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Culture

Décès de Tom Stoppard, dramaturge du paradoxe

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Tom Stoppard était l'auteur de plus de trente pièces (archives). (© KEYSTONE/AP/Evan Agostini)

Couronné pour le scénario de "Shakespeare in Love", et son seul film "Rosencrantz et Guildenstern sont morts", Lion d'or à Venise en 1990, Tom Stoppard, décédé à l'âge de 88 ans, était l'un des plus fameux dramaturges britanniques.

Le chanteur des Rolling Stones, Mick Jagger, lui a rendu hommage sur les réseaux sociaux. "Tom Stoppard était mon dramaturge préféré", a-t-il publié sur X. "Il nous laisse un corpus majestueux d'oeuvres intellectuelles et amusantes. Il me manquera toujours".

Auteur de plus de trente pièces, sa dernière, "Leopoldstadt", qui retrace le parcours d'une famille juive aisée installée à Vienne au destin bouleversé par le nazisme et la Shoah, avait remporté en 2023 quatre Tony Awards (récompenses du théâtre américaines), dont celui de la meilleure pièce.

Cette nouvelle consécration avait également été celle d'une de ses oeuvres les plus personnelles, lui dont les quatre grands-parents ont été tués dans les camps nazis.

Il avait auparavant remporté quatre Tony Awards (pour ses pièces "Rosencratz et Guildenstern sont morts" (1968), "Travesties" (1976), "The Real Thing" (1984) et "The Coast of Utopia" (2007), ainsi qu'un Oscar du meilleur scénario pour "Shakespeare in Love"(1998).

"Nous nous souviendrons de lui pour ses oeuvres, leur éclat et leur humanité, ainsi que pour son esprit, son irrévérence, sa générosité d'âme et son amour profond de la langue anglaise", a déclaré samedi l'agence d'artistes United Agents, en annonçant son décès à son domicile dans le sud-ouest de l'Angleterre.

Couronné meilleur dramaturge vivant lors des prestigieuses Evening Standard Theater Awards en 2014, il était "très drôle aux dépens de personne", selon le réalisateur américain Mike Nichols avec qui il avait collaboré à Broadway pour la pièce "The Real Thing".

"Je veux prouver qu'on peut traiter de sujets sérieux en lançant une tarte à la crème sur scène pendant des heures", affirmait-il.

Tchécoslovaquie, Singapour, Inde

Ce pince-sans-rire au menton saillant et aux éternels cheveux en bataille traitait du totalitarisme ou de la philosophie avec un humour rusé, dans un habile mélange de vaudeville et de répliques spirituelles.

Né en Tchécoslovaquie en 1937 dans une famille juive contrainte à l'exil par l'avancée nazie, Tom Stoppard arrive en Angleterre à la fin de la guerre, après avoir vécu à Singapour et en Inde.

Il quitte l'école à 17 ans et après une brève carrière de journaliste à Bristol, se fait connaître dès 1967 grâce à "Rosencrantz et Guildenstern sont morts", une pièce absurde mettant en scène deux personnages tirés d'Hamlet.

Il écrit également des pièces pour la radio, la télévision et le cinéma avec les scénarios de "Brazil" de Terry Gilliam en 1985, "L'Empire du Soleil" de Steven Spielberg en 1987 et "Anna Karénine" de Joe Wright en 2012. Il participe également à l'écriture des scénarios d'"Indiana Jones et la dernière croisade" et "Star Wars, épisode 3".

Dans les années 70, il prend la défense de dissidents de l'Union soviétique, un sujet qu'il aborde dans "Every Boy Deserves Favour" (1977).

En 1990, il porte à l'écran sa pièce "Rosencrantz et Guildenstern sont morts" incarnée par Gary Oldmann et Tim Roth et remporte le Lion d'or à la Mostra de Venise.

Régulièrement objet de l'attention des tabloïds britanniques pour sa vie amoureuse trépidante, Tom Stoppard, père de quatre fils, avait épousé à 76 ans sa troisième femme, l'héritière Sabrina Guinness.

Cet article a été publié automatiquement. Sources : ats / afp

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Culture

Cannes: la Palme d'or décernée au réalisateur Cristian Mungiu

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Le Roumain Cristian Mungiu a remporté la Palm d'Or à Cannes pour son fim "Fjord" (archives). (© KEYSTONE/AP/FRANCOIS MORI)

Cannes: la Palme d'or a été décernée samedi au réalisateur roumain Cristian Mungiu. Il est primé pour son film son fim "Fjord"

Cet article a été publié automatiquement. Sources : ats / afp

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Culture

Inauguration du grand-orgue restauré de la Cathédrale Saint-Pierre

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Le grand-orgue restauré de la Cathédrale Saint-Pierre sera inauguré au moment des 490 ans de la Réforme à Genève (archives). (© KEYSTONE/SALVATORE DI NOLFI)

Les curieux pourront assister à l'inauguration du grand-orgue Metzler restauré à la Cathédrale Saint-Pierre pour les 490 ans de la Réforme à Genève. Deux concerts sont prévus le vendredi 29 et le dimanche 31 mai, explique l'Eglise protestante de Genève. Un autre suivra une semaine plus tard.

Dans le cadre de l'Assemblée de l'Eglise, un spectacle "Black Church" aura lieu le samedi 30 mai. Une discussion accompagnera des chants.

Le lendemain, une adaptation théâtrale du livre "L'homme qui marche" explorera le rapport au mouvement et à l'immobilité. De quoi parler de responsabilité.

Cet article a été publié automatiquement. Source : ats

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Culture

L'écrivain Alain Claude Sulzer ausculte les silences de l'amitié

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L'écrivain bâlois Alain Claude Sulzer est attendu le 6 juin au Festvial du livre à Collonge-Bellerive (GE) (archives). (© KEYSTONE/GEORGIOS KEFALAS)

L'écrivain bâlois Alain Claude Sulzer sera l'invité exceptionnel du Festival du LÀC le 6 juin à Collonge-Bellerive (GE). Il y évoquera "F. comme Frères", son nouveau livre centré sur l'amitié, l'art et la fugacité de l'existence.

Publié à mi-mai en version française aux éditions Phébus, le roman se déroule initialement dans les années 1970 au coeur de la région de la Ruhr, en Allemagne. Un narrateur anonyme et son meilleur ami, Frank, grandissent ensemble, soudés au point d'être "presque comme des frères", titre allemand du roman ("Fast wie ein Bruder", 2024).

Leurs chemins se séparent brutalement lorsque Frank assume son homosexualité et s'exile à New York pour percer comme peintre. Tandis que le narrateur mène une vie provinciale et rangée, Frank peint de manière obsessionnelle aux Etats-Unis, sans toutefois rencontrer le succès de son vivant.

Atteint du sida et condamné, Frank revient mourir en Allemagne à l'âge de 32 ans. Les deux hommes se revoient une dernière fois sur son lit de mort.

Reconnaissance tardive

Après le décès de son ami, le personnage principal reçoit les oeuvres de Frank soigneusement emballées. Ne comprenant ni la sexualité de son ami ni son art, il choisit de reléguer les toiles au fond d'une remise sans les regarder. Des décennies plus tard, il découvre par hasard les tableaux de Frank exposés dans une prestigieuse galerie d'art.

Le monde artistique célèbre désormais le défunt comme un génie. En contemplant le portrait grand format d'un homme nu, le narrateur est frappé par une vérité bouleversante: il y reconnaît ses propres traits.

Moeurs des années 80

A travers son narrateur, Alain Claude Sulzer déploie un portrait de la société des années 80, encore frileuse et conformiste, où les homosexuels, tout comme d'autres minorités telles que les "Tziganes", restent marginalisés. D'ailleurs, les stéréotypes employés par le personnage principal pour décrire les gens du voyage avaient créé une petite polémique à l'époque: le jury bâlois chargé d'attribuer des subventions les avaient jugés politiquement incorrects.

Le roman rappelle aussi l'irruption du sida, qui a mis brutalement fin à une époque de libération sexuelle. Mais "F. comme frères" interroge avant tout les liens fondamentaux de l'amitié.

"Ce roman raconte une relation symbiotique entre deux amis très proches qui finit par se désagréger", explique à Keystone-ATS Alain Claude Sulzer. "Comme c'est le cas dans de nombreuses familles, on ne s'intéresse pas vraiment à ce que font frères, soeurs ou parents. Une distance et une indifférence s'installent, fruits du temps qui passe, mais aussi des manquements, des petites lâchetés de chacun".

Art et subjectivité

Le livre met aussi en lumière le caractère fragile et parfois arbitraire de la reconnaissance artistique. Alain Claude Sulzer y évoque notamment la spéculation autour des oeuvres découvertes après la mort des artistes, une expérience qui fait écho à celle de son propre père, peintre demeuré anonyme toute sa vie.

"Nous avons réussi à organiser une exposition après sa mort, un peu par hasard. Et d'observer que "les oeuvres n'existent vraiment qu'à partir du moment où elles sont exposées". Dans le roman, la reconnaissance tardive de Frank apparaît ainsi comme une forme de réparation symbolique pour un "artiste mort si jeune".

F comme fin

Débutant comme un roman d'apprentissage, le récit prend des allures de roman policier sur ses dernières pages. Sauf qu'une part de mystère demeure.

"Parmi les lecteurs de la version allemande, 30 à 40% ont été frustrés de ne pas connaître le fin mot de l'histoire. Mais contrairement à un polar qu'on oublie aussitôt refermé, ils se souviendront précisément de cette absence de réponse", sourit l'écrivain.

Nombreux prix

Alain Claude Sulzer est né le 17 février 1953 à Riehen (BS). Vivant entre Bâle, Berlin et l'Alsace, il a publié plus d'une dizaine de romans. En 2008, "Un garçon parfait" s'est vu décerner le Prix Médicis étranger. L'année suivante, l'écrivain a reçu le Prix Hermann Hesse. En 2025, l'ensemble de son oeuvre a été couronné par le Prix littéraire de Soleure.

Son prochain roman "Szenenwechseln" paraîtra à l'automne en allemand. Il aura pour thème le milieu du théâtre.

La cinquième édition du Festival du Livre à Collonges (LÀC), auquel l'écrivain participera pour la première fois, se déroulera les 6 et 7 juin à Collonge-Bellerive. Plus d'une centaine d'auteurs y sont attendus. Les organisateurs mettent à chaque édition en lumière un invité d'honneur, Douglas Kennedy cette année, et un invité exceptionnel.

Cet article a été publié automatiquement. Source : ats

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Livres

[ITW] Zep se questionne sur la postérité dans "Tourner la page"

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Zep est de retour en librairie avec un nouvel album "Tourner la page".

Zep est de retour en librairie avec un nouvel album. L'auteur genevois ne revient pas avec Titeuf, son personnage fétiche, mais avec une bande dessinée à l’aquarelle. Son nom: "Tourner la page".

Qui n’a jamais rêvé de se faire passer pour mort? Pour avoir la paix ou refaire sa vie. C’est ce que fait Lambert Delville, le héros de "Tourner la page", le nouveau roman graphique de Zep. Lambert Delville est un auteur désabusé, il a eu son heure de gloire mais ne connaît plus le succès. Sa compagne le quitte, son éditrice ne veut pas de son nouveau livre. Il décide donc de tout envoyer balader pour vivre sur son voilier en Grèce et il se fait passer pour mort. Cette annonce va le faire redevenir un écrivain à succès. Et alors qu’il vit sur une île presque déserte où tout va bien, un événement inattendu va se produire.

Et c’est plutôt drôle, c’est ce que cherchait Zep:

ZepL'auteur genevois sort son nouvel album «Tourner la page»

"Quand j'ai écrit les premières lignes de scénario, c'était pour faire une comédie. Et puis après, je me suis dit : c'est aussi cool de parler de ces questions de postérité qui traversent l'esprit d'un peu tout le monde à un moment".

Dans cette bande dessinée, Zep aborde le monde de l'édition, qui est loin d’être simple:

ZepL'auteur genevois sort son nouvel album «Tourner la page»

"C'est un milieu où il y a une certaine concurrence, même si dans la bande dessinée, c'est beaucoup plus collégial que dans la littérature. On vit sur le fait que les gens vont aimer ou ne pas aimer nos livres. Donc on a une existence qui est assez fragile quand même."

"Tourner la page" est publié aux éditions “Rue de Sèvres”.

Retrouvez en intégralité l'Interview de Zep ci-dessous:

Zep L'auteur genevois sort son nouvel album «Tourner la page»

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Culture

L'économie culturelle perd près de 14'000 travailleurs en un an

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La baisse a particulièrement affecté les personnes exerçant une profession culturelle dans le secteur culturel, comme les musiciens. (Archives) (© Keystone/MARTIAL TREZZINI)

Le nombre de travailleurs culturels en Suisse a reculé de 4,8% en 2025 pour s'établir à 282'000 personnes, une baisse comparable à celle observée durant la pandémie de Covid-19 entre 2019 et 2020. Les hommes, les Suisses et les régions latines ont été plus touchés.

Fin 2025, la Suisse comptait 282'000 travailleurs culturels, contre 296'000 une année auparavant. Leur part dans l'ensemble des actifs est passée de 5,8% à 5,5%. L'ampleur du recul est comparable à celle observée durant la crise sanitaire, lorsque le nombre de travailleurs culturels avait diminué de 4,7% entre 2019 et 2020, indique vendredi l'Office fédéral de la statistique (OFS).

La baisse a particulièrement affecté les personnes exerçant une profession culturelle dans le secteur culturel, comme les musiciens ou artistes employés dans des institutions culturelles (-7,8%). Les professionnels culturels actifs hors du secteur, par exemple des graphistes dans des entreprises, ont également reculé (-4,7%), tandis que les personnes occupant des fonctions non culturelles dans ce secteur, par exemple comptable dans un musée, ont été moins touchées (-1,6%).

Les travailleurs culturels masculins (-5,4%) et les Suisses (-5,4%) ont davantage été affectés que les femmes (-4,2%) et les étrangers (-2,9%). Des écarts régionaux apparaissent aussi: le recul a été limité en Suisse alémanique, plus marqué en Suisse romande et particulièrement prononcé en Suisse italienne.

Les travailleurs culturels se disent par ailleurs moins satisfaits de leur situation financière que l'ensemble des actifs. En 2024, 26,6% d'entre eux se déclaraient peu ou pas satisfaits de leur situation financière, contre 20,1% pour l'ensemble des travailleurs.

Cet article a été publié automatiquement. Source : ats

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