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"Sauve qui peut": Quand les vrais médecins rencontrent de faux patients

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Vous êtes-vous déjà demandé comment sont formés les médecins pour annoncer certaines nouvelles ? C’est cette question qui est au cœur du documentaire "Sauve qui peut", une plongée inédite dans la formation médicale où les étudiants s’exercent sur de faux patients. La réalisatrice Alexe Poukine, était mon invitée.

Pour son film, la réalisatrice a posé sa caméra dans plusieurs hôpitaux, notamment au CHUV de Lausanne, où se déroulent des séances de simulation médicale. Ici, pas de simples exercices techniques, mais une mise en situation ultra-réaliste où des comédiens jouent le rôle de patients atteints de pathologies graves. « Ce qu’il faut dire, c’est que ça existe réellement pour que les médecins puissent s’entraîner à annoncer par exemple des mauvaises nouvelles », explique Alexe Poukine. « On fait appel à des comédiens et des comédiennes qui endossent des rôles. »

Et pourtant, malgré la fiction, l’émotion est bien réelle. « La première chose qui m’a choqué dans votre film, c’est que je me suis pris au jeu. J’ai versé des larmichettes », ai-je avoué. Un sentiment que partage la réalisatrice : « Tout le monde sait que c’est faux. Même les étudiants en médecine qui participent à ces simulations savent que c’est faux. Et pourtant, même eux versent des larmichettes. Comme quoi, entre la réalité et la fiction… »

Un hôpital sous tension

Derrière ces exercices se dessine une réalité plus sombre : celle d’un système de santé sous pression. En suivant les étudiants, les soignants et les faux patients, "Sauve qui peut" met en lumière les dilemmes du monde hospitalier. Loin d’un simple reportage médical, le film dévoile les tensions qui pèsent sur les soignants, tiraillés entre l’empathie et la rentabilité.

« Malheureusement, le temps du soin et le temps de la rentabilité ne sont pas du tout les mêmes », constate la documentariste. « On nous demande d’être rentables à l’hôpital, alors que faire de l’argent avec la maladie, la mort et la souffrance, c’est un peu difficile. »

Et si en Suisse, les moyens sont plus importants qu’en France ou en Belgique, la problématique reste la même. « Quand vous avez cinq minutes pour faire la toilette de quelqu’un, vous pouvez avoir pris tous les cours d’empathie que vous voulez, vous êtes forcément maltraitants. »

Un équilibre fragile

Si le film touche, c’est aussi parce qu’il ne se contente pas de dénoncer. Il révèle l’humanité qui résiste malgré tout. Entre moments d’apprentissage maladroits et scènes de grande intensité, "Sauve qui peut" navigue entre le rire et les larmes. « Moi, ce que j’ai trouvé très beau en faisant le film, c’est qu’on comprend à la fois les soignants et les patients », confie Alexe Poukine. « En fait, on se rend compte qu’on est tous dans la même équipe. Et que c’est très difficile d’être un humain, quel que soit le côté où on se trouve. »

Car l’apprentissage ne concerne pas que les jeunes médecins. Tout au long du film, on assiste à des formations où l’on déconstruit les préjugés. « On fait en simulation ce qu'on devrait faire dans tous les milieux », souligne la réalisatrice. « On déconstruit les représentations sexistes, racistes, agistes, homophobes, classistes… On devrait tous essayer de déconstruire nos stéréotypes. »

Une nécessité d’évolution

Au fil des 1h40 de documentaire, une question persiste: comment préserver la vocation des soignants dans un système qui les use? Beaucoup entrent dans la profession avec l’envie d’aider, mais certains finissent par la quitter, exténués. « Il y a énormément de gens qui sont venus me voir après les projections en me disant qu’ils avaient arrêté leur métier de soignant. Quand bien même ils pensaient que c’était le plus beau métier du monde. Juste pour sauver leur peau. » raconte Alexe Poukine.

Mais alors, comment changer les choses? La réalisatrice esquisse une piste : « Il faut juste être ensemble, que ce soit les chefs de services, les aides-soignantes, les médecins, les infirmiers… Se dire qu’est-ce qu’on peut améliorer et le faire ensemble. »

Avec ce documentaire aussi dur que lumineux, Alexe Poukine met en lumière un monde souvent invisible et rappelle que derrière chaque blouse blanche, il y a avant tout un humain qui essaie de bien faire.

Avec IA

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Cinéma & Séries TV

Le genevois Jean-Luc Bideau célébré à Locarno

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L'acteur suisse Jean-Luc Bideau pose lundi 3 aout 2026 à Genève. (KEYSTONE/Salvatore Di Nolfi)

Jean-Luc Bideau reçoit samedi un prix pour l'ensemble de sa carrière au Festival de Locarno, où il présente hors compétition "Ah que le bonheur est proche !" de François-Christophe Marzal. À 86 ans, l'acteur genevois évoque un parcours sans nostalgie mais avec lucidité.

Face à cette double actualité, "bien sûr que je suis flatté", a-t-il confié à Keystone-ATS qu'il a reçu avec son épouse Marcela Salivarova Bideau dans leur appartement, situé dans l'agglomération genevoise.

Figure du nouveau cinéma suisse, Jean-Luc Bideau considère qu’une improvisation dans un film de Michel Soutter a joué un rôle décisif dans sa carrière. Réalisateur genevois, Soutter (1932-1991) était l’un des membres fondateurs du Groupe 5, aux côtés d’Alain Tanner, Claude Goretta, Jean-Louis Roy et Jean-Jacques Lagrange. Ce collectif a incarné le renouveau du cinéma suisse romand dès la fin des années 1960, avec le soutien de la Télévision suisse romande.

Bideau donne un visage à cette époque

"On a fait ce film, "James ou pas" (1970), qui était, comme tous ceux de Soutter très poétiques et difficile à suivre. Il me dit: "Fais une impro." Alors je me lance sur le foot, puis une autre sur le Palais de Chaillot en improvisant sur la manière dont on y entre", explique-t-il.

"Je pense que ces scènes ont marqué Tanner et Goretta, qui m'ont ensuite engagé pour "La Salamandre" avec Bulle Ogier (1971), puis pour "L'Invitation" (1973)".

L'acteur a tourné à l'international sous la direction de réalisateurs prestigieux, dont Claude Chabrol et Costa-Gavras, et participé à des succès populaires tels que "Et la tendresse ?... Bordel !" (1979). Mais il reconnaît avoir parfois nui à son propre parcours en acceptant trop de projets alimentaires.

"Je n'ai pas fait gaffe"

"J'ai fait des conneries, des télés inutiles. Ma personnalité a été un peu effacée par tous ces trucs pour gagner ma vie." Avec le recul, il estime que les acteurs américains protègent davantage leur image. "Moi, je n'ai pas fait gaffe."

Parmi tous ses rôles, il garde une affection particulière pour "Belle" (1973) d'André Delvaux. "J'aimais beaucoup ce personnage complètement dépassé par les événements, qui tombe amoureux d'une femme dont on ne sait pas si elle existe ou si c'est un fantasme."

Le comédien genevois évoque également "L'Invitation" de Claude Goretta, une satire sociale sur la vie de bureau, qui reçoit le prix du jury en 1973 à Cannes, comme un moment de liberté rare. "Là, je faisais ce que je voulais. Je me suis complètement livré."

Si le cinéma reste son médium de prédilection, Bideau revendique une approche instinctive du métier. "Je ne suis pas un acteur qui étudie son rôle. J'apprends très mal mes textes et, petit à petit, je rentre dans le personnage." Il ajoute que tout dépend ensuite du metteur en scène. "Il faut tomber sur quelqu'un qui sait exiger quelque chose de vous."

Cette exigence, il la retrouve chez son épouse Marcela, qui a notamment signé une mise en scène remarquée à la Comédie-Française, qui permettra à Bideau d'y entrer comme sociétaire. L'acteur lui attribue une influence déterminante. "Elle connaît surtout mes défauts", s'amuse-t-il.

"Je veux toujours tourner"

Présenté à Locarno, "Ah que le bonheur est proche !" pourrait être l’un des derniers grands rôles de Jean-Luc Bideau au cinéma, même si l’acteur ne ferme pas la porte à de nouvelles propositions. "Je veux toujours tourner, mais je suis un peu épuisé", explique-t-il.

Le projet, dont le "pitch" de départ est revendiqué par Marcela, a connu plusieurs versions avant d’aboutir au film réalisé par François-Christophe Marzal. Jean-Luc Bideau y incarne un acteur vieillissant qui interprète Don Quichotte et dont les trous de mémoire commencent à inquiéter son entourage.

Aujourd'hui encore, Jean-Luc Bideau continue de regarder les films avec les yeux d'un acteur. "L'histoire ne m'intéresse pas tellement. Je regarde le jeu." Et s'il devait recevoir un ultime cadeau après cet hommage locarnais, il serait simple: "Il suffit que de nouveaux réalisateurs me contactent pour un autre film."

Avec Tania Buri, Keystone-ATS

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Une Genevoise fait chavirer le jury de "The Voice"

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Virginia Sirolli a passé haut la main la phase des qualifications à "The Voice" ce week-end. CRÉDIT PHOTO : TF1/ITV

Virginia Sirolli a passé haut la main la phase des qualifications à "The Voice" ce week-end. Celle qui a été la meneuse de la "Revue Genevoise" a fait l'unanimité du jury. 

Une Genevoise dans l’aventure "The Voice"!

Elle s’appelle Virginia Sirolli et a vécu un moment magique. Samedi soir, les quatre jurés de l’émission phare de TF1 se sont retournés lors de sa prestation. Elle a interprété la chanson “Wasted Love” de JJ, le gagnant de l’Eurovision de l’année dernière pour l'Autriche.

Virginia Sirolli a un parcours riche. Elle a été meneuse à la Revue genevoise et a aussi joué "Nala" dans la comédie musicale "le Roi lion".

Comment a t-elle vécu ce moment sur le plateau de "The Voice"?

Virginia SirolliChanteuse et danseuse genevoise

"J'étais super concentrée sur déjà le fait de ne pas pleurer. Parce que j'avais tellement d'émotions. (...) J'ai vraiment ignoré les fauteuils. Je me suis dit, "concentre-toi" tu dois finir cette chanson."

Virginia Sirolli a choisi Amel Bent comme coach. 

On devrait la retrouver sur TF1 en mai prochain pour la suite de ses aventures.

Retrouvez son interview en intégralité ci-dessous:

Virginia SirolliChanteuse et danseuse genevoise

 

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[ITW] Raphael Quenard et J.P. Zadi: "Ce film raconte les vertus de la passion"

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© 2026 - ADNP – GAUMONT – FRANCE 2 CINEMA – MJ SPORTS MANAGEMENT

À l’affiche dans les salles romandes, le nouveau film d’Anthony Marciano, « Le Rêve Américain », réunit Jean-Pascal Zadi et Raphaël Quenard. Bien plus qu’une comédie sur le basket, le long-métrage explore les vertus du temps long et la force d’un lien indéfectible face aux revers de la fortune. Rencontre à écouter en version longue autour d'un fast-food.

Raphaël Quenard, Jean-Pascal Zadi & Anthony MarcianoLe Rêve Américain

Le cinéma d’Anthony Marciano a souvent cette capacité à capturer la sincérité des rapports humains. Avec « Le Rêve Américain », il s'attaque à un thème universel: la résilience. Le film suit le parcours de deux amis déterminés à percer dans le milieu très fermé du basket professionnel en tant qu'agents. Mais avant le succès, c'est une ode à la ténacité que le réalisateur a voulu filmer.

L’échec comme carburant de la réussite

Pour l'équipe du film, l'ascension des protagonistes n'est pas un miracle, mais le résultat d'une succession de revers transformés en force. Anthony Marciano explique avoir été fasciné par le parcours de ces hommes partis de rien.

« L'échec, c’est le carburant qu’on met dans sa voiture pour aller plus loin »

Raphaël Quenard abonde dans ce sens, comparant la passion à un feu sacré qu'il faut protéger des doutes extérieurs, même les plus proches. « Ce film raconte les vertus du temps long et les vertus de la passion qui prend des formes de foi religieuse et mystique. Il faut protéger ce petit feu qui est en nous, qui potentiellement peut se transformer en un incendie ravageur ». Selon lui, l'impossibilité n'est qu'une question de référentiel personnel que les audacieux se doivent de bousculer.

Une complicité à l'écran

Le sel du film réside également dans le duo formé par Zadi et Quenard, dont l'amitié à la ville a nourri celle de l'écran. Pour le réalisateur, cette relation est le cœur battant de l'œuvre : « C’est construit presque comme une comédie romantique... l’amitié prend tout son sens, elle est palpable ». Jean-Pascal Zadi décrit cette dynamique avec humour et tendresse.

« Ce qui nous rapproche, c’est qu’on est deux fous et deux passionnés »

De l'anonymat aux sommets du basket

Si le récit semble extraordinaire, il s'appuie pourtant sur une histoire vraie, celle des agents français qui gèrent aujourd'hui la carrière de stars mondiales comme Victor Wembanyama ou Nico Batum. Anthony Marciano a d'abord été intrigué par ces deux visages qui apparaissaient systématiquement derrière les plus grands joueurs sur les photos.

Jean-Pascal Zadi souligne l'importance de montrer cette réussite sous un angle éthique : « On voit sur le parcours de Jérémy et de Bouna qu’ils ont eu beaucoup d’embûches, des gens qui les ont arnaqués, des joueurs qui les ont trahis... et finalement, ils ont gardé le cap ». Loin des clichés de l'agent manipulateur, le film présente une réussite collective et solidaire.

« Ce qui me fait plaisir avec ce film, c’est que ça nous montre qu’on peut réussir en restant quelqu’un de bien »

L'entretien s'est d'ailleurs terminé sur une note plus légère, évoquant le passage de l'équipe en Suisse. Les acteurs n'ont pas manqué de relever, avec une pointe d'ironie, les spécificités locales du fast-food comme la sauce au cheddar, notant que même dans les détails du quotidien, la Suisse sait se distinguer de sa voisine française.

Entretien réalisé par Benjamin Smadja, adaptation web avec IA

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"L’Affaire Bojarski", l'histoire d'un faussaire fascinant

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Reda Kateb et Jean-Paul Salomé pour "L’Affaire Bojarski"

"L’Affaire Bojarski" sort ce mercredi 28 janvier dans les salles de Suisse romande. Le réalisateur Jean-Paul Salomé raconte l'histoire vraie de Jan Bojarski, interprété par Reda Kateb, un ingénieur polonais devenu faussaire de billets. 

"L’Affaire Bojarski" a été réalisé par Jean-Paul Salomé qui revient sur la vie de Jan Bojarski, un ingénieur polonais devenu faussaire de billets dans la France des années 1940.  On l’a même surnommé « le Cézanne de la fausse monnaie ». C’est donc une histoire vraie, celle Jan Bojarski, joué par Reda Kateb, un ingénieur polonais qui fabrique des faux papiers lors de la seconde guerre mondiale. Après-guerre, il devient inventeur, il a imaginé par exemple le stylo à bille. Mais problème, ses inventions sont refusées et non brevetées, car Bojarski n’a pas la nationalité française, il enchaîne les petits boulots, bref la vie n’est pas simple. Jusqu’au jour où un gangster lui propose d’utiliser ses talents exceptionnels pour fabriquer des faux billets. Démarre alors pour lui une double vie à l’insu de sa famille. Et il se retrouve dans le viseur de l’inspecteur Mattei, meilleur flic de France. C’est une histoire rocambolesque. Plus le film avance, plus on se rend compte que cet homme devient un artiste, écoutez le réalisateur Jean-Paul Salomé: 

Jean-Paul Salomé
"Ce que je trouvais fascinant, c'était de faire le portrait de cet homme qui, au bout d'un moment dans sa vie de faux monnayeur, s'aperçoit qu'il prend énormément de plaisir à créer ses billets, à refaire de nouveaux billets. Il y a vraiment pris goût et à un moment donné, il a commencé à souffrir de cette absence de reconnaissance de son talent. C'est ce qui le rend extrêmement touchant aussi."

Un point de vue qui a touché celui qui l'interprète, Reda Kateb:

Reda Kateb
"Il y avait dès le début le portrait en mouvement d'un artiste et pas celui d'un gangster. Bojarski, ce n'est pas quelqu'un qui a attaqué des gens."

Retrouvez l'Interview en intégrale de Jean-Paul Salomé et Reda Kateb ci-dessous:

Jean-Paul Salomé et Reda Kateb

"L’Affaire Bojarski" avec Reda Kateb, Sara Giraudeau, Bastien Bouillon ou Pierre Lottin. A voir dans les salles de Suisse romande dès ce mercredi 28 janvier. 

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[ITW] "Gourou": quand le développement personnel devient une emprise

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Le réalisateur Yann Gozlan lors du 78th Festival du Film de Cannes, le 15 mai 2025 (EPA/CLEMENS BILAN)

Dans Gourou, le nouveau thriller de Yann Gozlan, Pierre Niney incarne un coach de vie aussi magnétique qu’inquiétant. À travers ce personnage en quête de grandeur, le film interroge les dérives d’un monde obsédé par la performance et la réussite personnelle. Rencontre avec un réalisateur qui observe une société en perte de repères.

Yann GozlanRéalisateur

Dans Gourou, Pierre Niney prête ses traits à Mathieu Vasseur, une figure montante du coaching personnel. Micro en main, posture conquérante, discours millimétré: « Il est convaincu d’aider les gens, ce n’est pas un cynique. Il se prend pour une sorte de guide, presque un sauveur », explique Yann Gozlan. Mais très vite, le masque glisse. Derrière la bienveillance affichée, le film dévoile les mécanismes d’une emprise.
Car Gourou n’est pas une satire légère: c’est un thriller psychologique à la tension grandissante, où la frontière entre motivation et manipulation s'efface.

«Ce qui m'intéressait, c'était la bascule: comment un idéaliste sincère peut devenir un fanatique»

Le choix du thème n’est pas anodin. Pour Yann Gozlan, le succès du coaching reflète une crise de confiance dans les institutions traditionnelles: politique, religion, médecine. « On est dans une société paumée. Le coaching promet des réponses simples, immédiates. Mais ce simplisme peut devenir toxique », observe-t-il.

Avant d’écrire le film, il a enquêté sur le terrain, assistant à plusieurs séminaires en France. « Je pensais que ces grands rassemblements existaient surtout aux États-Unis. Mais en fait, ce modèle s’est implanté chez nous. Et il fonctionne. J’ai vu des scènes de ferveur collective hallucinantes ».

Pierre Niney, qui est aussi à l’origine de l’idée du film, impressionne par son incarnation d’un personnage complexe, à la fois inspirant et inquiétant.

« Pierre ne joue pas un rôle, il est ce coach »

Dans les scènes de séminaire, l’acteur délivre ses monologues avec une intensité presque physique. « Il a même perdu sa voix à un moment. C’était un vrai défi pour lui, car ces scènes demandaient une énergie folle ».

Gourou suit l’ascension de Mathieu Vasseur jusqu’aux États-Unis, à Las Vegas, capitale mondiale du spectacle et de la démesure. « C’est une ville fascinante, mais aussi cauchemardesque. On y est enfermé, assourdi, aspiré par le bruit et la lumière. Parfait pour le climax du film », confie le réalisateur.

Mais le film ne repose pas que sur l’énergie de l’acteur. Il propose aussi une réflexion plus large sur la parole publique, la manipulation et l’addiction au charisme.

« Aujourd’hui, les mots ne servent plus à dire le vrai ou le faux, mais à électriser, à sidérer. C’est ce qu’on retrouve chez des figures comme Trump, par exemple »

Au fil du récit, le film glisse de la critique sociale vers une chute vertigineuse, entre délire de grandeur et perte de contrôle. Un voyage au cœur d’un système clos, où le pouvoir de la parole peut tout autant réparer... que détruire.

Avec IA

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