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Politique

Procès des cadres du Conseil islamique

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Les défenseurs des trois cadres du Conseil central islamique suisse ont plaidé l’acquittement jeudi devant le Tribunal pénal fédéral. La procureure fédérale a en revanche requis une peine de 24 mois de prison avec sursis contre chacun des prévenus.

Il est reproché aux trois hommes d’avoir diffusé de la propagande interdite en faveur d’Al-Qaida, à travers deux vidéos tournées par Naim Cherni lors d’un voyage en Syrie à l’automne 2015. La première est une interview d’un certain Abdallah Al-Muhaysini et la seconde est présentée comme un « documentaire ».

Selon le Ministère public, Abdallah Al-Muhaysini serait un membre du cercle dirigeant d’Al-Qaida. Le Conseil central islamique suisse (CCIS) rétorque que cet homme serait au contraire un médiateur entre les différents groupes djihadistes.

Il ne serait affilié ni à Al-Qaida ni à aucune autre faction. Sinon, il n’aurait pas été reconnu comme intermédiaire par les différents groupes impliqués dans la guerre civile en Syrie, argumente le CCIS.

Prouver son appartenance à Al-Qaida

Lors de son réquisitoire mercredi, la procureure fédérale Juliette Noto a tenté d’établir le rôle d’Al-Muhaysini en Syrie. Elle a présenté de nombreux extraits de vidéos publiées sur internet. Aux Etats-Unis, Al-Muhaysini serait considéré comme un dirigeant important d’Al-Nusra, la branche syrienne d’Al-Qaida.

Jusqu’à ce procès, Al-Muhaysini était inconnu en Suisse. De même, Al-Nusra ne figure pas sur la liste des organisations soumises à des sanctions par le SECO. Pour que les trois membres du CCIS puissent être condamnés en vertu de la loi interdisant les groupes Al-Qaida et Etat islamique ainsi que les organisations apparentées, le Ministère public doit prouver qu’Al-Muhaysini est membre de l’une d’elles.

La fonction de ce personnage est donc l’un des piliers de l’accusation. L’autre étant que les vidéos de Cherni ne sont pas des productions journalistiques mais de la propagande.

La procureure a reconnu que l’on pouvait certes interviewer des terroristes. Mais elle reproche à Cherni de ne pas avoir posé de questions critiques durant l’entretien. Il s’est contenté d’indiquer des thèmes sur lesquels Al-Mahaysini a pu s’exprimer à sa guise.

Le rôle des deux autres prévenus, Qaasim Illi et Nicolas Blancho, a consisté avant tout à faire la promotion des vidéos. Selon l’accusation, M. Illi a donné son autorisation à leur diffusion.

Un procès politique

Les prévenus ont dénoncé un procès politique. Pour cette raison, ils ont refusé de répondre aux questions de la présidente et se sont référés à un rapport préparé en avril par le CCIS en vue de cette audience.

Lors des plaidoiries, les avocats se sont également exprimés sur le rôle d’Abdullah Al-Muhaysini. Michael Burkard, défenseur de Naim Cherni, a tenté d’établir que cet homme n’était pas un dirigeant d’un groupe apparenté à Al-Qaida.

Il a ajouté que Naim Cherni pouvait invoquer les droits fondamentaux que sont la liberté d’opinion et d’information ainsi que la liberté de la presse. Même si les deux vidéos relèvent du reportage de complaisance et du journalisme à la petite semaine.

Pas de loi anti-djihad

Le défenseur de Qaasim Illi s’est concentré sur les faiblesses de la loi interdisant les groupes islamiques. Il ne s’agit pas d’une loi anti-djihad, a estimé Lorenz Irni. C’est pourquoi n’importe quelle organisation djihadiste ou islamiste et sa propagande ne tombe pas sous le coup de cette disposition.

Comme ses deux confrères, Lukas Bürge, qui parlait au nom de Nicolas Blancho, a souligné que le droit d’interviewer un terroriste ne devait pas dépendre des convictions de celui qui pose les questions. On aboutirait ainsi à une répression des opinions. Michael Burkard a ajouté qu’une condamnation aurait des conséquences désastreuses pour le travail des journalistes à l’avenir. (cause SK.2017.49)

Source : ATS

Photo:  (©KEYSTONE/TI-PRESS/ALESSANDRO CRINARI)

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Genève

Des cas de Covid-19 à l’OSR et au Grand Théâtre de Genève

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Un cluster de Covid-19 a touché les musiciens de l'Orchestre de la Suisse romande et son directeur musical et artistique Jonathan Nott lors de la dernière production du Grand Théâtre de Genève, "Parsifal", de Wagner. Des cas ont aussi été détectés au sein de la maison lyrique, sans liens (archives). (© KEYSTONE/SALVATORE DI NOLFI)

Un cluster de Covid-19 a touché les musiciens de l’Orchestre de la Suisse romande (OSR) et son chef Jonathan Nott lors de la dernière production du Grand Théâtre de Genève. Des cas ont aussi été détectés au sein de la maison lyrique, sans liens.

Quatre artistes du choeur et un collaborateur administratif ont été testés positifs, a réagi mardi le Grand Théâtre à la suite d’un communiqué de l’OSR annonçant un cluster. « Ces cas sont bien isolés et n’ont pas été en contact direct avec les musiciens », écrit l’opéra, précisant que les mesures de protection en vigueur ont été respectées et qu’aucun cas n’a été déclaré au sein des équipes techniques.

La représentation en streaming le 2 avril dernier de l’opéra « Parsifal », de Wagner, avait été annulée le jour-même. Les répétitions de l’opéra se sont déroulées dans le respect du plan de protection validé par le service du médecin cantonal, assurent les deux institutions.

Afin de préserver la santé de ses employés, le conseil de la Fondation de l’OSR a toutefois décidé de suspendre les activités musicales jusqu’à fin juin. « Seules les activités ne présentant aucun risque pour le personnel seront maintenues », a-t-il annoncé lundi.

Conditions strictes

De son côté, le Grand Théâtre indique que les répétitions de « Didon et Enée » se déroulent sous conditions strictes, tandis que le spectacle de ballet « Le Sacre », autour du « Sacre du printemps », de Stravinski », sera probablement produit avec un enregistrement sonore. La faisabilité de l’opéra « La Traviata », à la mi-juin avec l’OSR, est, quant à elle, en cours d’évaluation.

« La réalisation de ces prochains spectacles est également sujette aux décisions fédérales prévues pour mercredi ainsi qu’à l’évolution générale de la situation », conclut le Grand Théâtre.

Cet article a été publié automatiquement. Source : ats

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Economie

Covid oblige, les ados s’informent davantage à travers la TV

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Selon l'étude de la ZHAW, la télévision de service public a fait partie des principales sources d'information pour 61% des jeunes de 12 à 19 ans en Suisse durant la première vague de coronavirus. Avant la pandémie, ils n'étaient que 33% à lui accorder une telle crédibilité (archives). (© KEYSTONE/JEAN-CHRISTOPHE BOTT)

Les ados ont redécouvert la TV comme canal d’informations lors de la première vague de coronavirus. Une étude sur la consommation des médias le révèle. Elle conclut aussi que les élèves d’origine modeste ou étrangère souffrent le plus de l’enseignement à distance.

Dans sa dernière enquête JAMESfocus commandée par Swisscom, la Haute école zurichoise des sciences appliquées (ZHAW) a interrogé, au printemps dernier, 1000 jeunes de 12 à 19 ans vivant dans les différentes régions linguistiques du pays, indique-t-elle mardi. Le sondage a été réalisé en ligne en raison du semi-confinement lié à la pandémie.

Pour 61% des adolescents, la télévision a fait partie des principales sources d’information sur le Covid-19. Avant la pandémie, ce média n’était cité à ce titre que par 33% des jeunes, dans le cadre de la précédente étude JAMES, en 2018. Les personnes interrogées au printemps dernier accordent une crédibilité particulièrement élevée à la télévision de service public.

Angoisses

Selon l’étude, la consommation de médias élevée s’inscrivait en corrélation avec d’importantes angoisses liées à la pandémie. Ce lien s’explique soit par la surexposition des personnes concernées à ce sujet, soit par le fait que des adolescents au naturel angoissé présentaient un important besoin d’information, indique la ZHAW.

Pour plus de la moitié des adolescents, la principale peur concernait une éventuelle infection d’un proche au Covid-19. Seuls 17% étaient angoissés à l’idée de tomber, eux-mêmes, malades. Les filles ont davantage fait part de leurs inquiétudes que les garçons, les Latins davantage que les Alémaniques. En outre, 40% des jeunes interrogés n’avaient jamais échangé avec leurs proches en visioconférence avant de s’y résoudre au printemps dernier.

Parler et ne pas se laisser submerger

Outre la télévision, les discussions en famille ou avec des amis ont constitué l’autre source principale d’information pour les ados. D’ailleurs, les chercheurs recommandent d’échanger avec les jeunes sur les contenus des informations consommées, notamment pour évoquer les peurs qui y sont liées. En outre, l’échange critique sur les fausses informations et les théories complotistes en circulation en période de crise peut protéger le bien-être, écrit la ZHAW.

Une consommation modérée des médias d’information est également conseillée afin de de ne pas se laisser submerger. S’informer une à deux fois par jour à travers un maximum de trois ou quatre médias crédibles est suffisant. Par ailleurs, porter son attention uniquement sur les problèmes révélés par les médias d’actualité peut nuire au bien-être. Il est donc recommandé de s’informer aussi sur les perspectives positives et les solutions possibles.

Inégalités face aux cours à distance

L’enquête JAMESfocus a aussi porté son attention sur les effets de l’enseignement à distance et du télétravail sur les adolescents. Selon elle, 56% des jeunes d’origine étrangère rencontrent des difficultés dans ce cadre. Chez les Suisses de 12 à 19 ans, cette proportion n’est que de 38%.

Le constat est semblable en fonction du statut socio-économique des adolescents. Les familles aux moyens financiers modestes disposent généralement d’un nombre plus faible d’écrans dans leur ménage, supposent les chercheurs. De même, les adolescents issus de ces familles sont souvent moins soutenus par leurs parents dans leurs tâches scolaires et davantage livrés à eux-mêmes.

Cet article a été publié automatiquement. Source : ats

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Politique

Les accidents de vélo électrique augmentent, une campagne lancée

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L’année dernière, 536 cyclistes ont subi un grave accident de vélo électrique en Suisse, dont 15 ont perdu la vie. Le BPA constate une augmentation des accidents et lance une nouvelle campagne de prévention (image prétexte). (© KEYSTONE/GAETAN BALLY)

Le nombre de personnes grièvement ou mortellement blessées dans un accident de vélo électrique a doublé par rapport à la moyenne des cinq dernières années. Le BPA lance une nouvelle campagne de prévention.

L’année dernière, 536 cyclistes ont subi un grave accident de vélo électrique en Suisse, dont 15 ont perdu la vie. En réaction, le Bureau de prévention des accidents (BPA) a annoncé mardi dans un communiqué le lancement d’une campagne composée d’affiches et de brèves vidéos, qui montrent comment un accidenté perçoit le monde quand il est à terre, après un choc.

Des conseils de sécurité simples sont formulés: porter un casque, se rendre visible même de jour, être prêt à freiner ou encore opter pour un vélo électrique doté d’un système ABS (de l’allemand « Antiblockiersystem »).

Dix accidents de vélo électrique par semaine ont été enregistrés en moyenne en 2020. Ce chiffre, deux fois plus élevé que ceux enregistrés entre 2015 et 2019, constitue « un triste record », juge le BPA.

Vitesses et blessures graves

Les utilisateurs de vélos électriques atteignent une vitesse plus élevée que les cyclistes de vélos classiques et ne parviennent pas toujours à réagir à temps à un imprévu. Ils sont aussi exposés à des blessures graves en raison de la vitesse. La campagne a pour but de rendre les usagers de vélos électriques conscients d’être exposés à un plus grand risque d’accident que sur un vélo classique.

Un projet de révision du droit de la circulation routière est actuellement en discussion, rappelle le BPA. Il prévoit une série de mesures comme l’extension de l’obligation de porter un casque aux utilisateurs de vélos électriques lents, l’obligation d’allumer les feux même de jour et l’équipement obligatoire des vélos électriques rapides d’un compteur.

Cet article a été publié automatiquement. Source : ats

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Economie

Deux records du monde pour Swissmint

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La pièce d'or, émise en 2020, mesure seulement 2,96 mm de diamètre et pèse 0,063 g (archives). (© KEYSTONE/EPA SWISSMINT/BENJAMIN ZURBRIGGEN / SWISSMINT HANDOUT)

La pièce d’or d’un quart de francs et la pièce de 10 centimes, frappées par Swissmint, font leur entrée dans le livre Guiness des records. Elles sont respectivement la plus petite monnaie commémorative du monde et la plus ancienne monnaie originale en circulation.

La pièce d’or, émise en 2020, mesure seulement 2,96 mm de diamètre et pèse 0,063 g, rappelle mardi la Monnaie fédérale Swissmint. Malgré la taille extrêmement réduite de la pièce, l’avers et le revers ont été frappés mécaniquement et ornés de divers motifs.

Le célèbre portrait d’Albert Einstein tirant la langue a été choisi pour figurer sur l’avers de la pièce. Il a été choisi en tant que symbole de la ténacité et de la patience. Le revers présente pour sa part la valeur nominale de la monnaie, ainsi que l’inscription « HELVETIA » et la croix suisse.

Aux vu des dimensions de la pièce, sa frappe n’est pas visible à l’oeil nu. Swissmint a donc développé un coffret spécial muni de loupes et d’une source de lumière. Avec un tirage limité à 999 unités, toutes les pièces ont rapidement été vendues.

Pièce inchangée depuis 1879

A l’exception du millésime, l’avers et le revers de la pièce de 10 centimes n’ont quant à eux pas changé d’apparence depuis 1879. Cette année-là, le motif précédent a été remplacé par le profil droit de Libertas portant un diadème, entouré de l’inscription » CONFOEDERATIO HELVETICA ». Le relief original a été créé par Karl Schwenzer et est encore utilisé tel quel de nos jours.

Cet article a été publié automatiquement. Source : ats

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Actualité

Des mesures « de dernier recours » pour éviter un passage à l’acte

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La Suisse n'est pas épargnée par le terrorisme, comme ici à Lugano en novembre dernier (archives). (© KEYSTONE/Ti-Press/PABLO GIANINAZZI)

La nouvelle loi contre le terrorisme doit permettre à la police d’intervenir à temps pour empêcher des infractions graves. Les mesures qu’elle prévoit ne pourront être ordonnées qu’en dernier ressort, a assuré mardi Karin Keller-Sutter.

Il faudra auparavant que toutes les mesures sociales, éducatives ou thérapeutiques envisageables aient été mises en ½uvre et soient restées sans effet, a expliqué la ministre de la justice devant la presse à Berne.

« La Suisse n’est pas une île », a-t-elle souligné. Le Service de renseignement de la Confédération signale depuis 2015 une menace terroriste accrue. Les outils de lutte contre le terrorisme ont été continuellement développés ces dernières années et la loi soumise en votation le 13 juin vient « combler une lacune ».

Actuellement, les policiers ne peuvent rien faire lorsqu’un acte terroriste est très concrètement en vue, mais qu’aucune infraction n’a encore été commise. La nouvelle loi renforce le dispositif existant par diverses mesures de police préventives comme l’obligation de participer à des entretiens ou de se présenter, l’interdiction de contact, de quitter le territoire ou l’interdiction géographique ou encore l’assignation à résidence.

Ces mesures permettent aux autorités de « gagner du temps », a expliqué la directrice de l’Office fédéral de la police (fedpol) Nicoletta Della Valle. Soit pour trouver des éléments permettant d’ouvrir une procédure pénale, soit pour donner des perspectives de réintégration ou de déradicalisation à une personne.

L’arsenal mis en place vient compléter la « boîte à outils » à disposition des autorités, a souligné André Duvillard, délégué du Réseau national de sécurité (RNS). Il s’ajoute aux mesures de détection et de réintégration mises en place ces dernières années et ne devrait concerner qu’une « petite minorité » de personnes.

Respect du droit

Ces mesures respectent la Constitution et le droit international, et en particulier la Convention européenne des droits de l’homme, a insisté Mme Keller-Sutter. Elles devront toujours être limitées dans le temps et proportionnées. Elles pourront être contestées devant le Tribunal administratif fédéral.

Les différentes mesures répondent à une logique de « cascade ». L’assignation à résidence ne pourra être imposée que lorsque « au moins une autre » mesure moins stricte n’a pas eu d’effet ou n’a pas été respectée, a rappelé la ministre de la justice.

Lors de la procédure de consultation, les cantons avaient été plus loin en demandant un « placement sécurisé » pour les personnes condamnées pour infractions terroristes et qui présenteraient un risque concret de récidive. Mais cette possibilité ne respectait pas le droit international.

Les mesures proposées sont nécessaires contre l’arbitraire du terrorisme, a souligné Karin Keller-Sutter. Elles proposent « un chemin équilibré entre liberté et sécurité ».

En outre, ces mesures ne sont pas nouvelles: on étend à la lutte contre le terrorisme un arsenal dont la police dispose déjà dans des contextes de hooliganisme ou de violence domestique. Avec une définition « claire » des actes visés, a souligné Mme Della Valle.

Violences des jeunes

Concernant les mineurs également, la nouvelle loi ne va pas plus loin que le droit existant. Dans l’actuel droit des mineurs, la responsabilité pénale est déjà fixée à 10 ans, a rappelé la ministre de la justice, interrogée sur la possibilité d’imposer des mesures aux jeunes dès 12 ans.

Les violences dues aux mineurs augmentent et l’expérience montre que des adolescents ont déjà été impliqués dans des affaires de terrorisme. En outre, les enfants et les adolescents peuvent souvent être radicalisés plus facilement. Dans leur cas, l’accent devra être mis sur les mesures socio-éducatives ou thérapeutiques plutôt que sur les mesures policières.

La Suisse n’est pas plus sévère que les autres Etats occidentaux, ont insisté les deux responsables. Certains pays, comme la France ou la Grande-Bretagne, ne connaissent pas d’âge minimum pour les enfants.

Cet article a été publié automatiquement. Source : ats

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