substance peut se retrouver dans les eaux souterraines et l'eau potable sous la forme de métabolites nocifs pour la santé.

La décision de l'OFAG a été rendue avec effet au 1er janvier 2020, ce qui signifie que les stocks de produits contenant cette substance ne pouvaient plus être écoulés.

En 2020, le groupe d'agrochimie Syngenta, qui produit les fongicides contenant du chlorothalonil, avait interjeté recours devant le Tribunal administratif fédéral (TAF). Selon le producteur de produits phytosanitaires, les produits de dégradation de la substance (à savoir les métabolites) retrouvés dans les eaux souterraines ne seraient pas nocifs pour l'être humain.

Le TAF a constaté le risque important de la substance pour les amphibiens et pour les poissons. Ce constat à lui seul suffit à confirmer la légalité de l'interdiction.

Valeurs limites dépassées

Outre ce danger pour l'environnement, le TAF a relevé également que des métabolites dépassant le seuil de 0,1 microgramme par litre d'eau souterraine ont été détectés.

Même si ces cas ont été relevés de manière isolée, la présence de métabolites dans les prélèvements implique que les valeurs limites n'ont pas été respectées. L'interdiction est ainsi également pertinente du point de vue de la protection des eaux souterraines et de l'eau potable.

Le WWF a participé à la procédure en plaidant que la substance litigieuse constituait un risque pour la faune aquatique, notamment les amphibiens, et que sa présence dans les eaux souterraines constituait en outre un risque pour la santé publique.

Pour rappel, l'Union européenne avait interdit dès avril 2019 le chlorothalonil en pointant du doigt le risque pour les poissons et les amphibiens que représentait la pollution des eaux souterraines et de l'eau potable.

La décision des juges de St-Gall n'étant pas définitive, Syngenta peut encore recourir devant le Tribunal fédéral.

(arrêt B-531/2020 du12.3.2026)

Cet article a été publié automatiquement. Source : ats

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Economie

Décharges sauvages de Nestlé: comme "une bombe qui va exploser"

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Questionné sur la possibilité de laisser les déchets sur place, dans l'attente que la nature reprenne ses droits, le gendarme a estimé que "tout dépend de ce qu'on veut laisser aux générations futures: un site propre, ou chargé de déchets dont on ne connaît pas encore toutes les conséquences?" (© KEYSTONE/JEAN-CHRISTOPHE BOTT)

Les décharges sauvages proche des sites d'embouteillage d'eaux minérales de Nestlé dans les Vosges sont comme une "bombe qui va exploser" et mettre en danger la nappe phréatique, a affirmé jeudi l'un des directeurs d'enquête, au quatrième jour du procès à Nancy.

Interrogé par le président Didier Gastaldi sur la solution à apporter au problème posé par ces décharges, l'adjudant-chef de l'Oclaesp (Office central de lutte contre les atteintes à l'environnement et à la santé publique) a rétorqué: "Vous me demandez s'il est opportun de rester assis sur une bombe qui va exploser?"

Il a notamment évoqué le site de They-sous-Montfort, une "montagne de déchets" - dont la hauteur est estimée entre 10 et 25 mètres, soit un immeuble de six étages, selon l'enquête - qui se "dégradent au fil du temps et vont finir par percoler en-dessous", dans les nappes phréatiques, a-t-il mis en garde.

Le retrait de ces déchets "va demander une grande logistique" et nécessite aussi de "trouver un site qui va les accepter", a poursuivi l'enquêteur.

Questionné sur la possibilité de laisser les déchets sur place, dans l'attente que la nature reprenne ses droits, le gendarme a estimé que "tout dépend de ce qu'on veut laisser aux générations futures: un site propre, ou chargé de déchets dont on ne connaît pas encore toutes les conséquences?"

Nestlé a de son côté rappelé par la voix d'un de ses quatre conseils, Me Christophe Michaud, qu'il n'était pas propriétaire des terrains où ont été abandonnés ces déchets dans les années 1960 et 1970, puisqu'il n'a acquis qu'en 1992 la Société générale des eaux minérales de Vittel, à l'origine de cette pollution.

L'enquêteur a aussi fait part de son incompréhension quant à l'inaction de Nestlé entre 2014, année où la multinationale dit avoir appris l'existence des décharges, et 2021, année où elles ont été médiatisées.

Un point réfuté par Me Michaud: dans ce laps de temps, a-t-il énuméré, Nestlé a réalisé une cartographie, consulté la Dreal (Direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement) et mandaté un cabinet de conseil pour localiser les sites concernés et analyser l'impact environnemental.

La majorité des communes concernées font part de "bonnes relations" avec Nestlé qui les a soutenues financièrement. Seule Saint-Ouen-lès-Paray a porté plainte contre le géant agrolimentaire et est partie civile au procès, a soulevé par ailleurs le gendarme.

Nestlé Waters Supply Est, filiale du géant suisse chargée de ses eaux minérales, est poursuivie pour avoir "exploité" ou "géré" des décharges sauvages contenant plus de 473'000 mètres cubes de bouteilles en plastique et autres polluants dans quatre communes vosgiennes, proches des sites où elle embouteille ses marques Vittel, Contrex et Hépar.

Cet article a été publié automatiquement. Sources : ats / awp / afp

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Santé

Archéologie: le Valais se dote d'une stratégie, une première

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L'Etat du Valais veut continuer de sauvegarder et de valoriser son patrimoine archéologique cantonal (photo d'illustration). (© KEYSTONE/JEAN-CHRISTOPHE BOTT)

L’Office cantonal valaisan d’archéologie s’est doté d'une nouvelle stratégie intitulée Archéo 2030. Cette dernière vise à structurer durablement la connaissance, la sauvegarde et la valorisation du patrimoine archéologique valaisan.

Initiée à la suite de deux postulats déposés ces dernières années au Grand Conseil, la stratégie Archéo 2030 se décline en cinq missions fondamentales: identifier, protéger, conserver, étudier et valoriser, selon un concept présenté lors d'une conférence de presse, jeudi à Martigny.

Le concept est basé sur 14 axes stratégiques et 43 mesures concrètes, visant à renforcer la gestion et la mise en valeur du riche patrimoine archéologique du canton.

Mieux valoriser le patrimoine

Dans ce contexte, l'Etat du Valais a choisi de renforcer son engagement en faveur du site archéologique de Martigny (Forum Claudii Vallensium), via le développement d'une fondation. Les vestiges de l'ancienne capitale romaine du canton y sont reconnus d’importance nationale.

"Nous désirons mieux valoriser le patrimoine archéologique de Martigny à l'échelle de la ville, du canton et en matière touristique", a rappelé Mathias Reynard, le président du gouvernement cantonal.

Investissements tous azimuts

La nouvelle fondation Pro Octoduro, c'est son nom, aura pour mission l’étude et la publication de plus de 40 ans de fouilles archéologiques; la conservation et la restauration des vestiges et du mobilier et la valorisation du site et donc son développement touristique.

L'Etat du Valais va y investir 730'000 francs annuellement et la Ville de Martigny 320'000 francs. Avec des fonds extérieurs, le soutien de fondations et de la Confédération, le but est de mettre sur pied un budget annuel, dès 2027, d'au moins 1,4 million de francs. La fondation comptera à terme sept collaborateurs, principalement des archéologues et des spécialistes de la médiation culturelle.

Faire rayonner le passé

L'un des buts de la fondation sera de contribuer à faire rayonner, scientifiquement et culturellement, l’héritage du Forum Claudii Vallensium. Il s'agit d'un centre majeur de la romanisation alpine, située à proximité de la voie historique du Grand-Saint-Bernard et siège du premier évêché du Valais au IVe siècle.

"A Martigny, il existe une ville souterraine sous la ville actuelle", a rappelé la présidente de la cité octodurienne, Anne-Laure Couchepin Vouilloz. "Nous possédons plus d'une quinzaine de lieux archéologiques allant de la première cathédrale du Valais au temple de Mitra en passant par le forum, les thermes ou l'amphithéâtre."

Des fouilles en cours

Depuis décembre dernier, des fouilles d’envergure sont actuellement menées à Martigny, sur le site de l’insula 14, situé à proximité immédiate du forum antique. Réalisés dans le cadre d’un projet de construction, ces travaux illustrent le rôle de l’archéologie préventive. Il vise à documenter les vestiges, tout en permettant le développement du territoire. Ces fouilles se poursuivront jusqu’à cet automne sur une surface d’environ 1400 m2 sur six niveaux, soit un total de 8400 m2.

Le coût total de l’opération, incluant les études, s’élève à 2,4 millions de francs, dont un quart est pris en charge par la Confédération, en raison de l’importance nationale du site. Parmi les découvertes récentes figure une salle de réception d'une habitation (50 m2) revêtue de marbre et flanquée de deux salles chauffées par hypocauste.

Rendre l'histoire du canton accessible

"Avec la stratégie Archeo 2030, la création de la Fondation Pro Octoduro et les recherches en cours à Martigny, le Valais entend concilier développement territorial, recherche scientifique et valorisation du patrimoine", souligne l'Etat du Valais. "Ces actions contribuent à mieux comprendre l’histoire du canton, tout en la rendant accessible au plus grand nombre."

Un centre valaisan cantonal d'archéologie alpine "Futur antérieur" sera créé en 2027 à Conthey pour valoriser les collections de l'office cantonal d'archéologie, afin qu'il devienne un lieu de conservation et de travail pour les chercheurs. Enfin, un musée cantonal d'archéologie doit voir le jour au sein du pôle muséal de Sion à l'horizon 2030.

Cet article a été publié automatiquement. Source : ats

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Economie

Les microplastiques au coeur des débats du procès Nestlé en France

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Nestlé Waters Supply Est, filiale du géant suisse chargée de ses eaux minérales, est poursuivie pour avoir "exploité" ou "géré" des décharges sauvages contenant plus de 473'000 mètres cubes de bouteilles en plastique et autres polluants. (archive) (© KEYSTONE/AP/ROGELIO V. SOLIS)

"On n'a rien à cacher", a insisté mercredi matin un représentant de Nestlé, au troisième jour du procès à Nancy de la multinationale pour des décharges sauvages près de ses sites d'embouteillage d'eau dans les Vosges.

La question de la pollution par microplastiques dans l'eau et le sol autour des décharges incriminées, près de Vittel, a été au coeur des débats devant le tribunal correctionnel, même si les analyses commandées par le parquet lors de l'enquête, qui montraient des "taux incommensurables" de ces polluants, ont été supprimées de la procédure et ne peuvent plus être débattues.

Nizar Benismail, responsable du laboratoire central de Nestlé, le NQAC (pour Nestlé Quality Assurance Center), a témoigné toute la matinée, assurant que les résultats des analyses commandées par l'entreprise et réalisées par trois laboratoires sur les forages utilisés pour l'eau de ses marques Vittel, Contrex et Hépar, ne montraient aucune pollution aux microplastiques.

Le représentant a pourtant aussi insisté sur le fait que les microplastiques sont "ubiquitaires dans l'environnement", soulignant par exemple que "un demi-million de microplastiques (sont) libérés à chaque fois que l'on fait une lessive".

S'il n'existe pas, aujourd'hui, de seuil maximum en France, Nestlé s'est fixé, en interne, un seuil de huit microparticules de plastique par litre au maximum dans ses bouteilles commercialisées. Un seuil "globalement" pas atteint, même s'il peut y avoir, selon lui, des valeurs "légèrement supérieures" voire quelques pics "liés au bouchon craqué au moment d'ouvrir la bouteille", qui génère un peu de poussière.

Des analyses de 2019-2020 publiées mercredi par Mediapart révèlent des taux allant jusqu'à 106 microparticules de plastique par litre dans des bouteilles en verre. "Le bouchon est plus fragile" sur ce type de bouteilles, a expliqué le représentant de Nestlé devant le tribunal.

"Apporter la contradiction"

Cela ne relève pas des faits poursuivis devant le tribunal, a tranché Didier Gastaldi, le président.

Pour M. Benismail, il n'est pas possible que les résultats des trois analyses de l'eau des forages présentées par Nestlé à l'audience soient trafiqués, en raison du "processus d'accréditation" des laboratoires qui "empêchent de toucher aux résultats". "La procédure est entièrement enregistrée."

"Je suis incapable de vous dire si ce qu'il dit est vrai ou pas !", s'est exclaffée Me Florence Dole, avocate d'associations environnementales, insistant sur le fait qu'il n'y a "qu'un expert indépendant qui pourra(it) apporter de la contradiction" à ce qu'avance le représentant de Nestlé.

Mardi, le tribunal a refusé d'accéder aux demandes des parties civiles et du procureur d'ordonner de nouvelles analyses, indépendantes, afin notamment de quantifier les taux de microplastiques dans les eaux et sols.

Cette demande, qui fait suite à l'annulation lundi, par le tribunal, d'une grande partie des pièces relatives à la pollution aux microplastiques et notamment d'une analyse à charge contre l'industriel, a été jointe au fond. Les débats se poursuivent donc comme prévu initialement, jusqu'à vendredi.

Nestlé Waters Supply Est, filiale du géant suisse chargée de ses eaux minérales, est poursuivie pour avoir "exploité" ou "géré" des décharges sauvages contenant plus de 473.000 mètres cubes de bouteilles en plastique et autres polluants dans quatre communes vosgiennes proche des sites où elle embouteille ses marques Vittel, Contrex et Hépar.

Elle se voit également reprocher d'avoir "laissé s'écouler dans les eaux superficielles et souterraines" des "particules de microplastiques" à des concentrations "rendant toute vie aquatique impossible et ayant des effets nuisibles sur la santé, la flore et la faune".

Cet article a été publié automatiquement. Sources : ats / awp / afp

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International

Important rassemblement pour les 50 ans du coup d'Etat en Argentine

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Le rassemblement, un des plus massifs des dernières années à Buenos Aires, intervient dans un contexte crispé de lutte pour la mémoire. (© KEYSTONE/AP/Rodrigo Abd)

Contre l'oubli et pour la quête inlassable des disparus, des dizaines de milliers d'Argentins ont manifesté mardi pour commémorer le coup d'Etat, il y a 50 ans, qui a instauré la dictature de 1976-1983.

Le rassemblement de Buenos Aires, un des plus massifs des dernières années, a rempli en une foule compacte toute la Place de Mai, aux abords de la présidence, débordant sur de proches avenues, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Sous le slogan du "Plus jamais ça", des manifestations ont eu lieu dans d'autres villes en ce "Jour de la mémoire pour la vérité et la justice", à l'initiative d'organisations de défense des droits, de syndicats, mouvements sociaux et partis, de gauche principalement. Des rassemblements par moments aux accents de meeting anti-Milei.

"Qu'ils disent où ils sont!" (les disparus, NDLR), "On te cherche toujours", "La mémoire est l'avenir", lisaient les pancartes et banderoles, tandis que ballons de baudruche, tee-shirts, et une interminable bannière fendant la foule, arboraient des photos noir et blanc de disparus. Des visages jeunes, aux coiffures des années 1970.

Le coup d'Etat militaire du 24 mars 1976, qui renversa le fragile gouvernement (20 mois) d'Isabel Peron, ouvrit la voie à une politique systématique de détention secrète et d'élimination d'opposants, ou perçus comme tels.

"Pour la première fois, j'emmène ma fille de 8 ans. On vient marcher car la mémoire se transmet de génération en génération", a déclaré à l'AFP Veronica Coronel, enseignante de 40 ans. "La moitié de (mes) élèves comprend l'histoire argentine, les horreurs qui ont eu lieu, et l'autre non, et n'est pas non plus intéressée", regrette-t-elle.

Début mars, l'identification à Cordoba des restes de 12 disparus, sur le site d'un ancien "CCD" (centre clandestin de détention) comme le pays en compta des centaines, a illustré, 50 ans après, le travail dans l'ombre qui continue.

300 enfants volés à trouver

Identification, aussi, des "bébés volés" à des détenues disparues et donnés à des familles "amies" de la junte, tels le "petit-fils N°140" en juillet 2025.

"On recherche encore près de 300 hommes et femmes dont l'identité a été changée, qui transmettent à leurs enfants sans le savoir, le silence entourant la disparition de leurs père et mère", a lancé mardi Estela de Carlotto, 95 ans, emblématique "Grand-mère" de la place de Mai. Qui a perdu sa fille, mais "récupéra" son petit-fils volé.

A ce jour, plus de 1200 personnes ont été condamnées pour crimes et violations des droits humains sous la dictature, dans 361 procès distincts. Près de 300 procédures restent ouvertes.

Mais le 50e anniversaire intervient dans un contexte crispé de lutte politique pour la mémoire. Avec notamment la contestation par Javier Milei, président ultralibéral depuis 2023, du bilan communément admis des organisations de défense des droits humains: 30'000 morts et disparus.

M. Milei a invoqué un chiffre de 8753, se référant à la liste établie en 1984 au sortir de la dictature, liste dont la Commission des disparus (CONADEP), depuis dissoute, a toujours dit qu'elle était ouverte, vouée à évoluer.

Mais l'effet a été celui d'un tabou brisé, un narratif à reconquérir: celui de la "théorie des deux démons", du "c'était une guerre". Mettant de facto sur un pied d'égalité l'élimination systématique d'opposants par l'Etat, et les attentats de guérillas d'extrême gauche au début des années 1970.

Mémoire "complète"?

Une partie de l'exécutif assume ouvertement cette bataille culturelle pour une "mémoire complète", pour briser ce qu'il dénonce comme une hégémonie mémorielle de la gauche. Il a d'ailleurs diffusé mardi une vidéo fustigeant une nouvelle fois l'histoire "qui se transforme en instrument de manipulation".

Les 24 mars "sont un moment très spécial, on se sent accompagné, en communauté, a fortiori dans un contexte où surgissent des discours négationnistes", confiait dans la marche Jimena Leon, docteure de 35 ans.

"Il serait naïf de penser que le passé, la mémoire, ne fait pas l'objet de luttes politiques", résume pour l'AFP l'historien Federico Lorenz.

Selon un sondage du think tank CELS, une écrasante majorité d'Argentins (71%) a une image négative de la dictature (7% positive). Et 70% souhaitent que les procès continuent. Mais 22% avouent savoir "peu" et 6% "rien" sur le sujet.

"Peut-être la principale dette, la tâche en suspens, de la démocratie post-dictature, est qu'elle garantisse le bonheur des Argentins", avance Federico Lorenz.

"La promesse démocratique de 1984, le slogan du président alors Raul Alfonsin, était 'Avec la démocratie, on mange, on se soigne, on s'éduque'. Mais un gamin d'aujourd'hui serait tout à fait en droit de dire 'comme on en est loin!'"

Cet article a été publié automatiquement. Sources : ats / afp

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