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L'invité de Radio Lac Matin

Le chirurgien Philippe Morel s’explique de la présence de Pierre Maudet lors d’une opération

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Le chirurgien Philippe Morel s’est expliqué ce matin au micro d’Olivier Francey de la présence du conseiller d’Etat Pierre Maudet lors d’une opération survenue le 24 septembre. Des faits dénoncés à la Commission cantonale de surveillance des professions de la santé et des droits des patients ainsi qu’au procureur général, Olivier Jornot. Et une enquête interne aux HUG ouverte.

L'Invité d'Olivier Francey: Philippe Morel

Le Professeur Philippe Morel s’est expliqué de la présence du conseiller d'Etat Pierre Maudet lors d’une opération chirurgicale.

Gepostet von Radio Lac am Montag, 8. Oktober 2018

Rappel des faits avec Raphael Leroy

Le conseiller d’Etat genevois Pierre Maudet se retrouve au cœur d’une nouvelle dénonciation à la justice. Invité au bloc opératoire par son collègue de parti et professeur Philippe Morel il y a deux semaines, le libéral-radical a manipulé un robot chirurgien durant une intervention sensible. Résultat: une enquête interne a été ouverte et vient d’établir les faits ce lundi. Ceux-ci ont été dénoncés à la Commission cantonale de surveillance des professions de la santé et des droits des patients ainsi qu’au procureur général, Olivier Jornot.

Les faits datent du 24 septembre dernier. Ce jour-là, Pierre Maudet se rend au bloc opératoire pour assister à une intervention chirurgicale robotique menée par le professeur Philippe Morel.  «Cette visite faisait suite à une discussion, il y a quelques mois, au cours de la quelle le conseiller d’Etat avait fait part au professeur de son intérêt pour tout ce qui touche à l’innovation et à la haute technologie, explique Nicolas de Saussure, porte-parole des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG). Les HUG avaient été informés de cette possibilité et en avaient accepté le principe pour autant que la patiente en soit informée et ait donné son consentement éclairé.»

Actes pouvant relever du code pénal

L’opération est délicate. Il s’agit de retirer la tumeur d’une patiente gravement malade. Lors de l’intervention qui a duré plus de dix heures, Philippe Morel invite le magistrat PLR à s’asseoir à la console d’assistance et à manipuler le robot Da Vinci, fraîchement acquis par l’hôpital. Ce que Pierre Maudet fit à la stupeur des membres du personnel présents lors de l’intervention. Ces derniers ont alors signalé un « événement indésirable grave » à la direction générale des HUG.

Une enquête interne a alors été diligentée et menée par un groupe interdisciplinaire de l’hôpital. Ses conclusions sont sans appel: le professeur Morel n’a pas « informée au préalable » la patiente de la visite de Pierre Maudet; il a de surcroît « proposé au visiteur de s’asseoir à la deuxième console et de manipuler les commandes en cours d’intervention chirurgicale » sans toutefois toucher les tissus de la patiente. « Le fait qu’un chirurgien fasse intervenir un tiers non formé à manipuler un dispositif chirurgical au cours d’une intervention peut être interprété comme étant de nature à contrevenir à la loi et au code pénal, indique Nicolas de Saussure. Qu’il le fasse sans le consentement de la personne est, en plus, contraire à la déontologie professionnelle. » Les HUG ont donc dénoncé ces faits ce lundi à la Commission de surveillance des professions de la santé et des droits des patients ainsi qu’au Ministère public.

Philippe Morel va porter plainte

Contacté, les services de Pierre Maudet estiment que « les éléments jugés problématiques transmis n’étant pas du fait de Monsieur Maudet, il n’a pas de commentaires à faire ». Le professeur Philippe Morel, lui, fulmine. « Je conteste formellement une partie du rapport. Je conteste formellement que Pierre Maudet ait pris le contrôle du robot. Je n’ai d’ailleurs pas besoin de lui pour opérer. La famille de la patiente était au courant de cette visite. Ce qui compte pour elle c’est que la tumeur ait été enlevée, ce qui est le cas. Aujourd’hui, elle se porte très bien. »

Le professeur, aujourd’hui actif dans le privé ne compte pas en rester là. «Je vais porter plainte pour diffamation et me réserve le droit d’aller encore plus loin. C’est un non-événement monté en épingle pour me nuire.»

 

1 commentaire

1 commentaire

  1. A. Jatin

    9 octobre 2018 à 18 h 07 min

    Il est au courant M. Morel que ce n’est pas M. Maudet qui est le responsable politique de la santé au niveau cantonal? Donc sa justification concernant les coûts du personnel et du matériel médical ne concerne en rien M. Maudet. Ces PLR…

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L'invité de Radio Lac Matin

Jean-Philippe Ceppi, patron de Temps Présent, s’inquiète de l’ « extinction de la race » des journalistes

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Jean-Philippe Ceppi, producteur de Temps Présent, le prestigieux magazine d’enquête et de reportage de la RTS, qui fête ses 50 ans ce jeudi, réagit au rapport de Reporters Sans Frontières sur la liberté de la presse : « Je ne suis pas certain que la liberté de la presse soit moins grande qu’il y a dix ans. Il y a un mouvement de balancier. D’un côté, l’arrestation très préoccupante de Julian Assange, de l’autre, la même semaine, le parlement européen adopte une directive sur la protection des donneurs d’alerte qui est extraordinairement importante. » En Suisse, Jean-Philippe Ceppi s’inquiète de « l’extinction de la race », soit de l’envie des jeunes journalistes de faire ce métier. Il reconnaît que dans un paysage médiatique, en partie sinistré, Temps Présent fait partie des privilégiés même si « nous aussi, nous avons dû faire des économies et nous adapter. »

Signe d’optimisme, il souligne notamment  » le travail fantastique fait par cette radio sur l’affaire Maudet, par exemple. Il y a dix ou quinze ans, il était difficilement imaginable qu’une radio de proximité fasse un tel travail. Je vois d’excellentes raisons d’espérer. »

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Jean-Yves Marin : « la reconstruction de Notre-Dame ne se fera pas en cinq ans »

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Jean-Yves Marin, directeur du Musée d’art et d’histoire et spécialiste en archéologie médiévale estime que, vu la dimension gigantesque du chantier de restauration de Notre-Dame, il faudra en tous les cas plus de 5 ans pour le mener à bien. Emmanuel Macron qui a fixé cette échéance risque donc d’être déçu.

La cathédrale ne pourra être complètement reconstruite à l’identique. Bonne nouvelle en revanche, les vitraux ont résisté, en particulier les joints très sensibles à la chaleur. Aucun doute pour Jean-Yves Marin que le chantier sera international et que les artisans spécialisés viendront de toute l’Europe. Faudra-t-il maintenir une trace de l’incendie désormais inscrit dans la mémoire collective ? Le médiéviste estime en effet qu’il faut garder une « balafre » qui rappelle l’événement.

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Pascal Vandenberghe, homme de lettres, réagit au drame de Notre-Dame

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Pascal Vandenberghe, patron des librairies Payot, président du Trade Club mais surtout homme de lettres, a vécu à Paris pendant dix ans. Il réagit au drame de Notre-Dame: « C’est bien sûr le cœur de Paris. Ce qui est dramatique, c’est que cette cathédrale a échappé aux révolutions, aux ravages de la 2e Guerre mondiale, elle était sur liste des monuments qu’Hitler voulait faire sauter si Paris devait être évacuée, et voilà. Pas de chance. » Et dans la littérature: » Il y a bien sûr le monument de Victor Hugo. Mais presque en même temps sortait un autre livre, de Balzac celui-là, qui avait Paris et Notre-Dame pour décor. »

Autre sujet du jour, Pascale Vandenberghe, président du Trade club, explique en quoi l’ouverture des commerces genevois trois dimanche par an constitue une nécessité pour les entrepreneurs locaux. Le peuple en décidera le 19 mai prochain.

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Ivan Slatkine est prêt à déménager son entreprise dans le canton de Vaud

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Le patron des Editions Slatkine et président de la Fédération des entrepreneurs romands (FER) n’hésiterait pas, en cas de non à la réforme fiscale des entreprises (RFFA) le 19 mai prochain à s’installer dans le canton voisin pour bénéficier d’un taux d’imposition inférieur de 10%.

“Si la RFFA échoue, à court terme il n’y aurait guère de conséquences. Mais on subira une perte de clientèle, et de chiffres de l’emploi. Et on pourrait envisager de déménager dans le canton de Vaud puisqu’à quelques kilomètres de Genève, on aura un taux d’imposition sur le bénéfice de 13,79%” (soit 10% de moins). Simples menaces de circonstances ou Ivan Slatkine est-il réellement prêt à déménager ? “Oui, très honnêtement, je le ferais. Quand il y a un tel différentiel sur le taux d’imposition et qu’il suffit de se déplacer de quelques kilomètres dans le même pays, on se déplacera. Certains l’ont déjà fait en raison de l’incertitude qui règne”.

Ivan Slatkine craint l’effet ruissellement. Ses clients sont en bonne partie liés aux entreprises à statut. “Il faut voir les choses dans leur tout. Il n’y a pas une petite économie contre la grande économie ou l’inverse. Nous sommes dans un ensemble dynamique. Et si une partie de l’économie va mal, c’est toute l’économie qui tousse.”

Ivan Slatkine ne cache pas une certaine inquiétude en cette veille de cette votation du 19 mai.

 

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Madeleine Mercier, le visage des nouvelles viticultrices en Valais

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Madeleine Mercier, oenologue de Sierre fait partie de cette nouvelle génération de femmes viticultrices qui marchent sur les traces de la bien connue Marie-Thérèse Chappaz. Dans la région, on ne peut pas la rater puisque sa photo orne les affiches géantes pour le soutien aux paysannes suisses.

Fille de vigneron, Madeleine, 35 ans, a grandi sur le domaine des Mercier à Sierre. Elle nous explique son parcours, sa formation à Changins mais aussi ses longs stages sur la côte ouest des Etats-Unis chez les meilleurs viticulteurs américains. Membres de divers jury, l’oenologue valaisanne loue aussi la qualité des vins genevois. Une qualité qui dans une bonne partie de la Suisse poursuit sa croissance avec pour alliée, pour une fois, le réchauffement climatique.

Madeleine Mercier Vigneronne et oenologue

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