6 minutes avec Frédéric Esposito, directeur du BARI
6 minutes avec Frédéric Esposito, directeur du BARI
Changement d'alliances ; bouleversements commerciaux. Depuis son retour à la Maison Blanche, Donald Trump bouleverse tous les codes. Avec un sérieux danger pour la Genève internationale. Frédéric Esposito, le directeur du master du bachelor en relations internationales (BARI) du Global Studies Institute était invité de Béatrice Rul, à 7h30, sur Radio Lac.
Le président ukrainien rencontre le secrétaire d'Etat américain, Marco Rubio, ce mardi, en Arabie saoudite. Cette rencontre, c’est pour une trêve ou pour une capitulation de l’Ukraine…
"Je pense que pour l'instant on ne sait pas trop dans quelle direction se met en place ce futur plan de paix que tout le monde souhaiterait avoir. Si on regarde comme un marqueur la dernière résolution à l'Assemblée des Nations Unies qui a été votée le 24 février dernier, on a vu un refus américain pour un retrait des forces militaires russes en Ukraine. Et qui a voté avec le camp américain? Notamment la Corée du Nord et la Hongrie pour un pays européen. Donc il y a une grande incertitude pour savoir où vont les acteurs aujourd'hui qui peuvent faire la paix en Ukraine. On a à la fois une dynamique initiée par l'Europe et par le président français, de l'autre, une autre initiée par le président américain et les pays arabes, un attelage un peu étonnant. Surtout que le multilatéralisme a les outils, avait un cadre pour pouvoir accueillir tout ça. La Suisse a toujours fait acte de candidature d'ailleurs, pour accueillir une conférence sur la paix en Ukraine. On est loin de tout cela. En d'autres termes, on est dans une zone, je dirais, de grande incertitude".
"Le changement de présidence aux Etats-Unis a amené une trahison à la fois de l'Amérique vis-à-vis du soutien apporté à l'Ukraine, mais aussi une trahison vis-à-vis de l'Europe"
Grande incertitude et immense bouleversement dans les relations internationales où on est des alliances complètement improbables avec ce rapprochement entre la Russie et les Etats-Unis. Comment l'expliquer?
"C'est vrai qu'on assiste à une trahison quasiment en direct. Le changement de présidence aux Etats-Unis a amené une trahison à la fois de l'Amérique vis-à-vis du soutien apporté à l'Ukraine, mais aussi une trahison vis-à-vis de l'Europe qui se retrouve contrainte d'agir vite. Est-ce que ce sera au niveau européen, c'est-à-dire dans le cadre de l'Union européenne? Est-ce que ça veut dire aussi une remise en cause du traité de l'Atlantique Nord, qui n'a pas loin de 80 ans, il date d'avril 1949. Le facteur économique, la volonté aussi de vouloir réécrire ce cadre multilatéral, fait partie des interrogations. Rappelons-nous aussi que lors du premier mandat de Trump, il y a déjà eu des coups de boutoirs sur ce cadre multilatéral là, notamment avec un retrait américain de l'OMS".
Le multilatéralisme existe-t-il encore?
"Aujourd'hui on est plutôt sur un affaiblissement très clair, puisque si on prend juste la question de la Genève internationale, les coupures des USA vont impacter les ONG, les organisations internationales à Genève. Ça c'est une réalité, ce n'est pas une hypothèse. Les conséquences de cela sur le cadre multilatéral, chacun essaye je dirais de les évaluer aujourd'hui. Pour l'instant, très honnêtement, c'est difficile de savoir si c'est une refonte complète de ce cadre ou pas. La tradition américaine a toujours été de considérer le cadre multilatéral comme un élément où la place d'une superpuissance américaine n'était pas suffisante. Et donc c'est pour retrouver de la puissance et de l'espace qu'il privilégie ses relations bilatérales. Malgré tout, on s'était posé la même question après les attentats du 11 septembre. On s'est dit, ça y est, c'est la fin d'une certaine vision du droit international avec des zones de non-droit comme Guantanamo où des prisonniers, des combattants de Daesh étaient effectivement emprisonnés. Là, il y a un choc qui est très fort. C'est difficile pour dire qu'aujourd'hui on va vers une nouvelle voie. Dans tous les cas, il a la capacité de pouvoir absorber ce choc-là car il faut quand même le rappeler, les Etats-Unis restent membres de l'OTAN. L'article clé qui est ce fameux article 5, qui permettra de savoir si effectivement l'engagement ou plutôt le désengagement américain en Europe est effectif ou pas, et avec lui, d'une certaine façon, la fin de l'OTAN".
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