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Economie

Pas de retour au "monde d'avant" pour le patron de la BNS

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Le président de la BNS Thomas Jordan craint une forme d'acceptation du renchérissement au sein des entreprises et des ménages, ce qui risque de rendre plus difficile selon lui le retour à un taux d'inflation inférieur à 2% (archives). (© KEYSTONE/MICHAEL BUHOLZER)

Le président de la Banque nationale suisse (BNS) Thomas Jordan estime que la politique monétaire ultra-accommodante de cette dernière décennie appartient définitivement au passé. Mais il met en garde contre l'acceptation de l'inflation comme une fatalité.

La pandémie de Covid-19 puis la guerre en Ukraine ont chamboulé le contexte dans lequel évoluaient jusqu'alors les banques centrales. "Nous devons composer avec une économie plus fragmentée, dans un environnement marqué par de nombreuses incertitudes", a signalé le banquier central à l'occasion d'un colloque qui s'est tenu mercredi soir à Lugano.

Rappelant que la BNS a appliqué pendant des années des taux négatifs, il considère que le taux directeur actuel - relevé en mars à 1,50% - n'est "pas très élevé", surtout en comparaison internationale. Ce niveau présente une base saine pour la stabilité du système financier, récemment mise à l'épreuve par la crise bancaire qui a précipité la chute de Credit Suisse.

Insistant sur la priorité absolue que représente la lutte contre l'inflation, qui a atteint son apogée à 3,5% sur un an l'été dernier, Thomas Jordan s'est félicité de ce que la BNS avait laissé le franc s'apprécier "relativement tôt", même si cela n'a pas suffi à éviter quatre relèvements de taux au cours des douze derniers mois.

Il craint désormais de voir s'installer une forme d'acceptation du renchérissement au sein des entreprises et des ménages, qui risque de rendre plus difficile le retour à un taux inférieur à 2%, conformément aux objectifs que s'est fixés l'institut d'émission. "Face à l'inflation, nous sommes sur la bonne voie, mais la lutte n'est pas encore terminée", a-t-il ajouté.

Distributions aux cantons: "secondaires"

De son côté, le directeur général (CEO) de la Banque des règlements internationaux (BRI) Agustín Carstens a insisté sur le fait qu'en plus de leur mandat consistant à garantir la stabilité des prix, les banques centrales doivent également veiller à ne pas étouffer la croissance économique. Or pour être durable, celle-ci doit provenir de la consommation privée et pas de mesures fiscales ponctuelles destinées à atténuer l'impact de l'inflation.

L'ancien gouverneur de la Banque du Mexique a souligné que les décisions de politique monétaire mettent généralement des mois à déployer pleinement leurs effets, tout en affirmant que jusqu'ici, leur impact sur l'activité économique mondiale s'est avéré moindre que ce qu'il craignait.

Les deux dirigeants se sont rejoints quant à la nécessité d'indépendance des banques centrales face aux tentatives de les soumettre à des considérations de politique fiscale. A ce propos, Thomas Jordan a expliqué que la qualité d'une politique monétaire ne se mesure pas à la performance financière, et que la perte historique essuyée par la BNS l'année dernière (plus de 132 milliards de francs) était largement attendue au vu de l'évolution des marchés.

Le Bernois a qualifié de "produit secondaire" la distribution de bénéfices aux collectivités publiques, avant de lancer que "la seule manière d'assurer une certaine régularité serait de ramener cette valeur à zéro". Face à la perspective de voir les fonds propres de la BNS glisser en territoire négatif, il s'est voulu rassurant, tout en reconnaissant que cette éventualité pourrait agir comme un frein sur la politique monétaire.

Credit Suisse: les risques du "bank run"

Revenant sur la débâcle de Credit Suisse et son absorption dans l'urgence par UBS, Thomas Jordan a une nouvelle fois souligné les conséquences imprévisibles sur l'économie helvétique et mondiale d'un "bank run" (panique bancaire) rendu d'autant plus probable par les moyens actuels, qui permettent des sorties massives de fonds dans des temps très courts.

Pour Agustín Carsten, les déboires de l'ex-numéro deux bancaire helvétique ont été exacerbés par le resserrement monétaire. "Il n'y a pas de protection contre les défaillances au niveau de la direction ou de la surveillance du conseil d'administration", a affirmé la patron de la BRI.

Selon lui, il serait possible de renforcer encore les tests de solvabilité, mais il ne voit pas d'urgence à un nouveau tour de vis réglementaire, dans la mesure où les dispositions en matière de liquidités - connues sous le nom de Bâle III - introduites dans le sillage de la crise bancaire de 2008 ne sont toujours pas pleinement appliquées.

Cet article a été publié automatiquement. Sources : ats / awp

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Economie

Le prix des propriétés alpines au sommet en début d'année (UBS)

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Pour s'offrir une résidence secondaire à Verbier, il faut débourser 21'500 francs au mètre carré (archives). (© KEYSTONE/JEAN-CHRISTOPHE BOTT)

Les prix des logements de vacances en Suisse ont augmenté au premier trimestre mais devraient stagner au cours de l'année, indique mardi une étude d'UBS, qui place Verbier en pole position des destinations touristiques les plus onéreuses des Alpes.

Au premier trimestre, les prix des biens immobiliers de vacances dans toutes les régions suisses évaluées par UBS ont augmenté de 4% sur un an, avec un bond de 18% pour Arosa, révèle l'étude "UBS Alpine Property Focus 2024".

Une résidence secondaire verbiéraine coûte 21'500 francs par mètre carré, plaçant la station en première position du classement des destinations de vacances alpines les plus prisées comptant aussi celles de France, d'Italie, d'Allemagne et d'Autriche. Viennent ensuite Saint-Moritz et l'Engadine à la deuxième place avec 21'200 francs et Zermatt sur la troisième marche pour 19'900 francs. Gstaad et Andermatt les suivent de près.

Les tarifs "des nuitées hôtelières ont eu une évolution similaire", note l'économiste spécialiste en immobilier Thomas Veraguth en visioconférence. "Les hôtels complets en haute saison soutiennent les valeurs des logements de vacances et encouragent à payer pour son propre logement afin d'en profiter à tout moment."

La location de logements à but commercial en a aussi bénéficié, selon l'expert qui estime qu'une résidence secondaire sur dix - dans les destinations analysées - est proposée sur une plateforme en ligne telle que Airbnb.

Marché congelé

Malgré l'attrait pour ces résidences secondaires alpines et une hausse de leur prix de 30% depuis 2019, l'analyste immobilier UBS et auteur principal de l'étude Maciej Skoczek s'attend à "une stagnation sur le marché cette année".

Transformer des résidences principales en secondaires pourrait être une alternative, car "un logement soumis à l'ancien droit peut être vendu à un prix supérieur d'environ 20% s'il est plutôt mis sur le marché comme résidence secondaire".

Concernant la forte demande immobilière de ces dernières années, les offres restent cependant faibles en 2024, selon l'expert qui note une normalisation de la demande provenant de l'étranger notamment. Aussi, il ne faut guère s'attendre à une impulsion de la part du secteur de la construction, prévient le rapport.

Cependant, disposant de suffisamment de capital et de revenus, "les babyboomers pourraient soutenir la demande dans les régions de montagnes pour quelques années encore."

Cet article a été publié automatiquement. Sources : ats / awp

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La filiale de fonds d'UBS omniprésente dans les sociétés suisses

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Au 20 mai, UBS Fund Management détenait une part d'au moins 3% ou plus dans 119 des 221 sociétés cotées, selon le décompte réalisé par l'agence AWP. (archive) (© KEYSTONE/ENNIO LEANZA)

La filiale dédiée à la gestion de fonds d'UBS est devenue, après sa fusion avec son homologue de Credit Suisse, la plus grande actrice du marché actions helvétique. UBS détient ainsi une participation de plus de 3% dans une centaine de sociétés du marché élargi (SPI).

Dans la foulée de la fusion d'UBS Fund Management (Switzerland) et de Credit Suisse Funds, la banque aux trois clés a dévoilé à l'opérateur de la Bourse suisse SIX ses participations d'au moins 3%. Au 20 mai, UBS Fund Management détenait une part d'au moins 3% ou plus dans 119 des 221 sociétés cotées, selon le décompte réalisé par l'agence AWP.

La filiale pèse donc fortement sur le marché suisse et même davantage que le gestionnaire de fonds américain Blackrock, qui possède 3% ou plus des parts de 46 entreprises cotées sur SIX. Les autres acteurs clés sont la filiale de la Banque cantonale de Zurich (ZKB), Swisscanto (17 sociétés), l'américain Capital Group (14), le bâlois J. Safra Sarasin Investmentfonds (13) et le norvégien Zentralbank Norges (8).

Parmi les actionnaires individuels se démarquent l'ancien président de Straumann, Rudolf Maag, (7, dont le fabricant d'implants dentaires bâlois et l'entreprise spécialisée dans la construction Implenia), Michael Pieper (5, dont le groupe Franke/Artemis) et Peter Spuhler (5, dont le fabricant de matériel roulant Stadler et le constructeur de machines textile Rieter).

Nombreux secteurs

La super-filiale d'UBS est aussi souvent la plus grande actionnaire des sociétés dont elle détient des parts. Elle est ainsi numéro une dans 28 entreprises tandis qu'elle a acquis plus de 10% de 14 autres. Elle est particulièrement présente chez le fournisseur de solutions de communication Ascom (18,6%) et le producteur d'aliments Orior (18,2%), mais aussi dans les sociétés immobilières PSP (14,9%) et Allreal (+14,1%) ainsi que le spécialiste du crédit à la consommation Cembra (14,0%). En moyenne, une participation atteint 6%.

UBS Fund Management est également représentée dans 18 des 20 sociétés de l'indice phare de la Bourse Suisse, le SMI, comme l'assureur Swiss Life (7,3%) et le logisticien Kühne+Nagel (3,2%). En revanche, sa participation n'est pas connue pour le géant du luxe Richemont et le géant pharmaceutique Roche.

La filiale est aussi présente au sein de l'actionnariat de sa maison-mère UBS à hauteur de 5,3%, en deuxième place derrière la banque aux trois clés elle-même. Selon des courtiers, c'est la première fois qu'elle détient plus de 3% d'UBS. Cette participation a récemment fait parler d'elle, car il est mal vu de "charger" le portefeuille de ses clients avec des titres de sa propre entreprise, soulignait récemment le portail Cash Insider.

Cet article a été publié automatiquement. Sources : ats / awp

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Le secteur de l'assurance vie a le vent en poupe, selon une étude

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Le volume mondial des primes d'assurance vie devrait se monter à un total de 4000 milliards de dollars d'ici 2034, selon l'Institut Swiss Re. (archive) (© KEYSTONE/ENNIO LEANZA)

Les produits d'assurance vie et de prévoyance redeviennent attractifs pour constituer un capital vieillesse en raison des taux d'intérêt plus élevés. Cela entraînera une rentabilité accrue pour les assureurs-vie, selon une étude de l'Institut Swiss Re.

Dans sa nouvelle étude publiée lundi, l'Institut Swiss Re prédit que les assurances-vie avec capitalisation généreront à l'échelle mondiale 1500 milliards de dollars supplémentaires au cours des dix prochaines années. C'est deux fois plus que les dix années précédentes.

La hausse des taux d'intérêt change la donne dans le secteur de l'assurance-vie, selon l'Institut Swiss Re. "Les produits d'assurance-vie et de prévoyance redeviennent attractifs pour constituer un capital vieillesse", explique Jérôme Jean Haegeli, économiste en chef du groupe Swiss Re.

Les consommateurs souscrivent par conséquent de plus en plus de produits d'assurance-vie générateurs de capital et garantissant une pension de retraite plus élevée. Cela devrait porter le volume mondial des primes à un total de 4000 milliards de dollars d'ici 2034. En revanche, pendant toute la période de taux d'intérêt bas, à savoir entre 2010 et 2019, les primes mondiales d'assurance-vie n'ont augmenté que de 300 milliards de dollars.

L'Institut Swiss Re estime que parmi les primes supplémentaires générées au cours de la prochaine décennie, environ 61% (900 milliards de dollars ou 823 milliards de francs) proviendront des pays industrialisés et 39% (578 milliards de dollars) des pays émergents. La Chine représente à elle seule 17% de toutes les primes supplémentaires, où le volume augmentera de 256 milliards de dollars entre 2025 et 2034.

Cet article a été publié automatiquement. Sources : ats / awp

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Evergrande: la filiale NEV électrisée par des rumeurs de rachats

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Le marché de la voiture électrique est particulièrement lucratif en Chine. (archive) (© KEYSTONE/AP/NG HAN GUAN)

La valorisation de l'action de NEV, la filiale de véhicules électriques du géant chinois de l'immobilier Evergrande, a doublé lundi à la Bourse de Hong Kong, à la suite d'informations sur son possible rachat.

Evergrande, dont l'endettement est astronomique, est un symbole de la crise immobilière qui sévit depuis des années en Chine.

Au début de l'année, un tribunal de Hong Kong a ordonné la liquidation du promoteur chinois qui a échoué à présenter un plan de restructuration convaincant.

La crise que traverse le groupe a eu des conséquences sur les filiales d'Evergrande qui ont vu le cours de leurs actions s'effondrer.

Lundi, le cours d'Evergrande NEV a brièvement bondi de 113% à la reprise des échanges qui avaient été suspendus le 17 mai.

Selon Bloomberg News, il s'agit de la plus forte hausse enregistrée en une seule journée depuis près de 10 ans.

Toutefois, les actions de cette branche d'Evergrande ne valent encore qu'une fraction de ce qu'elles valaient à leur apogée en 2021, avant la crise du groupe immobilier.

Cette hausse fait suite à l'annonce, dimanche, selon laquelle des liquidateurs sont en pourparlers avec des acheteurs potentiels qui pourraient acheter près de 60% des actions de la filiale.

Dans le cadre de cet accord, l'acheteur pourrait prendre une participation initiale de 29% et disposer d'une option pour acheter 29,5% supplémentaires ultérieurement.

La semaine dernière, les autorités chinoises ont ordonné à Evergrande NEV de rembourser 1,9 milliard de yuans (241 millions de dollars) de subventions et de mesures incitatives, ce qui, selon la filiale, "pourrait avoir un impact négatif important sur la situation financière".

En janvier, le patron d'Evergrande NEV Liu Yongzhuo a été placé en détention "pour suspicion de délits illégaux".

En Chine, le marché de la voiture électrique est particulièrement lucratif et de nombreux constructeurs locaux innovants y ont vu le jour ces dernières années.

Le groupe Evergrande avait à ce titre d'importantes ambitions pour sa filiale automobile.

Son fondateur, Xu Jiayin, souhaitait ainsi transformer son groupe d'ici 10 ans en champion de l'électrique et faire de ce secteur son nouveau coeur de métier, avaient rapporté les médias locaux.

Cet article a été publié automatiquement. Sources : ats / awp / afp

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La Poste veut un réseau unique de distributeurs automatiques

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La Poste envisage de regrouper tous les postomats et bancomats en un réseau unique (image d'illustration). (© KEYSTONE/CHRISTIAN BEUTLER)

La Poste veut regrouper tous les postomats et bancomats de Suisse en un réseau commun. Avec cette mesure, le géant jaune espère pouvoir continuer à garantir l'approvisionnement en argent liquide.

Pour ce faire, les "activités liées à l'argent liquide" doivent d'abord passer à l'interne de Postfinance à la Poste, explique samedi la Schweiz am Wochenende. Interrogée par Keystone-ATS, La Poste a confirmé souhaiter qu'un seul fournisseur garantisse à l'avenir la qualité, la sécurité et une grande disponibilité de l'argent.

Le Conseil d'administration décidera dans le courant de l'année s'il y a lieu de procéder à ce transfert interne. La Poste discute actuellement de l'idée d'un réseau commun de distributeurs automatiques de billets avec les dirigeants de banques suisses. La proposition a suscité de l'intérêt, souligne le géant jaune.

L'ensemble de la clientèle bancaire en Suisse pourrait profiter d'un tel réseau, a déclaré au journal le responsable Réseau postal de la Poste, Thomas Baur. Les clients ne devraient ainsi plus se demander où se trouve "leur" distributeur le plus proche. Cela marquerait une rupture avec la pratique actuelle, où les établissements financiers se facturent mutuellement des frais.

L'argent liquide tend à perdre de son importance en tant que moyen de paiement. Avant la pandémie de coronavirus, début 2020, on comptait en Suisse environ 7200 distributeurs automatiques de billets. Ce chiffre est tombé aujourd'hui à 6120, selon des chiffres récents de la Banque nationale suisse (BNS).

Cet article a été publié automatiquement. Source : ats

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