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Politique

Silence au procès des islamistes

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Comme annoncé, les trois dirigeants du Conseil central islamique suisse (CCIS) n’ont pas fait de déclaration à l’ouverture de leur procès mercredi devant le Tribunal pénal fédéral. L’organisation parle de procès politique.

Les trois prévenus, Naim Cherni, Qaasim Illi et Nicolas Blancho, ont fait usage de leur droit au silence devant le Tribunal pénal fédéral à Bellinzone. Ils n’ont répondu ni aux questions portant sur leur situation personnelle, ni à celles concernant l’affaire. L’accusation reproche aux trois membres du CCIS d’avoir diffusé au moyen de vidéos de la propagande en faveur d’Al-Qaida et d’autres organisations apparentées.

Ils ont justifié leur attitude par le fait que la procédure menée par le Ministère public de la Confédération serait de nature politique. Selon eux, les réponses ont déjà été données dans le rapport préparé en avril par le CCIS et qui figure au dossier.

Au début de son réquisitoire, la procureure fédérale Juliette Noto s’est également référée à ce document. Celui-ci confirme les griefs de l’accusation, a-t-elle souligné. Son auteur est inconnu et il s’agit d’une « administration clandestine des preuves dans une région en guerre ».

Par le biais d’intermédiaires, le rapport donne la parole à Al-Muhaysini, qui est la personne interviewée dans la vidéo objet de la procédure, ainsi qu’à un membre d’Al-Qaida. Leurs déclarations ont pour objet de minimiser les fonctions d’Al-Muhaysini.

Des accusés endettés

Il ressort des questions posées par la présidente au début de l’audience que les trois prévenus sont endettés. Les poursuites et créances à l’égard de Nicolas Blancho s’élèvent à quelque 140’000 francs. Le président du CCIS ne s’est pas exprimé sur sa séparation d’avec sa femme et ses trois enfants.

La présidente n’a pas eu plus de chance auprès de Qaasim Illi sur sa situation personnelle. Les questions de la juge laissent entendre que le prévenu serait le père de sept enfants et qu’il en attendrait un huitième prochainement.

Séparé depuis 2012 de Nora Illi, il s’est remarié en 2014. Le mystère plane en revanche sur la manière dont il finance sa subsistance et les pensions d’entretien.

Quant à Naim Cherni qui est âgé de 27 ans, il serait à la charge de ses parents, si l’on en croit les questions de la cour. A part le remboursement de ses frais, il n’est pas rémunéré par le CCIS pour son travail.

Un journaliste à la barre des témoins

L’interrogatoire d’un journaliste de la WoZ n’a guère apporté d’éclaircissements. Le témoin avait écrit à fin août 2016 un article intitulé « Les djihadistes de Bümpliz ». A cette occasion, il avait rencontré Qaasim Illi.

L’acte d’accusation fait référence, à de nombreuses reprises, à cet article. C’est la raison pour laquelle le journaliste a été appelé à la barre des témoins, a expliqué la présidente.

Le témoin a répondu de manière hésitante, déclarant souvent: « Je ne suis pas sûr de savoir ce que je dois penser comme journaliste d’être cité comme témoin ». Il a souligné qu’il avait pesé chaque mot dans son article et qu’il s’en tenait là. A plusieurs reprises, il y a renvoyé la présidente. (cause SK.2017.49)

Source : ATS

Photo: (©KEYSTONE/TI-PRESS/ALESSANDRO CRINARI)

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Barazzone a aussi assisté à un Grand Prix de F1 à Abu Dhabi

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Guillaume Barazzone révèle avoir lui aussi assisté au Grand Prix de formule 1 à Abu Dhabi l’an dernier. Le conseiller national et ancien maire de Genève en a fait l’annonce mercredi soir devant le Conseil municipal de la Ville de Genève. Il répondait à une question orale d’une élue d’Ensemble à gauche.

Le démocrate-chrétien a indiqué avoir été invité par un ami proche, un avocat espagnol habitant les Emirats. Il admet ne rien avoir payé mais réfute que ce soit les Emirs qui aient financé son voyage de plusieurs jours sur place.

Ce séjour fait écho à celui du conseiller d’Etat genevois Pierre Maudet. Ce dernier s’est rendu en compagnie de sa famille, de son bras droit et d’un ami libanais à Abu Dhabi entre le 26 et 30 novembre 2015 sur invitation des autorités. Dans ce cadre, l’édile PLR est prévenu d’acceptation d’un avantage par la justice.

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SolidaritéS déplore des « accusations mensongères »

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Le parti genevois SolidaritéS a réagi mardi à la démission de quatre de ses membres, tous conseillers municipaux en Ville de Genève. Ariane Arlotti, Morten Gisselbaek, Maria Pérez et Tobia Schnebli ont claqué la porte du parti après plusieurs mois de grève. En cause: la gestion par les dirigeants du parti du conflit de travail entre Pablo Cruchon, le secrétaire de SolidaritéS et Maria Pérez, la secrétaire administrative. Une enquête interne a reconnu que Maria Pérez avait été victime d’atteinte à la personnalité. Mais, selon le quatuor, rien n’a été fait depuis pour régler le problème. La députée Jocelyne Haller, de SolidaritéS, réfute cette accusation et déplore cette démission en bloc:

Jocelyne Haller Solidarités

La rupture entre SolidaritéS et les démissionnaires semble toutefois actée. La preuve en est : le fait que Tobia Schnebli, venu à la conférence de presse de Solidarités ait été poussé vers la sortie.

A noter, l’enquête interne avait aussi mis en lumière du sexisme au sein du parti. Les explications sur ce point de la députée Jocelyne Haller:

Jocelyne Haller Solidarités

Les quatre démissionnaires continueront à siéger au Conseil municipal mais au Parti du Travail.

@marie_prieur

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Quatre élus démissionnent de SolidaritéS

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Leur décision n’a pas été facile à prendre. C’est à une démission en bloc qu’on assiste à Solidarités. Quatre conseillers municipaux en Ville de Genève claquent la porte du parti. Ariane Arlotti, Morten Gisselbaek, Maria Pérez et Tobia Schnebli ont fait ce choix après plusieurs mois de grève. En cause: la mauvaise gestion par les dirigeants du parti du conflit de travail entre Pablo Cruchon, le secrétaire de SolidaritéS et Maria Pérez, la secrétaire administrative. Une enquête interne a reconnu que Maria Pérez avait été victime d’atteinte à la personnalité. Mais, selon le quatuor, rien n’a été fait depuis pour régler le problème. Les explications de Tobia Schnebli, l’un des démissionnaires.

Tobia Schnebli Conseiller municipal en Ville de Genève

A titre personnel, Tobia Schnebli quitte SolidaritéS après 25 ans d’engagement au sein de ce parti. Non sans une certaine amertume:

Tobia Schnebli Conseiller municipal en Ville de Genève

Les quatre démissionnaires continueront à siéger au Municipal. Ils rejoignent le parti du travail. Résultat, le groupe Ensemble à Gauche change. Sur les huit élus, six sont désormais au PDT et deux seulement restent à SolidaritéS.

@marie_prieur

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Des fonds publics pour la campagne de Pierre Maudet

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Le fameux sondage sur les préoccupations des Genevois commandé par Pierre Maudet a été financé en partie par des fonds publics. Selon nos informations, la Junior Entreprise HEG de Genève a effectué plusieurs virements pour un montant total de 5’000 francs à titre de contribution. La justice genevoise enquête sur le financement de ce sondage dans le cadre de sa procédure ouverte contre le conseiller d’Etat pour acceptation d’un avantage après son voyage controversé à Abu Dhabi, fin 2015.

Fonds provenant de la Haute école de gestion

La Junior Entreprise HEG de Genève est une association à but non lucratif rattachée à la Haute école de gestion (HEG). Avec un budget de 35’000 francs pour l’année 2017, elle est financée à hauteur de 15% par le Département de l’instruction publique (DIP). De 2014 à 2016, elle est présidée par Vincent Daher. Ce dernier, membre du PLR genevois, n’est autre que le fils d’Antoine Daher, l’ami libanais de Pierre Maudet avec qui il s’est rendu aux Emirats.

Selon plusieurs sources concordantes, Antoine Daher devait récolter 35’000 francs pour prendre le pouls de la population, via un sondage, avant les élections cantonales d’avril 2018 où le magistrat libéral-radical a été réélu dès le premier tour. Ce procédé a été dénoncé pénalement le 27 août dernier par un petit patron invité à verser 5’000 francs. Il assure que d’autres contributeurs ont été sollicités.

C’est dans ce cadre que la Junior Entreprise HEG de Genève a versé un montant identique. Et ce n’est pas sans poser problème. D’une part, le versement n’a pas reçu le soutien du nouveau comité du bureau de la Junior Entreprise car il n’a pas été consulté. Ce qui est contraire à son règlement. Le comité va signaler ces agissements mardi au département des finances de la HEG. Le DIP sera également informé. Le nom de Vincent Daher nous est rapporté par plusieurs sources dans ce dossier car, selon elles, c’est sous son impulsion que la somme de 5’000 francs a été débloquée. Contacté, Vincent Daher réfute toutes ces allégations. Et de préciser qu’il a quitté ses fonctions de président en 2016.

Mais surtout, les fonds alloués à ce sondage par la Junior Entreprise représentent de l’argent public. De l’argent qui n’a pas à être utilisé pour le compte d’un candidat au Conseil d’Etat à des fins d’élection. Selon plusieurs pénalistes genevois que nous avons contactés, cela pourrait s’apparenter à un « détournement de fonds » et à un « abus de confiance ».

Pierre Maudet n’a, pour l’heure, pas répondu à nos questions.

@GhufranBron

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La surveillance des assurés va trop loin, selon les opposants

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Au nom des organisations de défense des handicapés, Francesco Bertoli a brandi un carton rouge contre la nouvelle loi sur la surveillance des assurés soupçonnés de fraude. (©KEYSTONE/PETER KLAUNZER)

Les assurés soupçonnés de fraude ne devraient pas pouvoir être surveillés sans l’autorisation d’un juge. Le comité contre la nouvelle loi, en votation le 25 novembre, a dénoncé lundi une surveillance arbitraire et un chèque en blanc donnés aux assurances.

Selon Kurt Pärli, professeur en droit social privé de l’Université de Bâle, « il faut se demander avant tout si les assurances sociales doivent surveiller ou si ce domaine ne devrait pas être exclusivement réservé à la police ».

« Si le législateur décide que les assurances sociales doivent avoir le droit de se mêler de la sphère privée des assurés par des surveillances, il est indispensable d’élaborer une loi bien réfléchie qui définisse les bases claires des modalités et limites de la surveillance », a-t-il poursuivi devant les médias à Berne. A ses yeux, le texte soumis au peuple ne remplit pas ces conditions.

Pour le professeur bâlois, la base légale n’est pas claire. Elle ne définit pas précisément si l’observation d’une personne n’est possible que sur son balcon ou si elle peut aller jusque dans l’appartement.

Trop de latitude aux assurances

Pour le conseiller national Adrian Wüthrich (PS/BE), président de l’organisation syndicale Travail.Suisse, la nouvelle loi est un chèque en blanc donné aux assurances. Celles-ci pourraient décider elles-mêmes d’une surveillance et la confier à des détectives privés. Elles auraient toute latitude pour décider si la suspicion initiale suffit à justifier une surveillance.

L’expertise d’un juge ne serait pas nécessaire et aucun organe indépendant ne devrait vérifier si l’ingérence dans la sphère privée est justifiée ou non, a expliqué M. Wüthrich. Lors des débats parlementaires, la commission compétente avait décidé dans un premier temps que les assurances devaient obtenir l’autorisation d’un juge pour surveiller un assuré.

« Toutefois, après un lobbying intense de la caisse nationale d’assurance accident (SUVA) et de l’Association suisse d’assurance, cette même commission a changé d’avis lors de la séance suivante et supprimé cette disposition », dénonce le président de Travail.Suisse. L’autorisation d’un juge n’est ainsi requise que pour localiser des personnes à l’aide de traceurs GPS.

Selon le Code pénal, toute fraude à la sécurité sociale est punissable et doit être sanctionnée, a rappelé Adrian Wüthrich. « Mais il appartient à la police et à la justice de clarifier la situation, et non pas aux assurances ni à leurs détectives privés. On ne saurait privatiser de telles tâches », insiste le socialiste.

Pire que des terroristes

Sara Stalder, directrice de la fondation pour la protection des consommateurs, s’oppose aussi clairement à la loi. Avec ce texte, « les assurés, soit nous tous, allons subir un traitement moins favorable que des criminels ou même des terroristes ». Pour elle, il ne faut pas se laisser manipuler par le puissant lobby des assurances. Le Parlement doit améliorer ce projet.

Les personnes handicapées craignent aussi de faire les frais de cette nouvelle base légale. « L’arbitre qui ordonne la surveillance ne peut faire partie ni de l’assurance invalidité (AI) ni de la SUVA, ni travailler pour une caisse maladie. Il doit être un juge indépendant. Ce principe de l’Etat de droit doit s’appliquer à nous tous », a plaidé Francesco Bertoli, membre de la fondation AGILE.

Le référendum a été lancé notamment par les socialistes, les Verts, le PDC genevois et les syndicats. Une multitude d’associations, à l’instar d’Amnesty International, soutiennent aussi le camp des opposants. La semaine passée, un comité libéral lancé par de jeunes politiciens de droite a lui aussi dénoncé la trop grande liberté donnée aux compagnies d’assurance.

Le Parlement a dû légiférer suite à une décision de la Cour européenne des droits de l’homme critiquant le manque de bases légales en Suisse concernant l’assurance accident. En juillet 2017, le Tribunal fédéral a considéré qu’il n’existait pas non plus de base légale suffisante pour l’AI. A la suite de ces arrêts, les deux assurances ont suspendu les observations.

Source ATS

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