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Diplodocus: l'IA genevoise au service des diplomates

Des chercheurs genevois ont créé Diplodocus, une intelligence artificielle qui analyse les archives de l'ONU. Son but est d'aider les diplomates à préparer et mener leurs négociations internationales en leur donnant accès à un historique complet des décisions.

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Des chercheurs de l'Université de Genève ont développé Diplodocus, une intelligence artificielle conçue pour assister les diplomates dans leurs négociations. Loin d'être un dinosaure, cet outil est nourri par des années de résolutions, de débats et de documents de l'ONU. Il permet de naviguer dans cet immense corpus d'informations pour comprendre l'historique des décisions et la construction des régimes internationaux, comme sur le climat. L'objectif est d'offrir une aide précieuse, notamment aux délégations plus petites qui disposent de moins de ressources. Bien que le projet soit encore en phase de recherche, l'IA pourrait aussi devenir un outil pédagogique pour les étudiants en relations internationales.

Résumé généré automatiquement à partir du contenu audio de l’émission.

Lire la transcription complète

**Frédéric Gamez:** Bonjour Anne.

**Anne Gallienne:** Bonjour Fred.

**Frédéric Gamez:** On parle de Diplodocus aujourd'hui.

**Anne Gallienne:** Et rien à voir avec les dinosaures, c'est une intelligence artificielle.

**Frédéric Gamez:** Exactement, une intelligence artificielle destinée à aider les diplomates à négocier. Elle est genevoise, puisque ce sont des scientifiques et professeurs de l'Université de Genève qui en sont à l'origine. Il s'agit de Roland Bouffanais, il est professeur associé au Global Studies Institute, et puis Didier Vernay, qui lui aussi est au Global Studies Institute de l'Université de Genève. Tous les deux, ils sont aussi codirecteurs du Science in Diplomacy Lab. Vous l'aurez compris, c'est le laboratoire pour la diplomatie scientifique.

**Anne Gallienne:** C'est à destination des personnes qui travaillent à l'ONU?

**Frédéric Gamez:** Pour l'instant oui, c'est l'idée. L'intelligence artificielle est nourrie par les différentes résolutions de l'ONU sur plusieurs années. Tous les arguments, les prises de parole et les différents documents qui s'y rapportent sont dedans. L'idée pour les deux chercheurs est de permettre aux diplomates de puiser dans ces différentes ressources plus rapidement et plus efficacement en donnant un prompt. L'outil permet ensuite de remonter le fil des décisions passées et de comprendre même comment s'est construit un régime international, un mode de réflexion sur le climat par exemple, qui continue aujourd'hui de structurer les négociations.

**Anne Gallienne:** Aider à négocier, ça pourrait servir dans d'autres domaines, non? Avec nos régies par exemple ou peut-être nos enfants?

**Frédéric Gamez:** Oui, c'est aussi ce qu'ont évoqué les professeurs, disant que ce serait intéressant. Mais effectivement, il n'y a pas, par exemple, de dimension sociologique dans l'outil sur comment se prennent les décisions. C'est vraiment une plateforme pour trouver des informations. Ce qu'expliquent d'ailleurs les chercheurs, c'est qu'il est utile par exemple pour des délégations qui sont moins nombreuses, dans les pays plus pauvres notamment, qui comptent donc moins de diplomates. L'idée est de permettre d'être tout aussi efficace que des délégations plus grandes. Évidemment, un argument un peu plus sombre, c'est celui lié aux coupes à l'ONU. Les chercheurs disent bien qu'ils ne veulent pas justement s'inscrire dans un remplacement des équipes mais malheureusement, les coupes sont présentes et les négociations doivent toujours se faire.

**Anne Gallienne:** Même avec du personnel en moins.

**Frédéric Gamez:** C'est ça.

**Anne Gallienne:** Donc à quoi ça pourrait ressembler, une question posée à Diplodocus? Je le prononce correctement?

**Frédéric Gamez:** C'est parfait. Un exemple qu'a donné Roland Bouffanais justement, c'est celui d'une grande négociation qui a lieu en ce moment, je ne sais pas si vous en avez entendu parler. En fait, c'est vrai que le multilatéralisme connaît des moments difficiles, mais il y a quand même de grands accords qui se jouent en ce moment. C'est le cas à l'OMS, qui négociait ces dernières semaines l'annexe. C'est un ajout très important à l'accord pandémique qui a été adopté l'année dernière. Il y avait des obstacles assez fondamentaux qui restaient en suspension, mais une conclusion positive aurait permis à la planète d'être mieux préparée à une future pandémie. On apprenait vendredi soir justement que les négociations avaient échoué et qu'une année supplémentaire devait être octroyée.

**Anne Gallienne:** Ça pourrait aussi servir à des étudiants j'imagine, un tel outil?

**Frédéric Gamez:** Oui, exactement, c'est aussi le but. Pour l'instant, le projet est encore au stade de la recherche, mais les scientifiques veulent le rendre plus accessible, notamment au grand public et aux étudiants en relations internationales. D'ailleurs, dans la pédagogie des relations internationales, un vrai tournant a eu lieu.

**Anne Gallienne:** Il y a des formations qui mettent le numérique au centre?

**Frédéric Gamez:** Oui, la preuve: à l'Université de Genève, un bachelor en sciences computationnelles et relations internationales a vu le jour. Auparavant, il y avait uniquement un bachelor en relations internationales. Le but avec ce nouveau bachelor, c'est de faire dialoguer les compétences en informatique avec des compétences en sciences sociales, et donc en relations internationales aussi.

**Anne Gallienne:** Quelle suite alors pour Diplodocus?

**Frédéric Gamez:** Avant que vous puissiez l'utiliser Fred, le projet est, comme je le disais, encore à un stade de recherche. Les chercheurs visent à obtenir un consortium afin de le rendre accessible.

**Anne Gallienne:** On suivra ça de près alors. Merci Anne.

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