«Tu as l’air fatigué»: une remarque à bannir
Dire à quelqu’un qu’il a «l’air fatigué» peut être une remarque blessante, même si elle semble anodine. Si elle ne peut pas être réglée en 30 secondes, mieux vaut ne rien dire.
«Tu as l’air fatigué»: une remarque à bannir
Dire à quelqu’un qu’il a «l’air fatigué» peut être une remarque blessante, même si elle semble anodine. Si elle ne peut pas être réglée en 30 secondes, mieux vaut ne rien dire.
Dire à quelqu’un qu’il a «l’air fatigué» n’a rien d’anodin. Cette remarque sur le teint, les cernes ou la mine peut vite devenir une petite attaque contre l’ego, surtout lorsqu’elle ne peut pas être réglée en quelques secondes. Julia rappelle qu’il ne faut pas commenter le physique des autres, même sous couvert de bienveillance. Mère de trois enfants en moins de trois ans, dont des jumeaux, elle raconte avoir souvent entendu cette phrase sans oser répondre. Le plus absurde? Se sentir obligé de justifier une fatigue qui n’existe pas. Son conseil: si la remarque n’apporte aucune solution immédiate, mieux vaut se taire.
Résumé généré automatiquement à partir du contenu audio de l’émission.
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Bonjour Sophie, comment ça va?
Super bien. On parle de quoi aujourd’hui?
Comment se passe votre rentrée, Sophie?
Ma rentrée est calme. Moi, j’adore la rentrée. Depuis toute petite, j’aime ce moment où l’on retrouve son quotidien et sa petite routine, mais avec la peau bronzée et une bien meilleure humeur qu’avant. On est plein d’entrain, plein d’énergie. Apparemment, on a même oublié à quel point notre travail nous donnait envie de nous défenestrer juste avant les vacances.
On est de retour, on multiplie les pauses café et les déjeuners avec des collègues qui nous ont même manqué pendant la pause estivale. Mais il y a toujours ce collègue qui semble piétiner notre glow et notre ego avec cette balle perdue: «Ça va? Tu as l’air fatigué.»
Franchement, qui dit ça? Retour de vacances ou non, ça ne se dit pas. Je ne sais pas à quel moment certaines personnes se disent que les commentaires sur le physique sont à proscrire, mais que les remarques sur les cernes et le teint cireux, elles, sont acceptables. Peut-être pensent-elles que, grâce à elles, vous allez reprendre votre vie en main et adopter une nouvelle routine du soir pour devenir la meilleure version de vous-même. J’essaie de comprendre.
Personnellement, j’ai été élevée avec la règle selon laquelle on ne commente jamais le physique de quelqu’un. C’est une règle assez simple, comme dire bonjour, tenir la porte ou ne pas manger d’œufs durs dans un open space. Mais visiblement, d’autres ont été élevés par des hyènes.
Pour avoir eu trois enfants en moins de trois ans, dont des jumeaux, je peux vous dire que j’ai souvent entendu cette réflexion assassine, sans jamais oser répondre le fond de ma pensée: «Ça va, Juju? Tu as l’air fatiguée.» Mais non, vraiment? Pourtant, cette nuit-là, je ne me suis réveillée que sept fois, dont deux fois pour lancer des machines après les fuites de couches. La pédiatre avait dit qu’il valait mieux leur donner des biberons et préserver notre sommeil plutôt que de s’accrocher au principe de ne pas leur en donner la nuit, au risque qu’ils prennent de mauvaises habitudes. Sans compter la question des dents: dormir avec du lait sur les dents de lait, ce serait criminel.
Pardon, cela faisait longtemps que je ne m’étais pas replongée dans les doux souvenirs de la petite enfance. Mes chers collègues, j’avais bien conscience à cette époque que je ressemblais davantage à Morticia Addams qu’à Gisele Bündchen. Je n’avais pas besoin qu’on vienne me le signaler. Ce n’est pas comme si je pouvais chasser cette vilaine mine avec deux mouvements de bras.
Je crois que le pire, c’est lorsqu’on vous lance cette remarque alors que vous n’êtes pas fatigué. Passé le petit uppercut à l’ego, j’ai toujours une réaction étrange: j’essaie de justifier une fatigue fictive pour confirmer le ressenti de l’autre. Je réponds: «Oui, complètement, j’ai fait une énorme insomnie, ça doit être la pleine lune.» Alors que pas du tout, Xavier: j’étais au lit à 21 heures, avec un masque hydratant, une taie d’oreiller en soie et une tisane Douce Nuit. Mais j’ai l’impression que répondre «non, j’ai dormi neuf heures» n’est pas vraiment une option.
Alors, collègues, proches, amis et autres: la prochaine fois que vous aurez envie de dire à quelqu’un qu’il a l’air fatigué, posez-vous une seule question: est-ce que l’information que je m’apprête à lui donner peut être réglée dans les 30 prochaines secondes? Si la réponse est non, alors on ferme sa grande bouche et on garde ça pour soi.
Merci beaucoup, Julia. On m’a fait cette remarque quand je venais d’accoucher de ma fille. J’avais encore un petit ventre et on m’a demandé: «Oh, tu fais le deuxième?»
Eh bien non!
C’est encore mieux. C’est insupportable. Peut-être le sujet d’une prochaine chronique, si je peux me permettre.
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