La candidature de la Suisse à un siège au Conseil de sécurité de l'ONU reste importante, juge l'ancienne conseillère fédérale Micheline Calmy-Rey. L'organe a plus que jamais besoin de médiateurs neutres comme la Suisse, selon elle.
Le monde n'est plus le même qu'il y a dix ans, lorsque la socialiste genevoise a lancé la candidature suisse pour le Conseil de sécurité, déclare-t-elle dans un entretien diffusé dimanche par la SonntagsZeitung. Il est "devenu plus complexe. De nouvelles puissances ont émergé".
Ces changements ont conduit à de "nouveaux conflits", poursuit-elle. "Parallèlement, les Etats-Unis ne sont plus prêts à assumer les coûts de leur rôle de leader mondial. La Chine est devenue leur priorité". La volonté politique de défendre un ordre international libéral est devenue faible et le multilatéralisme s'érode, constate Mme Calmy-Rey.
Des répercussions jusqu'en Suisse
Or, souligne-t-elle, on ne peut pas arrêter la mondialisation. "Il faut des États qui poussent à la coopération". Elle se dit convaincue que les organisations internationales créées après la Seconde guerre mondiale doivent se réformer pour faire face aux nouveaux défis.
Il en est de même pour le droit international humanitaire, relève l'ancienne ministre des affaires étrangères. "La Suisse doit s'y intéresser", car les changements mondiaux ont des répercussions jusqu'en Suisse. "Nous ne pouvons pas permettre à quelques hommes forts de gouverner la planète".
C'est pourquoi, poursuit-elle, la Suisse doit se porter garante de la coopération, du respect du droit international et du multilatéralisme. Et la Genève internationale reste l'un des principaux points de jonction, selon elle. "Au final, la neutralité suisse est également liée à cela".
Cet article a été publié automatiquement. Source : ats