Le nombre de personnes qui ne trouvent pas de place d'hébergement d'urgence semble croître globalement dans le canton de Vaud. Pour mieux appréhender cette situation, le Département de la santé et de l'action sociale (DSAS) a prévu de "démarrer cette année une évaluation", a-t-il indiqué en réponse à une lettre ouverte de plusieurs associations de terrain.
Il y a deux semaines, ces associations avaient envoyé une lettre ouverte à la conseillère d'Etat Rebecca Ruiz pour se plaindre de la saturation chronique des lieux d'hébergement d'urgence. Samedi dernier, un collectif 43m2 a également attiré l'attention sur ce problème en installant un campement sauvage pour SDF à Beaulieu, mais il a rapidement dû plier bagage sous pression de la police.
Dans sa réponse, publié mercredi, la cheffe du DSAS explique prendre "très au sérieux" la demande grandissante en lits d'urgence. Depuis le 1er janvier, les structures d'accueil disent avoir dû refuser un lit à 889 reprises. Un chiffre à considérer "avec prudence", selon le canton, un même individu pouvant être comptabilisé plusieurs fois le même soir s'il se présente dans plusieurs structures.
Améliorations
Le Département rappelle les mesures prises pour répondre aux besoins des sans-abri. Avec l'ouverture du Manteau à Saint-Martin en 2021 qui peut héberger 41 personnes supplémentaires, le canton finance désormais 97 lits d'urgence à l'année pour les trois structures de la région lausannoise (avec La Marmotte et le Sleep In).
Pour l'ensemble du canton, il faut ajouter les 53 lits gérés par Caritas-Vaud à Yverdon et Vevey, ainsi qu'à Nyon depuis le début de l'année. En résumé, le dispositif d'été 2022 a augmenté sa capacité de 51 places comparé à 2019. Le dispositif hivernal a été renforcé par une structure supplémentaire de 47 lits en décembre 2021.
Globalement, le budget du dispositif cantonal d'urgence a augmenté de 22% entre 2020 et 2021, passant à 4,23 millions de francs. Il a de nouveau cru en 2022 de 17%, passant à 4,94 millions de francs.
Adéquation entre offre et demande
Une évaluation des besoins sera toutefois lancée cette année. "Il s'agira notamment d'analyser l'adéquation entre l'offre et la demande de lits d'urgence en fonction d'un certain nombre de critères, comme la saison ou la typologie d'usagers", note le DSAS.
Le canton observe que des personnes toxicodépendantes ou souffrant de troubles psychiques ont recours aux hébergements d'urgence. Un plan d'action pour mieux prendre en charge cette population a été adopté par le Conseil d'Etat et sera prochainement débattu au Grand Conseil.
"Sur la base des analyses évoquées, il sera possible d'élaborer de nouvelles propositions", ajoute le DSAS dans sa réponse. Ces propositions permettront de renforcer encore la prise en charge des personnes ayant recours aux hébergements d'urgence, écrit-il.
Cet article a été publié automatiquement. Source : ats